Op. laud t p. a5o et s
I BIJOUX, LES ARHea
ciùas similes \ Les lames de nos glaives ibériques sont de conloiire absolument identiques à celles des plus probables exemples de copides.
Quant à la poignée, les documents grecs et italiens la font connaître avec d'assez nombreuses variantes, depuis la simple lige terminée par un pommeau rond, ou par une crosse, avec un dépassant servant de garde à l'origine de la lame, jusqu'à l'élégante tête d'oiseau. Souvent il y a une véritable sousgarde, pour que la main s'emboîte comme dans un anneau et ne puisse pas facilement lâclier prise ^. Les glaives espagnols du type d'Almedinilla sont plus originaux. Sauf des exceptions sur lesquelles je reviendrai, la poignée consiste en une plaque de fer découpée dont la silhouette donne le profil d'une tète et d'un cou de clicval. Sur cette plaque, qui ne faisait d'ailleurs qu'un morceau avec ia lame, et dont les figures ^a^ et /i25 montrent très clairement la disposition, on fixait avec des rivets des pièces de rapport, de bois ou de métal sculpté, qui donnaient à la silhouette le relief et Fio. iai iij. — Sabres d'Almediailta. le détail de la iâte modelée en ronde
bosse. 11 pouvait arriver, comme cela se voit aux figures '126 et /137 que le motif fût constitué par une lame de métal découpée ù jour, à travers les trous de laquelle apparaissait une matière différente, par exemple du cuir, une étofie précieuse de riche couleur, ou de l'ivoire, de l'os, une pierre rare, etc. Quelquefois la main était retenue simplement par la laie du cheval et ses mâchoires ; mais il pouvait arriver aussi que cette tilte
I. Quint.-Curl., Vllf, ij. Vo^. sur la Copii l'irticlo ilu Dictionnaire des antiquité*, de Darcmbcrg rA S«(;lin, où l'aulciir De réu*>il pu atHoluinciit ï dittinguor cetlo
arme Jo la Machara.
3. Voyez Ige figures de l'article Copit, dao* le Dictionnaire des antiquités, cl \e»6pmt 36i) k 378 du livre do H. CtrUïlbtc.
fût reliée à la garde par une lige : la poignée était ainsi fermée (Fig. A27). Ce détail nous rappelle que nous avons déjà vu une disposition semblable dans les curieuses fibules du type au Jinele, fabriquées ou du moins trouvées à Palencia, et c'est Toccasion de se demander si la tête de cheval n'a pas élé choisie justement en honneur de ce Jinele, ce héros cavalier qui devait être une divinité guerrière. Peut-être même est-on en droil de supposer que ce sabre était plus particulièrement un sabre de cavalerie.
On le portait sans doute à la taille» comme le monlre le fragment de statue d'Elche dont j'ai donné l'image dans un autre chapitre (T. I , fig. 307). Cette sculpture, comme un autre fragment trouvé au Cerro de los Santos (T. I, fig. 252) prouve d'ailleurs (jue tous ces copides n'étaient pas aussi richement façonnées, et que la poignée pouvait en être très simple, et parlant plus solide et plus pratique. Le fer aiguisé était protégé par un fourreau, sans doute en bois. Le sabre que représente la figure /|îi5, a encore trois anneau\ aplatis jouant autour de la lame*. Deux d'entre eux ont à l'arrière un anneau de suspension, ce qui prouve que Tarme ne se portait pas toujours passée dans la ceinture, à la mode des Turcs, et à la mode des personnages du Cerro que je viens de rappeler.
Mais ce qui nous intéresse le plus, c'est la décoration que portent plusieurs des glaives d'Almedinilla, aussi bien sur la lame qu'à la poignée.
Sur la lame, il peut y avoir simplement une série de lignes très menues et très finement tracées qui figurent comme un second glaive dessiné sur le premier; telles sont les lames de Madrid numéros 10/197 (Fig. 42^) et io/iG8 (Fig. iîi2^))^ Mais exceptionnellement, le décor devient plus riche. C'est le cas du n"* 10/181 (PI. \)\ peut-être le plus intéressant, quoique n'étant pas le plus beau de la série.
Ce sabre nous estparvenu bien mutilé, et c'est pourcela sansdoute qu'il n'a pas attiré ratlention. En effet, la moitié au moins de la poignée a élé brisée, et la lame, très oxydée, est ployée en deux. M . Cartailhac a remarqué le même fait pour des épées trouvées en Portugal, dans la nécropole
I. liC II'* io'i7i a aussi conscrvo deux 2. Ajouter les n®» io'iC8, io'i70, 10471,
douilles, dont une est munie d'un anneau de? lo'i^a, io'i73, io'i74, 10476, 10478.
suspension. 3. Inédit.
- SabKf .l'AlnicJiiiill*. (\Uiiic .la Madrid.)
d'Alcacer : « A Avezac*, dit-il, les armes étaient presque toutes déformées de la même manière, et Ton a supposé qu'elles n'avaient pu être mises en cet état qu'après avoir été passées par le feu, et alors qu'elles étaient encore rouges. Le fait est qu'elles sont généralement associées à des torques et autres objets en bronze à demi fondu ; d'autres fois, elles ont été soumises aune destruction intentionnelle, et brisées en plusieurs morceaux* ». Le sabre en question n'est pas un exemple unique pour la station d'Almedinilla ; j'ai déjà parlé d'un poignard (Fig. 4i8) et j'ai noté encore les sabres n*"" iS/iSg et i8 44o de Madrid qui sont plies unefois, et le n*^ 10080 replié trois fois, en forme d'S\
Quoi qu'il en soit, et malgré l'oxydation de la lame, on voit que la soie est décorée d'un très fin lacis de traits gravés par une menue pointe, et ce lacis n'est pas banal : il reproduit exactement le dessin de l'une des célèbres lames de poignards d'or de Mycènes, sauf les petites rosettes qui agrémentent le nœud des spirales entrelacées ^
Ce décor mycénien se poursuit sur la poignée, ou pour parler plus justement, ce sont encore des dessins empruntés à l'art de Mycènes qui ornent l'encolure du cheval, du moins ce qu'il en reste. Une guirlande de spirales courant l'une après l'autre borde la garde et le côté intérieur de la poignée; contre la lame, en travers, il reste trois zones, l'une décorée d'une ligne de zigzags, la seconde, plus large, enfermant une sorte de grecque aux bords arrondis, et la troisième un rinceau horizontal d'enroulements.
Le glaive n° 10^75 (Fig. 427 et PI. XI, à droite)^ ne porte sur la lame d'autre ornement que des lignes très fines, analogues à celle des figures ^2^ et 420. Mais la garde et la poignée sont aussi décorées dans
I. Âvezac (Hautos-Pjrr^Dces) 011 Ton a fouille un aiilique cimclièro. Voy. Bulletin de la Société des antiquaires de France ^ 1880, p. I30 (cité par M. Carlailhac, op.
laud., p. 25o).
a. Carlailhac, Ibid.^ p. 35y.
3. M. J. Lcile de Vasconccllos a donne le dessin d'un poignard donl la lame a été ainsi rcployée, et qui provient d'une nécropole prc-romainc de TAlomlejo. Il est conservé
au musée dWIcacer do Sal (0 archeologo portugués^ I, p. 78, fig. i). C'est celui, sans doute, dont parle M. Cartailhac.
4. Perrot et Chipiez, Histoire de l'art dans l'antiquité, VI, pi. WIÏ, n» a. La lame d'Almedinilla n'est pas décorée sur toute sa largeur ; deux grosses nervures en relief l'orncnt du côté opposé au tranchant.