‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 5)Chapitre 18 sur 89 · I. P. Loiano, Hisloria de Jumilla, Lam, n<* IIII · texte numérisé non relu

I. P. Loiano, Hisloria de Jumilla, Lam, n<* IIII

Qa LA CERAMIQUE

de l'ennemi. Au-dessous des pattes de derrière de l'animal on voit une (leurformée de deux rinceaux opposés, et sous son ventre un ornemi^nt en figure d'arètc. L'oiseau volant lient au bec une sorte de vrille en zig-zag.

D'un style beaucoup moins original et de forme moins nette est le petit quadrupède que l'on voit sur un débris appartenant à D. Pedro

jjL^;^^.ri^/

FiG. 180. — Elchc, (ColIcclLon PoJro Ibarra.)

Ibarra, à Elche (Fig. 180): c'est très probablement un lièvre, si l'on en juge à la longueur de ses oreilles, à la forme de sa queue et à ses pattes de devant plus courtes que celles de derrière. On voit sur le tesson, au-dessus de la tète du lièvre, un long bec d'oiseau, sans qu'on puisse dire si cet oiseau était l'adversaire du premier animal, ou simplement une figure de remplissage.

C*e8t le seul animal de ce style que je connaisse ; mais le carnassier et l'oiseau de la même espèce que ceux du grand grand fragment d'Elcbc étaient pour les céramistes de celle ville des sujets de prédilection. La figure 181 représente un reste detète de chien ou de loup aux dents aiguës, et au-dessus un grand oiseau qui s'envole ; le dessin étant de grandeur naturelle, on voit quelle était l'importance de ces figures, et l'on peut deviner quelles étaient les dimensions du vase, La figure i8:i montre une chasse du même genre dans des proportions plus res-

9^ LA CÉRAMIQL'E

treintes'. L'oiseau parait encore, ou du moins on le reconnaît très aisément sur les fragments que reproduisent les figures i83, i, i, 3, l85- 187', tantôt plus gros, tantôt plus petit, réduit tantôt à la tête, tantôt au cou, tantôt au ventre, ou même, comme dans le dernier débris, au bout des ailes et & la queue fourchue ^.

FiG. 18a. — Elche. (Musée de Madrid.)

Deux de ces derniers dessins ont surtout de l'intérêt. Sur l'un (Fig. i83, 3)ily a sous le ventre de l'oiseau, dans le champ déterminé par les lignes de son corps et de ses pattes, deux gros poissons aflrontés ; on reconnaît très aisément leur dos rond et comme bossu, leur corps strié divisé en trois bandes et leur petite tête pointue ; leurs nageoires dorsales et leurs queues sont très librement développées en rinceaux de style décoratif Sur l'autre (Fîg. 184), le champ laissé libre entre les pattes d'un grand oiseau qui s'envole et une patte d'un autre animal,

I. Ces deux frtgmenb wol, comme le premior, au Muiés de Madrid, et proi icnnenl de la collection Aurellano Ibarra,

3. Fig. i83. I (Elche-Madrld) ; i83. 2. 3 (Elche, coll. Pedro Ibarra); iS.'i (Elchc Madrid); i85 (Elche - Lou vre) ; l86 (Elche- Madrid) : 187 (Mect). Sur le fragoicrit Gg. l85, on voit son bec et M lùto ; il etl en train do picorer pcut-èlrc tur le do* d'un gros poitton dont l'cipècc de cros>o placée devant

lui aérait une nageoire ; lUr lei fragmcnla Hg. 8-. 88, on doit sans doute reconnaître let plumea d'une aite au-deuoui de la volute. La préience même de cette volute au-dessus de l'oîseau et raUichée h *on corps n'a rien d'invraisemblable ; il ^ en a d'aulrsi eiomples certains, par exemple fig. i8l.

3. Cf. Fig. 193 (Meca) ; ig4 (Elcbe Madrid); ig5. 19G (Meca); j'avoue que ces fragments sont bien obscurs.

Fie. i83. r. 3. 3. — Klclie.

V,c.. i»\. — Elclio.

()6 1.* ClîltAMIQlK

peul-èlre un quadrupède, esl rempli par limoge de Irois poissons. L'un^l mallieuieusement incomplet, esl de la même race que ceux du vase préA cèdent, les autres sont d'une espace dinëi-enle, plus longs et plus minces J

leurs corps sont du reste striés de la même manière ; ils sont d'une coo ception plus libre, sans aucune idée de stylisation.

Elrlip, (Mii!.dt dp Maiirid-)

Ces poissons ne sont pas les seuls ; en voici un assez gros, dont le ventre et le dos sont Iiérisës de longues nageoires piquantes (Fig. 188); il manque mallieureusemenl la têle et la queue ; et peut-être le reste d'un autre (Fig. 189) dont le dos est aussi barbelé. La tôle au conlraîre

est seule conservée sur un aulre tesson de ^[eca ; le poisson devait être de grande taille' (Fig, 19a). Enfin, j'ai remarqué parmi les ornements géométriques, droites, triangles, crosses, d'un vase du ^fusée de Madrid (Elchc), la présence de quatre petits dessins, très curicnsement placés, dont un au moins figure un poisson (KIg. 190).

Une mention spéciale est due à un fond do coupe du Musée de Tarragone, dont le revers est décoré d'une zone d'oiseaux qui volent : ce sont des oies ou des cygnes, si l'on en juge à la longueur de leur cou, à la grandeur de leurs ailes, et à la forme trapue du corps et de lu queue du la plupart (Fig. 191)'- Ils diflî^rent encore des oiseaux décrits jus(|u'ici par la technique, car ils sont peints en silliouclfe hrune. Il faut en rapprocher, bien qu'il soit dessiné au Irait, le fragment reproduit (igurc i8().

I. Par analogie, iTouver un morceau de o l« fragment de Mect. Ilg,

. C. J. Je CiuilK-ii-C . l\g- .^ (\" ibdi du

/.m Héiéen»

q8 Ll CÉB*Ml(ît.'E

el trouvé à Meca. Il me semble y reconnaître la queue fourchue et la noinle des ailes d'un oiseau volant: le dessin esl à ailleurs plus libra^

Enfin. \es dessins des figures igS-ii^â pourraient bien se rapporter à des images d'oiseaux ou de jioissons fort mutilés.

Je m'arrête tout spécialement sur quelques débris tout petits et trJs humbles en apparence, mais dont la valeur archéologique est grande. Sur deux d'entre eus sont les seules représentations que je connaisse.

LA o'nAMIQlF, on

dans cette antique céramique, de la figure humaine. Sur le premier C^'S- *97) que possède D. Pedro Ibarra, à Eiche, il ne reste plus, par malheur, que !c quart environ d'un visage vu de face, c'ost-à-dire un peu

Tir.. 197. — Eldie.

(Coll™ii.m Pt^lro IbaiTD.)

du front el deux rangs étages de boucles indiquées par un quadrillage, la moitié de rii-il. très grand, avec les sourcils, l'oreille et un peu de la joue. On ne voit rien du ne/, de la bouche ni du menton. Il va sans dire que le dessin est tout à fait sommaire, un simple Irait lourdement appuyé; il scrail impossible, par exemple, de retrouver la forme analomiqiic de foreille, el quant à l'œil, il esl tel que Taurait pu dessiner le plus maladroit des enfants'.

Sur le second, qui provient de Mcca (Fig. 19S), en laissant de ci^té deux dessins impossibles à identifier, il reste une jambe d'homme qui se lendpourse poser sur un objet long et recourbé où je ne puis voir qu'une Vu:, ijuj. — Mira,

sorte de barque. La rotule, le mollet,

le lalon, la pointe du pied sont très nettement profilés en i^illiouette noire. C'est le même procédé que j'ai noie sur deux autres fragments

. On p«ul w clfminilpr si

l'i) que rciinVntr le àntm de U lîpiirc lijg (Mcci).

100 L\ CÉlL\MtQL-E

de Meca où l'on peut reconnaître la partie inférieure du ventre et les pattes de quadrupèdes au galop. Le fond libre de l'un des tessons est orné d'une double spirale en forme d'S (Fig. aoo, aoi).

Un autre débris, en guise d'ornement, porle des lettres de l'alphabet

ibérique. Une première ligne est formée de quatre caractères ; sur une

seconde on voit les restes de deux autres

à (Fig. 209). Je ne connais qu'un autre exemple d'inscription ibérique peinte sur un vase, je veux dire peinte avant la cuisson, de telle sorte que les lettres jouent un véritable rôle décoratif; c'est sur le pied très contourné et très haut d'un vase du Musée de Tarragone (Fig. ao3). Par malheur il ne subsiste que trois signes complets, l'ustensile s'étant brisé juste à la base de la panse que contournait l'inscription.

Le dernier fragment se trouve aussi à Tarragone (n* a568 du Musée) ; il est très spécial, et ne peut entrer dans aucune des catégories précédentes. C'est une petite tôte de femme modelée en bas-relief qui était appliquée contre la paroi d'un vase, îi l'endroit où venait s'attacher une anse. Ce petit morceau de sculpture n'est pas d'un très bon style; elle n'est pas une œuvre d'art, elle n'est ni bien fine ni bien jolie ; mais elle n'en a pas moins une notable valeur archéologique. On ne peut du reste mettre en doute la provenance ibérique du vase d'où elle provient,

- MCC«. (liOUlT

Fie. aoj — Musce de Tarragooe

I03 LA CERAMIQUE

car elle est prouvée par la qualité de Targile et les ornements au pinceau que le potier a ajoutés tout autour de la tête. (Fig. 2o4).

11 va sans dire — je l'ai du reste indiqué en passant — que tous les éléments décoratifs que j'ai décrits et énumérés peuvent se trouver mélangés et combinés sur un même vase. Pour n'en citer qu'un exemple typique, le combat du quadrupède et des oiseaux qui est représenté sur le grand fragment d'EIche (PI. 1) occupe une zone au-dessous de laquelle en était une autre où s'étalait le motif purement géométrique des demicercles concentriques. Il est nécessaire d'insister sur cette remarque essentielle pour l'étude du développement du style.

Cette revue des thèmes décoratifs terminée, il est temps d'examiner la forme des vases et d'insister sur les détails techniques de la fabrication ou de l'ornementation qui contribuent à donner à cette céramique son individualité.

Sur le premier point, Ton n'est encore que bien insuffisamment renseigné. J'ai dit dans quel étatd emiettement ont été recueillis la très grande majorité des documents à l'Amarejo, à Meca, à Elche, à l'Alberca de Murcie, à Monteagudo, partout enfin. C'est à peine si une quarantaine de vases complets nous sont parvenus. Sur le nombre je n'en connais que fort peu auxquels on puisse donner un nom précis tiré de la nomenclature antique : c'est d'abord une œnochoé trouvée à Meca (Fig. 1 70) ; ensuite une sorte de cruche de même provenance, peut, sans trop d'hésitation être nommée askos\ 11 y a de plus un assez grand nombre de plats k rebords plus ou moins relevés, de diamètre variable, qui sont de véritables phiales ou patères, comme il s'en trouve par centaines dans la céramique grecque et romaine. Quelques fragments dont l'argile est très

I. Trouvée à Meca, déposée au Louvre. La figure 169 donne rornonicnt peint qui la décore.

fine et la peinture très soignée pourraient faire penser à des coupes en forme de kylix, mais je ne suis pas sûr que le pied soit différent du pied des patères précédentes, ni surtout qu'il y ait eu les anses caractéristiques de la kylix.

C'est là tout ; pour chacun des vases entiers qui restent, ou de ceux dont les débris permettent de reconstituer le type, il faudrait une descrip tion spéciale ; même la céramique mycénienne, dont j'ai déjà rapidement évoqué le souvenir et qui m'occupera plus encore, celte céramique aux formes plus massives et plus lourdes que celles de l'époque classique mais néanmoins très variées, ne nous offre que très peu de points de comparaison. En Espagne, le galbe des vases décorés est très simple ; les potiers affectionnent la ligne droite. Le vase du Musée de Madrid n" 12527 (Fig. 171) est un simple tronc de cône. L'un des plus jolis vases de Saragossc (Fig. 178), comme le petit vase de Meca (Fig. 172), n'est au fond qu'un cylindre auquel on a ajouté un bord plat en saillie. Le vase de M. Cdnovas, à Lorca (Fig. 35), ressemble à un barillet trapu construit au moyen de deux troncs de cône unis par un angle à peine émoussé, el ce modèle se retrouve plusieurs fois, très peu modifié, quoique de dimensions diverses. Une variante intéressante est celle où l'on voit le cylindre se resserrer et s'étrangler au-dessous du rebord, afin que l'ouverture soit plus petite (Fig. 33, 83). L'urne du Musée des Pères Escolapios d'Yecla, dont les lèvres s'étalent, dont le col est relevé d'un double cordon en relief, a une panse qui donne en profil une droite oblique, et ce n'est que vers le fond qu'elle s'arrondit et se courbe jusqu'à la base (Fig. 28).

Je pourrais multiplier les exemples, mais les formes arrondies ne manquent pas non plus : bouteilles à gros ventre, à court goulot, sans anses (Fig. 21, Amarejo ; Fig. 176, Elche), petites urnes ressemblant à des pélikés sans anses, avec la panse plus ou moins bombée, l'embouchure plus ou moins évasée (Elche, Meca), cruches très simples à une ou plusieurs anses ne dépassant pas en hauteur le niveau de Tembouchure (Fig. 55, 168, 176)*, et surtout grands récipients à gros ventre, tantôt en

I. Cf. Furlwœngler cl Lœichckc, Mykenische VaseUt Vasenformoa, n'^ 60.

RAMIQLE

3Ifc

forme de bouillote sans anse, tantôt en forme de pot à graisse ou de marmite. Ces derniers n'ont pas danses, ou en ont deux ou trois disposées verlicaiement ou horizontalement îi la naissance du ventre (Fig. li, 39, ,S6). J'ai noté seulement un vase avec trois anses allant des lèvres à la panse (Fig, 176).

Comme formes particulièrement intéressantes, j'ai remarqué une cruche du Musée de Madrid (Fig. loa) avec une anse en forme de bride, ' comme nos cruches modernes', et un vase imitant un panier rond en vannerie dont l'anse est placée de même (Kg. 206).

Enfin le fragment du Musée de Tarragone, où restent quelques lettres ibériques, est un pied de coupe très élevée ; la forme du récipient ne se peut restituer : mais je ne saurais mieux comparer le support qu'à celui d'un dinoa (Kg. 2o3) ■.

La forme des anses a sa valeur dans l'étude d'une série céramique ; aussi ai-je recueilli avec soin toutes celles qui m'ont semblé intéressantes. J'ai déjà signalé quelques vases très anciens ayant servi d'urnes cinéraires, dont les deux anses ne sont vraiment que des excroissances d'argile percées d'un trou. Le Louvre en possède un complet, très original, trouvé à Meca. Les tenons en question sont à cheval, si je puis dire, sur le récipient lui-mi)me et sur le couvercle qui adhèrent hermétiquement l'un à l'autre ; un trou est percé dans l'argile de chacun d'eux, dans le sens vertical ; il suflisaît de passer une cordelette ou une tresse de sparte dans ces trous pour assurer à la fois ta fer-

Fie. 3o5. ~ Musée do Madhd.

, Catalogue des vases a cuite du Loiii-re, pi.

meture et la suspension de cette sorte de marmite. La forme de' ces anses d'une part, de l'autre le sens dans lequel elles sont forées sont des marques. Comme on sait, de très haute antiquité (Fig. ao6, à gauche).

Une autre urne funéraire de mémo origine a aussi conservé ses deux anses, mais celles-ci sont des pièces adventices tn-s dégagées de la panse, leur forme est d'ailleurs toute simple, comme le montre la Ggure ao6 (à droite), et leur petitesse prouve qu'elles étaient plutôt destinées à une corde de suspension qu'elles ne servaient à porter l'objet directement avec la main.

Très fréquemment, dans les ustensiles de grandes dimensions, l'anse, comme il est naturel, devient plus large, plus épaisse et se renforce mt'mc d'un boudin d'argile en relief (Fig. 207), Quelquefois elle est constituée par deux ou trois boudihs juxtaposés fbid.'i ou par une torsade fhid.i. J'ui recueilli un fragment de ce type dont chaque partie est ornée d'une ligne en zigzags réguliers tracée en creux ou au pointillé (Amarcjo).

Il semble que la pratique ail prévalu de placer les anses très près de l'orifice ; j'ai recueilli deux exemples curieux : la lèvre du vase, à l'endroit même d'où l'anse partait verticalement, était découpée ici en dents.

là en festons arrondis (Araarejo, Fig. 207). J'ignore du reste quelle était l'intention utilitaire ou artistique du potier.

Les anses, ou plutôt les poignées horizontales ne sont pas rares non plus. Tantôt elles ne sont constituées que par un renforcement du rebord du vase, que Ton double d'une torsade (Jbid,, Meca), ou d'une série de pastilles concaves où peuvent venir s'appliquer et se fixer les doigts (/6/rf., Meca), tantôt elles consistent en une pièce de rapport, de modelé très simple, par exemple une torsade flbid.), appliquée contre la panse ou détachée (Elche, inédit).

De toutes ces dispositions on pourrait trouver des exemples un peu partout. En voici une que je crois originale et qui a beaucoup d'intérêt ; j'en ai recueilli deux débris à Meca flbid,\ On saisissait le vase par le rebord élargi et épaissi, comme je viens de l'indiquer, mais les extrémités de ces sortes de poignées étaient indiquées par l'adjonction d'une volute qui leur donnait un peu l'aspect d'un chapiteau ionique*. Je ne puis m'empêcher de croire qu'en effet le chapiteau de ce modèle, dont les Ibères ont fait usage dans leur architecture, a sa part d'influence dans cette ingénieuse invention "•

Tout a fait exceptionnelle est comme technique la forme d'une anse qui est conservée à Madrid et provient peut-être d'Elche : le corps de l'anse résulte de l'assemblage d'une grosse corde entre deux tresses, tout cela modelé en relief; mais au point d'attache, le potier a tracé au pinceau, au-dessous de chacune des tresses, deux jolies spirales opposées. Le motif est heureux dans son élégance (Fig. 208).

Quant à la technique, je n'ai rien noté de bien spécial en ce qui concerne la pâte même des vases ; elle est d'ordinaire fine et bien malaxée, toutes les fois que la surface est destinée à recevoir une déco-

I. Il est peut-être bon de rappeler que les 470* 3o3, 378). Mycéniens ont fait usage des volutes opposées 3. Chacun connaît les grandes amphores

comme motif do décoration. J'en citerai un grecques dont les anses se convulsent en vo-

exemple sur un cylindre formé d'une plaque lûtes. Il est bien entendu que, vu l'époque où

d*or (Schliemann, MycèneSy fîg. 48/i). Le elles ont été fabriquées, et vu leur beauté,

motif n'est sans doute qu'une traduction de la elles n*ont aucun rapport avec les modestes

représentation conventionnelle du palmier, débris ibériques dont je parle, telle qu'on la voit à Myccncs (^/ùid., fig. i63,

ration peinte, que, par suite, elle est d'une fabrication relativement récente, et que le tour a élé employé par le potier. Au contraire, la céramique la plus ancienne (l'usage a dû persister à travers les ans pour les poteries communes) qu'elle soit faite à la main ou au tour', est fabriquée avec une terre très peu argileuse, pleine de petits grains blancs qui semblent du marbre pilé, ou de petits graviers noirs ; la couleur en

FiG, ao8. — Elehc? (Madrid.)

varie entre le rose vif, les diverses nuances du jaune, le gris et le noir foncé. J'en ai rapporté au Louvre des spécimens divers. Il faut bien remarquer que dans cette série l'épaisseur des parois ne permet de rien préjuger en ce qui concerne la grandeur du récipient. J'ai trouvé des débris de creusets fort exigus dont les flancs étaient beaucoup plus épais que ceux de jarres de fortes dimensions*. Mais, comme il est juste, puisqu'il s'agit

1. Quel((Ucfois, malgré l'irrcgulBrilê ûvi- rejo: épeliwur, o">,i5. — Fragment d'uoe

dénie et la msladresie du travail, on reconnaît grande jarre do mfme provonance : épaiueur

dei marques indcniablei de lournauage. de o"'.oo7 t o™,oio. — Fond de bol ou d«

3. Fragniciil d'une grande jarre du r.A.ma- crcuacl do l'Amarcjo : éjtaiueur, u'",oi.

LA Céramique: 109

d*une industrie moins primitive et plus logiquement raisonnée, si Ton examine les vases peints, on voit tout de suite que plus ces vases sont petits, plus Targile devient mince, et que plus Tornementation est soignée, plus la pâte devient fine, plus la surface en est délicatement polie. Je puis citer un fragment de tout petit vase dont la terre, d'un gris foncé, a un grain très serré et n'a presque pas plus d'épaisseur qu'une lame de couteau (Fig. iSg, Meca), et les débris d'une cruche jaune pâle qui, par la légèreté et la densité de la pale, la finesse et le poli de Tépiderme, peut lutter avec ce que les céramistes grecs ont fait de mieux ; la décoration, d'une extrême pureté de lignes, témoigne aussi d'un art arrivé a sa perfection (Fig. 177).

Ce a quoi les potiers ibères me semblent avoir été moins habiles, c'est à cuire leurs vases ; j'ai pu faire do nombreuses observations qui dénotent leur inexpérience.

Je ne parle pas seulement des poteries très primitives dont beaucoup peut-être n'ont pas été mises au four, mais simplement séchées au soleil. Quelles que soient les ardeurs de juillet et d'août sur les acropoles de l'Amarejo, de Meca ou de iMonteagudo — j'en puis parler savamment — 45 ou 5o" n'ont pu suffire à mettre en fusion tous les menus débris calcaires incorporés dans la pâte ; ils sont restés dans leur premier état. Mais quelquefois les vases destinés à la cuisine ont subi sur le foyer des températures assez élevées pour fondre le calcaire à la surface externe, tandis que dans l'épaisseur de la paroi et à la surface interne ce calcaire n'a subi aucune transformation. C'est le bas, en particulier, d'un fragment de grande jarre de l'Amarejo dont l'épaisseur varie de 7 à 10 millimètres et dont une légère plaque externe est de couleur rouge brique et homogène, tandis que la masse de l'argile est brune, semée de petits cailloux ; il n'y a eu qu'un commencement de fusion et do vitrification \

I. Voici la note que j*ai prise à propos (le ce interne est absolument rugueuse. On y voit

débris: do petits cailloux qui, à Tintërieur de la pAte

« Fragment de grande jarre. Terre bnme ; ont été fondus par la chaleur. »

le feu a rougi une mince plaque à la surface Epaisseur: deo'",oo7à o">,oio (.\marejo). eitérieure ; cette surface a été polie ; la surface

î 10 LA CÉRAMIQUE

Les céramiques plus récentes ou plus soignées (l'un vaut souvent l'autre) ont été mises au four, sans exception, et cuites consciencieusement. Mais les chauffeurs n'ont que très rarement su ménager la force et la durée du feu ; presque toujours les cassures des vases montrent la pâte formée de trois couches superposées : à l'intérieur et à Textérieur du récipient l'argile est jaune ou rouge et très bien fondue, mais entre ces deux couches s'en trouve une autre, très nettement distincte d'ordinaire, qui a gardé la couleur grise de la terre crue et qui est d'une densité moins homogène. 11 est certain que la chaleur n'a pas eu le temps de pénétrer également dans toute l'épaisseur de la paroi; le feu sans doute était trop vif au début de l'opération que Ton était obligé d'interrompre avant que tout le vase ne fût également cuit, pour éviter des brûlures extérieures, l'écaillement et l'éclatement.

• Il arrive aussi avec la même fréquence que les parois se séparent en deux couches seulement ; ces xîouchos, du reste, varient de couleur suivant la nature de la glaise et le degré de la cuisson. Si le plus souvent la tranche la plus cuite est jaune, et la moins cuite grise, il arrive aussi que la plus cuite, la tranche externe, est noire, comme brûlée, et la tranche interne jaune, comme sécliée à point, ou même qu'il y ait un noyau jaune compris entre deux plaques noires.

Même lorsque la pâte n'a pas ce défaut et qu'elle semble avoir subi une chaleur mieux réglée, il est très ordinaire de voir la surface de l'argile varier de nuance par places, souvent de façon très sensible ; on dirait des coups de feu qui ont fait des taches. C'est le cas d'un assez grand nombre de fragments de coupes que j'ai indiquées plus haut comme particulièrement soignées ; j'ai remarqué par exemple un fragment où la terre est rouge h l'extérieur, jaune au revers et un autre où la terre varie à la surface du jaune au gris de fer.

En somme, malgré ces défauts, les potiers sont arrivés à donnera leurs produits une solidité et une légèreté dont il faut leur savoir gré ; je n'ai trouvé qu'un petit nombre de spécimens dont la pâte soit molle, cotonneuse, ou pour mieux dire savonneuse, que l'ongle puisse aisément rayer. On sait que des argiles de ce genre, dont la qualité est mauvaise se rencontrent assez souvent en Grèce sans que l'on ait toujours le droit

d'attribuer ce vice à Taction chimique des terrains où les objets sont restés enfouis pendant des siècles.

En ce qui concerne la technique de la peinture, je constate d'abord que les décorateurs de nos vases nont à aucune époque connu le secret du vernis qui donne à la céramique de 1 âge d'or, en Grèce, une partie de son prix et de son originalité. Les potiers ibères doivent être mis en cela sur le même rang que les Phéniciens, les Chypriotes, les Carthaginois et les Grecs archaïques, depuis les Mycéniens jusqu'au vi* siècle.

Les couleurs qu'ils ont employées ne sont pas très variées. On pourrait, je crois, si Ton en faisait l'élude chimique, les réduire à deux groupes de substances. Les unes, rouges clair à l'état naturel, suivant le degré de cuisson et suivant leur amalgame avec les différentes sortes d'argiles, variaient du rouge vif au brun ronge, au brun gris ou au noir. Le mi^me motif ou la même série de motifs, exécutés sans nul doute au même moment, avec le même pinceau et la même préparation colorante, voient le ton et la couleur même changer à |)cu près sans transition. Les autres ont pour ton fondamental une nuance vineuse qui, a l'usage et par l'effet du feu, passe par toute une gamme de roses sombres et de violacés. Ces dernières teintes sont d'un emploi plus rare et réservées à des ustensiles de quelque prix. Cela ne veut pas dire d'ailleurs qu'elles aient été appliquées à une époque plus récente, puisqu'on les trouve sur de très anciens vases de Meca.

J'ai remarqué, du reste, qu'elles sont très fragiles et s'écaillent avec une grande facilité. Une multitude de tessons qui restent depuis des siècles exposés à la surface du sol sont actuellement sans aucune trace de peinture ; c'est, pour un grand nombre, que la couleur est tombée, rongée par l'air et les intempéries, car il est difficile d'admettre que les vases dont ils proviennent, vu la qualité de l'argile, soient restés sans ornements. Beaucoup d'autres, que j'ai retirés de la terre, étaient couverts d'un épais dépôt calcaire ; toutes les surfaces dont la peinture était violacée ou lie de vin s'écaillent dès qu'on les touche, et la couleur se détache de l'argile avec la couche adventice. D'ailleurs cette couleur se combine très aisément avec les éléments calcaires du sol, et quand elle reste adhérente au vase, en le nettoyant on arrive malaisément à la décrasser ;

lia LA CERAMIQUE

le calcaire persiste presque partout où est passé le pinceau, et le dessin ressemble bientôt à une sorte d'incrustation blanche avant un léger relief. Au contraire, la teinte rouge brique ou rouge pâle, les teintes brunes, grises et noires, sont bien adhérentes à la glaise, trèssoUdes et durables ; le grattage même ne réussit qu'avec peine à les détruire.

D'ordinaire, toutes ces couleurs sont appliquées sur Fargile naturelle, sans aucun intermédiaire de bain de chaus ou d'engobe quelconque. Cependant le procédé qui consiste à préparer la surface des vases k mieux recevoir la couleur au moven d'un enduit qui bouche les pores, et a plus d'afîinité que la glaise même avec les matières colorantes, ce procédé, si connu des céramistes de la Grèce, n'a pas été ignoré des céramistes de l'Espagne. C est à Meca el à l'Amarejo que j'en ai pu recueillir des preuves certaines. Les iîgures laSet laQ reproduisent des tessons dont l'argile est rouge brique, maïs dont la surface a été trempée dans du blanc ou badigeonnée de blanc avant de recevoir dc;^ dessins gris '.

Les dessins élaient d'ordinaire exécutés au pinceau, ù main levée, qu'il s'agit de motifs géomélri(|ues ou autres. Il n'y avait d'cvceplion que pour certaines figures géomctriijues. les circonférences complètes, ou parfois les simples arcs, tangents ou concentriques, dont la régularité exigeait l'emploi du compas. Mais les spirales, par exemple, élaient toutes tracées sans le secours d'aucun instrument, même celles dont l'enroulement paraît le plus délicat el le plus pur (t^ig. 177)- H faut pourtant signaler l'important tesson oîi se trouve peint un rang d'ovcs ; le motif est toutàfait architectural, aussi le décorateur a-t-il cherché ù obtenir une fcrmelé exceptionnelle, et ses oves sont formés par une très ingénieuse - Anurejo, (Louvk.) quoique Irè S simple combinaison de circonférences qui se coupent et dont le compas a assuré la précision (Fig. aO()). Quoi qu'il en soit, en règle générale, le

t. J'ai not^ un «ulre eiemplairc doulcui uncionc blanche di-corée de groupes UngenU

d'eogobv liUiic tout une peinture lie de vin, de cercles conceiilriques ; m(i> je dirai plut

k Moca. Une grande urne de laCruidcl Negro, tard mci raisons d\ voir un produit d'impor-

(Carmon*) dont jo parlerai, porte sur le n»nc talion punique.

LA CÉRAMIQUE Il3

secours de tout instrument semblait inutile à des artisans dont la main pouvait trembler ou se tromper quelquefois, mais était plutôt sûre d'elle et obéissait aisément aux inspirations de la fantaisie.

Pour pousser plus loin celle analyse, je dois faire remarquer que les peintures de cette céramique sont en majeure partie de simples peintures au trait. Quand il s'agit d'ornements géométriques, la chose va de soi. Il n'en est pas toujours de même pour les dessins de (leurs et d'animauv ; là le pinceau étale largement la couleur en teinte plate, et de cette façon les feuilles, les fruits, aussi bien que les corps d'oiseaux, de fauves ou de poissons, se détachent en masse sombre sur le fond clair du vase. C'est le procédé en usage dans toute la céramique primitive de Chypre, de Mycènes, del'Ionie. Mais il a en Espagne quelque originalité qu'il serait injuste de passer sous silence.

On sait comment les Grecs avaient conçu leurs vases à figures noires : ces figures n'étaient que des silhouettes, des ombres portées sur un fond clair. Si le décoraleur voulait détacher quelques détails de la masse sombre, comme le contour d'un bras ou d'une main, un œil, une oreille, un pli d'étoffe, il y réussissait au moyen d'un trait incis (|ui, éraillant la couche noire, faisait reparaître l'argile, ou d'un trait menu de pinceau trempé dans de la couleur blanche. D'autres accidents de la surface du modèle étaient reproduits au moyen de taches diversement colorées, le plus souvent blanches ou violettes. Nos décorateurs ibères, plus naïvement, mais par une pratique qui pourtant exigeait quelque dextérité, se contentaient de réserver des blancs partout où ils le croyaient nécessaire, à l'intérieur de leur silhouette noire ou brune. C'est ainsi qu'ils sont arrivés d'une façon toute conventionnelle, mais non sans charme, à exprimer les yeux de leurs animaux (PI. i, Fig. 181, 182. i83,i), les plumes de leurs oiseaux IhicL , les écailles de leurs poissons (Fig. i83, !<) '. Pas une seule fois je n'ai observé trace de traits de burin, bien que j'aie par-

I. Le proc<klc de l'incision est du re*4l<» Tétudc récente de M. Dunkan Macken/i*», The

celui de Tarchaïsme grec proprement dit. Les potterr of Knossos (Journal of hellenic

décorateurs mycéniens, comme les ibériques, studies, iQoS). La figure i4 (p- 19^) nous

réservent plutôt des blancs; les exemples se- montre justement des yeux dViseaux et de

raient innombrables; j'indique les derniers |>ois$ons. On peut fort bien admettre que le

qui me sont tombés sous les yeux en lisant procédé est passé d'Orient en Occident .

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lois été tente de le faire, car il m'est arrivé de trouver dans des ruines, mêlés aux fragments ibériques, des fragments d'époque arabe, de style géométrique ou floral, assez semblables en somme aux premiers, etqui présentaientcette particularité. Unpeud'habilude permet d'éviter la confusion ; la terre, la couleur, le type même du dessin ne sont pas identiques ; mais il n'en est pas moins curieux de constater que les Maures ont remis en usage un procédé que les Ibères n'ont pas emprunté a leurs initiateurs.

- Telle est, d'après les documents actuels dont j'ai connaissance, cette céramique dont je ne crois pas avoir négligé aucun élément essentiel, géométrique, végétal ou animal.

Nul peuple, nulle civilisation, ainsi qu'on Ta souvent et justement affirmé, ne peut revendiquer comme un honneur exclusif l'invention du décor géométrique'. L'ornementation des vases, des bijoux, des objets de toute sorte au moyen d'un enchevêtrement régulier de droites et de courbes naît comme d'instinct sous les doigts des artisans primitifs. Aussi ne fais-je point aux indigènes de la Péninsule ibérique l'affront de les mettre sous ce rapport au-dessous des premiers habitants de l'Hellas, des rustiques kabyles de nos jours ou des barbares Océaniens. Et s'il est vrai, comme on l'a soutenu, que le travail du vannier a inspiré celui du potier, il ne peut sembler étrange que dans la région de Carthagène (Carlhago sparlaria\ de Murcie ou d'Alicante, où la sparterie^ toujours été une des industries principales, des vases très anciens reproduisent les dessins naïfs des nattes et des coussins.

Mais il faut, d'autre part, remarquer que le décor géométrique n'est

I. Voy. K. Potlier, Catalogue des vases antiques de terre cuite du Musée du Louvre, i»"* partie, p 196 : « Comme le recliligne s[>onlané que nous avons observé à tlissarlik et à Chypre, il y a eu dans les îles et en Grèce un curviligne spontané qui existe en tous lieux, aussi bien dans l'exlreme Asie cl en Amérique qu'en Europe. Sans quitter le Louvre, il suûira de faire un tour dans les

îialles ethnographiques du -Musée de marine pour s'assurer que les Chinois, les Péruviens. et les indigènes do la Polynésie ont pratiqué (les combinaisons linéaires qui offrent avec le rectilignc de Chypre ou le curviligne de Mycènes dos analogies frappantes. » Voy. la com> paraison élablic par M. Perrot entre le géométrique chypriote et le péruvien (^Histoire de l'art dans. Cantiquité^ TIF, p. 720 et s.).

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pas partout et toujours le même. Certaines dispositions, qui ne s'imposent pas, naissent de l'invention et de la fantaisie '.

Je suis ici frappé de deux disUibulions très fréquentes, d*abord la division de la panse des vases en zones parallèles, ensuite et surtout de la subdivision de ces zones en tableaux, en métopes, comme je Tai dit, au moyen de groupes de traits verticaux jouant le rôle de triglyphes, (|ue le champ do ces métopes soit du reste décoré ou non. Ce système fait immédiatement songer à la (uvce, et pus n'est besoin de citer les innombrables \ascs de Chy[)re", de Théra *, de Kbodes *, du Dipylon ', de Béotie'', d'Italie", sans compter ceux de Tirynlhe et de Mycenes\ où on le voit appliqué avec une ingénieuse variété.

. La manière dont sont dessinés les ornements (|ui séparent les tableaux n'est pas indiflerente. Le plus rré(|uemment ce sont de larges bandes de lignes parallèlement ondulées : le molifdevient mcmeun peu fatigant à la longue. Les Crées primitifs n'en ont pas fait un moindre abus, et Ion en pourrait rele\cr des centaines dexemplcs, ?iTiryntlie'\ àTroie^",àTbéra", en Italie, en Sicile'', dans nombre d'autres villes ou régions encore.

I . « La question devioiil tout autre ([uaiid il s'agitd'un curviligne qui, combiné avecd'aulres formules linéaires, donne naissance ù un sl\le particulier et compliques dont la nais«ianc<' spontanée en plusieurs lieui |)arailrait peu vraisemblable. Tel est par exemple le plafond d'Orchoroène. ou la fresque de Tirvnllie qui offrent une similitude parfaite avec certains plafonds des nécropoles égjrptienncs. » E. I^otlier, loc. laiid.

•2. E. Pottier, l'ases antiques du Louvre, pi. 7, n®* itK), io3, 10'); pi. 8. n" M ; Pcrrot et Chipiez, Histoire de l'art, III, fig. .')o8 ; M. CoUignon et L. (louve. Catalogue des Vases peints du Musée national d'Athènes, pi. V, n** 5'i.

3. E. Pfuhl, Der archaische Friedhofani Stadtberge fon Thera, dans Athenische Mitteilungen, WVIFF, lieilage II, n" i ; lig. 19; Beil. Fil, no* .1, '1; Heil, V, u"" i.

a, etc.. etc.

i. E. Pottier, Vases antiques du Louvre, pi. 10, no* aSO, 26G: pi. H. n« 388.

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