XIV. De Cicéron
Cette digr*»sion sur le grtmd Antauld ne m'a point éloigné de l'éloquence judiciaire, qui est ici l'objet de mes observations. Il a marqué tous ses .pas dans cette cariièrQ, par des monumens durables : il a prouvé que sauK traiter des questions d'État, comme les anciens , on peut s'élever , dans le genre délibératif , au ton d'une véritable éloquence! On prétendroit donc bien vainement . excuser la distance infinie qu'on trouve entre les avocats du barreau français et les orateurs du sénat romain , par la diflerence des intérêts qui leur ont été confiés. Cicéron a eu quelquefois la gloire d'è- ' tre le défenseur , et même le sauveur de la république , j'en conviens ; mais ne soute- ■oit-il pas plus souvent aussi des causes beaucoup moins importantes ? Et la plus grande parue de ses plaidoyers n'est-elle pas consacrée aux affaires quelquefois obscures de ses citoyens ?.