‹ Essai sur l'art et l'industrie de l'Espagne primitiveChapitre 18 sur 61 · O Archeologo Português, II, p. a · texte numérisé non relu

O Archeologo Português, II, p. a

C'est peut-être la même que la précédente.

6. Ibid. t p. 39 et s., fig. 2 ; cf. O. Occidente, 188O, p. 2^6.

qui les supportent sont taillés dans le même bloc et font corps avec les statues. Le socle de la statue de Vianna était orné d'un buste en relief, vu de face, mais malheureusement si fruste qu'on ne sait s'il y faut reconnaître une tête virile ou féminine.

Fie. S8. — Guerrier lusitanien. (Palais Rojal d'Ajuda.)

Le costume consiste en une jaquette collante, à longues manches étroites; qui descend jusqu'à mi-cuisses: elle s'échancre en haut, sur la poitrine, laissant voir un collier, est serrée à la taille par un ceinturon et se décore de quelques ornements graves, par exemple sur la statue de Vianna ; des dessins de même genre, assez finement tracés, se retrouvent sur la ceinture.

Les deux jambes sont serrées l'une contre l'autre et sur le même plan ; les bras, qui sont d'ordinaire entourés de larges bracelets à la hauteur des biceps \ sont collés au corps et se retournent simplement en avant pour que les mains puissent saisir par les bords le bouclier rond,

de très petit diamètre, que le guerrier tient appliqué devant lui contre sa taille ; la surface de ce bouclier est très sommairement décorée, par exemple de coquillages fixés aux extrémités de deux bandes disposées en croix et à leur point d'intersection 2 . A droite, contre la cuisse, sort de dessous la ceinture la lame d'un poignard large, court et droit.

Trois seulement des guerriers, à ma connaissance, ont une tête. Mais l'une d'elles, celle de la statue de Vianna, est moderne, comme me l'a affirmé péremptoirement M. Leite de Vasconcellos. Du reste, D.F. MartinsSarmento, dans une lettre adressée le 8 avril 1886 au journal Occidente, de Lisbonne, avait déjà été fort catégorique sur ce point. Le morceau aurait été ajouté par quelque ingénieux Portugais désireux Fie. 49. — Le même guerrier, de se créer un ancêtre très vieux, à bon compte;

c'est lui aussi qui aurait fait sculpter sur la rondache les coquilles de Saint- Jacques qui figuraient dans son blason 3 .

1 . Une des statues d'Ajuda a trois bracelets ; celle de Fafe en a deux, très distincts, à chaque bras (voy. O Occidente, 1886, p. a46, et fig. p. a48 ; O Ârcheologo Português, II, p. 29, fig. 1, et mes figures).

a. Statue de Vianna. Sur la poitrine de ce guerrier est gravée une croix ; il est plus que probable que c'est là une adjonction assez moderne .

3. Voici le passage, très curieux, de cette lettre : « A de Vianna nâo o parece (descabe- « çada), vis ta na gravura, porque là tem em « cima do pescoço o quer que seja que parece

« uma cabeca coberta por um elmo ; mas a « cabeca é postiça e que m lh'a mandou pÔr « quiz fazer da estatua um dos seus antepas- « sados, mandando-lhe abrir na rodella, ou « escudo, as armas de casa, em que figuram « umas couchas (vieiras) ! Hùbner commentou « gravemente estas vieiras, e Gamillo Gastello « Branco, que encontrou n'uns alfarrabios a « historia d'esta extra vagancia, commentou « humoristica mente os commentarios do sabio « allemào. » (O Occidente, I er nov. 1886, p. 2 4 6). Je ne sais au juste quelle foi il faut ajouter au soi-disant bouquin de Gamillo Cas-

La sculpture 6g

Quant aux statues d'Ajuda, on ne peut songer ù contester l'authenticité

Fie. 5o. — Guerrier lusitanien. (Palais Royal d'Ajuda.)

kilo Branco; ruais il est certain que la tète au Moyen Age, empruntée à l'antiquité ihé

de la statue n'est pas antique; quant ftui co- rique En Galicie même elle » servi d'orne-

quille», il n'j a pas, selon moi, de raisons ab- ment 4 l'époque antique (voy. Villa-Amît, ifu-

tolues pour las dire modernes. Il est très pos- xeo es/iaHol de onligiiedades, IV, p. 67).

Bible que la coquille de Saint- Jacques ail été Mais n'ayant pas >u l'original, je n'insiste pas.

de leur chef, bien que la collerette au-dessus de laquelle il émerge, le type du visage qui révèle des hommes d'un certain âge, la barbe carrée, les moustaches fortes, donnent aux guerriers un faux air de seigneurs du Moyen Age ' .

Pour le style même de ces statues, ne les ayant pas vues de mes yeux, îe m'en rapporte à M. E. Hiibner qui qualifie également les différentes œuvres de grossières et lourdes, qui fait remarquer la mauvaise construction du corps, très plat par derrière et à peine modelé par devant 1 . Au sujet du guerrier de Vianna, il note que les yeux, « entourés de bordures triangulaires, ressemblent à la visière d'un casque ' » ; ce détail n'a qu'un intérêt médiocre, puisque la tète est moderne. Cela est tout : il est vrai que les sculptures sont d'un type et d'une facture si manifestement barbares, d'une laideur et d'une maladresse si brutales, qu'il est inutile d'user les épilhèles pour f-> en faire la critique.

Fro. 5i. — Guerrier de Vianna. Plutôt que de s'attarder à ce travail sté-

rile, il vaut mieux attirer l'attention sur ce fait que, comme certains des becerros dont il a été question, deux de ces sculptures portent une inscription, et une inscription romaine, celle de

i . Sur le dessin qu'a donné M . Hiibner de la statua de Vianna on voil au-dessus du coude une large rallie plaie. Knul-il y reconnaître une sorte de brassard, ou une manche courte?

Dans ce dernier es», il faudrait admettre que les guerriers étaient vêtus d'une chemise ou d'un maillot a manches longues sous une jaquette à manches courtes. Ce qui rend cette supposition vraisemblable, c'estque le torques se trouve passé sous une sorte de collerette retournée qui a fait songer M. Hiïbnor k une fraise (Halskrause), et qui ne serait alors que le col retroussé de la chemise. Doux têtes du

Cerro de los Sanlos semblent aussi émerger d'une collerette. La barbe des personnages a quelque chose do suspect; mais, si l'on songe que des statues gauloises, de même époque probablement, cl parfaitement authentiques, représentent des personnages barbus, on sera moins effrayé. Voy. la statue de dieu accroupi au Musée de Saint Germain (Statue de bronœ d'Autun, tiazelle des Beaux-Arts, iSgi, I, p. 3 9 ).

a. Areh. Zeitiirig, loc. laud,. p. 187.

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