N° 2167; n° 2i65. Ancien fonds du mal façonnée
Fie. 295-3o6. — Figurines de type féminin. (Provenances diverses.)
igo
d'oiseau et la forme de ses énormes pieds, l'autre par le mouvement cambré en arrière de tout le corps (Fig. 3o8, 3oq)'.
Peu à peu, l'idée se développe, sans que du reste l'exécution devienne meilleure. Voici plusieurs petites statuettes qui conservent encore la forme de xoanon, et que leur manteau enveloppe comme une gaine. Mais ce manteau s'entr'ouvre sur la poitrine, ou sur l'estomac ou sur le ventre, pour laisser passer les mains qui se tendent. Les mitres, qui ne leur manquent jamais, sont de forme arrondie, ou conique, ou affectent le contour d'un croissant renversé ; on ne voit pas de colliers autour des cous, ces bronzes étant d'un art trop grossier encore. La plus naïve
Fig. 3o7-3io. — Idoles féminines de diverses provenances.
de toutes ces images (Fig. 3o/i) fait partie de la collection Vives2 ; son visage est affreux avec son nez crochu et ses gros yeux en boule ; la disposition du manteau est assez vague. Elle se précise avec la figure 3o5, dont le modèle est aussi à M. Vives, et l'on est étonné seulement que l'auteur, capable d'exprimer nettement sa pensée et de modeler avec assez de vérité le visage, ait donné à tout le corps une forme carrée qui n'a rien de naturel3. Sur cette statuette auront certainement la préférence, parce
I. Fig. 3o8. Bronze noir. Trouvé en termina de Caravaca. — Fig. 3oo. La statuette est brisée en bas. Bronze noir. Hauteur om,o4. Trouvée à Caravaca. La bouche est abimée par des coups de lime.
2. Revista de Archivos, 1900, pi. VI,n°a5, p. 107. Hauteur ora,oG8. Provient de Castellar de Santisteban (Jaén).
3. Ibid., pi. VI, n° 27, p. i58. Hauteur on\o58. Patine verte. Même provenance.
qu'elles sont de proportions plus justes et de mouvement plus précis, les statuettes nos 296 et 3o3, qui appartiennent à M. Vives'.
Je dois ici signaler deux variantes notables. M. Saavedra a légué au Musée de Madrid le bronze que reproduit la figure 297 2. C'est une femme qui porte sur la mitre élevée un voile, suivant la mode ordinaire ; mais ce voile ou ce capuchon ne fait pas corps avec le manteau, lequel est posé sur les épaules, comme un châle, s'échancre sur la poitrine et pend, les deux bords rapprochés, jusqu'à mi-jambes; la tunique de dessous le dépasse. Les deux mains tendues sortent assez maladroitement, on ne sait trop comme. Suivant l'ouverture du chale, qu'elle semble border, on voit une grosse torsade. C'est peut-être un collier, bien qu'il y ait une solution de continuité.
L'autre figurine, que j'ai photographiée à Lorca, chez M. Canovas (Fig. 307) , n'a pas précisément de mitre, mais son grand voile-manteau grossit beaucoup sa tête; il laisse aussi dépasser la robe de dessous, d'où sortent des pieds plats et gigantesques. Elle porte sur la gorge un collier où s'accroche une bulle, et l'on voit à ses oreilles de lourds pendants en forme de disque; c'est ici le premier exemple de ce bijou*.
Le chef-d'œuvre — qu'on me pardonne ce mot ambitieux — de cette série, est une assez grande statuette qui a été léguée au Musée de Madrid par le marquis de Monistrol*. Sa mitre basse, réduite à une sorte de
1. N° 295. Bevista de Archh'os, 1900, pi. VII, n° a4» p. 157. Hauteur om,c>79. Bronze rouge. Provient de Castellar de Santisteban (Jaén). — No 3o3. Ibid., pi. VI, n° 26, p. i58. Hauteur om,o52. Patine noire. Provenance inconnue. Un petit bronze analogue appartient à l'Académie de l'Histoire. (N° 223 de l'inventaire. Provenance, province de Jaén (?). Voir P. Paris, Revue archéologique, 1898, I, p. 206).
2. N° 18539. Hauteur om,o8. P. Paris, art. cité, p. 207, fig. 2. Provenance : région de Murcie. M. Canovas, de Lorca, possède une petite idole en cuivre rouge, trouvée, dit-il, à Almaciles, province de Grenade, qui a des analogies d'attitude avec celle-ci. C'est une femme vêtue d'une longue robe à plis indiqués par des traits creux, les deux bras en
avant, et les deux mains placées l'une sur l'autre. La robe s'évase en cloche sur les pieds, comme la robe de certaines statues du Cerro de los Santos. Hauteur on\07. Fig. 288.
3. Hauteur om,o8. Bronze rougeâlre. Le Père Lozano (Historia de Jumilla, pi. HII, n° x) donne le dessin d'un bronze de Murcie qui rentre dans cette série, et a surtout de l'intérêt à cause d'une énorme tiare en pain de sucre qui surcharge la tète large et courte. A mi-hauteur, il semble que la tiare ait reçu un ornement gravé, une sorte de galon à pendeloques.
4. N° 35 1 5. Voici la description du Catalogue du Musée : « Prêtresse. Elle est vêtue d'une tunique et d'un manteau qui lui couvre une partie de la tête et descend jusqu'aux pieds; elle le saisit et le soulève de ses deux
Stéphane, se prolonge sur le front sous forme de deux bandeaux plats qui se recouvrent en partie. Un manteau à capuchon recouvre la mitre et les épaules, laisse la gorge à découvert, enveloppe les deux mains jointes au-devant de la taille et faisant une saillie ronde sous l'étoffe ; puis, les deux bords exactement rapprochés, elle tombe jusque sur le sol, laissant seulement voir le bout des pieds. Une rainure verticale depuis la taille indique la fente du manteau ; mais, chose peu explicable, cette fente s'arrête au-dessous des genoux. Par l'ouverture du manteau sur la poitrine on voit une chemise montante, une autre pièce de vêtement qui fait écharpe de gauche à droite et, par-dessus, un lourd collier supportant une pendeloque. Le manteau ne fait absolument aucun pli, et la femme garde, dans son ensemble, cette apparence de gaine hermétique que les bronziers ibères affectionnent tant. Le visage, auquel l'ouvrier a voulu donner une expression grave et majestueuse, est de facture très molle ; ce qui frappe surtout, ce sont les lourdes boules aplaties qui pendent aux oreilles et qui, avec le collier, rappellent l'accoutrement familier des plus belles images de femmes du Cerro de los Santos (PL II, n°2).
La technique, sinon le style, fait un progrès notable avec une des plus fines statuettes ibériques que je connaisse, et que M. Vives a encore eu la chance d'adjoindre à sa collection (PL II, n0s 4 a, [\ b)x . C'est une petite prêtresse tenant à deux mains, au-devant de sa taille, le vase à libations. Le sujet est le sujet préféré des sculpteurs du Cerro, et je n'ai pas à revenir sur les statues de ce type, dont celle-ci est visiblement inspirée, bien que le visage, le costume, l'aspect d'ensemble gardent leur originalité. D'abord le vase est très grand et, si on regarde l'image
mains jointes, en l'écartant du corps. Sous le manteau se voit une coiffure en forme de casque. Elle porte des pendants d'oreilles et un collier sur la poitrine, par-dessus la tunique. Hauteur om,i5. » Le regretté D. Juan de Dios de la Rada y Delgado a bien voulu me donner ce renseignement verbal que le bronze provient de Monteagudo.
Une seconde figure de tout point semblable à celle-là, dont elle est une réplique, appartient à l'Académie de l'Histoire ; la provenance indiquée est Jumilla. Le chanoine Lozano,
dans son Historia de Jumilla a donne un mauvais croquis d'une figurine analogue à ces deux-là, disant qu'elle provient de Monteagudo. Serait ce la statuette du marquis de Monistrol, ou bien celle de l'Académie?
(No IH).
Sur ces figurines, voy. P. Paris, Revue archéologique, art. cité, p. 200 et s.
1. lievista de Archivos, 1900, pi. V, n° 28, p. i5G. Hauteur om,oG3. Bronze rouge. .Trouvée dans la région de Valence, au Nord.
LES FIGURINES DE BROINZE i q3
de profil, il se détache hardiment du corps, ce que les sculpteurs du Cerro, ayant affaire à une matière tendre et cassante, n'avaient pas osé tenter. La mitre est placée très en arrière et fuyante, comme celle de la Dame d'Elche ; elle n'est qu'en partie recouverte par le voile-manteau qui est de la même forme que celui delà statuette précédente. Sur la gorge, qui reste libre, on aperçoit la robe montante et l'indication d'un gorgerin l. Depuis les hanches le bas de la figure affecte la forme ronde et l'évasement en cloche que j'ai décrits plusieurs fois à propos de statues du Cerro. Au lieu que les deux bords du manteau soient simplement rapprochés par devant, ils croisent l'un sur l'autre. Deux filets gravés en creux suivent ces bords sur toute leur longueur, et ce simple petit ornement suffît à mettre un peu de variété dans ce costume austère. Quant au visage (la tête est trop grosse pour le corps) il n'est pas beau ; les traits sont sans finesse, la bouche et le menton particulièrement empâtés. Les yeux, pour lesquels n'ont pour ainsi dire pas été creusées d'arcades sourcilières, sont dessinés tout uniment en quatre coups de burin. Un grand anneau de métal tordu sert de boucle d'oreille. On le voit, le mérite d'art est médiocre, mais le bibelot est amusant par je ne sais quel sentiment du pittoresque, et par une élégance de travail que l'on avait en vain cherchée jusqu'ici dans cette multitude de figurines. Celle-ci l'emporte même sur la petite statuette d'homme de la planche II n° 5 par plus de souplesse et de liberté.
Restent quatre bronzes qui se groupent naturellement ensemble. Nous connaissons déjà le geste de leurs mains et de leurs bras ouverts, celui du prêtre catholique prononçant ÏOrute, fratres, pour l'avoir décrit à propos de statuettes d'hommes. Ce qui diffère ici, naturellement, c'est le costume. La femme, la prêtresse plutôt, a substitué à la tunique courte du prêtre une longue robe descendant jusqu'à ses pieds, et sa tête s'est coiffée de la mitre pointue, où s'accroche le voile-manteau.
Deux de ces figurines sont de facture très sommaire et de style détestable ; l'une, au Musée de Madrid2, n'a, à vrai dire, ni visage ni mains ; ses jambes sont brisées ; elle n'a d'autre intérêt que son attitude et la ligne
i. M. Mélida dit: « ... la oferente lleva ques)y dos collares, el infcrior con colgante. »
mitra, se adorna con gruesas arracadas (toi- 2. N° i8o32 (Don de M. Caslellanos).