Imp. Just., Novel. CLIII, cap
2 Cod. Just., De Episcopis et cUricis, et orptumirophis et brephoirophisj loi 52.
jour. L'Église se montra sévère pour ces faux pauvres que rien n'empêchait de travailler ; et saint Ambroise dit positivement : « Le prêtre surtout (chargé des aumônes de rÉglise) doit être prudent, clairvoyant, sobre d'aumônes, pour que le patrimoine du pauvre ne passe pas aux escrocs ^ »
De leur côté, les empereurs Valentinien et Théodose interdirent aux hommes valides la mendicité ; ceux qui en faisaient métier devenaient, s'ils étaient esclaves, la propriété du dénonciateur; et s'ils étaient de condition libre, ils lui étaient livrés à titre de colons pour cultiver ses terres 2. « La rigueur du prince n'était poi/it contraire à l'esprit de la religion nouvellement associée à TEmpire, car elle n'atteignait que les vagabonds et les fainéants qui tentaient de dérober aux vrais pauvres une part illégitime des ressources de la charité, tantôt en excitant la pitié par un étalage de haillons théâtralement disposés, tantôt en se donnant pour des personnes respectables victim^ d'accidents funestes; toutes les ruses du métier étaient en effet déjà connues 3. » Justinien se contenta d'astreindre au travail les mendiants valides de Constantinople^.
Mais il y a une autre classe de malheureux dont la misère est plus facile à constater, et dont l'Église et le Pouvoir se préoccupèrent également : ce sont les malades. Les diacres les avaient secourus à domicile dans les premiers siècles; mais bientôt, avec le développement des
'I. Saint Amb., De Offic. minist.f liv. II, ch. ^6.