CRUSTACÉS
On appelle Crustacés, toute une série d'animaux articulés dont l'enveloppe externe est plus ou moins coriace, le plus souvent môme d'une apparence osseuse, et dépourvus, comme les insectes proprement dits, de squelette intérieur; exemple : les écrevisses, les crabes, les homards, etc.
Quelques personnes, par la raison que ces animaux vivent généralement dans l'eau (1), les regardent par ignorance comme des poissons : absolument comme les moines, qui considéraient comme tels, les sarcelles, les raies, les canards sauvages, les macreuses, etc., parce que ces oiseaux se tiennent ^habituellement sur les eaux.
Nous le demandons au plus ignorant, quelle analogie ya-t-il, entre un poisson pourvu d'un squelette intérieur comme tous les autres vertébrés et qui se meut àl'aide de ses nageoires, et une écrevisse qui a des pattes pour marcher et des antennes comme les insectes ? Les gens du monde et les pêcheurs désignent les crustacés sous le nom de Coquillages, sans doute parce qu'ils comparent l'enveloppe coriace de ces êtres aux coquilles des huîtres et des moules.
:\) Il v a aussi dans nos colonies tics gros crabes appelés ToMf/owrfMS, appartenant au genre (Itrarrin, qui sont lerreslreset se retirent dans les trous comme des lapins. Luc espèce, le Camiftx, vit dans les cimetières. La chair du lourlourou est, dit-on, aussi bonne que celle de la langouste.
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Cette classe d'animaux ne nous fournit qu'une seule espèce nuisible aux cultures, plus particulièrement aux plantes cultivées en serres. Elle appartient à Tordre des crustacés isopodes, c'est-à-dire à pattes d'égale longueur. On la trouve partout, elle est connue de tout le monde, c'est le cloporte, Oniscus asellus de Linné. Le cloporte est d'une couleur ardoisée plus ou moins
brune en dessus, blanchâtre en dessous, (le forme ovalaire; sa tête est petite, distincte du premier anneau et pourvue de deux antennes coudées.
Les pattes ou pieds sont au nombre de
«.-Cloporte. . . , .
sept paires, terminées chacune par un petit ongle qui leur sert à s acroeher et à grimper le long des murs et des pots de jardins. Chez les femelles il existe sous le ventre une membrane formant une espèce de poche destinée à contenir les œufs pendant l'incubation; ces œufs restent ainsi adhérents à la mère jusqu'au moment de léclosion, comme cela a lieu cheu la femelle de l'écrevisse, Âstacus fluvialitis. Les petits cloportes, quelques jours après leur naissance, sont presque blancs et ne commencent à prendre la couleur ar* doisée qu'après la première mue.
Le cloporte, lorsqu'on le saisit, se roule en boule en se repliant sur lui-même, pour' abriter sa partie ventrale qui est la plus sensible aux agents extérieurs; dans cet état il est arrondi comme un pois. C'est à cette particularité qu'il partage avec d'autres petits animaux du même groupe, qu'il doit son nom : Cloporte qui ferme sa porte.
Les cloportes sont nocturnes ; c'est pendant la
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nuit qu'ils commettent leur déprédations. Quoiqu'on ait dit qu'ils vivaient du détritus des végétaux, ils mangent parfaitement bien lés plantes vertes, surtout les Orchidées dans les serres chaudes; ils en sont plus avides que des autres plantes. Dans les jardins, lorsqu'une plante herbacée est de nature à s'étaler en rosace sur un pot et à le recouvrir en partie comme certaines primuiacées, saxifrages, etc., il n'est pas rare de la voir dépérir et mourir de langueur. Si on dépote la plante, on ne tarde pas à s'apercevoir que le collet des racines est rongé par une famille de jeunes cloportes.
Ces animaux aiment la vie en commun, ils se réunissent Ordinairement en sociétés assez nombreuses; ils se tiennent cachés pendant le jour dans les crevasses des murs, sous les écorces des arbres, sous les pierres, sous les pots, sous les plantes et surtout dans les buis; dans les serres chaudes, non-seulement ils se réfugient sous les pots ou dans quelque coin peu éclairé, mais ils pratiquent dans les paniers ou corbeilles à Orchidées des galeries au milieu de la mousse ou du sphagnum, d'où il est fort difficile de les déloger.
Nous ne connaissons jusqu'à présent aucun moyen pour bannir de nos jardins ces hôtes parasites ; pour les détruire il faut les saisir; dans les serres où leurs ravages sont plus à craindre qu'ailleurs, on» les prend avec des pommes de terre ^vidées et creusées en godet. On les dispose de place en place comme de petites cloches ; le matin on les visite, et presque toujours on y trouve des cloportes qui sont venus s'y cacher pour y passer la journée. Dans les jardins on en peut prendre
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de grandes quatités en laissant pendant deux ou (rois joursdans les allées, des mauvaises herbes provenant des sarclages ; lorsqu'on enlevé ces tas d'herbes fanées on rencontre dessous des centaines de cloportes que l'on n'a plus que la peine d'écraser avec les pieds; ce moyen n'est pas d'une propreté extrême dans un parterre d'agrément, mais c'est à notre connaissance le seul praticable avec succès.
Les Crustacés isopodes ou cloportes ne meurent pas comme les insectes après l'accouplement et la ponte, ils vivent plusieurs années et continuent de grossir. Ils paraissent n'avoir comme les écrevisses qu'une génération par an. Ils ont peu d'ennemis; les oiseaux qui fréquentent nos jardins en sont peu friands; les grenouilles, les salamandres terrestres, les crapauds, les musareignes, les hérissons et les scolopendres s'en accommodent assez bien et en détruisent une certaine quantité. •
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