P. Waltz, art. cité
2. Si le Villar a eu des fortifications, elles sont actuellement détruites, ce qui s'explique, parce que la ville était située dans une plaiue cultivée, et que les travaux do la campagne sont les ennemis des ruines. Je n'ai pas non plus constaté d'enceinte bien certaine à los Altos de Carcelen ni à las Grajas. Au contraire, los Casttllarcs sont très redou table ment fortifiés. « C'est une colline élevée et massive, dit M. Wallz; les pentes, abruptes et rocheuses, se rejoignent en formant, dans la partie septentrionale, un dos d'àne assez étroit; vers le Sud, une dépression se produit, et un plateau relativement large s'étend, surplombant les flancs de la colline. C'est surtout vers les bords de ce plateau que les rochers
s'amoncellent, et donnent au Cerro un aspect imposant et sauvage. En t'approchant, on reconnaît sans peine que ces blocs ont été taillés par la main de l'homme ; ces masses rocheuses sont des murailles; ce sont des remparts formidables qui protégeaient une acropole primitive (article cité, p. i5i). » Quant à Coïmbra, d'un côté la montagne est coupée verticalement à une hauteur vertigineuse, d'où la vue s'étend sur un merveilleux panorama; de l'autre, où la pente est assez raide sans être abrupte, l'arrivée est défendue par des murs doot nos photographies donnent une juste idée ; ils ne sont pas construits en appareil cyclopéeriy mais devaient être pourtant fort solides et capables de braver les assauts (Fig. a, 3 et 4)«
l'architecture lâ
■érone ' . Héduites à une longueur de quelques mèlres et dissimulées loin de la voie publique, non signalées du reste par les guides à la curiosité des touristes, ces murailles, dont je puis donner ici l'image grâce k l'amabililé de M, Botct y Sisôs (Fig. 8 et 9), n'ont pas l'illustration de celles de Tarragone, cette antique citadelle. Celles-ci, dans leur partie la plus ancienne, sont indubitablenicnl lr(''> antérieures h, la domination
- liabc cjcIopL^cniie du
iriU' de T»rr*j}Oû
romaine. Elles sont construites en énormes blocs irréguliers, entassés sans ordre, à la façon primitive. A peine ceux qui les ont superposés ont-ils pris le soin que la surface extérieure de leur assemblage ne soit
t. L'illuilre M«rtorell. dins na Jpuntet arqueoiiigicos (p. Il'), donne quelques dc' llili fur Ui reile« cjrclap^ns de Gérone \ il a mraur^ de> blocs dont la longueur varie de 1 mh\Te à 3<B.6o, et U hauteur do 5o contimhro i IB.80. Ce* pierrot sont enlaisJes uuï ordre. mIou leur dimcniion cl leur fomie ; («Ire ellcf jonl iniérë* de plut pelita JlémeDis,
quelques-uns ayant seulement i5 mètres; Msrtorell pen*e que c« soi des restaurations trâ« poslr rieur struclion du mur; mais pluldl i connallre un simple blocage, auivai bien connu. La partie c;clopé«ni
■ k la COQ
t le sys timi I de la mu
raille D haut.
[ par places 5 milret d*
i4 I. ATiriiiTEcrrni:
pas bnssin^e do lro|) foites sailliof;. Mais il!< ne se sont pas préocCHjiés ile les établir par couches à joints liuruonlau\. et ils ont ub6 largement du système tic blocage qui insitiui- (1rs jiicrri's menues t-utrc li-s rocs de grandes diineusions, »flii lic Imuclier les viilcit Inip apparents ot d'assurer l'érjuilibre. Les vues (pie je donne ici des parties les plus caractéristiques de l'cnccinte nie dispciisciil d'insister trop liiugtttinps (Kig. lo à l(>), Jo veux pourtant atliri-r riittenlioii >ur ce fait, (pie les iioinnies
qui ont construit ces forfincaLiuns savaient au besoin tuilier lu pierre, la couper à angles vifs et drcsBor un pareniciil, puisqu'ils l'ont fait pour établir solidement ces |K>rles bussoS'. mais eîiiguli^i-cnieul vigoureuses, qui font IV'tonncnicntdu visiteur, ol doiil les monLnnIs trapus et les puissanU linteaux nionolillies donnent une (elle impression de Torte ol inysléneuse anliquilé ' [Vlg. il. lu. i.'f). Depltis. ces nin^^lrocleiir* in aient eiTlaiiie-
I. L'une iIm |<liit iiii|M)rUlil(-i di^ ci^t |>t>lemea eit ccHc qui » trouve ddw l'en<*into ilu Sud, prJadii Tonciin de /'i7u/os (Kijç, i»>
;<|iu<iiiH)ii|.ic
1 ['Ui décoiivortfl en 1868.
. Voici quelques
Kir.. l'A. — Poleme c}cl(>|ip«nnc ilo Tftrnij;onc.
L ARCHITECTURE
nement des idées qui dépassaient leur adresse matérielle, car ce n'est pas seulement au pied du mur courant que se trouve le puissant appareil cyclopéen, mais encore à la base des bastions carrés qui forment saillie, et Texistence de ces bastions prouve un plan prévu et raisonné (Fig. i4 el i5). Ceux qui, à des époques plus récentes, ont occupé la forteresse, et plus tard encore les Romains, n*ont pas cru devoir faire autrement, ni peutêtre même faire mieux ; car au-dessus de ces assises colossales posent des murailles qui font avec elles le contraste le plus profond et le plus frappant, et si quelques parties de ces murailles, par exemple celles où presque chaque pierre porte un signe d'assemblage formé d'une lettre ibérique^ (Fig. i6), sont encore l'œuvre des indigènes et datent seulement d'une époque plus récente, par dessus cet appareil régulier, symétrique, à joints uniformément verticaux ou parallèles, se sont établis des murs de construction romaine sans aucun doute.
A Sagonte Tallention des archéologues s'est surtout portée sur l'enceinte continue des remparts romains, visigothiques et arabes qui découpent au sommet de la montagne leur élégante et robuste silhouette. Certains prétendent bien que dans cette enceinte même il y a des restes de murs cyclopéens ; mais je crois avec le D"^ Chabret, le sagace historien de l'illustre ville, qui connaît les moindres pierres du Castillo, que c'est là une erreur. L ordre et la symétrie avec lesquels les blocs, fort gros il est vrai, sont disposés, le travail plus ou moins habile des ouvriers, prouvent qu'il faut rapporter la construction, même dans ses parties les plus anciennes, à une époque relativement récente. Mais au sud-ouest du Castillo, en face de la Batterie du 2 Mai, sur la pente raide qu'accidentent les éboulis de la forteresse, se dressent encore deux tron-
cetie inscription ; elles donneront l'idée de la puissance de ces constructions :
Épaisseur du mur: 5'",7ô;
Hauteur de la porte : i"*,4o;
Hauteur maxima àTintérieur: 2'n,5o.
Le premier linteau de la façade est long de 3"^, 80 et haut de i<»,io; il pèse 19 i3G kilogrammes; le second, en arrière du premier, long de 3°»,68 et haut de i'",5o, pèse 27 437
kilogrammes.
I. Sur ces lettres, voy. E. Hûbner, Monumenta lingux iùericx, p. 1 46, XI,et lesauteurs qu'il cite. Pour l'illustre professeur de Berlin, la partie de la muraille où sont gravés ces caractères est de l'époque des Scipions : ce Partem literis ihericis dislinctam pulo opus Scipionuin esse. » Au contraire la partie la plus élevée serait de l'époque impériale.
L ARCHITECTUBE
çons d'une enceinte plus antique' (PI. II). D'énormes rochers bruts, irréguliers, amoncelés les uns sur les autres sans souci que les joints se correspondent ni que la face extérieure soit ravalée, entre lesquels s'insèrent des pierres plus petites, tranchent par leur couleur sombre, presque noire, sur le terrain clair hérissé d'aloès et sur les murs dorés de Tépoque romaine ; ils semblent les témoins séniles d'une lointaine civilisation Ijarbare, et leur entassement, véritable travail d'Hercule, rappelle heureusement les vers de Silius Italiens :
Haiid prociil hemilei toUunt se lîtore nmri.
CIcinciilcr crcscenic jn^'o, cjiiis nobile noincn (londif us cxceiso sacravit colle Zacvnllios ^.
Ce n'est pas seulement sur les côtes de la Médilerraiice que des constructions cyclopéennes ont élé signalées : on en trouve des resles jusque sur les rivages les plus occidenlaux delà Péninsule. M. Manuel Murguia, l'hislorien de la (ialici(\ a parlé d'une lour. une tour de guet, sans doute, on un phare, appelée la Torre de Lo/>f'//v/, située au .sommet d'une moiilagne de ce nom. ol d(jnt il ne restait en i865 que (( quelques rangées de pierres Iravailléos reposant sur de grands blocs de granit disposés de telle sorte qu'ils perniellaient de former des chambres méritant bien l'épi ihèle de cvclopéennes ^ »
Mais ce n'est pas seulement sur les côtes que l'on rencontre des conslruclions cyclopéennes. 11 s'en trouve, et de fort importantes, un peu partout : les plus notables pourtant sont en Catalogne, en Andalousie et en Portugal. On doit à Martorell une description fort précise et d'un haut
I. M. (Ihabrot, tiistoiin de Saf^iinto, H, |). I 'i, Y rcconnaîl les restes (l'une lour carrée (loiil la facf a i3'",r)o<le lonj^Mioiir, mais donl oïl lie |ieulrvaliier la hniilriir. (Vestà M. (Ihabn-l (|iie je (lois rexcelleiile pliotoj,'rapliie cijoiiilt; (le la plus iinporlaiiU» partie tic la ruine.
'j. Sil. liai., Pan., l, 'J7H. Il y avait, parmi le«* fortifications <lu Castillo. prescpie à rexlr('mil('' orientale, eu avant de la place (ici fîohcrnddor, une lour appelée 7o//r ii' l!ercuU'\ K> Tianeais la (lélrui>irenl eu
181 1. Une tradition constante voulait qu'Hercule eût construit cette tour en commcmoration de son compagnon Zacvnllios, qui était enterré là (Chabret, op. laud., p. 3i, note 3). Je ne connais aucune description de ce monument perdu qui puisse aider à en reconnaître le st>le, et rii}polli('*se d'une construction cyclopéenne n'est que très vraisemblable.
.S. Miirguîa, Uistovia de Galicia, l, p. 79, p. 8S.
âo i/ahciiiteciti nr
inlérc^l de l'acropole el de Tenceinfe fortifiée d'Olérdula, dans la province de Barcelone, à une lieue au Sud de Villafranca de I^anades : le village actuel de San Miguel de Erdol a 6lé édifié sur remplacement de la ville ancienne, dont il a conservé le nom à peine altéré. La muraille appartient a deux époques distinctes : la hase, « haute de 3 mètres, est construite en pierres de forme et de grandeur irrégulieres, variant de I mètre a 3 mètres de long, et de (r.Go à i mètre de haut, (jui se présentent en assises plus ou moins horizontales formées de parallélogrammes et de trapézoïdes de toutes dimensions ; c'est reflet de la grande irrégularité des hlocs les plus gros. I^arfois. un grand hloc s'engage dans Tanglc d'un autre, el parfois l'irrégularité de quelqu'un d'entre eux est corrigée par un autre plus petit. Toute celle muraille a son parement vertical, et les pierres sont très hien ajustées, sans aucun emploi de ciment. Le style, comme on le voit, est celui que l'on appelle cyclopéen, celui dont on a fait usage à Mantinée et à Mycènes*. » Non moins considérahles sont, en Andalousie, les ruines célèbres que Ton appelle (lastillo de Ihros (sans doute Ihros est une contraction de Iberos). Le Casiillo se trouve dans le district judiciaire de ]3aeza, au Nord de Jaen. 11 conserve des murs dont les assises horizontales, assez irrégulières, sont formées d'énormes pierres, dont une, placée presque au sommet, a ,*{'", (io de longueur et l'^A)^ d'épaisseur. D. Manuel de (iongora y Martinez en a donné deux bonnes vues dans ses Aniiguedades préhistoriens de And(dueia^ , Non loin du Casiillo de Ibros il y a d'autres restes de même style, au Nord de Cabra, au lieu appelé Casarôn del Porlillo. Gongora dit que la bâtisse était carrée, de i()'",9.o de côté; quelques pierres de la muraille mesurent 3'",5o\ Enfin, c'est peut-être une maison de construction cyclopéenne dont on peut reconnaître la forme, et dont il reste des débris de murs, (pie l'on voit à hs Carralejos. près du pont de Mazuecos, sur le (iuadalquivir, sur le chemin de (iuardia à Pegalajac*.
I, Nfarlorc]]. Apuntos arquoolngicos, a. V. <)2 cl 9.H. fig. io5 et loG.
p. n>'i. \ iii |»a^r lo'i, Marlon-ll a doimr un \\. Ihid., p. ()'\.
tlosiii (Ir coiinir. (If. «le î.;« Boni*', ro>Y/^'^ <'// \. /hid., p. lo^. M. Honsor, dans son
Kspti'^nc, I, I». u."», |.|. \LI ois. ''x[»loralion si riche on découvcrles de la vallée
L ARCllITECTl RE
Si Ton se transporte mainlenant à TOuest de la Péninsule, dans la région qu'on est disposé a juger plus particulièrement sauvage, fort nombreuses sont les très antiques cités abandonnées depuis de longs siècles, bien qu'elles aient encore élé peuplées pour la plupart à l'époque romaine, que les savants espagnols appellent de ce nom commode a recinlos fortificados », enceintes fortifiées... M. Emil Hiibner, en signalant dans sa précieuse An/ueolof/fd de Espana les provinces où ces enceintes sont les plus fréquentes, u le Nord et le Nord-Ouest de la Péninsule, le Portugal, la région de Lisbonne, le district de Mafra. l'Alemlejo, le Bevia, les deuv E\tremadures, la (jidicie et l'Aragon », déplore « (jue Ton n'ait pu encore faire une exploration complète de toules les autres provinces d'Espagne, pour reclierclier de telles ruines qui, souvent, se sont conservées loin des cliemins fréquentés par les voyageurs, et sont seulement connues des bergers et des paysans qui ignorent complètement leur importance ». La situation est à peu près la même depuis 1888 : les livres où sont décrites quelques-unes des enceintes reconnues et visitées sont presque impossibles à se procurer, même à Madrid'.
Cependant il semble que Tattention des arcliéologues espagnols, mise en éveil, tende à s'appliquer plus franchement à ces ruines curieuses,
du Bctis el cie ses atTluenls, a relevé aussi des constructions cyclopéennes, en particulier à r Acebuchal et à Penallor. La première est une sorte de bastion adossé à une énorme roche que M. Bonsor appelle « la roche aux sacrifices >i, la seconde est une digue, (i. Honsor, i^s colonies agricoles pré romaines de la \aliée du Bétis, fig. 187, i38, l'M) (Jies'ue archéoiogitfue, i8()()).
Dans un article (pic D. I^uis (îabaldôn (lampov a public dans la lies'isia contempordnea, '^97» P- «^ticts., 15."» el s. >ur les PrimitiK'Os pobladores de Lorca, l'auteur signale «les ruines cvclopéennes à Castellôn « risco de la tinca del (timbre, de la députa ciôn rural de ios Jarales, distante de Lorca unos veinte kilûmetros prôximamenle. .. \ la inargen derecha del Guadalentin so alza un abrupto penôn de unos treinta métros de •llura, cortado à tajo y corapletamentc inacce^ible por cl lado que da al rîo de Vélez, cl
cual pefion se une a la sierra inniediata por
un loino eslrecho V quebrado l na niuralla
forinada de grandes penones sube <les<le la ranibla â lo alto del Caslell«'»n, exisliendo a poco Irecho otros dos nuiros deslruidos, que indudablenicnte crrraban el recinlo de aquella priniitiva forlalezza. Se coniprende à simple vi>la el esfuerzo po<loroso que atpiellas gentes hariun para construir taies niuralla*> por su e\tensi«'m y por las granules niasas de piedra (pie tuxieron iiece>i(la(l de lrans|H)rlar, pu- <liend«> iles«le luego aHrniarsc, sin teinor a du«la. que aquel énorme penasco crrcado de Iriple cerco de inuralloiio ci("lo|>eos sirvi/» de defensa en aquellos liempos tan n-iimtos. «|ue se escapan a toda inveslifraci«'»n hist<'»rica, r(^nlra lo». alaqucs de luia Iribu iiivasora v audaz. »
I. E. Ihibner. Arqucologia de Espana, p. a3o; à la p. 'i3i M. Hiibner donne une bibliographie précise du sujet.
L ARCHITECTURE
et l'on peut citer plusieurs articles récents de la Revista de Extremadura qui leur sont heureusement consacrés '. Je dois donc m'en tenir à parler sommairement, après M. Carlailliac qui les a bien étudiées, des villes fortifiées du bassin du Minho, auxquelles les habitants donnent le nom de Cilanias, et qui ont été explorées avec un soin très grand et très méritoire par M. Martins Sarmento, de fiuimaraens", et de celles d'Exlremadure étudiées par M. le Marquis de Monsalud et M. Hoso de Luna.
Les plus anciennes et les plus importantes sont Sabroso, Briteiros et Santa Iria. L'emplacement exact est nettement indiqué par M. E. Hiibner, « dans la province de Minho, dans la vallée du rio Ave, au pied de la Sierra de Falperra, non loin des bains thermaux de Caldas de Vizella et de la ville de Guimaraens\ »
Les murs de défense de Sabroso sont, d'après M. Cartaiihac, construits (( en bloc de grès pris sur place, affectant naturellement des formes rectangulaires et pentagonalcs » dont a la face extérieure a été
1. 1901, p. fi, Citanins fCxtremenas, yar lo Marquis de Monsalud : 1901, p. 3 '19, Ruinas protohistôricas de Logrosdn, Santa Crtiz Y Solann de Cahanas, par M. Hoso de L'.ina ; 1902, p. 252, /Cxcasaciones en la Sierra de Santa Criiz, par le môme.
2. M. E. Carlailliac. dans ses Jges préhistoriques de iEspa<ine et du Portugal est trop bien documenté pour ne pas signaler au passage w les retranchements situés sur les collines de l'Alemtejo, à Caslroverdc, à Colla, à Almodovar, et où les objets recueillis « irappartiennent [las à la civilisation romaine et n*ont subi à aucun degré son influence, » mais où « il serait plutôt possible de trouver des traces d'une influence phénicienne ou punifpie. » M. (Cartaiihac note d'ailleurs que " ces lieux fortilirs se remarquent isolés dans les monts d'Ossa. à l'Est d'E\ora. ailleurs encore, même au Nord du l*ortugal el « qu'on les relrou>c en Espagne <lans le voisinage de Suadina, par oxemj)Ie à Seppona, près Xérès (p. 71 et "/x). » Comme ces indications sont très sommaires et que je n'ai pas xisité les lieux, ni vu de dessins ou jiholographies des ruines, je n'o»e pas dire si elles sont de celles que Ton est en droit d'ap-
peler c^clopëennes.
3. E. Hfibner, Arqueologia de Espnfia, p. 282 et 233 (bibliographie). L'auteur signale d'autres citantas en ces termes: « Ce ne sont pas les seules de celte espèce, el il en existe l>eaucoup d'analogues, actuellement déserles. dans les vafléesdesrios Lima, Neiva et Ancora. el autres vaUécs voisines; les pavsans les appellent «r a cidade » ou a o castro » : elles ofl*rent les mêmes particularités quelaCitania. Do cette classe sont la Uriton in y dans la montagne de Santa Lucia, près de Vianna, et les ruines qui se trouvent dans les monts Aflifeet Saint-Roch. » M. Carlailhac fait une simple allusion à ces di> erses cités (o^. laud.,p. 292). Enfin, dans VArcheologo poriugués\ t. \, M. Leile de Vasconcellos indique très souvent des cidades ou citanins, mais les mentions sont courtes, et diflicilement utilisables. M. le ^fa^plis de Monsalud ('///7. cit.), nous apprend que divers auteurs ont parlé de ces ruines depui> le \\ î'* siècle, et cite Bernardo de Brito. Monarcttia f.usitana, i">97, et Gaspar de Eslavo, Varias antigiiedades de Portugal, itiaÔ. Un livre d'ensemble sur ces ruinos si importantes serait le bienvenu.
24 l'architecture
du « signe caraclérislique du soleil », figures qui, nous le dirons, ont leurs analogues à Sabroso et Brileiros. Il songe aussi au CasKiilo d\Alanje, mais ce n'est là qu'une hypolliese plausible, car on a découvert en ce lieu, parait-il. de 1res antiques bijoux d'or et d'ambre. Il n'en est pas de même de Frejenal île la Sirrra (sur les confins de la Hétique) près d'où se trouve, à une lieue dans la montagne, le type vérilable de la Cilania, avec sa robusle enceinte de larges murailles souKenant le sol en talus, ses débris d'édifices réguliers el solides : ni des ruines importantes situées sur les dernières liauteurs méridionales de la Sierra de Monsalud, où s'élèvent par deux fois de puissantes enceintes formant talus, suivant le système ordinaire, et munies de tours et de bastions.
Ce sont bien encore des Cilanias, les Acropoles de San CrislobaL au Sud-Ouest de Ijygrosàn. qu'enserre une double enceinte cyclopéenne, el de San Gref/orio, dans la Sierra granitique de Sanla Cru:, avec ces cinq cents maisons et plus, défendues aussi par des murailles d'appareil colossal, et sa vaste nécropole que dominent quatre énormes blocs, peut-être un autel funéraire. Et sans doute on peut citer encore les ruines qui s'élèvent au-dessus de Solana de Caha/ias, el non loin desquelles fut trouvée, dit-on. une très surprenante sculpture*. M. Roso de Luna a donné de ces Cifanias une précieuse el instructive description qui montre l'unité de toutes ces villes de montagnards, el des fouilles qu'il a laites en compagnie de M. le Docleur Sanz lilanco. de Madrid, en particulier à Sanla Cru:, Par malheur les trouvailles des objets d'art ou d'industrie ont été nulles ou insignifiantes même dans les nombreux tombeaux explorés, et ne peuvent aider à résoudre le problème ethnographique el chronologique de ces antiques habitats. Je n'ose rien dire de prétendues inscriptions formét»s de points et de Ikutcs en creux que Sir Rivelt Carnal prétend lire el déchillVor*.
I. Holftin tie la lieol Academia tie la iuilri>.i*'*|HJt».o>cuiit» % Mcura ilo un puerrero. Historia, inar> 1^**17. Clolto |>iiTre. que jo no » /ù*M>ttt dr F itreinaJura, 1902, |». 356 connais }»a<. o^l iûn>i ilt-crito jmt M. Uom> »Io ot >. ('.\'^t la môuio it-riluro que le colonel Luna {/ic\islit tic f^xt/cmailura. u>oi. art, Wwtli i.arnal croil n*lrou\t'r sur le dos de cit., |>. KK*). m ln>a lit' ()i/arra on forma \aj;a quol«juo> figure»» d'animaux quo j'aurai i éludo iniHiio punlo . . v quo pn»M»nta taiiatlos à tlior dan< lo pnH:liain iha(»itro.
modo de jorojjlilioo, la lan/a, o-^pada, oarro.
ICHITECTLBE
Enfin, pour trouver le groupe le plus cnusiiléiahlc du constructions cyclopéennes de l'Espagne, il faut aborder aux Baléares, à Majon|ue el à Minorqiie. A travers les campagnes de ces lies fortunées, sous lenvahissanle végétation des oliviers chenus, des lenlisi^ues el des figuiers de Barbarie impénétrables , abondent les remparts de cités en ruines, les murailles de maisons et d'édifices écroulés, et partout la masse des pierres entassées, l'épaisseur des enceintes, partout le colossal et le surhumain donnent l'idée île i'niistnicl''iirs Ln'-iiTils. aux nnii^cles piii^sanls [ilus qu'à
i<i . fig. I08-)
l'esprit cultivé, d'une race mystérieuse dont l'âge, dont le nom échappe
encore à la curiosité de la science, mais qui. sans aucun doute, avait tout I au moins des aflinités proches avec les bâtisseurs primitifs de (iérone,
de Tarragone ou de Sagontc. Ni? seraicnt-ce point les vrais llK-res ;*
C'est encore à M. Cartallhac que l'on doit la connaissance la plus pré- I cise et la plus complète du cyclopéen des Baléares. Son bel ouvrage Ia's
Monuments primitifs des llrs liatéan-x' . dont on voudrait parfois le teste
. Toulo.1». iSflï. Telle iivpc So iilmi ùnt; ilbum de .Si pi. M. E. IMb ' litRi ton .il ijuealogia de llijiaiia. |i.
I Sli6. jarle îles nionmnciils c»chipi>ci.;
une bil)liogri|<liïo à Uqu*^1la îl rmil «jixiliT l'c^rrol pt Cliîpîci. lUstotre d» l'nrt dans tiintiqnilè, l. IV. |i ^o ul 1., el Fr Hrr-
L ARCHITECTURE
plus détaillé, nous apprend, par une série de 5i phototvpies pour la plupart excellentes et de près de 80 plans ou dessins, tout ce qu'il est actuellement possible de connaître de cette civilisation disparue. Les murs des villes, les murs des maisons, les ialayols, les navelas ont été relevés et photographiés si heureusement que quelques minutes suilisent pour en comprendre le caractère original : et ce qui ressort avec le plus d'évidence de ces documents si bien présentés, c'est bien Taspect colossal de la construction. Il faudrait tout citer, tant il y a d*unité dans l'impression générale que produit la vue de ces ruines, et c'est pour éviter une énumération trop longue que je signale surtout les enceintes de La Vela-de- San-Héroaed, près de Félanitz*, de La Mola de Félanitz, dans l'île de Majorque*, de Santa Rosa et de San-Carld, près de Ciudadela, dans Minorque'. « Ces enceintes, dit M. Cartailhac, sont construites avec des blocs énormes, bruts et irréguliers, juxtaposés et superposés avec soin, mais sans aucun équarrissage préalable \ )> Les dimensions des pierres sont très souvent colossales, et à San-Carlà, par exemple, on a mesuré un bloc de 3 mètres sur 3. Le système de blocage au moyen de pierres plus petites, que j'ai plusieurs fois signalé dans les constructions de la Péninsule, est très souvent appliqué dans les îles, et l'enceinte de La Mola de Félanitz en montre un exemple très précis. Du reste, ces enceintes, comme celles du continent, affectent des tracés parfois assez compliqués où s'entremêlent des tours. M. Cartailhac a relevé le plan des mieux conservées^ ; leurs portes sont basses et trapues, comme celles de Tarragone®.
Si l'on pénètre derrière ces murailles, les différents édifices qu'elles renferment appellent, comme les murailles mêmes, le nom de cyclopéens, par la taille et le poids des blocs empilés, et par la rudesse d'une construction qui exige beaucoup de force et 1res peu d'art. Des descriptions sont ici superflues ; elles m'engageraient dans des redites dont le bel album de M. Cartailhac évitera Tcnnui au lecteur, et je me conten-
nândcz Sanz. lies'ista de la Asociacion art.
artf. Barcelonesa, 1899, p. 17; 1903, p. 701.