I. De la lUda. pi. H. n" S (n« 7631 Mu«é
' par 1111 Msage
de [irofil dans un croissant. Son collier <!sl double: le premier rang sou lient une série de sachets ou d'amulettes, le second no soutient rien. Quant auvase, qui porte quelques lellres ;>t-avttis, il en jijlllit aussi des n;iniines wur lesquelles se détache un mouton placé bien au milieu de la poitrine. là oii se trouvait tout à l'heure une étoile. Lea dilTérentPs jupes superposées sont dtTorées de dessins géométriques ou de fitinges; mais juste audosKous des mains une zone plus large porte de bizarres figures en
ireu\, ici des serpents, une
^ /~~*n ^H étoile, un vague oiseau, là un
t3^^^^ ^H inoiiiflre à tète de chien, !k gorge
de diagon écuilleux, avec des
ailes et une queue fourchue
(PI. VllI).
Deux statues plus petites se rattnrhent directement à celleslà ; elles sont cependant un peu moins étranges. L'une (Fig, 19a).
haute seulement de 0".3o, porte simplement un petit mouton -ifpeiidu à un collier en torsade, .111 dessus du vuse que tiennent lis deux mains. Elle a, sous un ample voile cachant toute la chevelure, les épaules, les bras et les lianes, une mïtre basse en et elle est vôtue d'une jupe à cinq volants dentelés
e ilii Ccrro .
208 LA aCLLPTUHE
2" Les ornctnciiU lie It'lc sont lout à l'ait île luèmo l\jie que cpu\ de la grande slalue. par exemple, el traités avec une précision inconnue du faussaire.
3° Les globes des yeux ne sont pas en relief arrondi, mais plats, ce qui est un trait caractéristique do la plupart des meilleures têtes du Cerro, comme je le noterai plus loin.
tx" L'ensemble dénote une habileté de main égale à très peu près à celle des artistes qui ont Kculplé les meilleures statues authentiques, ce qui, je lai dit, n'est pas du lout le cas des mystifications d'Amat.
j° La présence de l'étoile, du croissant de lune el du soleil parmi les
amulettes ne peut cire une preuve de fausseté, car le caractère orîenlal de l'arl du Cerro ne peut f lie mis en doute, et ces symboles se trouvent, par exemple, sur de nombreux cylindres chaldéens. Quant à ce délail surprenant que le soleil est représenté sous forme d'une figure entourée de rayons, on l'explique aisément par ce fait que celte image se retrouve sur des stèles néo-puniques, et flurlout il ne faut pas oublier que les Ibères connaissaient ce symbole solaire. Je le retrouve sur deux stèles funéraires dont j'ai photographié les moulages au Musée de Madrid et dont l'art tout à fait primitif révèle à première vue la facture indigène
AUT llttUim.!:
T. [, 14.. Vlil.
STATUE DU CEHRO DE LOS t
LA SCULPTURE QOQ
(Fig. 195, 196)*. Les Ibères ont pu connaitre les figures radiées par exemple par les monnaies phéniciennes de Nfalaga, et Ton sait que les Grecs et les Romains en ont fait usage. Quant au symbole lunaire formé par un profddans un croissant, il n'élait pas non plus étranger aux anciens. On en a même trouvé j)Iusieurs spéciincMis sous forme d'amulettes de bronze, en Espagne et en Portugal ' : mais, navaut pas tenu en mains les objets, je n*ose ni en identifier le stvle, ni leur proposer une date. La facture, très nette et sèche, fait songer à l'industrie romaine; cependant on hésite à raffîrmer, car le même symbole se trouve sur une monnaie de Saetabis, et il est absolument du même type que deux des amulettes ci-dessus. Il ne faut pas oublier (pic Sietabis est le nom ancien de Jàtiva, et que cette ville est dans la province de \alence, non loin du Cerro de los Santos \
Enfin, il me semble que si Ton compare ces statues décorées d'astres à celle quej'îii donnée plus haut (fig. i3i) et qui est fausse sans aucun doute, le rapprochement sufiit à prouver quWmat, auteur de celle-ci, ne Test pas des autres: son enfantine imitation le met hors de cause.
6" Je suis un peu effrayé par l'animal fabuleux sculpté en relief sur Tune des statues et par le serpent gravé en creux sur l'autre. Mais le dragon, le serpent ne sont pas des fantaisies si extraordinaires qu'elles n'aient pu naître dans l'imagination des Ibères ; ils en auraient d'ailleurs trouvé des modèles à foison dans 1 imagerie orientale ou grecque. Du reste, un fragment de statue du Musée de Madrid qui a tous les signes les plus évidents de l'authenticité, malgré les inscriptions étranges de sa tiare, porte sur la poitrine deux serpents pareils (Fig. 197) ^
7° Sur le vase que porte des deux mains la statue de la PI. VIII, etd'où semblent monter des flammes, est posé un gros bélier. J'avoue que ce dernier détail est très déconcertant. Néanmoins, comme l'impression générale est bonne et que les arguments que j'ai exposés jusqu'ici ont un
1. Ces stèles proviennent de la collcclion s. Quelques-uns tie ces (>elits objets sont en Gôngora, de Grenade; elles auraient, dit-on, argent, les autres en cuivre ou en bronze, été trouvées à Castulo. 3. D. de Loricbs, Recherches numisma-
2. J. Loilc de Vasconcellos, Atnulelos, tiques» pi. LXI, n" 9 (argent).
dans O archeologo portuguès, V, p. 287 et 4. N" 35o7. De la Hada. pi. VIII, w^ 3.
âlO LA SCULPTURE
grand poids, j'estime que Ton ne connaît pas assez les croyances du peuple à qui étaient destinées les sculptures du Cerro pour rejeter à priori une statue sous prétexte que Ton n'est pas en état d'expliquer tel ou tel symbole. Un rapprochement avec la Toison d'or n'est pas une objection concluante, d'autant qu'ici le bélier n'est pas suspendu au collier.
Au contraire, j'ai dit que deux statuettes du Musée de Madrid (Fig. 1 92 , 198) ont sur la poitrine un collier où est attaché, en guise d'amulette, un animal qui doit être aussi un mouton et qui pend absolument comme le mouton de la Toison d'or. Mais, ici encore, rien ne vient détruire la bonne apparence d'authenticité, et ces statuettes ne sont pas des créations d'Amat. Nous savons tout ce qu'il était capable de faire en ce genre. En effet, parmi les pièces notoirement fausses de Madrid, se trouve un fragment de bas-relief (Fig. 12G) où l'on voit au-dessus du groupe étrange -d'un enfant nu, d'un griffon et d'un monstre ailé dont il ne reste que Tarrièretrain, un gros bélier suspendu parle milieu du ventre. Cet ensemble ne signifie absolument rien, car ce n'est pas un débris de statue, et Amat s'v révèle comme un imitateur absurde, non connue un inventeur.
Il faut bien noter d'ailleurs qu'une autre femme du Cerro (Madrid, n° 35o5, Fig. i4^i), dont j'ai accepté plus haut la légitimité sur bonnes preuves, porte au cou un médaillon où est figuré un animal à quatre pattes qui est sans doute aussi un bélier. La transformation de ce bijou en celui qui nous occupe peut avoir été toute naturelle, d'autant que le bélier est souvent représenté par les fondeurs de petits ex-voto ibériques ; il y en a un spécimen important au Musée archéologique de Madrid, deux au moins dans la collection de M. Vives, et au Cerro même on a recueilli un bélier en pierre très bien travaillé : j'en connais aussi des exemples intéressants provenant d'Osuna en Andalousie.
Je n'ai pas besoin de dire qu'aucune de ces sculptures n'a la valeur de la grande statue, et si elles sont authentiques, comme je le crois, du moins leur style ne révèle pas des ouvriers aussi sincères, aussi simples, aussi artistes en un mot que l'auteur de la première.
On peut faire rentrer dans la même série, malgré les différences, le grand torse de femme que reproduit la figure 197. Le manteau ne remonte pas sur la tête, qui est coiffée d'une haute mitre démesurée, de forme très
portent des ornements pareils. Leur propre légitimité est d'ailleurs prouvée par l'état de inutilaliou où ils nous sont prvenns : car pourquoi le faussaire aurait-il. coninic c'est iri le cas, Ijrisé ou inarlelé les visages que sur- , ^ montaient ces bizarres coiiïures, s'il avail iiris
la peine de les sculpter !> Il les rendait ainsi lout
à fait impossibles à vendre '.
Quatrième groupe : celui des femmes assises avec les mains posées sur les genoux. M, de la Rada a réuni sur une même plaiiclic (VIII) les cinq principales.
Lune, liante seulement de Sg centimètres, es! fort simple. Knfoncce dans un lourd trône caiié qui semble ne faire qu'un avec son corps, elle est vctue d'une tunique longue serrée à la (nille par une ccinlnre ; un grand voile, où les
plis ne sont
pas mar(|u<
lui couvre la ti'te et en de ses clieveux.
•t ronde el le style
pli:
les épaules. On ne voit
Ln facture est 1res molle
sans inlérét' (Fig. 199).
Deux autres femmes (n"' /i el 3 de la Rada) ', ne sont pas plus intéressantes pour l'expression de leur visage, ni pour le modelé de leurs formes : mais leurs vêtements el leurs coiffures sont plus riches. Leur voile, posé sur le haut du crâne, ne cache pas un serre-têle décoré de chevron» cl d'où pendent jusqu'à la hauteur du menton deux bandelettes frangées de glands. On voit leur triple collier, et leur costume se divise ncllemenl, outre le voile, en une chemise plissée à manches, et une robe de dessus toute formée de languettes
1. De la ItiHa a ik'^m' les deux plus I |>ortanles(n"" 705;"), Diacurso, jil. VII, n" et 76.'iO, |]1. VU, n" a). U |^^cnli^^c a tnénie forme que ccllo de la tjp. igS:
jei'ondc est arrondie en cercle ; cf. lifi. aoa
7613 De la Rida,
3, Musée de Madrid, n"' 7rKii (hautaiir, «■".Sa); 76HÏ (bailleur, o^.Sl).
2]j LA SCULPTURE
pointues qui se recouvrent. A la taille est une ceinture. Le trône, qui a la forme d'un fauteuil, est plus fin, et le support des bras est une sorte de console renversée (Fig, 200 el 201).
La statue 7627. plus grande — elle mesure o*,70, est une variante curieuse'. Le trône n'a pas de dossier ;la robe de dessous n'est pas plissée ; la femme n'a pas de voile, mais sa tête courte et large, d'aspect massif et d'air stupide, est accablée sous le poids d'une énorme mitre en boule
SUluoltes du Ccrro de lus Santos (Mubùo de MidriH).
que semblent envelopper plusieurs élolTcs aplaties les unes par-dessus les autres, les pointes disposées en avant. Celte coiiïuro, qui semble un turban colossal, cache les côtés du cou, mais sur le front on voit le bandeau orné de chevrons et d'une courte frange (Fig. 30a).
Uesle une statuette haute de o^./iS qui est l'une des plus mauvaises de la coileclion. On n'est pas absolument assuré qu'elle soit assise, bien que la chose soit très probable, élanl donne ses proportions, et le pli de sa (aille. Sa rubc tout unie s'écliancre en cœur sur la gorge, pour laisser