‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 4)Chapitre 64 sur 83 · I. Delgado a divisé le monnayage d'Em- mière guerre punique · texte numérisé non relu

I. Delgado a divisé le monnayage d'Em- mière guerre punique

poriaî en dix périodes. La troisième va de a. Habitants d'/ndica.

l'an a3o avant J. -G. jusqu'au début de la pre-

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des monnaies de la dernière époque, nous devinons souvent sur quel territoire elles ont été trouvées. » Par exemple la monnaie n" 89 dont la tête de Diane, par le style caractéristique de son dessin, ne peut être confondue avec une autre, n'a pas été frappée à Emporiae. « Il est possible que quelques-uns de ces centres de monnayage aient été des ateliers helléniques établis en divers lieux d'exploitation de notre riche montagne ; mais quoi qu'il en soit, au simple examen de beaucoup de drachmes emporitaines à légende grecque se révèle clairement leur fabrication ibérique * » .

On peut s'en rapporter sur ce point à un numismate si bien informé, et qui a fait, pièces en main, une étude très approfondie et très complète du monnayage emporitain. Il est du reste facile de comparer les plus belles drachmes de la ville, celles qui sont au type d'Aréthuse, ayant au revers Pégase et la légende EMIIOPIÏQN en tous pietits caractères', avec celle qu'il désigne lui-même ^, pour voir que la tête exquise de la nymphe, de pur profil grec, largement et grassement modelée malgré la fine délicatesse des traits du visage et de la riche coiffure, est devenue, sous la gouge maladroite d'un copiste, sèche, dure, presque grimaçante, une figure de femme vulgaire, sans élégance de traits ni de parure. La même comparaison, peut s'établir entre diverses monnaies de Rhode.

Il faut ajouter qu'à Emporiae même, ou du moins dans la ville ibérique conjointe, à Indica, il y eut un atelier indigène qui peut-être fut un de ceux où l'on s'adonna à copier les types grecs, mais, où, dans tous les cas, on fabriqua des monnaies ibériques. Suivant Delgado, cette frappe ne date que de la quatrième j)ériode — celle dont datent justement les plus belles drachmes grecques d'Emporiœ. Ces monnaies sont de bronze, du module qu'on est convenu d'appeler moyen bronze, et, comme toute la monnaie ibérique, elles semblent appartenir au système de poids et de valeurs qu'avait adopté la république romaine. Pour moi, et malgré l'opinion de M. A. Heiss ', j'estime que ces bronzes sont de main ibé-

1. Delgado, Nuevo metodo, III, p. 193. 3. Delgado, 0/>. laitd., n" 89.

a. Jbid., 8o,8i, Su.CA. \.\lchs, Dcscr if)- /j. M. llciss, Op. laud., p. 97, dit: « Les

lion générale des monnaies antiques de bronzes d'Emporiœ à légendes cellibériennes

l'Espagne, pi. i. sont incontestablement do fabrique grecque. »

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rique. Le droit porte exclusivement une tête casquée d'Athéna. Si quelques émissions (Delgado, n°^ 190, 191, 193) accusent une certaine pureté de contours et quelque sentiment de la beauté grecque, il est très malaisé d'admettre que ces spécimens eux-mêmes, où se reflète quelque chose — mu.,-^ ^" génie atlique, ont été dessinés et gravés

Xj, /-^^^ïïcss^'v. par un Grec. Le profil n"a rien de cette gra-

/ (f r"^'- \ ^it6 sereine que les Grecs depuis Phidias ont

n donnée à la déesse, et le casque est d'une fanéF'c^ ;r-? / taisie dont je ne connais pas d'exemple dans

toute la série des monuments figurés classiques (Fig. ^429)'. Et si des exemplaires les Fjg. /429. — ^fonnaie d'Emporiœ. micux vcuus jc passc à ccux de mérite inférieur (Delgado, 194, 900, 201, 20/i, 207, 208, etc.), je tombe à un art presque barbare, où éclate toute l'inexpérience d'ouvriers très mal préparés au difficile métier de la gravure en médailles. Jamais, n'étaient les types de l'Athéna et du Pégase, je n'aurais songé à la Grèce à la vue de ces rudes ébauches.

Il va de soi maintenant que si les ateliers grecs d'Emporiae n'ont pas suffi à la tâche de frapper tout l'argent nécessaire au commerce de la ville double et de ses alliées, à plus forte raison faut-il admettre que la plupart des villes qui battirent monnaie autonome eurent leurs monnaycurs. Il serait monotone et d'ailleurs superflu d'en faire l'énuméralion ; mais il importe de bien montrer que ces ateliers n'ont jamais été indépendants au point de vue artistique et que, de bon gré ou non, ils ont subi l'infliience des ateliers grecs.

Ce qui le prouve d'abord, c'est le choix des types. La plupart des grandes divinités helléniques figurent sur les monnaies espagnoles. Héraclès apparaît dans un grand nombre de villes, à commencer par Gadès, et toujours, même dans la très antique cité phénicienne, sous sa forme grecque. Ce n'est pas Melkarth, c'est Héraclès, fils de Zeus et d'Alcmène, ayant pour casque la tête du lion de Néméc et portant la massue à l'épaule. On le trouve ainsi dans toute la région phénicienne, en Béti-

T. A. Heiss, Description des monnaies etc., pi. IV, n" 4o.

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que, ù Abdera, Assiclo, Bailo, Carissa, Carmo, Sexs, Callet, Garleia, Ipluci, Lascula, Siaro, et tout aussi bien à Evion ou Avion, en Lusitanie. Neptune est figuré à Garleia, Carmo, Ebusus, Salacia ; Mercure à Carmo, à Ilipula ; Pallas à Carleia, Carmo, Carthago nova, Indica, Sagonte ; Apollon à Carbula ; Cybcle avec sa couronne de tours à Carteia; Gérés à Bora *, etc. Tous ces dieux, toutes ces déesses sont de type absolument liellénique. Sauf peut-être Pallas, dont le casque affecte parfois des formes que l'on ne retrouverait pas en Grèce, et qui reproduisent peut-être des modèles de casques en usage chez les guerriers du pays, je ne trouve partout que des visages et des ajustements bien connus, dont seule la

FiG. 43o-/|32. — Monnaies ibériques de Malaca.

maladresse du giavcur a souvent compromis la ressemblance. En revanche on peut avancer qu'il n'existe pas, pour ainsi dire, de types phéniciens, car à supposer même par exemple que les monnaies de Malaca soient phéniciennes, et non pas des imitations ibériques de monnaies phéniciennes, le dieu qui paraît le plus souvent au droit de ces pièces est le pur Héphaislos grec coiffé du bonnet conique (Fig. /iSo, 43i)* et, pendant un petit nombre d'années seulement, ce type s'est modifié par la substitution d'une calotte plate au bonnet pointu (Fig. 432) '. Les monnayeurs revinrent vite au premier type. Au revers des monnaies qui passent pour les plus anciennes est figuré un temple grec à quatre colonnes \ Seul le Cabire grotesque qui dislingue les monnaies à légende phéni-

I liora est une localité indclcrminéo ; il ne semble pas d'ailleurs qu'il faille la confondre avec Ebora (voy. A. Hoiss, Description, p. /»3o).

a. A. Heiss. Description des monnaies etc., pi. \LV, n" 5 et n" a. Si l'on veut y voir un Cabire, l'anirmation n'est pas

moins exacte.

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