Schlumberger, Art. cité, p. 9 et
2. E. Taillebois, Deux objets d'art lierions, p. 28. Ces monnaies font partie du Trésor du Lanjuzan. « Sur ces pièces on voit un cheval ailé, grossièrement fait ; les jambes sont raides, mais bouletées aux jarrets et aux pieds ; la queue et la crinière rappellent complètement celles des bandeaux de Caceres, formées de même par des poils hérissés et écartés. »
3. Ibid., p. 3o. Trésor de La Villeneuvele-Roi (Haute- Marne), dans le Dictionnaire
archéologique de la Gaule, nos 2^8, 2^9. 25o, 271, 272, etc. Statères des Osismiens, médaille de Divitiacus, monnaies des Caletes, des Pictons, des Aulerces Eburovices, des Parisii, etc., etc., d'après Hucher, L'Art gaulois, Le Mans, Monnoyer, 1868, 2 vol. in-4°.
4. Ibid., p. 3i. Monnaies de Calagurris, Ontzan, Belsinum, Bursao, Turiaso, Tufia, Legisamon, Buruesca, Belia, Aregrad, etc., etc.
5. Ibid., p. 33. Monnaies d'Ontzan, de Belsinum, Turiaso, etc.
connaissait les guerriers représentés avaient un accoutrement et des armes qui étaient aussi celles dont les Lybiens avaient pu importer l'usage en Ibérie, c'était une raison de plus pour imiter les œuvres grecques ; et si ces mêmes types qui ont apparu dans la décoration des vases et des fibules de Mycènes ou d'Athènes se rapprochaient des types ibères adoptés par les faiseurs de coins monétaires, c'était un encouragement à prendre ces vases et ces fibules pour modèles.
Mais, il faut le dire à la louange de cet orfèvre, il a su si bien fondre tous ces éléments qu'il est impossible de s'y méprendre, même si l'œil n'est pas très exercé. Ces bijoux sont des objets uniques, d'un art d'imitation qui a su rester original. Toute analyse serait ici forcément difficile et subtile ; mais pour quiconque est familier avec les monuments figurés de la Grèce et a bien voulu faire avec moi le recensement des monuments figurés de lTbérie, il ne peut être mis en doute que les bandeaux de Gâceres sont vraiment ibériques ; on peut les rapprocher de tous les objets phéniciens, mycéniens, grecs, lybiens, gaulois que l'on voudra ; on ne pourra les confondre avec aucun d'eux, car à l'ensemble l'auteur a imprimé un cachet tout spécial et nouveau de maladresse naïve, aux détails il a donné je ne sais quelle exagération de pittoresque qui touche au plaisant sans aller jusqu'au ridicule ; il a travaillé avec une verve jeune mais sincère qui lui constitue son originalité. Et ces défauts, comme ces qualités, qui constituent aux bandelettes du Louvre leur état civil, leur donnent aussi beaucoup de valeur.
Il est un bijou, d'usage très répandu et fort utile, auquel les Ibères se sont ingéniés à donner des formes originales, c'est la fibule. Toutes celles que je connais sont en bronze et se rapportent aux types les plus variés. La grande statue du Cerro de los Santos a les deux bords de sa tunique de dessous retenus sous le menton par une fibule en T ou en arbalète, et l'on peut très bien se figurer ce qu'était ce modèle, car on en a trouvé des spécimens. Les figures 390, 3qi et 3q2 en reproduisent deux complets et le fragment d'un troisième, qui ont été publiés par M. Car-
tailhac1. Les deux fibules complètes ont été recueillies dans la Citania de Sabroso, le débris dans la grotte de Pénicbe, en Portugal. Mais le plus
Fie. 390-392. — Fibules trouvées en Portugal.
bel exemplaire que je connaisse de cette forme est une fibule du musée
municipal de Bragance, trouvée a Castro de Argozello (Vimioso). Elle est d'un dessin très cherché et d'une ornementation très riche. Les petits anneaux qui s'y accrochent servaient ou de pur décor, ou de suspension pour de petites pendeloques (Fig. 3gS)2.
Cette forme n'était pas exclusive, même aux lieux où elle abonde, puisque de Sabroso provient aussi la petite fibule de notre figure 3 9 1\, formée d'un simple anneau et d'un ardillon mobile ; elle ressemble plutôt à une boucle 3. Quoique très simple ce type n'est pas des plus communs, et c'est ce qui donne du prix à l'exemplaire très soigné que possède le Louvre (PI. VIII, n° 3). Il est plus grand que celui du Sabroso et le cercle, avec ses renflements, ses pointes recourbées, les nervures qui le décorent, est d'un excellent effet. Il faut remarquer l'importance donnée dans tous ces objets à l'extrémité de l'arc qui se retourne, se dresse et se termine par une boule ou une série déboules, du côté où vient s'accrocher l'épingle.
Fig. 093. — Fibule de bronze.
(Musée de Bragance.)
Fig. 3q\.
Fibule portugaise
1. E. Cartailhac, Les âges préhistoriques de l'Espagne et du Portugal, p. 277, fig. 398, 399; p. 299, fig. 429.