‹ Essai sur l'armée royale au temps de Philippe AugusteChapitre 47 sur 201 · Voir ci-dessus, p 50, note ii · texte numérisé non relu

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5. On pourrait par exemple supposer qu'à Lyons-la-Forêt, du 1" au 8 juillet, un des sergents à cheval était payé 5 sous par jour : il y en aurait 4 à 48 il. et 16 à 36 d.

0. A Lyons-la-Forêt, du 19 août au 2 septembre, à Longchamps Voir ci-dessus, p. 57, 58, 61.

7. Rôles normands. Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, vol. XVI, p. 6, 1" col , 1. 45, 11 sergents à cheval reçoivent en tout 108 1. pour 40 jours, c'est-à-dire 54 s. par jour : la solde est sans doute de 4 s. pour l'un deux et de 5 s. pour les autres.

(34 L'ARMÉE ROYALE Al) TEMPS DE PHILIPPE AUGUSTE

quelques-uns n'avaient que 2 sous et demi (ou 30 deniers) par jour1. En 12(13, leur solde était tantôt de 2 sous et demi, tantôt de 2 sous seulement-.

En 1231, aucun sergent à cheval ne reçoit moins de 4 sous:i. Cette augmentation de la solde des sergents à cheval, qui eut lieu sous la régence de Blanche de Castille, coïncide avec une amélioration de leur armement1 et en particulier de la manière dont ils étaient montés. Au xne siècle et au commencement du xiu°, chaque sergent avait deux chevaux, un palefroi pour les marches et un roncin pour combattre, tous les deux d'un prix peu élevé"-. Quelques-uns seulement, à ce qu'il semble,

1 Ibid., p 11, 1" col., I. 51.

2. Ibid., p. 86, 1" col., 1. 1 (uniciiiqiie -J sol. (i dm. in die) ; p. 99, 1" col , 1. 2 (unicuique -' sol in die) ; 1 '.), 14.

?,. Les éditeurs du t XXI du Recueil des Historiens de France admettent 4 catégories de solde pour les sergents à cheval d'après l'état de 12:11 : ."> sous, 4 sous (i deniers, 4 sous 1 denier 1 .'i et 4 sous. Il ne semble pas (pie l'on doive admettre une solde de 4 s 1 d. 1 I! : elle ne correspondrait pas une somme exacte Le texte indique que 9 sergents reçoivent 20 1. 7 s. (ou 407 s ) pour 11 jours, c'est-à-dire :î7 s. par jour : on doit en conclure, non pas que chacun reçoit 4 s. 1 d. 1/3, mais qu'il y en a 8 à 4 s. et 1 à ."> s. Quant à la solde de 4 s (i d ,elle n'est représentée que par un exemple (§ Kl, 1. 3i, où 2 sergents reçoivent 9 s. par jour. On doit plutôt supposer que l'un d'eux reçoit 4 s. et l'autre 5 s.

4. Au xri' siècle, l'équipement des chevaliers comprenait un haubert, un heaume, un écu. une lance et une épée : les sergents à cheval avaient pour armes défensives un haubergeon, diminutif du haubert, et un chapeau de fer. Voir Roger de Hoveden, éd. Stubbs, t. II, p. 2ô:!, 200. Dès la lin du xn' siècle, il est parfois question de seruientes équités loricati, c'est-à-dire munis du haubert (lorica), de servientes armati m milites (Gilbert de Mons, Chronique du Hainaut, Mon. Germ. Script., I. XXI, p. 531, 552). Au xnr siècle, l'équipement des sergents à cheval se rapprocha de plus en plus de celui des chevaliers. Voir Kohler, Die Entwicke'lung <lrs Kriegswesens, III, 2. p. 12 et suiv.

.",. Voir Kohler /. /., III, 2, p 7X, 82. - In palefroi vaut 2 1. et demie (lïrussel, p. CLXXXVI, 2" col., I. :!."., .!7), ou !î 1. {ibid., p. CCVII, 1" col., 1. 3. 5, 7,, un roncin

1 I. et demie [ibid., p. clxxxvi, 2 col., I. lit), 39), 2 1. (ibid , p. ci.xvi, 2' col , 1. 2(i ,

2 I cl demie (ibid., I. 211. ]). ccvri, 1" col., 1. 1. 9 . 3 1. (ibid., p. clxxxvi, 2' col.. 1. 43, p. clxxxvii, 1" col., 1. 1. p. ccvii, 1" col., I. 10), .". 1. (ibid., p. ci.xiv, 1" col., 1. 4, i). ci.xvi, 1" col.. 1. :',:!), rarement 7 1. [ibid., p. ci.xxi, 2" col., 1. 2(1), ou 12 1. (ibid., p. clxxxii, 2- col.. I. Il . In palefroi et un roncin sont payés en tout 4 1. [ibid., p. CLXXXVI, 2' col., 1. 32).

avaient en outre une bête de somme1. Les chevaliers avaient tous 'A chevaux, un palefroi, un destrier ou cheval de guerre d'un prix supérieur au roncin, et une bête de somme-. En 1231, la plupart des sergents à cheval ont, comme les chevaliers, 3 chevaux, un palefroi, un destrier et une bête de somme''.

Bien que moins lourdement armés et moins bien montés que les chevaliers, sous Philippe Auguste, les sergents à cheval n'étaient point subordonnés aux chevaliers, comme on l'a parfois supposé1 : ils constituaient une catégorie de cavaliers indépendante. Ce qui le prouve, c'est que, d'après le Compte général de 1202, il n'y a aucun rapport fixe entre le nombre des chevaliers et celui des sergents à cheval. Dans telle garnison, le nombre des sergents à cheval est quadruple de celui

1. Il est à remarquer qu'à Vernoii, du 23 février au 1" juin, il n'y a que lo bêtes de somme pour 48 arbalétriers à cheval. Voir Pièces justificatives. VII, n' 01. Or. les arbalétriers à cheval étaient montés de la même manière que lis sergents à cheval Voir Brussel, p. clxxxviii, 1" col., 1. 3 : Pro runcico unius bàlistarii. — Lue bête de somme est à peu près du même prix qu'un roncin : 1 I. et demie (ibid., p. clx, 2" col., 1. 20). 2 1. (ibid.. p. CLXXXVI. 2' col , 1. 15), 2 1. et demie (ibid., p. clxvi, 2' col , 1. 21), 3 1 (ibid., 1. 10). :> 1. (ibid., 1. 24).

2 Un cheval de guerre, tel qu'en montaient les chevaliers, vaut 10 1. (ibid . p. ccvn, 1" col , 1. 36), 20 1 (ibid. p. clxv, 2' col., 1. 22, 2.3. p. cem, 2" col., 1. 37), 2.") 1. (ibid., p cem, 2" col.. 1. 35, p. cevir, 1" col . 1. 34), 30 1. [ibid., p. cevr, 2 col., 1 42), 10 1. (ibid.. p. clxvi, 2' col.. 1. 39, p. clxviii, 1" col., 1. 27, p. exevi, 1" col. 1. 32, p. cevm, 1" col.. 1. 5). — Voir Cuilhiermoz. Essai sur l'origine de la noblesse. p 408, n. 9.

3. Recueil des Historiens de France, t. XXI, p. 223, S S. 1. 7. le texte indique que l'un des sergents à cheval n'a que deux chevaux et l'on voit (pie celui-là ne recevait que 4 s. par jour. On doit en conclure que ceux dont la solde est de ."> s. ont 3 chevaux. Le compte de 1231 publié Recueil de Historiens de France, t XXI. p. 249, indique que les sergents ont des destriers : leur solde est de ."> s. par jour.

4. Kôhler (Die Entwickelung, vol III, 2, p. 13) combat avec raison celte opinion exprimée par Delpech, dans sa description de la bataille de Muret (Montpellier, 1878).

des chevaliers1 ; dans telle autre, il est à peu près égal- ; aileurs, il est plus de moitié moindre3. Ici, Ton trouve des chevaliers et aucun sergent à cheval1, là, des sergents à cheval et aucun chevalier"'. Les sergents à cheval ne sont donc point de simples serviteurs, bien que Guillaume le Breton, dans sa Philippide, les appelle, pour les besoins du vers, fanuili, satellites, clientes6. Ce ne sont point des roturiers, mais des vassaux de petite noblesse, jouissant de droits féodaux comme les chevaliers". Il n'y a entre ces deux classes de cavaliers qu'une différence de degré pour la naissance et la fortune et elles ne sont point séparées l'une de l'autre par des barrières infranchissables : on vit au xmc> siècle plus d'un sergent à cheval s'élever par son mérite au rang de chevalier8.

1. A La Ferté, du 6 août au 2ô septembre, il y a 10 chevaliers et 40 sergents à cheval. Voir ci-dessus, p. 43 et 00.

2. A Gaillefontaine, du 2 au 5 juillet, ii y a 10 chevaliers et 10 sergents à cheval, du 28 mai au 2 juillet 32 chevaliers et 31 sergents à cheval ; à Lyons-la-Forêt du 20 octobre au 9 mars, on compte lô chevaliers et 20 sergents à cheval, du 9 mars au 1" juin, 19 chevaliers et 20 sergents à cheval Voir ci-dessus, p. 41 et suiv., p. 58 et suiv.

3. A Lyons-la Forêt, du 2 au 8 juillet, il y a 08 chevaliers et 21 sergents à cheval.

4. A Gaillefontaine, du 5 juillet au 2j septembre, à La Ferté, du 24 octobre au 1" juin.

5 A Gournay, du 5 juillet au 2G septembre, et du 24 octobre au 1" juin.

C. éhilipi>idr, Vil 117, famulos in equis ; ibid., I, 091 satellitibus ; ibid , XI, 57, clientes. Guillaume le Breton emploi aussi en prose l*expression satellites (Citron. 186, satellites in equis), mais elle tic désigne pas une catégorie de cavaliers différente des servientes équités comme l'a supposé le P. Daniel. Histoire de la milice françoise, t. I, P- '35. Kôhler (Die Entwickelung, t. III, 2, p. 41) admet avec raison l'équivalence des mots satellites, clientes et servientes équités.

7. Kôhler, I.'ie Entwickelung, t III 2, p. 8 et suiv. Guilhiermoz, lissai sur l'ori- (jine de la noblesse en France, p. 22J, note lô.

8. Roger Pescheveron, qui est qualifié de miles dans des chartes de 121G. 1224, n'était pas encore chevalier en 12')2 : car il reçoit l 1. pour un palefroi et un roncin (Brussel, p. CLXXXVI. 2- col , 1. 32) ; or c'étaient les sergents à cheval (ou les arbalétriers à cheval), et non les chevaliers, qui avaient pour monture un roncin. Philippe Auguste lui lit don de fiefs en 1203 ( L. Delisle, Cartulaire normand, n» 73).

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