‹ Essai sur l'éloquence de la chaire (volume 2)Chapitre 71 sur 73 · H0TB · texte numérisé non relu

H0TB

qu'il TAudroil lever l'unique obstacle que le calrinUme oppoioit k oeue preBatiao. Tonte lâceuf saroit ^■lemeot qu'à l'époijue de sa «oaverûon , U déliealeise de Turenne aroit préreou d'avance le roi de ton refus , daas la cai o4 sa maiesté penisteroit à lui destiner une récompense Û bien nétitie. Ëofin quand Voltaire dit que ces parolei du roi ponvoient avec le temps opérer une conversion , il oaLlie que si elles avoient pa deiennioer la conversion de Tureone , elles l'aLiroient opérée beaucoup plat tût et plus utilemeof pour sa tbrtunc.

(6) On a ins^r^ dans les Mémoires dit cardinal de U*>lz , un éloge de saint Louis , dont le cardinal de Ketz est bien ve'ritablement l'auteur: ilest iBiitulé, Sermon de saint Louis , roi de France , fait et prononcé devant le roi et la reine régente sa fnère,par Monseigneur Jean-françoit-Paul de Condx 1 archevêque de Corinthe , et coad/uleur iie Paris , dans ^église de Sairu-Louis , des pères i estâtes , le 25 aot'a 1648.

Le tili'e dit la vérité. C'est un seniioD , ce n'est pas on panégyrique. Le sujet n'y est nulUnent traité ; et l'iw chercherait inutilement dans ce discours tes vertus , le carKiàre , U législation ou les établissement , la pelitiqBe et le règne mémorable de saint Louis. Le style de l'antenr , souvent iniéiienr fa celni qu'on admire dans ses Mémoires , «ù son oénie étoit beaucoup plus dans sa sjihère , s'y diEttogue déjà , de loin en loin , par sa vigueur , par son aboodanee ^ par sa noUeise , et sartont par un ton oratoire dont l'élévatien et la véhémence éclatent nne fois dan» un trait sublime , que l'on verra brillor à la fin de celte note. Le cardinal de Bels paile avec Umie la di^ité et l'autorité du ministère épiscopal à Louis XIV , <pu n'étMt alors que dans sa disièaie année, A n'en

Î' uger que par 1m effets , il devoil y avoir plus d'éoquence dans les autres sermons qu'il précjtoit dans Paris f pcnu: y exciter ta gnarre ridicule de la fronde. Hais «e £u probablement moins encore pai ses talens.

.,i,z<,.t,CoogIf

34o NOTEB.

en ce genre , que par l'iofluence de son rang et de sOQCaractiÂ'e , qu'il ent an ascendant ei absolu sut l'esprit de la muttilude. Ce discours sur saint Louis n'est pas très commun , et ne se trouve point dans toutes les éditions de ses Mémoires. Je vais donc en extraire les trois roorceauï les plus remar<]uables , sut lesquels chaque lecteur pourra faire ses obsetpations , ■et apprécier le mérite oratoire du cardinal de Retz.

Voici d'abord les leçons chrétiennes qu'il donne au jeune rai, auquel il adresse continuellementla parole, en lui appropriant ainsi presqu' exclusivement la morale de son discours , comme s'il n'aroit que lui seul pour auditeur. Cet eicm^e n'a éle que trop suivi de nos jours.

« On ne peut , dît- il , commencer la vie de saint Louis par neu de plus élevé que sa naissance -, et cette longue suite de rois , dont il a tiré son origine , ouvriroit avec pompe ce discours , si je n'éiois persuadé que les avantages les plus illustres , et de la naissance et de la vertu , ne méritent jamais d'être relevés dans les chaires chrétiennes. Ils sont trop audessous de la dignité d'un lieu sanctifié par la parole de l'Evangile , pour n'être pas ensevelis dans le silence. Mais ce silence , sire , est peut-être ce qui sera . le plus iostruclif dans ce discours. Il apprendra à votre majesté que cette haute naissance qui , par un privilège dû au seules maisons dont vous sortez , vous aé^are du commun des rois , n'est rien devant Dieu , puisque je n'ose seulement pas la faire entrer co part des éloges que je donne à un de vos prédéce

dans cette chaire , qui est pourtant le véritable lieu des louanges , pmsque c'est .celui d'où l'on les doit distribuer selon le poids du sanctuaire. De sotte que le seul "avantage véritablement solide que vous pouvez tirer . de ce grand nombre de monarquesque vous avezpour aïeux , est la connoissance de l'obligation que vous avez de songer , plus souvent gue tout les autres princes de la terre , que vous êtes mortel , parce que vous comptez plus d'ancêtres qui vous enseignent cette vérité f ar leur eiemple. £t cette considération ,

DolizccbvGoOglc I

Page 1