OBSERVATIONS
Les prix du marc, qui font la base de ce travail, ont tous été posés, et d'abord vérifiés et au besoin rectifiés , d'après les documents examinés et les règles développées dans notre seconde partie, intitulée : Examen critique des tahlesdeprix du marc d'argent et des évaluations monétaires, dej^uis l'éiioqiie de saint Louis. Nous ne pouvons donc cjue renvoyer à ces observations, sur les différences qu'on remarquerait entre quelques parties de nos chiffres et les prix correspondants des tal)les les plus connues : on y verra quelles précautions nous avons dû apporter à l'usage de ces tables, et plus particulièrement de celles de Le Blanc et de la Collection des Ordonnances de nos rois.
Quant aux autres divisions de notre tableau, elles ne sont qu'indiquées par les titres des colonnes qui les distinguent ; et il n'est pas inutile de déterminer le sens exact de ces formules : voici donc les éclaircissements dont elles peuvent être susceptibles.
62 APPRÉCIATION DE LA FORTl'NE PRIVÉE
I. Documents où ces prix ont été piiisés. — Il s'agit des prix de commerce à évaluer d'après le prix du marc d'argent. Tous les documents cités dans cette colonne sans indication de lieu, et ce sont les plus nombreux, font partie du Recueil de chartes, inventaires, comptes de dépenses, lettres, etc., décrit sous le n" 5870, tome III, page 175, du Catalogue imprimé de notre bibliothèque.
II. Années des faits, — Le chi''fre de l'année est celui que donnent l'ordonnance ou les chartes contemporaines. L'ordre des mois du temps où l'année commençait à Pâques ayant été suivi dans toutes les tables de prix du marc, on a cru devoir le conserver ici, mais en distinguant, par les mots vieux style, les quatre mois qui sont les derniers de l'année du moyen âge et les premiers de notre année actuelle.
ni. Prix du marc d'argent de l'époque. — C'est-à-dire du marc d'argent fin converti en monnaie, et conséquemment exprimé en monnaie courante. La préférence à donner à ce prix, dans les évaluations monétaires , sur celui que l'Etat payait aux changeurs, a fourni la matière de notre plus sérieux examen. (Voir seconde partie.) — D'un autre côté, les prix anciens de l'argent fin monnayé ont pour terme de comparaison le prix actuel du marc. Le prix réel, ou sans retenue, de 244 grammes ^,7^ d'argent fin, équivalant à l'ancien marc de 8 onces, est actuellement de 54 fr. 38 centimes*. Mais la proportion entre le marc d'argent fin monnayé et la valeur réelle de l'argent matière, étant moins élevée aujourd'hui qu'elle ne l'était anciennement, pour rendre cette différence moins sensible dans le résultat de l'appréciation relative, on a cru devoir porter à 55 le chiffre de la valeur réelle de l'argent fin matière, en ft-ancs de nos jours ; et, sauf de rares et légères modérations , ce chiffre a été donné ici pour base à toutes les évaluations monétaires.
* Prix de l'administration des monnaies, en 1841.
IV, Indication des objets appréciés. — Il eût été facile de grossir la section des denrées d'un grand nombre d'articles de grains ; mais il a paru suffisant d'en donner quelques-uns par intervalles, et seulement comme termes de comparaison d'une époque à l'autre. Les tables des prix du setier de blé, depuis le commencement du xiu" siècle jusqu'à nos jours, sont assez répandues pour que nous ayons pu nous dispenser de les reproduire. On est à même de les consulter dans plus d'un ouvrage imprimé, notamment dans l'Essai d'Herbert sur la police des grains'.
Y. Evaluations, 1» D'après le prix du marc actuel, — c'est-à-dire d'après le poids d'argent fin de la monnaie ancienne, porté à la valeur numéraire actuelle du même poids d'argent: 2" Au pouvoir actuel de l'argent. — En se reportant au texte de notre première partie, on reconnaîtra, sous ce titre, le prix d'après le poids d'argent multiplié par autant d'unités que la valeur ancienne de l'argent, comme marchandise, excédait de fois sa valeur actuelle.
YI. Nous voudrions pouvoir ajouter que la scrupuleuse attention donnée à nos calculs et une double révision de nos chiffres en garantissent assez l'exactitude. Mais qui ne sait que les erreurs de chiffres naissent de l'excès comme du défaut de l'application de l'esprit? Les maîtres de la science. Le Blanc et Dupré de Saint-Maur, regardent comme une impossibilité humaine qu'il n'y ait pas de fautes dans leurs ouvrages-: comment oser répondre du nôtre!
' Voir la seconde partie.
- Le Blanc confesse que ce serait un miracle s'il ne s'élalt pas glissé de fautes dans ses tables (Traité des monnayes de France, p. 400), et Dupré déclare nettement qu'il se trompera souvent. [Essai sur les monnaies ; in-i", ç, 400.) Les auteurs mêmes des tables du marc de la collection des ordoimances n'ont pu échapper à ce tribut de la faiblesse humaine.
APPRÉCIATION DE LA FOimiNK PRIVÉK
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