PREFACE
I> philosophie a ses révolutions ainsi que la politique. Lorsque je publiai , il y a vingt-deux ans , cet Essai, la plupart des métaphysiciens voulaient, pour ainsi dire , anatomiser l'intelligence hiinaaine; ils semblaient aspirer à donner au langage de la morale une sécheresse mathématique. Je n'adoptai point leur méthode , et j'en craignais les résultats. ' Aujourd'hui, je fais imprimer pour la sixième fois ce petit ouvrage : les temps et le cours des idées sont changés. On se dit encore observateur, mais trop souvent c'est avec les yeux de l'imagination qu'on observe ; on aime à trouver dans les discours sur la morale , de l'exalr tation et du vague; la métaphysique est devenue poétique. Cette nouvelle mar
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nière de s'éloigner de la vérité ne me séduit pas plus que la première. Je reste fidèle à la ^ouce philosophie du sentiment et du bon sens , à cet art de vivre qui fut chéri de Sourate ,^ de Montaigne , de Franklin , et qui sçra cultivé d'âge en âge par les hommes persuadés que les m«lleares théories morales sont celles qui conduisent directement à la pratique.
J'ai souv<«t remercié la Providence de m'avoir inspiré le goût des étbdes {)hi[6sophi(jues. Grâce à leur secours, j'ai pu m'occuper du bon et du beau , dans des jours orageux. Tandis que je cherchais en paix quelques idées utiles âmes semblables, combien d'ambitions ont élevé rapidement des hommes ^ et les ont précipités plus rapidement encore ! Pendant le court espace de temps qu'il a fallu pour imprimer une édition de cet Essai , j'ai vu deux révolutions *.