‹ Essai sur L'É Evolution Démographique et Rurale dans la Vallée de la CézeChapitre 43 sur 47 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

. Comment marquer un terme à une chose qui est sans cesse en train de se faire, qui n’a pas de conclusion en elle-même ?

Tirer des conclusions en vue d’un avenir proche ou lointain est hasardeux. L'histoire économique de notre région ne semble être qu’une suite de chutes et de redressements : des périodes de prospérité suivent des périodes de crise aigüe.

A voir la succession des événements nous envisagerions l’avenir sans optimisme, toute affirmation avec scepticisme.

L'économie de cette n“gion est actuellement prospère. Les ressources qu’apporte la vigne sont abondantes. La prospérité du pays

est évidente. La population en outre reste saine dans son ensemble.

Mais il ne faut pas oublier que la vigne, en tant que monoculture quasi absolue, est ici à sa limite nord. Les nécessités d’une

culture à grand rendement me sont pas toujours compatibles avec

les rigueurs du climat. La vigne, comme culture unique, fait courir de gros risques à notre région.

La population de la vallée de la Cèze est en décroissance con-

tinue depuis le début du siècle ; les signes d'un renversement de

cette situation n’apparaïssent pas encore.

.. Nous sommes trop habitués à voir des changements dans les cultures de nos pays (1) pour vouloir tirer des conclusions définitives.

J’insisterai plutôt pour terminer sur les aspects intéressants que nous a révélés le passé.

L'influence puissante qu’une méthode de culture exerce sur

* les hommes, les limites qu’elle lui impose, et les possibilitfs qu’elle

lui donne apparaissent clairement dans ce cadre étroit et uniquement agricole. C’est cette détente ou cette compression, au cours des périodes de prospérité ou de misère, qui nous a le plus frappé et que nous avons cherché à marquer.

Les efforts faits par les hommes pour se dégager de ce cycle de catastrophes agricoles alternées de vie large, semblent parfois bien minces.

Pourtant l’on ne voit pas qui l’'emportera, du paysan tenace attaché à sa terre, ou des crises qui pourraient bien le rebuter.

(1) cf. George Pierre « Histoire agricole de Bollène depuis le XVIII: siècle.» Etudes rhodaniennes. T. XIV pp. 185-192.

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