SABRE IBÉRIQUE EN FER {ALMEDINILLA
LEfî BIJOUX, LES ARMES 2*7 5
gnards que représentent les figures 4i5, 4i6, 42i*; il faut remarquer que les lames sont en fer, car, pour les ustensiles et les armes, l'Espagne a suivi la loi commune, et dès la fin de Tûge préhistorique le fer s'y est substitué au bronze. De plus, si quelquefois toute la poignée et la garde sont du même métal que la lame, il arrive que celle-ci est formée par une tige de fer autour de laquelle est fixé du bois. Par Teflet du temps, cette garniture a le plus souvent disparu.
Fie. .^|i8-/|i9. — Armes ibériques au Mu-^éo do Madrid.
Les figures 4i8, 419 sont aussi Timagc do poignards, ou de très courtes épées, dont seulement la lame est plus allongée et plus fine, dont les antennes rudimcntaircs sont remplacées par des boutons d'arrêt*. 11 est plus rare de voir la double corne remplacée par un unique pommeau en boule; c'est le cas d'une sorte de stylet, dont la poignée de bois, et peutôtre aussi la garde, a disparu; la lame en est très fine et pointue, sans
I. Fig. 4i5, Garlailhac, Ages préhistoritfuest fig. 357 (Espagne centrale); fig. /|i6. Musée de Madrid, n» io'i58 ; longueur, o'",3o; il en existe un autre exemplaire également avec manche de bois aujourd'hui perdu (Musée de Madrid, n» io4(3!i). Fig. /|ai, Musée do Madrid, n'* i()'|83 ; longueur, 0"*,io. Le n® 4iJ a été publié par Vilanova
y Piera et J. de Dios de la Rada, dans GeO' logia y protohistoria ibéricas (^Historia gênerai de Espana)y p. fio'i.
3. Fig. 419 = Musée de Madrid, n<> io46o, longueur, o'",25 - = Garlailhac, fig.
358. lia fig. /418, dont j'ignore le numéro à Madrid, est calquée sur Cartailhac, fig. 36o (- - Vilanova et la Rada, op. laud., ibid).
aucun élargissement vers le milieu de la longueur, comme cela se présente plus d'une fois (Fig. 422)*.
FiG. 430-4a3.
Armes ib<I'riqucs au Musée de Madrid.
Fig. 4a3.
Glaive trouvé en Galicie.
Mais, dans cette série, je ne connais qu'un exemplaire qui mérite de m'occuper ici, car c'est le seul qui ait quelque recherche artistique. M. Villa-Amil y Castro en a donné le dessin que je reproduis dans un article du Maseo Espafïol de Anliguedades sur des Armas, ustensilios y adornos de hronce recogidos en Galicia (Fig. ^23)*. La poignée est en bronze, tandis que la lame est en fer. Celte dernière qui est légèrement bombée, est couverte dans le sens de la longueur de fines lignes parallèles, et contre la garde s'ouvrent deux yeux découpés en plein dans la s'oie ; ce simple vide, à droite et à gauche, dans la partie la plus large du
1. Musée de Madrid, n® io.'|65, longueur, o'",3r) ; cf. le n" io'|57, dont seulement la lame est plus large ù la garde; longueur, o'", 25 (Fig. 417).
La fig. 430 correspond au n" lo'jôG (longueur, o'",3()). La poignée a entièrement disparu, et la lame sY'largit brusquement, avant de devenir pointue, un peu comme un
fer de lance.
2. T. IV, p. 59. et pi. n® 8. L*arme a été trouvée en novembre 1869 en Galicie, près de la PeAa Grande, sur la roule provinciale de Vivero à Meira (district municipal de Mondofiedo). Publie aussi par Vilanova et la Rada, op. laud., p. 697, fig. lOi.
métal, est d'un effet gracieux et léger. Quant à la poignée, elle est à peine renflée d'un boulet allongé à Tendroit où se place la main, et se divise en deux cornes terminées en guise de boules par deux coins tronqués. Une petite tige qui dépasse au centre de la courbure des cornes est comme le rappel de la lige de Tépée prolongée en arrière pour s'emmancher dans la poignée façonnée à part. Ce qu'il faut louer dans cet arrangement un peu lourd, c'est moins le résultat que l'effort tenté pour concilier l'utile et l'agréable * .
J'ai hâte d'arriver à de véritables armes de luxe, plus originales, et dont on ne trouve des spécimens qu'en Espagne, je veux parler des sabres dont les découvertes d'Almedinilla, dans la province de Cordoue, ont rendu au jour les plus précieux modèles. Ce sont des armes de fer. En dehors de celles d'Almedinilla, qui sont dispersées au Musée de Madrid, dans une collection privée d'Alcala-la-Real, au Musée d'artillerie de Paris*, au Musée de Cordoue, dont il existait il y a quelques années un exemplaire au Musée Estruch, de Barcelone ^ je ne connais que les sabres
I. Je ne me dissimule pas que Ton peut contester à certaines de ces armes i'épithèto d'ibériques, au sens 011 je l'emploie toujours ; on effet, par leur forme, elles se rapprochent beaucoup d*armes qui se rencontrent un peu partout, dans le monde celtique et gaulois, par exemple (Voy. Bertrand, Archéologie celtique et gauloise, p. asi), cl jusqu'à l'âge préhistorique. Mais, de même que pour les bracelets et les colliers que j'ai clucliés plus haut, je crois reconnaître un style assez particulier pour croire à une fabrication espagnole ; j'admets cependant l'influence ou la persistance même d'une tradition venue de loin.
a. Grâce à l'extrême obligeance de M. le colonel commandant le Musée d'artillerie, j'ai pu avoir des renseignements sur ce sabre, égaré au milieu d'une collection où l'on ne s'attendait guère à le trouver. II a été acheté à un marchand d'armes, M. Boban, comme
sabre sarrazin, en môme temps ({u'une lance sans doute de même provenance. II a été inscrit à l'invenlairo sous le n® J. ia3^, et figure au M volume du Catalogue du Musée ; la notice dit qu'il a été trouvé à Almcdinilla, près de Cordoue. La lame, est-il remarqué, est absolument celle des koukris du Népaul. « De la poignée il ne reste que la soie se retournant en crosse, de façon que la poignée est presque fermée... La fusée de deux pièces était maintenue sur la soie par quatre rivets qui subsistent, par une chape au talon, et une platine rivée au bout de la soie. L'arme a pu être rapportée de rOricnt par des voyageurs, puis perdue en Espagne. »
Longueur, o"',5a.
3. Ce Musée, qui appartenait à un particulier, n'existe plus, je crois, à Barcelone. J'y avais pris un croquis du sabre en question en 1897. Il portait le n^ i336, et on indiquait comme provenance la province do Tcruel.
que possède D. Pascual Serrano, à Bonete, etqu*il a trouvés à TAmarejo, celui de M. Vives et ceux que m*a signalés M. Arthur Engel dans la collection de M. le marquis de Comillas*.
On a des renseignements assez précis sur les fouilles qui ont été faites à Almedinilla, en 1867, par D. Luis Maraver y Alfaro, alors directeur du musée de Cordoue, à qui les musées de Madrid et de Cordoue doivent les objets qu'ils possèdent de cette origine. Peut-(^lre d'ailleurs faut-il comprendre sous ce mot de (( trouvailles d'Almedinilla » des objets recueillis ailleurs, car l'inventaire du musée de Madrid parle (( (Vépées (V Almedinilla et de Fuenlc Tojar » sans qu'on puisse établir si l'indication s'applique à toutes les armes du groupe exposé dans la même vitrine. Les plus importants de ces sabres ont été dessinés par M. Cartailhac dans ses Ages préhistoriques de V Espagne et du Portugal^, et D. Fernando Fulgioso, dans le Museo Espanol de Antiguedades^ en a figuré quelques spécimens, parmi les moins bien conserves, par malheur.
La forme de ces sabres n'est pas une forme spéciale aux armuriers ibériques. On la connaît depuis longtemps, et la liste serait interminable des armes antiques qui ont une lame semblable, et des monuments où il en est figuré. M. Cartailhac* en a énumcré quelques-uns, et il résulte de cette recherche sommaire, à laquelle je renvoie le lecteur, que cette espèce de yatagan était en usage chez les Orientaux, puis chez les Grecs, à l'époque classique, chez les Etrusques, chez les Romains ; c'est sans doute les Grecs qui lui ont donné le type définitif, car on le rencontre très fréquemment sur les vases peints de l'époque classique ; on peut lui donner le nom grec soit de //ayaipa, soit de stoTri; ; on sait que Quinte- Curce a défifai ainsi la stoTui; : Copidas vocant gladios leviter curvatos fal-
1. Les glaives de M. Serrano, de M. Vives, et du marquis de Comillas sont in<^dits.
M. Cartailhac a vu en Portugal, au Musoc d'Kvora, la moitié d*un sabre identique à ceux d'Almedinilla, et provenant de \i nécropolo d'Àlcacer do «Sa/, « sur la colline qui forme la rive droite du Sado, et sur la pente qui regarde le fleuve » (^op. laud.<, p. a5i). Dans cette nécropole, dit plus loin cet auteur, « il }r avait des épéos courbes avec poignées
fort originales et fort artistiques, couvertes d'incrustations d'or et d'argent, comme certains de nos bijoux mérovingiens » (p. j5a) Mais CCS richesses ont malheureusement dis-, paru. Les retrouvera -t- on ?