CHAPITRE It
ÉTIOLOGIE
Le petit nombre d'observations d'aortite pneumonique dont nous disposons nous renseigne mal sur les conditions étiologiques qui président à son développement. Il y a peu de cas d’ailleurs à faire ici des notions d'âge, de sexe, de race et de profession.
Nous tiendrons un compte plus rigoureux des indications fournies par l'examen des antécédents héréditaires ou acquis.
Nous n'avons relevé dans le passé pathologique du malade, qui fait l'objet de l'observation [, qu'une fièvre typhoïde survenue à l’âge de 22 ans, et au cours de laquelle il ne paraît pas avoir présenté de symtômes d’aortite. Chez lui pas de syphilis, pas d’alcoolisme, ni de rhumatisme: pas de traumatisme de la région aortique ; bref aucune des causes habituelles de l'aortite. :
De même le malade de l’observation II n'avait eu qu'une bronchite passagère à l’âge de 12 ans.
Nous voila donc en droit d'admettre que l'aorte,
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chez ces malades, a été frappée au cours de la pneümonie dont ils ont été atteints, en état d’intégrité vraisemblablement parfaite, en un mot que leur aortite a été primitivement aiguë.
D'ailleurs la clinique se trouve ici d'accord avec. l'expérimentation. Boinet ct Romary ont constaté en effet que les lésions aortiques d'origine infectieuse peu vent se développer sur des parois inaccessibles au traumatisme.
Les expériences de ces auteurs ont été faites avec le streptocoque. le coli-bacille, le staphylocoque, etc. Le pneumocoque n'a point servi à leurs imoculations. Mais tout porte à croire que leurs conclusions seraïent restées les mêmes, si ce microbe était entré en ligne de compte. Er
Il est juste d'ajouter que sices auteurs considèrent l’aortite primitivement aiguë comme réalisable, ils: la regardent néanmoins comme une exception. « En règle: « générale, disent-ils, pour que l’aortite infectieuse’ se « produise, il faut au préalable un locus minorisresis- « lentiæ, constitué expérimentalemerñt par le: trauma- « tisme et cliniquement par une lésion artérielle ‘anté- « térieure, où un trouble: nutritif de la paroi vascu- « laire. Souvent l’aortite infectieuse aiguë: dépend. dé: « l'implantation directe d'un microbe actif sur'un point «préparé à le: recevoir; c'est le mécanisme ‘habituel « des aortites infectieuses aiguës (1) ».
.(t):Boïînet et Romany: — Loco citato.
On sait que l'endocardite pneumonique apparaît’
surtout dans la convalescence et parfois même à une époque relativement tardive. D'autre part, l'aortite aiguë qui se manifeste au cours de diverses iufections, telles que la variole et surtout la fièvre typhoïde, se produit de préférence à l'époque de la convalescence. Aussi sommes-nous autorisés à présumer qu'il en sera
le plus souvent de même de l’aortite qui complique la:
pneumonie.
C'est ainsi que dans l'observation IT l’aortite n'est survenue qu'au vingt-et-unième jour après le début de
la maladie, et au quinzième jour après la déferves-
cence.
Cependant notre observation (Obs. I) prouve que cette
aortite peut apparaître dans la période d'hépatisation ;.
en effet, chez notre malade, la dilatation de l'aorte a été notée pour la première fois, le sixième jour de la maladie.
Peut-être même pourrait-on l’observer avant le début de l'infection pulmonaire. C'est ce que semble indiquer une observation due à Tombolan-Fava (1).
(1) Tombolan-Fava. — Polyarthrite, Éndocardite ulcéreuse à
pneumocoques. Pneunomonie consécutive, Riforma médica. 1809;
page 1052.
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Il s'agissait d'un malade entré à l’hôpital avec de la fièvre, des symptômes généraux graves, et Îles signes d'une insuffisance aortique, et qui mourut neuf jours plus tard avec des signes d’épanchemeut pleural gauche. À l’autopsie, on trouva une aortite ulcéreuse accompagnant une endocardite ulcéreuse :à pneumocoques, en même temps qu'une pneumonie également à pneumocoques. L'auteur admet que dans ce cas Îla pneumonie ultime a été déterminée par les agents pathogènes détachés des valvules aortiques.
Les deux malades dont nous rapportons l'observation étaient atteints de pneumonie infectieuse avec état typhoïde, prostration, diarrhée, gargouillement dans la fosse iliaque droite, rate volumineuse et pression artérielle basse. On sait d’ailleurs que la forme adynamique de la maladie s'accompagne plus souventquela pneumonie inflammatoire de complications frappant les divers organes et appareils, et Germain Sée avait proposé de la dénommer, pneumonie à tendance envahissante ou infectante. Aussi cette forme est-elle celle où l’aortite devra être recherchée avec le plus de soin.
Nous ne savons pas si le siège de la pneumonie à droite ou à gauche, ni si sa localisation en tel ou tel point du poumon a une influence sur le développement de l’aortite. Nos deux cas se rapportent à une pneumonie occupant la base du poumon droit.