‹ Essai sur l'armée royale au temps de Philippe AugusteChapitre 15 sur 201 · Voir ci-dessous, Pièces justificatives, III · texte numérisé non relu

Voir ci-dessous, Pièces justificatives, III

3. Cf. Léop. Delisle, Catalogue des actes de Philippe Auguste, p. VIII et suiv. Giry, Manuel de Diplomatique, p. 752.

le Chambrier et le Jeune, pour tenir lieu des documents perdus en 1194, avec les bagages du roi, an combat dé Fréterai, et continué jusqu'en 1204. Si la Prisia servientum a été établie en 1104, comme le pense le Colonel Borrelli de Serres, elle aura été transcrite telle quelle sur le registre de Gautier le Chambrier et plus tard on y aura t'ait des additions, en raison des acquisitions ou des créations postérieures à 1104, tout en laissant subsister les totaux primitifs. Ainsi, l'on aura ajouté Villa nova in Belvasino, Andcliacum Andcly n'appartint

réellement au roi de France qu'à partir de 1203'.

Mais, pour arriver au total de ô.4oô sergents, qui aurait été celui de la rédaction primitive, il ne suffit pas de supprimer ces deux contingents : la différence est plus considérable et semble indiquer que d'autres localités ne figuraient pas non plus sur le texte primitif. Or, si l'on laisse aussi de côté les contingents de Beauquesne (n° 69), Hesdin (n° 70), Bapaume (n° 71), Tournay (n° 72), Arras (n° l'A), Lens (n° 74), Hénin (n° 7ô), le total de 5.4;to sergents se trouve exact. On avait pu omettre tout d'abord ces villes de la Flandre méridionale, qui, en droit sinon en fait, appartenaient, non au roi de France lui-même, mais à son lils, le prince Louis, héritier de sa mère, la reine Elisabeth de Hainaut.

Le total des charrettes se trouve ainsi diminué de 11 et devrait être, à ce qu'il semble, de 117, en ne comptant pas les 10 de Béarnais, qui peut être considéré comme versant une contribution et dont les 500 sergents ne sont pas compris dans le total de 5.435. Si

1. Cf. Rigord, Chron. 1 m : Guillaume le Breton, Chron. 121: Philippide, VII, 29 et sui\ .

LA PRISIA SERVIENTUM ET LA PRISIE DES SERGENS 1-

le total indiqué est de 11(.), c'est sans doute que les 60 sergents de Pierrefonds (n° 10) devaient, d'après le texte primitif, être accompagnés de deux charrettes, et non d'une seule, et les 160 de Saint-Benoît-sur-Loire (n° ô), de quatre charrettes, et non de trois. On remarque, en effet, qu'il y ava.it une charrette par 50 sergents ou fraction de 50, Pour huit contingents de 00 sergents (n"s 1, 7, 14, 15, 18, 30, 42, ôl ), la Prisia servientum porte deux charrettes : celui de Pierrefonds fait seul exception. De même les 100 sergents de Soissons (n° 82) sont accompagnés de quatre charrettes, ce qui est conforme à la règle générale, puisqu'il y avait deux charrettes pour 100 sergents (ncs 4, 0, 115, 20, 40, 48, 63, 74, 70, 81, 83) et deux pour 60. Le total indiqué de 110 chaire lies se trouve ainsi exact et il parait légitime de corriger le nombre des charrettes pour Pierrefonds et Saint-Benoît1.

Ainsi est vérifiée l'hypothèse d'une rédaction primitive de la Prisia servientum vers 1194, à laquelle on aura ; jouté un certain nombre de contingents jusqu'en mai 1204, sans modifier les totaux primitifs.

On constate d'ailleurs un fait analogue pour la liste des communes, qui se trouve dans le Registre A de Philippe Auguste. D'après le Colonel Borrelli de Serres-, cette lish* daterait de 1208 : « car, dit-il, elle porte Péronne, commune de la lin de 1207 (L. Delisle, Phil.

1. Quant au total des contributions, on trouve 13.468 livres en comptant les 1.500 livres de Béarnais (13.4G3 si l'on corrige !i2 en NT pour Méry, etc.). Mais la seigneurie! de (lien ne lut cédée à la couronne qu'en 1199 (cf. Longnon, Atlas historique, p. 2:;i) : cette localité, qui figure pour Uni livres (n 35), ne devait pas se trouver sur la rédaction primitive de la rrisia servientum. Il reste dès lors 13.068 (ou 13.063), ce nui est bien près du total indiqué.

Page 1