‹ Essai sur l'art d'être heureuxChapitre 33 sur 35 · HOTES · texte numérisé non relu

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|Hriideikce. Au seizième siècle, il éuonça plusieurs opinions développées par Beccaria dans le dixhuitième.

(9) Avant de composer les Essais ,' seul ouvrage sur lequel repose sa gloire , Montaigne avait traduit la Théologie naturelle de Rajrmon Sebond ou de Sebonde. L'auteur de ce livre veut prouver, par les seules lumières de la raison, tous les mystères du christianisme. Souvent les idées du théologien sont subtiles , obscures; et le style du philosophe n'était pas encore formé.

On a fait imprimer, sous le titre de Voyages, de Montaigne y des notes qu'il avait écrites ou dictées à la hâte, en parcourant la France, la Suisse, rAUemagne et l'Italie. Ces notes informes, qu'il n'eut jamais dessein de rendre, publiques, peuvent offrir quelque intérêt, en contribuant à prouver la bonne foi qui dicta les Essais. Les deux ouvrages nous peignent le même homme. On voit l'épicurien Montaigne promener sa nonchalante curiosité ; on le voit , pour goûter tous les plaisirs qu'un pays 'peut offrir, en adopter les usages, se nourrir, se coucher , se vêtir à la manière des étrangers qu'il visite. Son enthousiasme pour les grandes ombres romaines s'exalte à la vue des monumens antiques. En Italie, ainsi qu'en Gascogne, les médecins sont en butte à ses traits. Quelques lignes, pleines de sentiment, expriment

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les regrets que ioi cause la mort de son ami : on croirait sa perte récente ; dix- hait ans n'avaient pu fermer sa blessure.

Montaigne a mis des dé^caoes en tête de plusieurs opuscules de La Boëtie : il y en a une à M. de Mesmes, dans laquelle on entrevoit déjà sa douce philosophie. Mais un morceau plus remarquable , c'est la lettre qu'il écrivit à son père y après avoir été témoin des derniers momens de La Boëtie : cette lettre touchante est un monument de pieuse amitié.

(lo) On affecte trop de regretter le^ expres- «ions que nou$ avons perdues. Celles qui, peignaient à l'esprit, qui flattaient l'oreille, et qui n'ont pas été remplacées , sont moins nombreuses qu'on ne veut nous le persuader. Aussi long-temps qu'une langue est vivante, l'usage lui fait perdre des mots, ainsi qu'il lai en fait adopter. Les contemporains de Montaigne formaient déjà des* plaintes semblables anx nôtres. Dans les Dialogues du nouveau langage francMS ùaUanizéf imprimés en x583*, un des interlocuteurs dit : « Je vois bien à regret un grand « nombre de beaux mots que nous avons perdus , « les uns simples , les autres composés ; n'étant « aucunement rudes , ains ayans un son fort doux , « quant à la plus grand'part ; et le pis est que «< d'iceux il y en a qui nous sont fort nécessaires ,

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« poorce qu'à faute d'eux nous demeurons cours •< quelquefois, aucuns n'ayans été mis en leur « place ». (Page i35.)

(11) Nous reprochons à Montaigne d'avoir surchargé de citations son^ ouvrage ; écoutons-le : « J'ay donné à l'opinion publique que ces pare* « mens empruntés m'accompagnent ; et si je m'en •* fusse créa , à tout hazard , j*easse parlé tout fin «c seul.... Il ne faut que l'épistre liminaire d*un w Allemand pour ine farcir d'allégations ». (£ss«is , Liy. III,Chap.II.)

(la) Jusqu'au commencement de ce siècle, toutes les réimpressions des Essais ont été faites sur l'édition de lôgS, ou sur celle de i635, publiées l'une et l'autre par mademoiselle de Gournay. La seconde est la meilleure. Dans ces derniers temps, feu M. Naigeon annonça qu'un exemplaire corrigé de la main de Montaigne et déposé à la bibliothèque centrale de Bordeaux , offrait seul Touvrage tel que l'auteur avait eu dessein de le laisser au public. Cet exemplaire fut employé pour donner une édition stéréotype qui parut en 1802 , et que beaucoup de personnes croient être la plus exacte. Elle me parait inférieure à l'édition de i635, et même à celle de

On sait que Montaigne laissa deux ou trois

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