‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 5)Chapitre 17 sur 89 · I.* CKHAMIQLIÎ · texte numérisé non relu

I.* CKHAMIQLIÎ

un losange el une sorte de zig-zag. Le tableau de gauclic, un rectancle beaucoup [ilus allonge, contient d'abord trois longues pointes aiguës

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entre lesquelles sont tracées trois lignes droites recoupées de petits traits verticaux: puis une longue crosse dont la volute vient afileurer les

Kig. 173. — Meca. (Muire du Louvre.)

pointes précédentes, et dont la tige, formée de quatre gros traits souples, vient s'épanouir à l'autre extrémité du cadre. Les triangles déterminés par les trois pointes, les deux triangles curvilignes du premier tableau,

Uk CÈHAMIQUE 87

les liges des crosses du second sont peints en silbouelte noire, tandis que la grande crosse du Iroisième tableau est tout entière dessinée au (rail. Cela forme un agréable contraste.

Cet ornement, que j'appelle une crosse, a déji paru sur quelques-uns des morceaux que j'ai décrits, en particulier sur les débris de grandes jarres de l'Amarejo représentés par les figures i3i, i3a, i33 et dont l'importance me parait exceptionnelle; je les retrouve sur un petit tesson de même origine, reste d'un vaisseau plus petit et d'autre fabrique (Kîg- ly'i); mais surtout il est intéressant sur deux vases d'Elcbc conservés à Madrid, une bouteille à grosse panse et une crucbe à trois anses (Fig. 175 et 176). Car il apparaît dans ces deux cas

comme se suiBsant à lui-iniîme, et toute l'élégance do la décoration réside dans la répétition des motifs juxiapusés. Sur le second de ces ustensiles l'cuil de la volute n'est marqué que par un point central, nettement détacbé de la courbe.

J'ai pu reconstituer aussi, en recollant trois tessons soigneusement recueillis, le dessin courant qui ornait la panse d'un vase de l'Amarejo extrêmement fin et de décoration très soignée. Aucune autre poterie ibérique ne montre autant d'babilcté tccbniquc de la part du céramiste, autant de goût et de légèreté de main de la part du peintre. Le décor consiste simplement en une série de crosses dont la spirale, prolongée par une vrille retournée en sens contraire, est d'une exlrt^mc pureté. Tous les détails de fabrication cl d'ornement de ces morceaux ont un prix exceptionnel, cl j'y reviendrai en temps et lieu (Fig. i77).

Je crois que plus les découver les do vases ibériques se multiplieront, plus on verra s'enricliir la série des dessins du genre de ces derniers ; ils caractériseront un style particulièrement original de la poterie ibérique, et les vases qu'ils orneront seront précieux. A ce titre, à côté des vases de Meca, il faut mettre ceux du Musée dj Sarra^ossc, et le seul connu de la collection Pablo GiL La crosse et la spirale jouent un rûle capital dans leur décoration. La crosse semble exclusivement employée sur un

LA CÉRAMIQL'E Sq

grand récipient en forme de pot de fleurs a rebord, dont la surface est divisée en tableaux verticaux, mais sans intervention de trigtypiies; les

Fjc. i"". — Aniarejo. (Louira.)

crosses, qui varient de dimensions, sont ajustées deux à deux et simu-

— MuMO de Sarrifotse,

lent des séries d'accolades superposées; cela ne va pas sans quelque monotonie (Fig. i~8, i).

Au contraire, sur un autre grand vase h la panse arrondie et à l'étroite

go LA CKIUMII.ir'E

embouchure, les crosses qui forment aussi le ihèine principal, mais non unique, sont semées sur l'argile non pas au hasard, mois très librement ; leurs têtes enroulées s'opposent ou se répondent avec une souple élégance (Fig. 17S, a).

Moins nettement Ciiraclérisc est le décor intérieur de deux assiettes prorondes de la même fabrique, mais évidemment plus communes. L'une tout au fond, autour d'un léger umbo central, est ornée d'un cercle de spirales décrites par deus lignes qui courent parallèlement, et d'une zone concentrique à cette première zone, où sont peints deux méandres

négligemment enclievêtrés et tracés (Fig 17g, ''). A l'intérieur de l'autre sont figurées des crosses rangées comme les rayons d une roue ; entre elles sont jetées librement des lignes courbes qui semblent les relier, et des liges surmontées d'une espèce de fleur triangulaire (Fig. 17g, ').

Enfin, il y a plus d'imagination et de variété dans l'urne de M. Pablo Gil (Fig. lO) ; la crosse et la spirale s'y trouvent abondamment au milieu d'un décor louiïu librement distribué autour de la panse. Mais on y voit aussi des ornements floraux stylisés et d'autres dessins dérivés de figures géométriques. Le mélange est heureux, et le vase est par ses dimensions, comme par la combinaison de ses ornements, l'un des plus beaux exemplaires de ce style, et des plus instructifs.

Ce mélange, d'ailleurs, n'a rîen qui doive étonner, car il en est fr quemment de semblables dans d'autres fabriques, et la fabrique même d'où proviennent les vases de Saragosse n'avait pas de modèles exclu-

aux

sifs ; j'ai déjà parlé du grand récipient qui appartient à TÂcadémie de l'Histoire, à Madrid (Fig. li). Un plat creux du Musée de Saragossc, du genre des deux précédents, présente un décor qui, réduit à l'essentiel, consiste en une série de cercles concentriques aux bords, dans lesquels est inscrit un carré recoupé par des diagonales.

Il faut rapprocher de ces vases intéressants une sorte de cruche à une seule anse, dont la partie supérieure est malheureusement mutilée, et qui, suivant le Père Lozano à qui Ton en doit un dessin très sommaire, était abondamment et richement décorée dans le même style ; les spirales, les crosses, les rinceaux y sont avec aisance entremêlés. L'objet aurait été trouvé à Archena *.

J'arrive maintenant à la dernière étape qui n'est pas la moins intéressante. A côté de la plante stylisée ou non, chimérique ou réelle, il faut placer Tanimal. Le plus important exemplaire de cette décoration, par la taille et le sujet, provient d'Elche, et se trouve au Musée de Madrid où il porte le n« 176^1 (PI. I).

C'est un fragment de vase dont par malheur il est impossible de déterminer la forme exacte, mais qui certainement était de proportions peu communes. La preuve en est que la terre est épaisse de 5 millimètres, et qu'il mesure dans sa plus grande hauteur 26 centimètres, dans sa plus grande largeur 22 centimètres et demi, que de plus le champ en est rempli, essentiellement, par une Ggure incomplète. Cette figure est peinte en rouge brun ; l'argile est de teinte jaune rougeâtre. Du reste notre image dispense d'une description minutieuse. On voit que des bandes plates et régulières tracées au pinceau sur la panse du vase mis au four déterminaient une zone couverte de motifs Le groupe conservé comporte un carnassier, chien ou loup, faisant la chasse à de grands oiseaux. Dans sa course il en a renversé un qui se débat du bec et des griffes ; un autre voltige au-dessus, dans le champ, et semble vouloir se poser sur le dos

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