I. RevistadeArchivos, 1900, p. 7'i.noia
PL VI, no la.
a. N» 17603. M. Salomon Reiiiach a réuni les images d*un assez grand nombre de figurines de bronze, trouvées un peu partout en Europe, dont les bras sont de môme disposés
en anses. Voy. La sculpture en Europe etc., d^us l'Anthropologie, 1895, p 3o6, fig. a76 (Domèvre); a77 (Thorn); a79 (Caucase), a8o (Perm); a78 (Poméranie) ; a84 Klein- Zastrow (bronze) ; a86 (Troie); 387 (Chypre) ; 390 (Bologne), etc., etc.
I^a LES FIGURINES DE BRONZE
que les artistes ne se sont plus contentés de ces informes ébauches, le type du xoanon n'a pas disparu. Une des figurines les plus précieuses du Musée de Madrid est certainement celle que lui a léguée D. Eulogio Saavedra et que reproduit la planche II (n® i). C'est une femme dont la grosse tète coiffée d'une mitre et tout le corps étroit et court sont enveloppés dans une ample étoffe. Depuis le haut de la mitre jusqu'aux pieds, la largeur de la figurine est la même ; on ne distingue aucune saillie des épaules ni des hanches, aucun modelé de la poitrine, des bras ni des jambes. Pour tout agrément, on ne voit que les plis très réguliers et symétriques, à la mode grecque archaïque, dont les angles sont nettement tracés le long des deux bords de l'étoffe rapprochés par devant, juste au milieu du corps. La finesse du travail contraste avec tout ce que nous avons vu jusqu'ici de barbare, et le visage surtout, dont les traits sont peu corrects, assez mal d'ensemble et un peu vagues, a une vérité jusqu'à présent incoinme, même une expression de gravité mélancolique. Tout cela dénote une époque beaucoup plus récente et d'incontestables influences grecques. Mais je devais parler ici de cet objet pour nettement le rattacher à sa véritable série et montrer la force et la survivance des traditions*.
Cette série, du reste, n'est pas close et ne le sera pas de longtemps ; je n'y veux faire rentrer pour le moment que cinq statuettes très primitives qui sont de très ancienne fabrication : les autres que je connais sont plus modernes et, par leurs caractères essentiels, se rattachent à d'autres modèles.
Dans la prem^.jre (Fig. 260, face et profil), qui a une grosse tête, avec les cheveux coupés sur la nuque et un profil sémite très accentué, qui a de longs pieds démesurés et au contraire le corps plat comme une mince galette, M. Mélida songe à reconnaître Neta *. La seconde (Fig. 262), avec les deux trous carrés percés dans l'épaisseur de la plaque de bronze qui lui sert de corps, ressemble à une clef surmontée d'une tête ; ce n'est peut-
1. Musée de Madrid, n*» i8537. Voy. P. a. /?eW5/a rfe^rcAiVos, 1900, p. 78, n® 9,
Paris, Bévue archéologique, 1898, 1, p. pi. V, n® 9. Collection Vives. Provenance:
310, Bronzes espagnols^ Gg. 5. Hauteur Villacarillo (Jaén). Hauteur o"*,o69. o"»,o8. Trou\é dans la région hastitane.
LES PIÛDHINES DE BBONitE 1 73
Alrc qu'un înslrument orné'. La troisième (Fig. a6i) n'est pas plate, mai» ronde ; elle représente une femme vêtue d'une longue rolic qui emprisonne étroitement le lorse et les jombes. La tète, qui a la forme d'une poire, est énorme ; le nez mince s'allonge démesurément ; les arcades sourcilîères sont très surélevées et les yeux tout petits, tracés au burin, s'y perdent ; ta bouche est une simple encoche : les épaules sont
Fio. atKi. F[c. ïCi. FiG. ïfiï.
(Collection Vives.) (Muii^o de MaJriJ.) (Colleclion \iies.)
très larges et les bras, brisés un peu au-dessous du coude, de\aient se ramener devant la ]>oilnne, comme pour tenir un attribut. Cette idole est, on le voit, d'un type très spécial et nouveau'. La (piatrièmo est d'un aspect tout dilTérenl. Elle provient de Palencia et sendile bien de fabrication locale, car elle est décorée sur le ventre, à la place du nombril, d'une série de petits cercles concentriques et de raies qui se relrou\ent sur des fdjutes recueillies dans la même v ille et sur lesquelles je n'\ icndrai
1. lievUla de Archiver, lyoo, pi. Vil, miroir ou de qiieli|u« objet analogue.
n«3G. tliiitcuroB.o';!'.. Palincverte. Provient ». Muiée do Madrkl, n" 3uoo. Ancienne
de Palencia; M. Mélidaj voit un maiiclic de collection Miro.
17 j LES FIGUHIKES DE BROTtZE
Notre figure 363 montre bien la barbarie de celte statuette a qui sa lête en losange, ses bras coupt^s en courts moignons donnent une apparence très singulière ; on sent évoqué à sa vue un vague souvenir d'amulettes orientales et de ces personnages fantastiques qui décorent les cachets chaldéens ' .
Fjc. a63-ï66. — Mus^e de Madrid.
Quant à la cinquième, qui provient d'Elclie, elle est de facture et de type encore plus evtraordinaire. On \oit bien qu'il s'agit d'un homme ou d'une femme debout, les bras collés au corps : niais il faut beaucoup de bonne volonté pour donner le nom d'yeux, de nez, de bouche, d'arcades sourcilières au\ traits de lime qui balafrent le devant de la tête, et on s'explique mal les trois cordons poratlèles qui font saillie sur la poitrine. Cependant je ne puis m 'empêcher de rapprocher ce petit bronze, en ce qui regarde ces détails bizarres de technique, de quelques œuvres de la glyptique mycénienne, et je n'hésite pas à dire que cet art lointain a exercé ici son influence (Fig, 2G'|)^