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lait autour de leurs îles et de leur continent dëcoupé. Leur joaillerie»
leur céramique se sont enrichies d'une foule de plantes et d'animaux
marins, et comme les produits de ces deux industries erraient facilement
jusqu'aux confins du monde, rien n'est plus naturel que de croire que
les Ibères en ont rejoui leurs yeux, pour les interpréter bientôt à leur
manière.
Pourtant, ce n'est pas à Tart mycénien que les auteurs des lames de
Càceres ont fait, il me semble, les emprunts les plus directs, mais à
l'art dont le style est surtout connu et caractérisé parles peintures des vases
attiques désignés sous le nom commode de vases du Dipylon*.
On connaît ces grandes jarres couvertes de dessins serrés tantôt purement géométriques, tantôt a la fois linéaires et reproduisant des figures d'animaux et d'hommes, vases précieux que les céramistes attiques façonnaient, du vni" au vr siècle, pour signaler et décorer les riches sépultures. 11 n'est pas un d'entre eux, il n'en est pas un fragment qui ne fournisse quelque élément de comparaison avec les bijoux espagnols.
D'abord, sur les vases du Dipylon, la composition est extrêmement touffue : le peintre a horreur du vide, si j'ose dire, et partout et sans cesse, dès qu'un espace se trouve libre entre les figures principales, il y insère des motifs de toute nature, étoiles, swastikas, lignes de points, chevrons, branches d'arbres, et aussi, tout justement comme sur les bandeaux espagnols, des poissons et des oiseaux. Serait-ce donc par hasard que l'on verrait ces animaux inattendus, dessinés ici et là sous les ventres des chevaux.'^* Le poulain, auprès de son père ou de sa mère, n*est pas rare non plus, et sur le bandeau de Caceres il apparaît là où il ne semble pas nécessaire, dans imc scène de bataille, ce qui indique bien une imitation et un emprunt \
1. Voy. sur ces vases T importante <^lude de M. E. Pollicr, dans son Catalogue des vases antiques du Louvre.
2. Oiseaux : O. Ravel et Max. Collignon, Histoire de la céramique grecque^ fig. i8; Perrot cl Cliipiez, La Grèce de l'Épopée, fîp. /|3, fig. 6.
On en peut voir des s|K*ciniens, également, sur des plaques de (ibules trouvées en Bcolie,
qui se rattachent élroîlemcnt à Fart décoratif de la Porte Dipylc, Grèce de l'Épopée, ûg.
138. (^f. les figures ii8, i3a, où les oiseaux sont au-dessus, et non au-dessous des chevaux.
Poissons : Schliemann, Tirynthe, fig. 20 ; Perrot et Chipiez, Grèce de VÉpopéCt fig. 48.