‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitive (volume 5)Chapitre 44 sur 89 · I. J.-R. Mélida, Revista de Archivos, 1897. pi. VI, n® I · texte numérisé non relu

I. J.-R. Mélida, Revista de Archivos, 1897. pi. VI, n® I

a. Id., ihid., 1900, pi. V, n» a8, p. i58.

Belle patine noire. Hauteur o"*,095. Provient de la sierra de Mariola (Alicanto, au Nord d'Alcoj). A cette série se rattache une figurine

publiée par le chanoine Lozano (^Hist. de Jumilla^ pi. un, n<> xii) et trouvée, dit-il, k Murcie. Le bras gauche sort seul du manteau, et tombe le long du flanc. Autour du cou on voit un large galon bordant soit la tunique de dessous, soit le manteau.

l88 LES FIGURINES DE BRONZE

La dernière calégoric, à laquelle j'arrive maintenant, celle des femmes debout, amplement vêtues et coiffées d'une mitre, est particulièrement riche. Le grand intérêt en réside en ce fait que la plupart des statuettes qui la composent sont apparentées aux sculptures du Cerro de los Santos, et quelques-unes plus particulièrement à la Dame d'Elche.

On trouve d'abord, dans cette série, de véritables xoana dont la forme est aussi simple que la facture en est sommaire, le type vague ou barbare. Tels sont les petits bronzes de M. Vives reproduits aux figures 299, 3oo, 3o6 \ et ceux du Musée de Madrid reproduits aux figures 3oi, 3o2 *. Dans les uns on ne peut distinguer ni les bras ni les jambes; dans les autres on les devine sous l'étoffe serrée en gaine ; c'est ce qui rend particulièrement curieuse la figure 3o6 dont M. Mélida rapproche le modèle, un peu superficiellement sans doute, des représentations égyptiennes d'Osiris. La figure 3oi est intéressante aussi par la hauteur de sa mitre.

M. Vives a cédé au Musée de Madrid Toriginale figure 298^, une simple lame surmontée d'une tête. Les bords de la plaquette sont ourlés d'une torsade qui simule l'ornement d'un voile tombant de la tête jusqu'aux pieds. Il n'y a pas de traces de bras, ni de jambes ; mais un collier oii s'accroche une énorme boule est le premier indice qui révèle les approches des statues féminines du Cerro.

A Lorca, dans le cabinet de M. le Professeur Canovas, se trouvent aussi deux petites bonnes femmes hermétiquement encapuchonnées et pliées dans leur manteau, et dont Tune est singulière surtout par son profil

I. Revista de Archivas, 1900, pi. VII, Cabinet d*IIistoirc naturelle. n'^^S-'i, 33, i3. Pour le n" i3, voy. aussi p. 75, 3. Sans provenance indiquée. — La figurine

n'* i3. Sa hauteur est o°*,o(m. Patine noire ; n** 3i()(i du Musée de Madrid (^^. U()6) est de

sans provenant. — N" 33, hauteur o"»,o47. ^i^\G plus récent, comme l'indiquent le modelé

Acquis à (ireiiadc. — N^' 3'i, hauteur o'", 06a. du visage et celui du corps sous le voile, mais

Patine rousse. Acquis à Séville. la forme générale est encore celle d*une plaque

a. N" ai()7; n** ai05. Ancien fonds du mal façonnée.

Fie. a95-3o6. — Fi(çurin«> de ijpc rëminîii, (l'roventnCFs divcTM*.)

igo

LES FIGURINES DE BRONZE

d'oiseau et la forme de ses énormes pieds, l'autre par le mouvement cambré en arrière de tout le corps (Fig. 3o8, Sog)'.

Peu à peu, l'idée se développe, sans que du reste l'exécution devienne meilleure. Voici plusieurs petites statuettes qui conservent encore la forme de xoanon, et que leur manteau enveloppe comme une gaine. Mais ce manteau s'entr'ouvre sur la poitrine, ou sur l'estomac ou sur le ventre, pour laisser passer les mains qui se tendent. Les mitres, qui ne leur manquent jamais, sont de forme arrondie, ou conique, ou affectent le contour d'un croissant renversé ; on ne voit pas de colliers autour des cous, ces bronzes étant d'un art trop grossier encore. La plus naïve

Fie. 3o7-3lo. — Idole» féminines de diverses provenances.

de toutes ces images (Fig. 3o4) fait partie de la collection Vives' ; son visage est affreux avec son nez crochu et ses gros yeux en boule : la disposition du manteau est assez vague. Elle se précise avec la flgure 3o5, dont le modèle est aussi li M. Vives, et l'on est étonné seulement que l'auteur, capable d'exprimer nettement sa pensée et de modeler avec assez de vérité le visage, ait donné à tout le corps une forme carrée qui n'a rien de naturel^ Sur cette statuette auront certainement la préférence, parce

I. Fig. 3o8. Bronze noir. Trouvé en iep" mino de Caravaca. — Fig. Sog. La statuette est brisée en bas. Bronze noir. Hauteur o^.o^. Trouvée k Caravaca. La bouche est abimée par des coups de lime.

a. Revista deArchivoSt 1900, pi. VI, n« a5, p. 157. Hauteur o™,o68. Provient de Castellar de Santisteban (Jaén).

3. Ibid., pi. VI, no 27, p. i58. Hauteur O"^,o58. Patine vorte. Môme provenance.

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qu'elles sont de proportions plus justes et de mouvement plus précis, les statuettes n**" 296 et 3o3, qui appartiennent à M. Vives*.

Je dois ici signaler deux variantes notables. M. Saavedra a légué au Musée de Madrid le bronze que reproduit la figure 297*. C'est une femme qui porte sur la mitre élevée un voile, suivant la mode ordinaire ; mais ce voile ou ce capuchon ne fait pas corps avec le manteau, lequel est posé sur les épaules, comme un cliale, s'échancre sur la poitrine et pend, les deux bords rapprochés, jusqu'à mi-jambes; la tunique de dessous le dépasse. Les deux mains tendues sortent assez maladroitement, on ne sait trop comme. Suivant l'ouverture du châle, qu'elle semble border, on voit une grosse torsade. C'est peut-ôtre un collier, bien qu'il y ait une solution de continuité.

L'autre figurine, que j'ai photographiée à Lorca, chez M. Canovas (Fig. 307) , n'a pas précisément de mitre, mais son grand voile-manteau grossit beaucoup sa tetc; il laisse aussi dépasser la robe de dessous, d'où sortent des pieds plats et gigantesques. Elle porte sur la gorge un collier où s'accroche une bulle, et l'on voit à ses oreilles de lourds pendants en forme de disque; c'est ici le premier exemple de ce bijou*.

Le chef-d'œuvre — qu'on me pardonne ce mot ambitieux — de cette série, est une assez grande statuette qui a été léguée au Musée de Madrid par le marquis de Monistrol*. Sa mitre basse, réduite à une sorte de

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