‹ Essai sur l'art d'être heureuxChapitre 3 sur 35 · PRE¥AC£. VIJ · texte numérisé non relu

PRE¥AC£. VIJ

Hélas ! le calme qu'on trouve dans la retraite fait quelquefois retomber la pensée avec plus d'araertume sur les désastres qui retentissent au-dehors. Juste Lipse à écrit un livre , des Consolations dans les calamités publiques. Son stoïcisme froisse et révolte mon cœur. Celui qui voit d'un oeiil sec les discordes civiles , perd le preitrier élément du honheur, je veux dire ce sentiment dont la voix ràppdle à Thomme qu'il tient à l'humanité et' qu'il est bon. Des moyens d'adoucir pour soi les malheurs publics sont de les détourner des êtres qui nous sont confiés , de prodiguer ses soins aux victimes du sort, et de hâter , au moins par des vœux, les jour§ qui viendront consoler la terre. Ces moyens sont plus efficaces qu'une froide et stérile insensibilité.

Les études morales, presque oubliées de nos jours , sont nécessaires dans tou^ tes les situations de la vie. Nous devons nous exercer à repousser , à soutenir les

VllJ PREFACE.

peines; et nous avons même besoin d'apprendre à choisir, à goûter les plaisirs. Si l*on occupe de hautes fonctions , les études morales peuyent seules indiquer les moyens d'exercer unetheureuse influence, et donner le courage de marcher au but qu'elles ont fait connaître.

Si les circonstances sont telles que Thonnéte homme ne puisse se faire entendi^e, ou si Ton est dépourvu des talens qu'exigent les discussions publiques, les mêmes études enseignent à se plaire au sein de^ la retraite, à rendre encore quelques services dans l'étroite sphère où s'écoule une obscure existence.

La plus belle mission à remplir est celle d'accroître le nombre des gens de bien. Si j'offrais aux jeunes écrivains des conseils sur leur bonheur, je parlerais du soin qu'ils doivent apporter au choix de leurs sujets^ Plus les idées dont ils nourriront leur esprit seront de nar ture à nous rendre meilleurs, plus ils ^'assureront les avantages dont ils vour

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