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Acarus du tilleul. Acarus tiliarum Turpin

Il est de la taille et de la forme du tisserand, mais son corps est moins arrondi, plus elliptique, d'un jaune pâle demi-transparent, à bords inégaux, pointillé sur les côtés. Si nous parlons ici de cet acarus, ce n'est pas parce qu'il vit sur le tilleul, mais bien parce qu'on le trouve aussi sous les feuilles de nos roses trémières. M. Rivière nous à remis de ces feuilles qui en étaient infestées ; parmi ces acarus vivaient en même temps quelques pucerons égarés, des larves de Cicadelle et des Oribates (autre espèce d'acarides). Ces derniers nous ont paru vivre aux dépens de l'acarus du tilleul. Nous avons conservé, deux ou trois jours, ces feuilles dans notre boite à herboriser pour les étudier, et nous avons été étonné de voir que les Oribates avaient tout dévoré, sauf les pucerons et les larves des cicadelles.

Comme la plupart des pucerons, les acarus phyllophages vivent presque tous de la même manière. Us apportent dans les feuilles la même modification. Ils étalent sur la face inférieure un léger tissu de soie qui forme une espèce d'enduit brillant. Ils se promènent tranquillement

et avec une certaine agilité sur cette toile où ils se maintiennent à l'aide de leurs griffes. Ils n'entament pas les feuilles, ils se nourrissent seulement de leur suc, et comme ils s'y trouvent en grande quantité, la maladie fait des progrès rapides, particulièrement sous certaines influences atmosphériques.

On a proposé différents moyens pour détruire la grise, mais, hàtons-nous de le dire, aucun n'a réussi. On a recommandé l'usage de la fleur de soufre employée avec un succès bien constaté contre l'Oïdium Tucheri (maladie de la vigne) et contre les Erysiphes (blanc, meunier), qui se t développent sur une infinité de plantes, surtout sur les

rosiers, les verveines, les pensées, etc. On a conseillé de fréquents bassinages et des arrosementsavec une décocv.v'" tion de tabac. Ce dernier moyen, s'il était bien employé, N pourrait être utile; mais lorsque l'on arrose avec ce vv ^ - v liquide le dessus des feuilles, c'est comme si on ne faisait ^ rien, car les acarus se tiennent pendant l'opération fort

^ tranquilles, et en pleine sécufilé sous la face inférieure. 11 %> faudrait, pour agir avec succès, se servir d'une seringue

recourbée, de manière à arroser de bas en haut et à bien mouiller le dessous des feuilles avec la décoction de tabac. On pourrait encore essayer dans le même but une solution excessivement étendue de sulfure de chaux.

Les acarus ont aussi des ennemis qui les dévorent : les Oribates dont nous avons déjà parlé à propos de la grise des roses trémières, et quelques trombidions.

Il existe un autre acarus d'une petitesse extrême, gros comme un grain de poussière, entièrement grisâtre et assez agile, qui vit entre les squammes de certaines espèces deLiliacées, principalement des Jacinthes ; il est,

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dans certaines années, assez abondant à l'automne, et cause quelquefois des démangeaisons aux personnes qui manient une grande quantité d'oignons-, au reste, il a cela de commun avec les acarus des feuilles. Pendant que nous étudiions la grise, nous avons eu à la fois dans notre cabinet une grande quantité de feuilles malades; à mesure que celles-ci se desséchaient, les acarus les abandonnaient, se répandaient de tous côtés, montaient après nous et nous occasionnaient aux bras et au visage des chatouillements et des démangeaisons assez désagréables. ,

Nous ne trouvons mentionné nulle part l'acarus de la Jacinthe, nous ne savons pas s'il n'a pas déjà été observé par quelque naturaliste. Nous lui donnons le nom provisoire à'acarus des Jacinthes, Acarus hyacinthi.

Acarus du camellia. Acarus coccineus Schrank.

Cette petite espèce n'est visible qu à l'aide d'une bonne loupe, elle tapisse le dessus des feuilles du camellia d'un tissu de soie très -léger, auquel s'attache la poussière. Elle est d'un rouge foncé, de forme oval aire, et rougit les doigts lorsqu'on l'écrase. Si, après avoir nettoyé la feuille où elle s'est établie, on examine celle-ci, on voit qu'elle est picotée de place en place, et que les points où ce petit parasite a enfoncé son suçoir, ont pris une teinte roussâtre. Nous l'avons observé à l'automne sur des camellias dans plusieurs jardins, spécialement chez MM.ThibautetKetteleèr. On le trouve aussi sur quelques autres plantes de serre.

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Acarus cinabre. Acarus cinnabarinus

C'est dans les serres chaudes de M. Savoye que nous avons fait la connaissance de cet acarus, sur des pieds de Dracœna Australis. Grâce à l'obligeance de cet habile horticulteur, nous avons été à même de l'observer depuis l état d oeuf jusqu'à celui d'insecte parfait. Lorsqu'il éclot, il est d'abord vert ou d'un vert jaunâtre ; plus tard, il est varié de noir et de vert: après son dernier changement de peau, il devient d'une belle couleur rougeaurore. Il est un peu plus gros que celui du camellia, il tapisse le dessous des feuilles des Dracœna de fils de soie, sur lesquels il se promène à la manière des araignées. Il fait beaucoup de mal aux feuilles qu'il suce, il arrête leur végétation et les rend malades.

Il n'est pas difficile de le détruire -, il suffit pour cela de placer, pendant deux ou trois jours, dans une serre froide les plantes attaquées par cette vermine. M. Savoye nous a apporte un Dracœna Australis sur lequel on pouvait compter ces parasites par centaines. Il avait à peine resté 2 i heures dans notre cabinet, que tout avait disparu; le changement de température les avait fait périr complètement.

Acarus hématode, Acarus haematodes.

Ce petit parasite nous a été communiqué par M. Rivière qui l'a remarqué sous les feuilles de la vaiiété rouge du ricin {ricinus communis)> cultivée, fréquemment aujourd'hui, dans les squares et les jardins de Paris.

Il est ovale-arrondi, d'un rouge-sanguin foncé; il Ole sous les feuilles, entre les divisions des premières nervures, un tissu lâche semblable à de petites toiles d'araignée. Il est très -petit et visible seulement avec une forte loupe. Nous n'osons pas répondre que ce petit acarus et le précédent soient véritablement des espèces nouvelles; il nous a été impossible de les reconnaître sur les belles planches d'Hermann, ni dans les auteurs qui se sont occupés d'Aptérologie. Cependant nous devons dire que notre hœmalodes se rapproche beaucoup du Raphignathus ruberrimus que Dugès a découvert sous les pierres et qu'il décrit comme une espèce nouvelle.

Les ricins sont en général assez vigoureux et le dommage qu'ils en éprouvent est peu appréciable.

Acarus du poirier. Acarus pyri.

Cet acarus est relativement très-gros , globuleux, vésiculeux, d'un rouge-brun un peu transparent, trèsvisible à la vue simple.

Il vit sur les gros rameaux des poiriers dont l'intérieur est rongé par la Zeuzère ; il se tient ordinairement en petits groupes serrés à la bifurcation des branches.

Cet insecte n'attaque pas les arbres vigoureux et bien portanls; il n'est que l'indice d'une mort prochaine.

Nous ne garantissons pas que ce soit une espèce nouvelle.

Acarus roussfttre . Acarus russulus.

Ce petit acarus, qui a probablement été importé

du Mexique ou de quelque autre contrée de l'Amérique centrale, ne se trouve que sur les Cactées, particulièrement sur les mamillaria, les echinocactus et genres voisins ; il est connu des amateurs de plantes grasses sous le nom de rouget. Cette petite arachnide d'un roux ferrugineux est presque microscopique; elle fait beaucoup de tort aux plantes sur lesquelles elle s'établit, et si l'on n'y apporte pas un prompt remède, elle ne tarde pas à les faire périr.

Les fumigations de tabac peuvent, en pareil cas, être employées avecsuccès. M. Landry, de Passy, détruit cet acarus en saupoudrant ses plantes avec du tabac.

Acarus des champignons. Acarus fungorum.

Nous avons remarqué, lorsque nous sommes descendu dans certaines parties des catacombes ou dans les carrières occupées par des champignonistes, que le champignon des couches, agaricus edulis, était souvent envahi par un acarus visible à l'œil nu, qui couvrait le pédicule et se répandait même entre les lames du chapeau. 11 est arrondi, d'un gris-roussAtre étiolé. t

Cette mite est peut-être connue des aptérologistes ; mais nous n'avons pas pu la reconnaître dans leurs ouvrages; elle est, avec un petit Brachélytre que les champignonistes appellent capucin, un fléau pour ce genre de culture.

Acarus ferrugineux. Acarus ferrugineus

Encore un acarus que nous n'avons pu reconnaître dans les auteurs. Il vit dans les serres sur les cyclamen

Cùum et Pmicum, et fait souvent de grands ravages. Il pique les feuilles en dessous, en commençant à la base des pétioles. Lorsque celles-ci sont attaquées par ce petit insecte, elles prennent une couleur violacée ou roussàtre en dessus ; leur végétation s'arrête, elles se fanent et tombent. En les examinant à la loupe, on voit que leur dessous est couvert de petits points noirâtres occasionnés par les piqûres de ce parasite microscopique.il est d'une excessive petitesse, d'un rouge ferrugineux plus ou moins foncé.

Lorsque les cyclamen commencent à être attaqués, ce dont on s'aperçoit au premier coup d'œil, le seul remède est d'enlever les pots malades et de brûler les tuber-^ cules, afin d'empêcher ces petits êtres de se répandre sur les plantes voisines.

Nous avons en ce moment deux pots envahis par ces acarus et nous en avons vu souvent dans le même état, dans les serres de M. Fournier, le seul de no§ jardiniers qui cultive en grand à Paris ce genre de plantes. Cet habile horticulteur à essayé l'emploi de la fleur de soufre, mais à peu près sans succès.

• Acarus du laurier-tin . Acarus tini.

Le laurier-tin qui croît naturellement dans le Midi et celui qui est cultivé dans les jardins de Paris sont sujets à être envahis par une espèce de grise occasionnée par un petit acarus roussàtre, très-arrondi, qui se multiplie d'une façon prodigieuse sous la face inférieure de leurs feuilles. Nous ignorons si ce petit parasite a été décrit, mais nous n'avons pas pu le reconnaître sur les

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planches d'Hermann. On trouve souvent sous ces mômes feuilles un petit kermès noir {chermes pygmœus), arrondi, marqué dans son centre d'un petit point blanc cotonneux*

Acarus linger. Acarus liniearius.

Nous croyons que ce très-petit acarus est bien le Tetranychus liniearius de Léon Dufour. Il est rouge, garni de petits poils blancs ; il file une petite loile lâche comme l'espèce précédente. Nous l'avons trouvé sous les feuilles du séringat, où il fait peu de mal.

Acarus de la vigne. Acarus vitis.

Lorsque, vers la fin de l'été, on voit des feuilles de vignes marbrées en dessus de larges taches jaunes, c'est souvent l'indice de la présence d'un très-petit parasite qui vit en famille sous la face inférieure. En examinant cet! e feuille avec une très-forte loupe, on voit d'abord qu'elle est tapissée d'un tissu soyeux assez lâche, comme de trèspetites toiles d'araignées, au milieu duquel on aperçoit se promener de nombreux acarides d'une grande petitesse, d'un vert-jaune transparent, moitié plus petits que l'acarus tisserand, avec lequel ils ont quelque ressemblance. No#us n'avons trouvé ce petit insecte dans aucun des auteurs que nous avons consultés. L'aurait-on confondu avec celui qui produit la grise? C'est peu croyable, parce que le tisserand enduit le dessous des feuilles d'un tissu serré fortement adhérent, tandis que l'acarus de

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la vigne file un tissu très-làche comme de la toile d'araignée.

Pour les jardiniers, cette maladie est une espèce de grise. Comme elle ne se manifeste que vers la fin de l'été, elle nuit peu à la maturation du raisin et à la vigne ellemême.

Nous venons de signaler les acarus que nous avons observés sur les feuilles; il nous reste a faire connaître quelques autres petits insectes aptères appartenant à des genres voisins ; nous commencerons par le

Lepte automnal. Leptus autumnalis l.alr.

Ce petit acaride, connu de tout le monde sous les noms vulgaires de rouget, d'aoùa'n, etc. . n'estguère visible qu'à l'aide d'une forte loupe. Il n'a que six pattes apparentes, son corps est assez mou, sa tète est distincte, terminée par un petit bec ou suçoir, sa couleur générale est d'un rouge-brique foncé. Il est très-commun sur les pelouse et les graminées pendant les mois de juillet, d'août et de septembre; il ne fait aucun tort aux plantes, mais il est fort incommode pour les personnes qui se promènent suites gazons ou qui se couchent sur l'herbe; il grimpe le long des jambes, pénètre dans la peau et cause des démangeaisons insupportables. Latreillea conseillé, pour calmer ces démangeaisons, souvent aussi vives que celles de la gale, des lotions avec de l'eau et du vinaigre. On emploie avec plus de succès la benzine ou Ja décoction de tabac. M. White a découvert et décrit les œufs du lepte automnal dans le journal de Daniel Cooper en 1842; il a

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fait à ce sujet une observation très-curieuse : il a remarqué qu'à Blacklieath et aux environs, les cailloux étaient couverts des œufs de ce parasite et que ce sont ces mêmes œufs que l'on a décrits comme des Cryptogames, sous le nom de Crateriutn pyriforme.

GENRE TROMBIDION . TROMBIDIUM Fabr.

Ce genre a été établi par Fabricius aiîx dépens des aca rus de Linné et adopté par la plupart des entomologistes. Il a pour caractères : des mandibules en griffes ; un corps renflé, assez mou, portant les quatre pattes postérieures; les quatre autres pattes sont attachées à une protubérance étroite et mobile sur laquelle se trouvent les yeux.

Trombidio nsoyeux. Trombidium holosericeum .

Il n'y a pas un jardinier qui ne connaisse cette espèce de petite araignée d'un beau rouge velouté, qui se promène lentement sur la terre sèche et que Ceoffroy a nommée la Tique rouge satinée. Le trombidion soyeux est assez petit, mais on n'a pas besoin de loupe pour le voir ; il est entièrement d'un rouge vermillon, d'une forme presque carrée, marqué sur le corps de plusieurs dépressions ou enfoncements qui le font paraître ridé.

Ce petit animal rend des services et ne fait aucun mal ; il est carnassier et se nourrit de petits acarus et de leurs œufs. On le trouve souvent sous les feuilles malades de la grise.

AC ARIDES. 95 GENRE ORIBATE ORIBATES.

Autant les Irombidions ont le corps mou, autant les Oribates l'ont coriace. En cela ils ressemblent un peu aux Tiques que l'on voit si souvent sur les chiens, sur les animaux qui courent dans les bois et même quelque- . t'ois sur l'homme. Le corps des oribates paraît être formé d'une seule pièce, il est souvent garni sur les côtés de petites pointes ou de poils roides ; les pattes sont assez longues et onguiculées; les organes de la raanducation sont peu distincts; leur démarche est lente. Ils vivent de petits insectes, d'acarus, de kermès, etc. ; ils sont par cela même utiles à l'horticulture.

En I808, M. Rivière nous apporta un grand nombre d'individus de Y Oribates geniculata (la tique noire des pierres de Geoffroy;, qui s étaient multipliées d'une manière prodigieuse dans la serre chaude de l'ancien jardin de l'École de médecine ; c'était au point que plusieurs Orchidées en étaient couvertes. Cet habile observateur fut un peu effrayé de l'apparition subite de toutes ces tiques sur une famille de plantes qu'il affectionne d'une manière toute particulière ; mais il fut vite rassuré lorsqu'il vit qu'aucune feuille n avait subi la la plus légère altération, et que ces petits animaux, ainsi que nous le lui avions dit, faisaient la chasse aux acarus, auxlhrips, etc., dont ils mangent les œufs et les larves. Au bout de quelques mois, tout avait disparu. D'où venait cette légion d'oribates? Nous pensons que des œufs, ou des individus récemment éclos, avaient été

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apportés avec la mousse et le sphagnum dont les horticulteurs font usage pour la culture des Orchidées exotiques, et que le développement avait eu lieu dans les paniers ou corbeilles qui contenaient ces plantes. .

L'acaride dont nous venons de parler, s'aperçoit facilement sans qu'il soit nécessaire de faire usage de la loupe. Son corps est arrondi, un peu globuleux, d un noir assez brillant, garni sur les côtés de soies de la même couleur ; le corselet est distinct de l'abdomen, muni de deux petites pointes. Les pattes sont plus longues que le corps, d'une couleur noire, avec les cuisses des deux paires antérieures renflées. On le rencontre assez souvent aux environs de Paris dans les lieux frais, sous les pierres e( sous les écorces ; il est Irès-bien figuré par Degeer.

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