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d'une forme d'économie nettement spécialisée dans une région donnée sur les autres formes d'économie préexistantes.
En l’occurrence, il s’agissait du triomphe de la vigne sur les différents systèmes auxquels les possibilités agricoles de la région avaient donné lieu dans le cadre de l’ancienne polyculture.
Chemin faisant, jai été amené à étudier les répercussions des divers modes de culture sur la population.
L’expérience est d'autant plus intéressante à suivre qu’elle se produit sur une donnée simple.
Dans la vallée de la basse Cèze nous assistons pendant un siècle et demi à une succession de procédés de culture : polyculture à base de blé et de vin, polyculture complétée par des ressources annexes (vers à soie, travail à l’extérieur), monoculture coupée par des séries de crises, suivies de tentatives pour y porter remède.
Le tout se passe dans un cadre uniquement agricole.
La vallée de la basse Cèze n'offre aucune autre ressource. Cette région est jusqu’à présent totalement privée de ressources industrielles. Toutes les solutions apportées aux problèmes posés
ar les crises sont restées des solutions agricoles. Contrairement
£ bien des régions françaises, où les ressources tirées de l’industrie sont venues au secours de populations trop nombreuses, la vallée de la Cèze n’a connu d’autres revenus que ceux de son agriculture.
Ce sont ces solutions agricoles, leur résultat, leur influence sur le facteur humain, que nous avons essayé de retracer.
La vallée de la Cèze est située aux limites géographiques de plusieurs régions. Elle en reçoit les influences diverses.
A sa partie ouest elle est intégrée dans la zone des garrigues calcaires. L’amont de la vallée plus resserré n’en diffère guère.
Elle s’incorpore également au système rhodanien. La présence du grand fleuve y est constamment sentie, ne serait-ce que par la puissance des vents qui balayent la région.
La proximité des Cévennes amène enfin des crues catastrophiques et donne aux rivières leur cours mouvementé.
C’est une région écartée que la vallée de la Cèze. Sibuée au nord-ouest du Gard, éloïgnée de Nimes dont elle dépend administrativement, la vaillée a comme véritable capitale Avignon.
C'est vers Avignon que les hommes de ce pays se sentent attirés, ils vont là pour leurs affaires, les enfants y suivent leurs cours secondaires, les familles aisées y résident.
Moins dynamique et moins peuplée que les bassins houillers du nord du Gard (foncièrement différents d’elle), possèdant moins de richesses et de passé que la région de Nimes, cette partie du département s’en détache et tend à s’associer au système rhodanien.
Si elle reste toujours intégrée dans le Midi méditerranéen, bien des traces de rupture se remarquent déjà : les paysages, les ressources, les hommes ne sont plus les mêmes. Les influences venues du nord s’y sentent.
Là est l'originalité de cette région.
Qu'il me soit permis, en terminant mon introduction, de remercier ici tous ceux qui m'ont aidé à mener à bonne fin cette étude. Tout d’abord le Professeur Morini-Comby, dont l’aide constante et les conseils m’ont suivi dans l’élaboration de ma thèse, tandis que j’utilisais la documentation de son centre d’études. Tous ceux aussi dont j’ai pu apprécier la science et qui, par leur bonne volonté, ont facilité mes recherches parfois ingrates : MM. Gouron, Docteur ès Lettres, qui mit aimablement la connaissance de ses archives du Gard à ma disposition ; l'Abbé Béraud qui a guidé mes premiers pas dans l'étude de la vallée de la Cèze; Rieu, maire de Saint-Gervais; enfin, avec mon camarade Clément Pierre qui m’a aïdé à l’origine de mes recherches, tous ceux qui, par tant de petits renseignements, de récits, de souvenirs, m’ont perinis de conserver un peu de vie à tant de choses passées.