‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 4)Chapitre 37 sur 83 · la · texte numérisé non relu

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très peu éloignée de Murcie. Les figures 272 et 278 le montrent de face et de profil. Haut de i3 centimètres, le bonhomme a une grosse tête de type sémitique, un torse et des cuisses très plats, mais de gros mollets. L'oreille, au lieu d'être en relief, est dessinée par un trait creux; les cheveux sont lisses, mais leur chute est indiquée par un relief sur la nuque ; les mains semblent comme enfouies dans des poches. C'est encore ici un spécimen médiocre. Mais la seconde statuette de M. Vives (Fig. 267)

FiG. a67-27i. — Golleclion Vives et Musée de Madrid.

vaut un peu mieux. Elle représente peut-être un conducteur de char; sous "ses pieds sont des tenons pour le fixer à un autre objet '. Ses jambes sont écartées et ses bras ramenés en avant par deux gestes divers. Le corps est assez mal façonné, mais la tête, que les cheveux coifient comme un casque, a du moins apparence humaine. La tunique n'a pas de ceinture, mais s'étrangle à la taille pour s'évaser jusqu'au bord inférieur ; elle s'arrête juste à la naissance du bas-ventre, que cache une pointe allongée de l'étoffe *.

I . A moins que ces deux liges ne soient simplement deux coulées de métal non limées après la fonte.

3. lievista de Archivas, 1900, pi. IV, no 17, p. i55. Hauteur o",i55, Rencontrée entre Grenade et Séville (?).

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Au Musée de Madrid, sous le numéro 35 1 6, j'ai noté une figurine analogue, dont la provenance est inconnue (Fig. 269). Elle est de proportions très courtes et vaut à peu près ce que vaut la précédente, quoique

Fig. 372-373. — Bronze trouvé à Ccliegin. (Musée du Louvre.")

d'un style différent. L'une des mains, la gauche, est conservée ; le poing se ferme pour tenir un objet ; le bras droit est tendu vers le côté et un peu en avant, sans doute pour brandir un trait. Les yeux, à fleur de tête, sont surtout déplaisants et maladroits '.

t. J*ai photographié à Elchc, dans la collection du marquis de Lendincz, à la Calahorra, un guerrier vêtu de même, sauf que la jaquette est plus courte ; la main droite est percée, et tenait une lance; le bras gauche est très long, arrondi cl porté en avant ; la

main est posée sur le ventre. Hauteur o™, ta. Le chanoine Lozano (^Hist. de Jumilla, pi. IV, n" vm) a donné l'image d'un guerrier debout, les pieds serres, dont les mains sont disposées comme celles du bonhomme d'Elche ; mais devant le corps la main gauche

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Le bronze suivant, qui se trouve aussi au Musée de Madrid, est plus grand et plus intéressant (Fig. 274). Il représente un soldat marchant vers la gauche, et en acte de bataille. Sa main droite portée en avant dressait une lance ou un javelot, tandis que la gauche, rejeléeen arrière,

FiG. 37'|. — Musée de Madrid.

s'apprêtait à porter un coup avec une arme du même genre. La tunique est serrée à la taille par un ceinturon ; les deux bords se croisent en des-

tient un petit bouclier rond. Ce détail explique très bien l'atlilude de la figurine d'Elche. Là se borne le rapport ; le soldat de Lozano (provenance: Murcie) est vôtu de la tunique

courte, à manches, dont seulement le corsage a l'air formé de deux pans croisés. Il porte un bracelet au bras gauche, au-dessus du coude.

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sinant une échancrure à la naissance de la poitrine. Le mouvement et le geste sont assez naturels. Par malheur la tête, dont tous les traits sont épais et obtus, et qui semble sourire niaisement, relève le menton dans une torsion maladroite.

Il y a, au Musée épiscopal de Vich, près de Barcelone, une statuette assez soignée (Fig. 276 et 276) dont la provenance n'est pas indiquée et qui donne de ce costume une variante intéressante. Sans compter que le ceinturon est très large et si serré qu'il coupe vraiment le corps en deux, le haut de la tunique est transformé en une sorte de cuirasse par une large bande côtelée qui passe sur les épaules et sous les bras, formant

— Musée épiscopal de Vich.

Fig. 377. — Bronze d'Oreto.

sur le dos une croix ; une bande semblable va transversalement, sur la poitrine, d'une aisselle à l'autre. Les deux bras sont repliés et tendus en avant depuis le coude ; les jambes, fortement musclées et jointes, sont modelées avec assez de justesse et de vigueur ; la tête est de proportions satisfaisantes, et les traits du visage rie sont pas mal dessinés. Voici donc enfin une œuvre où l'on peut trouver quelque mérite d'art. M. Mélida a publié une figurine à peu près semblable à celle-là et qui a été découverte à Oreto, termino de Granatula (Giudad Real). Elle est haute de 1 1 centimètres, tandis que celle de Vich n'en mesure que huit. Elle porte aussi la cuirasse à bretelles, mais la bande qui barre la poitrine de

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l'autre fait ici défaut. Le bronze est d'ailleurs d'exécution moins fine, à ce qu'il me semble (Fig. 277) *.

Enfin, c'est encore à MM. Vives et Mélida que l'on doit la connaissance du plus intéressant bronze de cette catégorie. Il représente un cavalier qui, par malheur, a été brutalement séparé de son cheval. Au lieu d'un ceinturon, il porte autour de la taille, sur la tunique, une grosse torsade enroulée, quelque chose comme la ceinture longue qui sert au

menu peuple, dans tant de provinces d'Espagne et de France, à assujettir les pantalons. A ses jambes sont des bottes peu montantes, puisqu'elles s'arrêtent audessous des mollets.

C'était sans doute un soldat qui menaçait l'ennemi de sa lance ; c'est du moins ce que fait supposer la position du bras droit, seul conservé.

Gomme œuvre d'art, le bronze est plus que médiocre ; les bras et les jambes sont trop longs et grêles ; le cou, de forme conique, est monstrueux ; mais la tête, surtout vue de profil, a un peu de finesse. Je ne discute pas la question de savoir si ce cavalier est le dieu ibérique que les archéologues espagnols appellent de ce nom commode Jlnele, et sur lequel j'aurai à revenir (Fig. 278-279)'.

Fie. 378-279. — Jinete de la collection Vives.

I. J.R. Mélida, Revista de Archivas, 1897, p. 1^8. Il esl curieux de comparer les bretelles de ces deux petits guerriers à celles d'un autre guerrier découvert à Girgenli {Revue archéologique, 1897, pi. XVII), et celles que portent quelques guerriers Sardes, par exemple Corpus Inscriptionum seiniticarum, pars prima, I-i, p. 897, et Perrot et Chipiez, Histoire de l'art, IV, fig. 57.

3. Ibid., 1900, pi. X, p. i63, n° 54. Hauteur o'",!^. Provenance ignorée. Le chanoine Lozano, dans son Histoire de Jumilla, que j'ai plusieurs fois citée, donne le bizarre dessin d'une figurine trouvée, dit-il, à Monteagudo (pi. 1111, n" 11) qui représente un guerrier debout, les jambes écartées, tenant de chaque main un court poignard (?). Il porte une sorte de casque, et il est velu de la jaquette à man-

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La tunique serrée à la taille n'était pas un vêtement réservé aux soldats. Ce sont peut-être des prêtres, ces troispersonnages qui la portent avec cette légère variante que la partie supérieure, au lieu d'avoir des manches, enveloppe le torse comme un camail, et que la jupe est tout à fait courte. Deux de ces figurines sont au Musée de Madrid. La première (Fig. 270) a perdu les deux bras à l'endroit juste où ils sortaient du camail ; sa tête est fort laidement construite et, généralement, la facture est lourde, carrée, sans aucun soin* ; la seconde, qui n'a perdu que le bras droit, est plus petite, plus trapue, un peu mieux dessinée. Cependant sa main énorme fait un pitoyable effet, et sa tête, qui porte une longue chevelure tombant surla nuque, est d'un style très primitif; c'est du mauvais archaïsme (Fig. 27I)^

Le troisième bronze est complet ; il fait partie du riche cabinet Vives. C'est lui qui donne la meilleure idée de ce geste religieux des deux bras, semblable à certain geste du prêtre catholique disant la messe ; les mains ouvertes semblent appeler et accueillir en souhaitant la bienvenue. Il est fâcheux que dans le cas actuel ces mains soient de taille énorme et modelées sans le moindre souci de vérité. La coiffure du

prêtre est curieuse ; il porte autour du crâne une sorte de casque d'où pend, à droite et à gauche, jusque sur l'épaule, une très épaisse torsade de cheveux (Fig. 280) \ La figure 281 représente, vue de dos,

FiG. 380. — Prêtre ibérique.

(Collection Vives.)

ches dont le col et le bord inférieur semblent brodés de grosses perles ; le mémo ornement se retrouve sur la ceinture, qui est largo, et très serrée, faisant la taille mince.

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