‹ Essai sur l'éloquence de la chaire (volume 2)Chapitre 30 sur 73 · XX. De l'éloquence de M. Bridaine · texte numérisé non relu

XX. De l'éloquence de M. Bridaine

S'U reste encore parmi nous quelques traces de cette éloquence antique et nerveuse , qui n'est autre chose que le premier cri de la nature imité ou répété par l'art , c'est dans les missions , c'est dans tes campagnea qu'il faut aller, en chercher des exemples.

Là des hommes apostoliques véritahles et dignes oraleiu^ du peuple , doués d'une imagination forte et Vardie , ne connoissent point d'autres succès que les, conversions , pomt d'autres applaudissemeos que les larmes. Quelquefois dénués de goût ; ib descendent à des détails trop familiers , j'en conviens ; mais iU font Brèche ; mais ils arrivent au but ^ mais ils vont se placer au milieu des consciences j mais ib euflammçnt l'imagination \ mais tout est ou devient peuple en leur présence : ib frappent fortement les sens, la multitude les suit et les écoute avec enthousiasme , enfin plusieurs d'eotr'eux ont des traits sublimes ; et un orateiur ne les entend point sans utilùé; quand il sait observer et reproduire les grands effets de l'art.

J ai regretté souvent avec surprise , pour l'intérêt de l'éloquence , autant que pour le triomphe du ministère , que la chaire , si riche parmi nous en chefs-d'œuvre , ne se fut point encore illustrée aji même degré dans la carrière des missions', dont Féné- Ion eût été si digne de nous donner la poé- ■ tique , au retour de son premier apostolat

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