‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 3)Chapitre 14 sur 80 · SU · texte numérisé non relu

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ficps humaiiK. !> unv pirrrc lumidain'.

, cl.-

1, ll.id..r,f. 11.), iii. l.j.

a. Ibid.. p. i»j.

LAnCJIITKCTLHE 35

principaux (les Baléares, sans parler des talajols et des navelas — ainsi, lorsque séduits par l'élégance de rornementalion mycénienne ils en ont emprunté les élémeiils typiques, ils ne les ont pas simplement décalqués, mais ils s'en sont inspirés. Loscnronlemcnts des porles de lii (iité d'Ancora et de Saliroso gardcnl une originalité qui ne pormellrail pas de les confondre avec un décor e\éculé en Argolido, cl dont il faut lélicitcr les disciples occidentaux des arlistes nés aux lK)rds de la moi- Kfrée. C'est là d'ailleurs un (rail essentiel, (pie j'aurai maintes fois encore à noter : rarement in\enleui's. les Ibères savent pourtant rester ciix-nicmes, et

l'on verra toujours leur url, qui suhit vidonlicrs les iiillnenccs du dehors, se distinguer par la personnalité de son imilalion.

On peut faii-e les mêmes réflexions à propos de monunienls de haut intérêt dont on eonnait acluellement des evemples dans la même région ctcn Andalousie, je veux parler des Inniheaux formés d'une chambre circulaire à coupole et d'nne avemie.

Déjà dans leur hel ouvrage snr /^*s premiers -i;/*'" il" incliiî ilnns le Swt- Est de l'Espaeiiie, .\IM, Henri cl Louis Siret ont décrit des sépultures découvertes par eux dans la ville très primitive de los Millares, près d'Almerla, et constituées par une avenue et une chambre circulaire dont les

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parois se recourbent en voûte au moyen de pierres en encorbellement, avec cette particularité qu'au centre de t'hypogée se trouvait une colonne supportant la clef de voùle. Ces tombeaux contenaient, à cûlé d'outils en pierre polie, des instruments en silex, en os, en métal, et des poteries décorées ainsi que des idoles d'argile, toute l'induslrie d'une époque de transition, que les auteurs appellent néo-litliique'.

Mon ami M. George Ronsor a bien voulu me montrer les dessins d'un grand tombeau de même stjle, mais beaucoup plus important, il me semble, qu'il a tout récemmcnl découvert et déblayé à Gandul, près de Carmona, en continuant la féconde exploration de la vallée du Betis

,cul|,lé

i dfsIJitania^ do Portiigul.

qui lui fait tant d honneur. On verra, lorsqu il publiera tes résultais de !<es fouilles de ijioa. combien celle construction est déjà puissante et supérieure aux précédentes. Mais pour le moment je dois plutôt insister sur les tombeaux à coupole qui s<mt depuis assez longtemps signalés dans les nécropoles de la Liisiluuie. Dans ses Aiitiguidades monuinentaes tto Ahjarvi-. Kstacio (la \cif5aa fiiît connaître le premier ceux d'Alcalar, site proclie de Menilhoeira-lirande, district (io Villa->ova-de-Portîmho (niyiiuMic d'Algarvc): je ne les connais que par les ligures et dcscrip-

,|>,^ M. [.miis Sir«t fl |m

dan-i V.lnlhropolugif (jnillcl-anrtl). p. 385 et s., ['autre dans la Ufviie ties i/urslions iicientifi/furs, octniirc iS()3. \ ov. (liirliciiliËrGment ce dcirnicr arlicic, fif. 171. fig. i84.

l'akchitecture 37

tîons empruntées à cet archéologue par M. Leite de Vasconcellos, dans ses ReligiÔes de Lusifania. et reproduites dans Archeoloijo porlagut's'. Le plus complet" se compose d'une chambre ronde voiitée, llanquée de deux niches en fer achevai cld une g;iloiie d accès. Les murailles de la crypte sont foruiées de pierres de grosseur moyenne disposées en encorbellements concentriques; la dernière assise est constiluée par deu\ dalles plates que la pression de la terre siiperposce a fait lléchir; elles sont pourtant épaisses de (r.^J5, et longues l'une de i"',:m, l'aulru de o'",90. Quant ù la galerie, tandis que dans d'autres constructions du même lieu elle est formée de larges plaques dressées en parois et couvertes par d'autres grandes plaques posées par-dessus de bout en bout, elle a ici deux

murs en petit appareil pour supporter le plafond identique: atin de mieux soutenir le poids de cette couverture, on a seulement dressé par intervalles des sortes do piliers ou étais qui rétrécissent le couloir, et ont des aspects de poternes. Los dimensions du toinlicau ne sont pus très considérables. La chambre funéraire na que a°',5ode hauteur à la clef de voûte, et i^.Co dediamètre. MM. Kslaeioda\ eigaet Leitede\ascoiicellos ont donné lesdessinsde trois autres cryptes du même genre: ilnoussultït d'en avoir montré une (Fig. -^S). De même il n'est besoin que de mentionner les chambres circulaires à coupoles récemment explorées au val de San Martinlio (Cintra) par M. Maximiano Apollinario, et qui sont

I, l*itc Ae Vasconcellos. Religidrs de Lu- el ».

lilania. I, p. 199 el s., fig. 6i à (17; cf, O 3. ReligiÔes de l-usilania. p. 3o3, Gg.

Àrckeologo portugaés. Vil (i()oi), p. ng 67; Areheologo porluguéi, fig. 6".

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mallieurciisement réduites à une partie des chambres el à des vestiges assez humbles des galeries*. M Leite do Vasconcellos a parlé de tous ces monuments dans O Archeolofjo Porlugnt^s sous le titre de Sépultures pré/iislorif/ucif de caractère mycénien '.

(^esl assez dire que la comparaison s'impose entre ces tombeaux elles tombeaux a coupole de Mycènes el d'Orchomene. La voûte y est formée par la même superposition de pierres en assises circulaires faisant saillie Tune sur Taulre ': l'avenue est 1res semblable au firomos, el il ne manque même pas ces annexes latérales que l'un a signalées dans les édilices de la Grèce. Il v a du moins une «^rande dillerence dans Tari de la construclion. Les lombes à coupoles ibériques sont beaucoup moins soignées que les mycéniennes: les bâtisseurs ont une naïveté maladroite qui se montre bien, par exemple, dans les étiils destinés à soutenir les gros blocs qui couvrent ledromos. Il y a toute la distance d'une civilisation riche à celle d'un peuple encore barbare, et si proche de ses origines que les archéologu(»s classent les nécropoles de San Martinho. tout comme comme celles do los Millarcs ou de(iandul, parmi les nécropoles préhistoriques. I/épitliMe n'est peutH'tre pasirès juste, si Ton tient compte de la nature et du st\l(î des objets recueillis dans ces tombes, car la céramique" en particulier comporte des échantillons que nous retrouverons bientôt à des âges très historiques, et aussi des idoles qui ressemblent fort à certaines idoles d'IIissarlik. Mais le mot inq)orte peu.

Plutôt que d'y insister, j'aime mieux préciser la portée de ces constatations, et bien prier le lecteur do remarquer que je n'entends pas entrer dans la grave discussion toujours ouverte entre les savants qui sont dupes, dit-on, du mirage oriental, et ceux qui se défendent de céder à

I. () Archeolv}iO portngurs, II (i8()7), cci»cndaiit ce msIi'muo i]c construction a ses

I». :>.Hi ol s. plus crlrhns modèles on Argolidc, el il a bien

•A. Ihiti., A 11 (1902), |). iM() et s. pu passer d'Orient en Occident, faisant «no

W. La manière do faire los voûtes en donio importante escale dans les Haloares, où il est

au moveii d'assises circulaires do pierres (pii, fréquemmenlappliquc(PerrolctChipiez, /^ia7.

cliovauchant Tune sur l'autre en r<Slrécissant de i'art dans l'antiquitô, IV, p. 49. —

l'ouverture do leurs anneaux, arrivent à mé- E. Cartailliac, Monuments primitifs des

iin^er une régulière cavité cojiique, peut bien KaléareSy p. aô, fig. 18. i(), 'jo). n'avoir qu'un rapport fortuit avec le mycënion ;

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celte illusion '. Les premiers pourront dire que les navigateurs venus de l'Est, au cours de ces longs cl pittoresques voyages que M. Bérard a si bien refaits et nous fait si agii'ahteuient refaire à sa suite', ont tout naturellemenl iinporlé dans la lointaine presqu'île de l'OuosI l'aicliitecturc funéraire de leur piys: pcut-èlre sfiilcmont suhslitueroiit-ils le mot Phéniciens au mol Myéniens. uu prélereroiit-ils songer à ces peuples

Fm. 18. — Tombe.

de la nier, aux Cretois, mainlenant a la mode, en rappelant que l'alphabet dit celtibérien a des rapports avec l'alphabet de ces gens; les seconds, au contraire, pourront tirer on faveur de leur thùsc un allument des siniililu<les nolées, et soutenir que les cryptes d'Espagne sont les prototypes dos tomlies d'Argolidc ou de Béotie : que ces dernières sont le chef-d'œuvre oriental d'un art venu d'Occident. Pour moi, il me suffît pour le moment d'avoir établi qu'il y avait une très ancienne archi-

3. Yklor Bérin}, l.ei Phénicien* et tOdyisée{Pni», CoUd, 1903).

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