lOid., p. io
L'analyse minutieuse de M. Heuzey va plus loin; il remarque que (( la forme de la le le, renflée aux deux tempes, rappelle de très près le type qu'il a appelé pseudo-égyptien dans le classement des figures de femmes de la Phéiiicie' ». 11 note encore que (( si la paupière supérieure est arquée à l'excès et comme surhaussée, la paupière inférieure, presque droite, tend plutôt à s'abaisser légèrement vers l'angle intérieur derœil». Or, c'est là une disposition qui se retrouve dans quelques figures chypriotes où le critique a reconnu (( un effort pour abandonner les lignes remontantes et retroussées du profil éginétique pour donner à la physionomie plus de gravité ^ ». Voilà certainement ce que M. Heuzey entend par ces mots : (des habitudes de l'atelier, etl'espritqui guide l'exécution. » Quant à réducation de la main, si je n'en trouve pas très clairement la trace dans les ondulations symétriques des cheveux qui encadrent quelques tètes de femmes ', du moins apparaît-elle avec une précision surprenante dans l'exécution des cheveux d'un grand nombre de têtes viriles.
Sur ce point, la sagacité de M. Heuzey n'aurait eu garde d'être mise en défaut; mais on a droit d'être plus affirmatif. Parlant de la disposition décorative des mèches de cheveux (( alignées par files régulières et remplies par des courbes concentriques », il ajoute que « c'est encore, à très peu de chose près, le procédé par lequel les vieux sculpteurs chaldéens rendaient la crinière des lions ou les mèches floconneuses de l'étoffe de Kaunakès^ ». Il faut supprimer la restriction. La splendide publication des Découvertes en Chaldée permet d'établir une identité absolue entre le procédé chaldéen et l'ibérique. Les flocons étages par bandes de l'étoffe velue, la laine de la toison des béliers, les poils de la crinière des lions étaient rendus par les vieux tailleurs de pierre chaldéo-babyloniens par un procédé de stylisation décorative que leur ont emprunté, pour rendre les mèches de cheveux symétriquement peignés, les anciens sculpteurs de l'Ibérie. Les exemples abondent : j'ai déjà cité les têtes des Musées de Madrid et du Louvre, de la collection des P. P. Escolapios d'VecIa, où
I. lies'ue d'AssYriolo^ie, H, p. loa. La dénomination a élé proposée dans le Calalogue des figurines de terre cuite du Louvre^ pp. 69, 70, 171.
a. Ibid.^ p. io3.