‹ Essai sur l'éloquence de la chaire (volume 2)Chapitre 48 sur 73 · USAI · texte numérisé non relu

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sott mise aux yetix des hommes sous la proteclion d'un mariage solennel , qui lui en ôtera toute la gloire dans roptni(m de sa tnbu. Au moment même où eUe est initiée au mystère des conseils suprêmes dont elle doit être l'instrument , ses épreuves commencent avec son ministère maternel. Obligée de se conBer , dans un âge si tendre , à une révélation solitaire très glorieuse et très frappante sans doute , mais après laquelle son imagination éblouie eût été peut-éire excusable dans le premier moment de redouter quelque illusion , elle est soumise aussitât a l'épreuve de livrer sa destinée à la foi de ce prodige instantané , sans en avoir aucun témoin pour garant. A peine les premiers signes de sa fécondité se manifestent , qu'elle se voit dévouée aux soupçons les plus bumilians , et menacée de la répudiation ta plus ignominieuse. Au moment de devenir mère , un voyage long et pémble dans mie situation si critique et dans une si rigoureuse saison , l'éloigné de son humble foyer et la transporte au loin , poiu:

exécuter les prophéties , en croyant ne se soumettre au a la loi du dénombrement ordonné par l'empereur Auguste.' Arrivée enfin après tant de fatigues a Bethléem , elle n'y peut trouver pour asile la plus misérable des hôtelleries ; et elle donne le jout au Rédempteur du monde dans le réceptacle des plus vils animaux, qni composent toute la cour terrestre de cette nouvelle reiûe du ciel.

Celle Vierge mère , cetVe Vierçe pure

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SUR l'éloquercé. 307

coDune ta lumière , n'a pu recevoir sans doute aucune souillure par on enfantement divin , la plus auguste des consécrations ; et cependant le seul respect dû par toutes les mères Israélites aux ntes sacrés de Moïse , la sonmet aussitôt à la loi commune de la purification maternelle , c'est-k-dire à une cérémonie d'abaissement que la pauvreté de son ofirande va rendre encore plus humiliante ; à une cérémonie honteuse qui la dégrade publiquement des prérogatives de sa maternité divine , en la confondant avec toutes les autres mères du peuple juif. Et quand même elle ne seroit pas touchée de cette abjection pour riniéret de sa propre gloire , pourroit-elle être insensible a celle de son fils , qui semble entièrement éclipsée par cette expiation légale ? Le Rédempteur y paroît racheté lui-même sous la forme d'une victime vulgaire. C'est peu : il y paroît comme un pécheur , comme un eoiant de colère , comme un esclave assujetti h la rançon commune ; et sa malheureuse mère hon-seulement en est témoin , mais encore elle est appelée h, le présenter au sacrifice qui devient pour elle une image anticipée du Calvaire , où elle achèvera l'oblation de son fils unique à la justice inexorable- du ciel. C'est là, c'est k J^iisalem , c'est entre les bras de Marie et sur le sein maternel , que cet agneau sans tache', réservé ài s'offrir lui-même en holocauste , commence le cours de ses expiations propitiatoires , et prend sur lui seul toute la honte du péwé. Sa mère ne Tavoit conduit

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dans le temple que pour se purifier ellé^ même , en le soumettant aux observances de la loi. Mais que va-t-elle y éprouver ?

Elle y entend les soudaines et sinistrés prédictions d'uu saint vieillard , qui ouvre devant elle te livre de l'avemr pour lui motitrer sa triste destinée et celle de son fib fAas allreuse encore. Inspiré par un e^rit fHvpIiétique , Siméon lui annonce quùn glaive de doi^eur percera ses entrailles, et -fui prédit d'avance le sort cruel de ce même enfant dont elle pleure déjii le supplice et la mort sur son berceau.

Marie , ainsi accablée de tout le poids du jNrésent et de tous les désastres que lui prépare l'avenir , est bientôt condamnée k fuir au loin en ^ypte , pour soustraire le fils du Tout- Puissant a la jalousie d'Hérode.

i^rès l'horrible massacre auquel sa tendresse vient de le soustraire , il faut qu'elle revienne cacher son dépôt sacré dans sa misérable -demeure de Nazareth , sous la tutelle de ses pauvres parens. C'est là que sa foi , mise sans cesse a de "nouvelles épreuves , doit reconnoître son Créateur et son Dieu SQus la fonne d'un enfant qui a voulu partager toutes les infirmités et toutes le&. misères de notre nature , excepté le péché.

C'est \k , c'est jusqu'à la trentième année de Jésus , que la prévoyance de l'Étemel exerce en silence Fhumilité d'une mère qui sembloit n'avoir à craindre que l'ivresse de l'orgueil. Elle est la mère d'un Dieu , il est vrai ; mais précisément parce que ce sentiment d'exaltaUoa paroitl apanage inévitable

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