‹ Essai sur l'aortite pneumoniqueChapitre 9 sur 20 · CHAPITRE ll PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE ll PATHOGÉNIE

Pour expliquer l'éclosion de l'aortite dans la pneu-

monie, on a pensé d'abord que l'envahissement des parois de l'artère se fait de proche en proche, à la suite d'une pneumonie de voisinage. C'est ainsi que Weickselbaum a toujours trouvé le pneumocoque dans le tissu cellulaire du médiastin d pneumoniques qu'il a autopsiés.

Bureau n'admet pas ce mode de propagation (1) : Il est bien difficile, dit-il, d'admettre le déveioppement d'une aortite de voisinage dans le cours d’une paeumonie où d'une pleurésie, étant donnée la ré: sistance ordinaire de ce vaisseau à l'inflammation, lorsqu'un foyer inflammatoire se développe immé-

diatement en contact avec lui. Il est probable qu'on.

a souvent confondu l'effet avec la cause et pris comme origine de l'aortite ce qui n'en était que la conséquence. La pleurésie est en effet fréquente dans

(1) Bureau. — Loco citato.

ik

« cette aftection et des signes de pneumonie peuvent « être fournis par des infarctus pulmonaires. »

[Il semble plus vraisemblable que l'agent infectieux est puisé par les veines pulmonaires dans le foyer primitif et qu'il gagne l'aorte par l'intermédiaire de l’oreillette et du ventricule gauches.

La présence du pneumocoque a été en effet souvent constatée dans le sang (Friedlander, Talamon, Netter, etc.). Tombolan-Fava a publié une observation d’endocardite ulcéreuse à pneumocoques où l'aorte avait participé au processus morbide. Bien que l’auteur ne parle pas explicitement de la présence du pneumocoque au niveau de l'ulcération aortique, la constatation de ce microbe dans l’ulcération valvulaire et les poumons, ainsi que dans le sang rend le fait infiniment vraisemblable. |

D'ailleurs Cuzzaniti (1} (1891) a constaté d’üne façon formelle la présence du pneumocoque dans les parois de l'aorte altérée chez un sujet atteint [d'endocardite aiguë a frigore. |

Toutefois l'infection sanguine par le pneumocoque est un fait assez rare et qui ne s'observe guère que dans les formes graves de la maladie. Aussi peut-on appliquer à l’aortite pneumonique l'hypothèse soulevée à propos d'autres variétés d’aortite aiguë et invoquer l’action des pneumotoxines. Cette opinion est d’ail-

(1) Tombolan-Fava. — Loco citato, ad endo äortite.

(1) Cuzzanili. — Endoc. a frigore, associata andoartite. Gaz, d. osp. Napoli, 1801.

APP PDA QE CA HR AE A MAP 2 LRU CT A ES a a SAIS NE ET Re ARE À o* 1 cn 04e | , 0 leurs justifiée par les recherches expérimentales de ‘hi Gilbert et Lion (2), et de Boinet et Romary (3). Ces : “0 auteurs ont pu déterminer de l’aortite sur les animaux 10

par les injections de cultures de divers bacilles. « Le de

« poison microbien peu‘ avoir une toxicité assez forte | ; « pour produire les mêmes lésions aortiques aiguës que l’action directe d’une série de microbes atténués 0 « ou faiblement virulents. » (Boinet et Romary). Il est donc permis de penser que parfois le pneumocoque est susceptible de déterminer une aortite, non par une action directe. mais seulement par les toxises qu'il Le élabore au sein du poumon et que transporte vers l'aorte le courant circulatoire.

Mais on sait aujourd'hui qu'un grand nombre de | complications observées au cours de la pneumonie ne ‘ri sont pas l'œuvre du pneumocoque, mais dépendent | d'infections secondaires. Aussi l’aortite observée au cours de l'infection pulmonaire peut-elle, comme d'ailleurs l'endocardite pneumonique, relever d'un microbe étranger, streptocoque, staphylocoque, etc., lequel est susceptible, lui aussi, de créer la lésion aortique, soit par lui-même. soit par sa toxine.

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(2) Gütbert et Léon. — Comptes rendus de la soc. de Biol: 1650. (3) Boinet et Romary. — Loco citato.

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