‹ Essai sur l'éloquence de la chaire (volume 2)Chapitre 72 sur 73 · MOTES · texte numérisé non relu

MOTES

dès le commencement de votre vie , tous doit tous les jours buroilier devant Dieu , même ea vue de ce que TOUS avez de plus grand dans le monde , àU.différeuce des autres hommes , qui trouvent assez de sujet dans eux-mêmes , même selon la terre , pour abaisser

"leur orgueil. Et toutefois onrroDS ici nos consciences : confessons-nous publiquement k la vue du ciel et de la terre. N'est-il pas vrai que , sans descendre du sang des rois , la moindre cbimère , assez souvent ridicule , même selon le monde , nous emporte & des vanite's criminelles contre les ordi-es du ciel ? .

La naissance des rois ne sauroit rendi'e cette leçon absolument exclusive à Louis XIV et k son trône , puisque dans toutes les autres familles régnantes , et même dans les conditions prive'ei , on est également assuré de la mort de tous ses ancêtres , quoiqu'on ne conuoisse pas si bien leur histoire. Il n'est donc pas rigoureusement vrai que les rois comptent plus tTancélres oui leur enseignent cette vérité par leur

. exemple. Après cette tirade de déclamation , où un sévère esprit de critique peut relever un paradoxe appuyé sur un sophisme , le cardinal de RctK parle au monarque enfant , de la reine Aune d'Autriche , pour lui inculquer l'obéissance qu'il doit k sa mare ; mais l'orateur ne lui donna pas long-temps l'exemple de cette soumission k la régeute.

Le jonr où ce discours fut prouoncé à Paris devant Louis XIV et Anne d'Autriche , présente une date singulièrement remarquable. Ce fut le xSaoût 1648, que le coadjuleur , qui étoit de'jà secrètement l'un des chefs de la Fronde f prête k éclater le lendemain , fit entendre au jeune roi cette iustruction sur la piété filiale , tandis qu'il étoit lui-même littéralement à la veille de se déclarer en état de pleine révolte contre la mère du roi. Lisez en effet 1 Abrégé historique du président Hc'nault , sous la même année i648 : vom y trouverez , que le 26 du mois d'août , c'est-à-dire le lendemain de son sermon , le cardinal de ftetz , dont toute la fortune alors se, boi'uoit â l'expectatire

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3^2 HÙTZ9.

de l'arokevéch^ de Paria , onUmia de barricader lea rues de la capitale. « Le cardin^ Haisria , dit^ , cnt^Hcle joHTaùl'onGhaatoitle2'<0OM<llkNotl«- Dule , pour le gaio de la bataille de Lent , qui «toH le 36 xoùt , servit une occaMMi faverable pour taire arrêUrleprisideatPotierdeBlanc-M^iletBroutïd... Cet eopruoDueneut fit tJus de bruit qu'en ue a'j éloît alteudu. Le peuple les redemanda. Bieciffl 1m ckalnet fureut tcadues A»Kt Pans : c'est ce qu'on amelle la jeurnde des barricadas ; et la tôoe imX ■Hil^e de rendre les prisonuters.... h. la tête des frondeurs Ploient le duc de Beaufort , de Retzc»«dpiteur de Paris , qui fut depuis cardinal , la duchesse de Lonnieville y te pi-ince de Uarsillac , le prince de Conti ,1e duc de Vendôme , le duc de E^emoars , le duc de Bouillea avec le martfcbal de Torenne Km frère , et le maréchal de La Mothe. »

Le cardinal de Retz k sonTÎnt toujoars , et ii premoit plaisir a raconter daot la suite , qu'un bouc^eois, mnaticat de voir les ordres du pillât promptement taieuséi et les chaînes étendues à tout les carrefours , l'ui^Mnuoa plusieurs fois de cette question , qu'à fvt ablig^ de te Faire répéter pour en comprendre le sens , et Aie BotJeau citoit de préférence , d'après lui , os parlant de l'hannonie du ttyle , conme une telle caouphonie , que l'oreille ne pouvoit plus diitin^er ai c'etoit de l'arabe ou du trançoit : MoiwuflBBVB r ^inrnMMi iKUtc tsjit ? kt que m lu teitd-oii 7

y oiei nuudenant l'instruction pnitoraleadieiséeai ehaircpor le cardinal de Reu à Lmm XIV , sur kt piété finale , dans le panégyrique de saint Loms.

a Kre , )« ne prétend* pat tous toucher en oe point pu des exemples. Les obligatwnt que tous aTei 1 la leine votre mère , parlent plus puiisammeat à TOtie c«iir que toutes mes paroles ne se sauroient biire en- . tendre à tm oreilles. Vous ^s l'enfant de ses lar- DM et de set pHèm ; elle tous a porté au tràne sur des trof^ées : ?«us êtes conquérant soat ta fégence -j et j oe qui est tant coroparaisoB plut considérabte que (OU CCS wnntages ,. elle t»!» ÎDStniii soigneoMineat Jt

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IIOTB8. 34^

la |iiâ^. Je TOH aiâû ces mtitéa de la part da eki^ 4e votre eoyaxaat : fe tne êent farce par tta instinct McrW de les TÔp^ter encore aujourd'iiiii k votre majeAe', de la part de Dieu , oonpoor votisciherierk Vif hAsaauLu que vouslaidevez ,de latpidle Vaognite mog (jai cotde dans vos veines , et cebean naturel qne l'Europe adœire dans les commencenieiis de votre vie , ne TOUS perraettroat jamais lie vous dispenser , ntais ponr ■^KnSix aur ce fond un JBSte sujet de vous eipU^uM* en peu de paroles la pins importante et sans doute la plot Deocssaire des instructions : c'est ûie , la ditbflction du droit positif de votre nryaume , et du ilroit naturel qui oblige toui les hommes. Le dxW. po- ^if de votre état tait que la reine votre mère est votre sujette , et ainsi il la sotunet à -rotre majesté. Le droit naturel j qui est au-dessus de toutes les lob , fait que TOUS êtes sen Ëls , et aiasi il vous soumet ^ elle. l)is' dngueE , sire , ces obligations ; elles ne sont point coatraires , mais il les faut entendre. Je se les touche

2 n'en passant, parceque je ne doute pas que )a sainte ducation que tous recevez ne vous permettra poût de les ignorer. Àussï est-ce en ctX endroit , et en ce point et eu plusieurs autres , la connoissance la plus importante et la plus ne'cessaire aux princes. Saint Louis n'eut pat plus tôt atteint un âge raison'nable , qu'il se trouva enveloppé dans une grande et difficile guerre , émue par quelques princes mécontens dans son royauma , etc. »

Ce qui est souligné dans cette citation étoit ou a pu

faroltre ensuite une pre'diction éui^matique , dans U ouche du cardinal de Retz , la vedle des troubles de la Fronde.

Je ne saurois finir cette note , sans t ajouter quelques lignes , dans lesquelles la verve du cardinal de Ketz fut excitée à un magnifique élan oratoire , par le spectacle de la mort de saint Louis, a Je m'arrête , dit-il , contre mes sentimens , pour voir mourir ce grandmonarque , mais non pas pour parler de sa mort. On peut exagérer la' mort des hommes ordinaires ^ paroe qn'aiseï awrent om n'en tat ému qu'après de

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