‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 4)Chapitre 34 sur 83 · Je puis ajouter que le guerrier de la figure · texte numérisé non relu

Je puis ajouter que le guerrier de la figure

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même art et ne peut pas avoir été trouvée hors de l'Espagne, car elle répond exactement à la description que Cean-Bermûdez a donnée de l'idole de plomb de Jumilla. Cet être au sexe extraordinaire, barbu comme un homme, a de petites mamelles placées de la façon la plus singulière.

Je ne sais s'il faut reconnaître dans toutes ces figurines des images du Mars lusitanien Neto, qui avait des dévots dans toute l'Espagne, en particulier en Bétique, mais les représentations de guerriers brandissant la lance ne sont pas rares en dehors de la collection Saavedra. J'en ai noté trois : deux au Musée de Madrid et un chez M. Antonio Vives. Ceux de Madrid (Fig. 2/18 et ^^Q)^ n'ont pas d'autre intérêt que leur costume, ici une tunique bouffante à la taille, là une draperie faisant écharpe de gauche à droite, laissant l'épaule et le bras droits à découvert. Mais le troisième mérite qu'on s'y arrête (Fig. 244).

Voici la description qu'en donne M. Mélida : (( Dieu guerrier, nu, avec un casque conique ; il marche avec la main droite levée pour brandir une arme qui manque, et de la gauche, qui est brisée, il devait porter un bouclier. Par derrière, en travers des jambes, du torse et du casque, courent des fentes ou des sillons. Hauteur : 12 millimètres. Patine noire. Provenance ignorée ^ » M. Mélida hésite un peu sur la valeur archéologique de l'objet, certains détails le faisant songer aux guerriers sardes, d'autres, comme le bonnet conique, à des ligures hétéennes, d'autres à des figures ibériques. Pour moi, je ne vois aucune raison de douter de l'origine espagnole, mais je ne puis m'empêcher de faire un rapprochement avec quelques statuettes mycéniennes, en particulier avec celle qu'a publiée M. Arthur-J. Evans et qui a été trouvée en Grcte^ Non seulement elle est dans la même attitude et porte le môme casque pointu, mais elle est vêtue d'une tunique serrée à la taille par une ceinture et

1. Collection Miro, n°« 38a8 et 3837. Sybrita, en Crète). Cf. 'EyTi[j.£p!; àp/ato-

2. Revista de Archivas, lyoo, p. 73, Xoyixtî, 1891, pi. U, 1 (Tirynthe), et pi. Il, 4 n» t), pi. IV, n" 6. (Mycènes) = Perrot et Chipiez, Histoire de

3. Arthur J. Evans. Mycenxan tree and l'art, VI, Gg. 353 et 35'i. Cf. une statuette pillar cuit, dans Journal of liellanic Stu- phénicienne du Louvre, dans Perrot et Chidies, 1901, p. i'j5, fig. i5 (bronze trouvé piez, lùid., III, fig. 377.

dans la grotte d'Hermès Kranaios, près de

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tombant à mi-cuisses que nous avons déjà vue plus d'une fois en Espagne, et que nous verrons encore.

Bien qu'il me tarde autant qu'au lecteur d'en finir avec des œuvres si rudimentaires et d'aspect si peu artistique, je dois m'arrêter encore a de nombreuses statuettes tout aussi laides ou plus laides, s'il est possible, car rien n'est plus instructif, rien ne permet mieux de comprendre certains côtés du génie propre d'une nation que ces menus produits d'une industrie populaire, destinés aux petites gens dont ils reflètent les idées et les croyances religieuses. Ce n'est, je crois, que lorsqu'on aura établi le Corpus des bronzes ibériques, dont j'apporte ici quelques éléments, qu'on pourra s'attaquer au redoutable problème de la mythologie et de la religion de l'Espagne primitive. Ce problème, on le voit, je n'ose pas m'en occuper encore, et pas plus en ce chapitre qu'en celui de la sculpture je ne cherche à interpréter les œuvres que je décris et que j'essaie d'expliquer en tant qu'cfcuvres d'art.

En dehors de celles que j'ai cataloguées plus liaul, les figures de femmes très primitives sont rares. Je n'en cite qu'une de certaine, appartenant à M. Vives (Fig. 25i)\ Elle est du reste d'un grand intérêt. Nue, les jambes étroitement serrées, elle se presse les seins avec les deux mains. Sa tête, mal modelée, est ornée d'une sorte de diadème ; ses hanches et tout le bassin sont amplement développés. Sans aucune hésitation possible on y voit une imitation très précise des images de déesses nourrices si fréquentes dans l'art oriental, et que les Phéniciens ont empruntées aux Chaldéens. On sait avec quel soin et quelle élégante érudition les figures très naturalistes de ce type ont été étudiées par M. Léon Heuzey, dans son Catalogue des figurines antiques de terre cuite du Louvre^. Après avoir lu les pages si pleines de faits qu'il leur consacre et vu quelques-uns des modèles originaux, on ne doute pas

1. Revista de Archivas, igoo, p. 75, Pcrrot et Chipiez, Histoire de l'art dans no i4; pi. IV, n° lit. l'antiquité, II, fig. iG; III, fig. 3ai, 875,

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