Atcheologo porliigiiès, \, p
. F. Carlailhac, op. laud.. p. 377. Gg.
Le type en arbalète esl plus rare que le lypc en forme de barque, celui que les Italiens appellent a navicetla ou a sanguisuga (en forme de sangsue). De beaux spécimens en existent au Musée de Madrid et dans la collection de jour en jour plus riche de D. Antonio Vives; j'en ai rapporté quelques-uns au Louvre, provenant du Cerro de l'Amarejo et de Meca. Notre Musée national en possédait déjà de remarquables exemplaires, dont l'origine est certainement espagnole, sans qu*on puisse la préciser davantage ; on voit les deux plus importantes Bgurées planches m, à droite, et VIII, n" i , et il est intéressant de les rapprocher de celle que reproduit ta figure SgS, d'après VArcheologo porlagués.
Fie. 395. — Fibulo do brome. (Mus^ de Brapancc.)
Elle a été trouvée h Castro de Picote (Miranda de Douro) et appartient au musée de Bragance'. Toutes ces fibules valent surtout par les formes variées de l'arc en nacelle, mais le mêlai est lisse et sans ornements, sauf dans le bel exemplaire du Louvre (Pi. Il) oîi le bfonzo est décoré de très simples, mais élégants motifs de style géométrl<|ue, les uns au trait, les autres en relief.
Au contraire M. Cartailliac a fait connaître quatre fibules découvertes en Espagne, on ne sait pas exactement en quel lieu, qui ont été aclielces par le musée de Sainl-Germain. Elles sortent d'une m^me fabrique, ol l'inlérét réside dans rorncmcnlation de l'ure qui est à facettes ou à cannelures, quelquefois avec des lignes de points très lins bordant les ari>te3, et surtout dans la forme et le décor de la ItHc redressée. Les IhiuIcs que j'ai signalées tout à l'Iieurc sont remplacées par des excroissances à quatre
1. O arthfolojto portiigni-s, V. p. 336 ; de Santa Lucia, fbid,, Vltl, p. i5, lig. 3,
cf. deui Rbulcs jiruvcnant de Cidada velha 'i (J. L. V.).
|>aiis plaU ou concavcâ, terminées par une section plane. La (ace supérieure et les cûlés de cette sorte de dé sont ornés de petites lignes de points, de petits cercles concentriques juxtaposés, qui forment de très simples, inais élégants décors géométriques (Fig. 396-399)'.
;. 3ij6-3g9. — fibule» ibOriquos. (Musi^ do S«inl-Gcrn
Mais ces lypes uyaiit été IrÈs en honneur chez les Romains et étant eu * HMse/ simiitcs, il est parfois difRcile de spécifier ceux de ces objets trouvés en Espagne qui »onl plus spécialement ibériques. Au contraire il en est d'autres qui n'existent pas ailleurs. Je citerai d'abord les fibules qui sont les plus fréquentes dans la région du Cerro de les Suntos. Elles combinent le simple anneau à ardillon, dont on vient de voir un modèle (Fig. 394) avec la navicellc. J'en aï dessillé une (Fig. ioo) qui a été trouvée au Cerro môme'; de plus belles comme forme et perfection du travail ont été l à Meca ; cUes sont aujourd'hui au Louvre, et ce
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musée possède aussi, à la suite d'un achat, les très beaux exemplaires représentés planches II, à droite, et VIII, n® 2, dont la provenance n'est pas exactement connue. Peu importe, d'ailleurs, car le propre de ces bijoux est d'avoir beaucoup voyagé ; on en trouve aussi bien en Portugal que dans la région de Murcie. Tout dernièrement encore, M. l'ingénieur Sandars en a signalé une toute petite à M. Salomon Reinach; elle a été trouvée dans une caverne d'Andalousie, près du fameux défdé de Despefia Perros, dans la Sierra Morena*. La seconde fibule du Louvre est la plus intéressante de toutes, car elle tient à la fois de la fibule à anneau, de la fibule à arc et de la fibule à navicelle, et celui qui l'a dessinée a eu l'heureuse idée d'arrondir la navicelle en forme de demiboule, de façon qu'elle épouse logiquement la forme de l'anneau : mais la première porte une décoration beaucoup plus l)elle ; fanneau est guilloché de cercles et de quadrillages, et à la navicelle sont accrochés des anneaux. C'est une des fibules les plus riches qui aient été trouvées en Espagne.
Quelques-uns de ces modèles sont fort beaux : mais pour l'originalité il faut placer au premier rang la grande fibule que je puis appeler nu Jincte, que j'ai déjà signalée au chapitre des |)clits bronzes. Il faut la faire connaître en détail (Fig. 4oi).
Le premier qui l'a publiée est M. Arthur Engcl, qui l'a dessinée chez M. le comte de Valencia de San Juan, conservateur de la lleal Armeria, son premier possesseur. Celui-ci l'avait achetée en Espagne, mais la provenance exacte lui en était inconnue *. Elle est passée depuis dans la collection de M. Vives, et M. Mélida a eu par suile l'occasion de l'étudier avec soin, en même temps que tous les bronzes de ce riche cabinet. Voici la description qu'il en donne ^ :
(( Fibule, figurant un guerrier à cheval. Le cavalier est coiffé d'un
I. Revue archéologique^ iqo3, p. 'ii'i. R. Mclida, El jinete ihérico, dans Bolelin
3. Ihid.t i8<j0, l. \\I\, p. i'|. de la Sociedad espahola de ejrcursionest
3. Colleclion \ ivcs, dans Revista de Ar- Ag. — Ocl. lyoo. chivos, lyoo, p. i()3, pi. IX, n" 53. Cf. J.-
casque du type phrygien, à deux couvre-oreilles ; il manque le cimier dont on remarque la cassure. Il porte une cuirasse, peut-être la cuirasse grecque de toile assujetle par des courroies qui se croisent sur la poitrine et les épaules, depuis la taille jusqu'aux côtés du ceinturon, étant fixées au point où elles se croisent par un clou. Il manque & la figurine le bras gauche, l'avant-hras et le bras droit et la jambe gauche. Ce Jinele est une pièce à part, attachée au cheval par un clou passé k travers la rotule droite. Le cheval, interprétation fantastique de l'animal et réduit en partie, surtout à l'endroit du cou, à une plaque découpée, ajourée et
Grande Gtnile en bronis. (Collcc
gravée, porte des anneaux en guise de pendants d'oreilles; il apparaît orné de petits cercles concentriques gravés, et la crinière et la queue sont festonnées de petits trous, à chacun desquels pendait un petit anneau, comme le fait deviner l'unique qui reste en place à la crinière. C'est aussi par un trait gravé qu'est Indiqué le caparaçon ou l'appareil quelconque qui sert de selle au cavalier. Le cheval appuie le museau sur une tête dont les oreilles avaient des pendants, à en juger par les trous. L'ardillon de la fibule manque. Hauteur o°',075, longueur o^.ogS. »
Tout est étrange dans cet objet, le sujet comme l'exécution artistique. M. Mélida y reconnaît une image du Jinele dont j'ai parlé à propos du joli bronze de Palciicia, et sans doute il a raison ; c'est dans tous les cas le Jinctc transformé par la fantaisie d'un fabricant plein d'Imagination et.
si j'ose le dire, stylisé. Je ne m'inquiète pas beaucoup de ce luxe d'anneaux passés à la crinière et à la queue, de ces pendants d'oreilles, non plus que des formes si mal proportionnées du corps du cheval et du corps de l'homme. Tout cela nous est déjà connu par Télude faite au précédent chapitre des petites figurines populaires de bronze, et par Texamcn à l'instant terminé des bandeaux de Caceres ; c'est le propre de Tart ibérique, dans ses productions les plus humbles, d'en prendre très à son aise avec la nature et la vérité. Je suis plus empêché de comprendre pourquoi le cheval pose ainsi sa tête sur une tête humaine * ; il y a lu probablement une allusion à quelque croyance, à quelque légende reHgieuse, dont c'est ici le seul témoignage, à moins que l'on ne retrouve quelque chose d'analogue sur certaines monnaies, où l'on voit un cheval, le cou baissé, flairer des naseaux une tête de bœuf posée devant lui ^^^
Cette croyance semble d'ailleurs s'être localisée dans une région précise, dont le centre est Palencia. Il existe, en eflet, au Musée de Madrid six fibules au Jinete qui, toutes, se rattachent étroitement à celle de M. Vives (PI. V, n° I, Fig. ^o2, 4o3, 4o5, 4o6, 407)*. M. Vives en possède deux de même origine (Fig. /ioA, 4o8)^ Une seule (Fig. ^07) montre un cheval portant son cavalier: encore ce dernier doit-il plutôt se deviner, tant est bizarrement accommodé le personnage — encore plus que le cheval — à je ne sais quelle intention de stylisation décorative. Tous les autres chevaux sont sans écuycr, et peut-être n'en ont-ils jamais eu. La plupart ont le corps semé de ronds concentriques, comme celui de la grande fibule (PI. V, n** i, Fig. 4o4, /|o5, 4o6) ; le plus grand (PI. V, n® i) a la crinière et la queue percées de trous destinés à suspendre de petits anneaux ; tous ont le col arrondi, ainsi que la queue.
I. Ce détail, auquel M. Mélida n'altaclic pas grande importance, me semble do nature à fortement ébranler son opinion que le Jinete des monuments ibériques, petits bronxes, fibules, stèles, monnaies, est le Castor des Grecs et des Romains.
a. Delgado, Nuevo metodo, II, pi.