Ibid
■ 5. (pi. III.
\. Ibid . Il'
> aa (|.l. II.
|g^ LA S*A LPTLHE
Je citerai cii iitemii'rc lîjfiie mu- tète inédile du Musée de Madrid (PI. \. Iiis) couvcrlo d'un double pli de voile tirs étroitement appliqué sur le crâne : le baridcuu. rormé de deux masses de pendeloques, l'un lom- Ixint jus<|u'à la naissance du cou, l'autre l>caucoup plus l>as, fait valoir par sa lourde ordonnanre la sévérité vraiment imposante du visage, que, par malheur, le temps a fort endonuiiagé.
'] Ito^ch. à \licBnle.)
D'un style plus llii. ijuoiipii- donnant une impression moins vive de gnmdeur, est une trte <pii a]ijiartient à M. le marquis dcl Uoscli, à Alienntc. I,c iii-zcst hrisi', les yeux, grand.-* ouverts, sont uséi ; lu visage est largo, le niciilon i-sl salUiint et assez pointu, la buuclie esljietitc, avec des lèvres minces. Le serre-tête, orné de séries alternantes de traits parallèles, se répEUid de part et d'autre des tempes en pendeloques oii se cache une rouelle (l-'ig, i()3j '.
l. Italhliu hiapaiiu/ue. III, n" .'i; (|il. V. ii" i).
l.\ SI lll'ïl IIK |])|
fait sauter un large l'cIuI du froiil cl du crâne, el un f'ragiueiil dp lupnulc gauche. Le visage est aussi usé et ronge par le temps. Ce (jui la dislingue des autres femmes du Cerro, c'est l'ajustement de la t^le. D'abord elle porte une sorte de capuchon qui est rollatit sur le cnlne et tombe sur le dos et les épaules, puis une grosse torsade de passementerie qui, accrochée sur le front au bord du capuchon, encadre le visage, cache les oreilles contre lesquelles elle est niuiiitmiiie par de grosses rondelles,
^^L Fie.
^^V TMes du Cm» (Mldnd).
çt tombe en sarroiidissant comme un collier sur la gorge (Fig. i5.'J). Si
l'on voulait compléter ta statue, il l'audrail l'imaginer » peu près comme
celle que reproduit la figure i 'l'i (Musée de Madrid).
Enfin j'ai photographié au Musée de Madrid sept l^tos qui rentrent
^ns la même s<jrie, et qui toutes présentent un réel inlércH. Elles sont toutes inédites (Eig. itiSùiy^).
Celle qui porte le n° 7541 est absolument encapuchonnée d»ns son voile, qui descend à double étage jusqu'au milieu du fi-ont, cache les oreilles, cl encadrL- li; visage. Celui-ci n'est pas heureux, malgré l'effort du sculpteur pour ranimer dun sourire, et iicut-èlre pour exprimer l'iige
iga LA SCULPTIRE
d'une fcminc qui touche à la vieillisse. Il y a du moins un certain sens artistique dans ce fragment (Fig. i68). Ce sens au contraire manque à la lAte n" 7Îi32, et ù la lèlc n" -ô'iS, du reste fort mutilées, dont tous les traits sont gros dans une face large et carrée, avec une expression qui veut f^tre grave, et n'csl i|ne iHludeusc : cela apparaît surtout dans la première, dont la buuclie, forlcineiit abaissée aux deux coins, est tout à fait maussade (l'ig. iGr) el 170).
Les lAtes "j^.?;) et '17/1.^ sont d'une inspiration un peu plus élégante ; on aperçoit les premiers cheveux autour du front, sous le voile qui fait une assez forte saillie en bourrelet, et tombe avec ampleur, plusieurs fois replié, en s'élargissaiit sur les épaules. La première a perdu, sous anmalencontreux coup de pioche, r<Eil gauche, la joue gauche, le nez et— le menton ; mais on la devine assoz imposante, et d'un style aussi heureux que la li'te de la collection del Bosch ( Fig. 171,1 7a J,
Celle ([ui porte le n" ~~)\'> esl une vérilahle œuvre d'arl, d'une inspira- — lion simple et large, (l'un slylo adroit. Le front esl lonl entier découvert, ainsi que le bord de la clievcliirc: la jeune femme porte un bandeau simple 'au-dessus du crâne, mais d'où pendent des tresses et des roues qui font J
SCLLPTL'RE
valoir l'ovale ferme du visage. Le nez et la bouche ont beaucoup souffert de l'usure du temps, maïs on devine chez l'auteur un sentiment assez vif de la beauté, et comme un instinct des pures créations idéales (Fig. 1 73).
kl
Muirc de Ma(tn.l.
Je ne connais qu'un seul exemple de t<Me fémir
i laquelle manque
le voile. C'est celle qui est désignée au Musée de Madrid sous le n" 7674. Elle devait être, dans son inlégrité, l'une des plus jolies de la colleclioii. Les cheveux, disposés à droite et ù gauche eu larges masses de mèches élagées, sont serrés au sommet du front par une bandelette plaie, sans ornements, et cette coilVurc, quoique très simple, ne manque pas d'élégance. Le visage est d'ailleurs, bien que trop large et court, d'un bon style grave. La bouche est fine et les yeux, grandement ouverts, sont dessinés comme ceux de la statue principale (Fig. 17^)-
Deux bustes de Madrid, n"' 75.^|3 et 76^3, portent le voile, mais il n'est pas directement appliqué sur les cheveux ou sur un bandeau posé h plat ; il recouvre une sorte de diadème qui le surélève et dont la forme en croissant se dessine 1res nettement sous l'étoffe. La léle n" 75ia est d'un style très médiocre ; il y a quelque recherche dans la disposition des
lu (:.Tro (Madrid;, fendre. On dirait d'une de ces
;tatu
IQfl LA SCLtm-BE
cheveux sur le front et des deu\ eûtes du visage, sans aucun détail original, et cette élégance s'accorde biai avec la richessedes lourds colliers qui s'arrondissent sur la goi^e:
mais les traits sont barbarement taillés: la bouche surtout, qui grimace en voulant ^tre sévère, est d'un art plus que maladroit (Fig. 1/5). La seconde tête, dont par malheur tout le visage a disparu, devait être d'une certaine beauté: telle qu'ellecst, elle produit seulement une impression curieuse, dont on ne peut se déle déesses-mères dont la sculpture grecque archaïque ou classique nous a légué de si beaux spécimens, statues de marbre ou bustes estampés de terre cuite, à qui la même parure donne le même sentiment de majesté (Flg. 176).
A ces variantes dans la disposition des cheveux, la forme et la richesse des atours, l'arrangement des voiles, ne devaient correspondre que des modifications légères de costume. Aussi est-ce bien dans la môme série qn'il convient sans d.)utc de ranger de nombreuses
ig6 LA SCULPTURE
logie * : (( La coiffure est très extraordinaire ; c'est une sorte de tiare qui s'élevait en jîointe et qui devait être démesurément haute, si Ton en juge par la partie conservée. Des deux côtés du visage, elle tombe en manière de voile, ce qui lui donne aussi l'aspect d'un capuchon, ou mieux encore d'une cagoule de pénitent*... Des deux côtés du visage, comme dans la statue ', on voit dépasser sous le voile les grands disques qui tenaient lieu de boucles d'oreilles. Le devant de la chevelure est serré aussi par un riche bandeau transversal, où Ton retrouve un rinceau asiatique *, composé d'ornements en forme de S couchées. Enfin le front et les joues sont encadrés de trois côtés par des ondulations tellement symétriques qu'elles ressemblent à des ovos d'arcliitecturc dessinées à plat et séparées, comme dans l'ornement ionique, par des pointes ou dards. On ne sait au premier aspect si cette dentelure, d'un travail délicat et compliqué, est un complément de la parure ou simplement une manière conventionnelle de représenter les cheveux. »
Quant au visage, il a par malheur souffert du temps ; il est rongé par une sorte de lèpre, et le bout du nez et les narines ont été brisés ; mais on peut cependant reconnaître sans hésitation que si la facture est la même que celle de la grande statue — les yeux, par exemple, sont d'un ovale un peu plus régulier, mais le globe en est tout de même aplati et comme coupé d'un ciseau brutal — l'expression est un peu différente ; à la sévérité grave du premier type est substitué un léger sourire qui anime les traits d'une vie plus humaine (PI. IX, à gauclic, et PI. X, à droite) '*.