Fig. 348. Mu8(?ede Madrid, 3773 (Collection Salamanca
Fig. 34a. Ibid.y n® 3770 (id.).
PI. 111. Ihid., n" 3082 (id.).
11 existe à l'Académie de l'Histoire un autre sanglier haut de o'",ii6 avec le socle sur lequel il est ()08c, long de o'",ai. et épais de <)"Mo. 11 est d'un })eau bronze, avec une patine claire. Sur le dos il avait des anneaux comme celui de la pi. Hl, mais ils sont brisés. Il a été trouvé à Léon, et donné à 1* Académie par D. Modeste Lafuenle.
LES FIGURINES DB BRONZE
deur de sa masse, rappelle le8 célèbres cerdos d'Avîla, dont j'ai parlé en leur lieu.
Fio. 340-345. — Petits animaux en brome. (Pi
Donnons en passant une mention à un petit porc qui appartient à l'Ajunlamienlo dp Palencîa, 011 je l'ai photographié. L'auteur a si mala- , .^ droitement indiqué la fente des sabots de ta
MS^B^O^^Êm béte, qu'il semble marcher sur huit courtes *C^^BmÊjsSÊÊi^Ê pattes (Fig. 344)- N'oublions pas enBn cette ^■^ ^H lessère trouvée à Los Fosos de Bayona, dans la W W province de Cuenca, en 1876, et qui, selon
MM.AuretianoGuerra.lleiss etlliibncr, représente la moitié d'un sanglier. Suivant leur croquis même, je préférerais y voir une moitié de cheval ou de taureau ; mais je n'ai pas vu le bronze original. Il faut remarquer que la gueule est entrouverte (Fig. 346) '.
I. A. Guerre, Buleiia de la Academia de la Ilixtoria, 1. p. i3i; \.. Ilciss. Gazelle arehéohsi<ltte, i«8S. p. 3ao; E. Hûbncr, Monamenla liiigiir iberirie, n" XX.X1\.
Los Fusos de Haynna ne se Irouvenl [>a»
■ur les caries. Voici oxactcmenl. d'après Hùbner, la situation <le ces ruioos : n Lieu désert
entouré de mura, 3v«c sU portes el des restes d'tklificcs, appela aussi YiUavïrja, ou la fiedorida, dans U province de Cuenca, prta de l/iiele, entre Monlaibo «I Sahelices, el llitii et Ho:aléii. ■ C'est donc tout près de Cal>e:a del Griego.
LES PIGUHINGS DE BRON7.E So5
Toutes ces figurines ont un caractère archaïque, ou, si Ton aime mieux, populaire. Au contraire, un sanglier qui appartient depuis longtemps au Musée de Madrid (il faisait partie de l'ancien fonds de la Bibliothèque Nationale) et qui servait très probablement de couronnement à une enseigne de guerre est une véritable œuvre d'art, exécutée avec beaucoup de soin. C'est vraiment la première figurine qui mérite le nom de belle parmi celles que j'ai jusqu'à présent passées en revue ^ L'animal est solidement campé en arrêt sur ses quatre pattes, l'arrière-train un peu baissé ; il dresse la tête, dresse les oreilles et ouvre la gueule toute large ; sa queue se retrousse et les soies se sont hérissées tout le long de son épine dorsale. Tout le corps est couvert de poils durs, librement indiqués par le burin. Les formes sont nettes, vigoureuses et justes, sauf le groin qui est très maladroitement figuré. Il est fâcheux que la douille destinée à recevoir la hampe de l'enseigne traverse la plinthe et vienne s'appliquer sous le ventre de la béte, qui sans cela serait beaucoup plus légère et d'aspect plus décoratif. Telle qu'elle est, Tcruvre a du mouvement, de la vie et de la vérité, trois qualités nouvelles dont jusqu'à présent les bronziers de ce pays semblaient peu susceptibles. Du reste, il ne peut y avoir d'hésitation ; l'objet est bien de fabrication espagnole. Ce détail de la gueule ouverte, sur laquelle je reviendrai, est une preuve presque certaine ; mais je ne dis pas que la date de l'enseigne ne soit pas beaucoup plus récente que celle des ex-voto (PI. V, n** G).
Parmi les autres animaux de bronze, j'ai noté trois béliers: l'un, qui est au Musée de Madrid, a été trouvé dans la région de Ségovie ; il est tout à fait barbare et difforme et n'a d'intéressant que la façon dont la laine est indiquée par le burin (Fig. »^47)^ L'autrô, de la collection Vives, est plus mauvais encore, s'il est possible ; son corps est bas et long, son cou démesuré, son museau trop pointu, et les poils de la laine ne sont pas indiqués sur la |)eau lisse. Entre ses pattes de devant,
1. N<» 10349. ^^J' ^tiseo /espagnol de dans les environs, sur le lerriloire «le Corral AntigûedadeSt l. Il, p. 91, Enscnas roma- del Jioyo, quatre urnes cinéraires et des idoles nas del Museo arqueohigico nacional (D. de bronze en forme de cerfs^ etc., le tout dé- Fernando Fulgoiio). Hauteur on\i6. couvert dans des ruines en 1791.
Cean-Bermùdoz (jSumario^ p, 89) signale a. N" 3071.
à Alcala de Gisbert (Gastellon), ou plutôt
LES FIGURINES DE BRONZE
sur le socle, M. MéLida a fait remarqner qu'il se trouve ua objet, probablement symbolique, semblable au lotus (Fig. 35o)'. Le troisième est
Fie. 3J7-35i. — AnimBui do bronze. (Provenance! divemi.)
assurément le meilleur, bien qu'il soit encore fort médiocre ; il se trouve
I. Collection Vives, Het'tsla de Archivas, tguo.p. iCa,pl. VIII, n" 5o. l{Buleuro»,o53. Pro-
LES riGUHlNES DE BRONZE
au Musée provincial de Burgos, où il est donné comme provenant de Sasamon. La laine est indiquée pardes ondulations qui cerclent le corps ; la tête est levée et l'animal semble bôler. Les pattes surtout sont mauvaises, courtes et massives, en forme de piliers.
La chèvre pouvait difficilement faire défaut à la collection ; c'est un animal qui devait se plaire autrefois comme aujourd'hui dans les sauvages sierras. Joachim Costa, dans ses Estadios ibéricos, parle de petits ex-voto en bronze représentant des chèvres, et en particulier d'une chèvre découverte en i885 au couchant de Câceres et qui appartenait au marquis de Castro Fuerte. Celle-là n'était peut-être pas une œuvre ibère, car elle portait une inscription latine. Cependant il larapprochede deux figurines trouvées en Alemtejo et que les figures 353 et 354 reproduisent d'après M. Cartailhac. On voit qu'elles sont d'un travail assez poussé, sans être de formes bien naturelles. Ce qui a surtout occupé l'artiste, c'est la représentation des longs poils au moyen de traits incis. On ne devine pas trop pourquoi les pattes de la preniière sont ainsi prolongées et réunies*. Je me demande d'ailleurs s'il faut avoir une absolue confiance dans les dessins de M. Cartailhac, car M. Leite de Vasconcellos a donné les mêmes images dans archeolofjo Porlugués (V, p. 299, 3oo, Fig. /i et 5), et les figurines y apparaissent beaucoup plus grossière». Il y en a ajouté une autre (p. 298, Fig. 3) dont les pattes sont aussi posées sur
Fig. '^53 el 35 V — Chèvres de bronze. (Alcnilcjo.)
I. J. Costa, Esiudios iùéricos, p. xxxii ; E. Cartailhac, j4ges préhistoriques ^ p. Soi, fig. 433, 434> L'auteur, dont le texte manque un peu de précision, dit que ces chèvres se trouvent « dans les Musées d'Evora et de Lisbonne », et qu'on en a trouvé deux d'à peu près semblables dans une sépulture de l'Alcm-
tejo. Les vaches de Cacercs sont des ex voto k la déesse Adxgina. Voy. Corp. Insc. Laf., 11, supl. n** 5398 et 5399; cf. O archeoL portuguést V, p. 399. Je ne serais pas étonné, d'ailleurs, que ces figurines ne fussent plutôt préhistoriques qu'ibériques.
LES FIGURINES DE fiRONZE
oooo
FiG. 355 et 356. — Petits bronzes d'origine
lusitanienne.
quatre liges réunies par en bas ; les cornes manquent, et l*on dirait un chevreau plutôt qu'une chèvre. Dans le mome article figurent encore deux bronze, Tun, provenant de Redondo, ressemble a un bélier plus
qu'à un bouc, si Ton considère la toison, mais la barbiche ne laisse aucun doute (Fig. 355) ; Taulre représente bien une chèvre : sur son corps très primitif sont gravés des zigzags, un losange et des ronds, d'un très maladroit et très rudimentaire système géométrique. 11 a été trouvé en i886 à Santa Cruz (concelho d'Almodovar) (Fig. 356). Enfin. M. Leite de Vasconcellos signale au Cabinet numismatique de la Bibliothèque Nationale de Lisbonne deux autres figurines, dont l'une est semblable au bouc de Redondo et dont l'autre, plus petite mais de môme style, a une tige fixée sur le dos: celte dernière provient de Beja.
Le faon apparaît une fois à Madrid. La statuette, trouvée à Puente- Genil, a ceci de très particulier que sa tête est en argent, tandis que le reste du corps est en bronze ; le corps est de forme très peu réelle ; les jambes, retournées en avant, sont trop courtes ; l'animal est ithyphallique (Fig. 349)*.
C'est aussi de Puente-Genil que provient la très curieuse panthère de bronze incrustée d'argent qui, de la collection de D. Rafaël Moyano Cruz, est passée dans celle de M. Vives. Les petites plaqués d'argent indiquent les taches du pelage de la bête fauve ; les parties de bronze étaient peutêtre dorées. J'avoue qu'il y a dans mon esprit quelques doutes sur la légitimité de cet objet si nouveau en Espagne ; mais je me souviens néanmoins que les Ibères ont connu l'art d'incruster métal sur métal;
I. N"38oi. Signalé par M. Mélida, Collection Vis'es^ dans Revista de Archivos^ 1900, p. lOa.
LES FIGURINES DE BtlON^E
les publications récentes de M. Ileuzey prouvent que rOrienl a aimé ce procédé aussi, bien que l'Egypte et la Grèce mycénienne, et il se peut fort bien qu'un imagier d'Espagne en ait voulu faire son profit
(Fig. 3A8)'.
La planche V, n° 5, représente probablement un chien, la queue retournée en trompette et faisant anneau. L'animal est couché, à moins qu'il ne soit au contraire lancé au galop ; Tobjet servait à qucl({ue usage tout en restant décoratif^ ; la figure 35 1 est l'image d'un petit animal difficile à identifier, peut-être une taupe, pelotonné sur lui-même *.
Enfin, les rudes artisans dont Tœuvre passe sous nos yeux n'ont pas négligé de représenter des animaux chimériques. En particulier il y a en grand nombre dans toutes les collections de petits bronzes (jui représentent deux têtes et avant-corps de taureaux ou de vaches accolés en sens inverse ; j'ai photographié à TAyuntamieiito de Palencia un mélange analogue formé de deux protomes sommaires de chevaux (Fig. 352)*.
Cette multitude de figurines a un trait commun, qu'ont aussi les sta^ tuettes d'hommes ou de femmes : elles sont d'un style lourd et d'un faire rond et mou. Ce qui domine, c'est une absence presque complète d'observation ; la nature est pour tous ces fabricants sans originalité comme si elle n'existait qu'à travers des apparences vagues. Us se contentent et contentent leur clientèle au moyen de vieilles formules routinières : ils ne cherchent ù perfectionner ni la forme de leurs modèles, ni la technique de leur métier. Bien rarement ai-je pu constater quelque velléité d'art et
I. J.-R. Mélida, Revis ta de Archivas, 1897, p. 374» pi. XI ; 1900, p. 161, pi. Mil, ïi^ ^9' Hauteur o™,o3i.
a. Musée de Madrid, n<* 8091 (collection Miro).