FAMILLE DES LAMELLICORNES
Les lamellicornes se distinguent facilement des autres insectes par leurs antennes terminées en massue, dont les articles sont formés de lames disposées en une sorte d'éventail, ou comme les feuillets d'un livre. Les entomologistes les placent à la fin des pentamères, cest-àdire qu'ils ont encore, comme les familles précédentes, cinq articles à tous les tarses.
Leur tète, de grandeur moyenne, est engagée dans le corselet. Leur corps est épais , de forme ovoïde, souvent convexe ou bombée, plus rarement aplatie. Leur première paire de pattes, et quelquefois les autres , sont dentées extérieurement et propres à fouir.
La famille des Lamellicornes est très-nombreuse et a été . divisée en une infinité de genres. A l'état de larves, les uns se nourrissent de matières végétales en décomposi-
tion, telles que tannée, terreau, bois pourri; d'autres, de matières végéto-ani maies, comme fumiers, fientes d'animaux herbivores ; d'autres, de végétaux vivants. A l'état d'insectes parfaits, ils se nourrissent de feuilles, de pétales de fleurs, de miel ou des liqueurs exsudées par des arbres malades ou nouvellement abattus.
Cette famille est l'une de celles où l'on trouve les plus gros insectes, et dont beaucoup sont remarquables, en ce que les mâles, particulièrement, offrent des éminences en forme de tubercules, de cornes, de fourches, de tridents, etc., situées tantôt à la partie antérieure du corselet, tantôt sur la tête, et quelquefois sur les deux à la fois.
Les larves de lamellicornes se ressemblent toutes plus ou moins. Leur corps est mou, cylindrique, ridé, arqué postérieurement, blanchâtre ou d'un blanc un peu jaunâtre, composé de douze anneaux , portant de chaque côté neuf stigmates. Leurs pattes, au nombre de six, sont cornées, de couleur brune ou ferrugineuse. Leur tête est de la même couleur, pourvue de fortes mandibules. Leur intestin est très-vaste, dilaté en arrière, et les matières qu'il contient, donnent à cette partie une couleur plombée-bleuâtre.
Pour se métamorphoser en nymphes, après s'être débarrassées de tous les résidus de la digestion, elles se construisent dans le milieu où elles ont vécu, une coque ovoïde, avec de la terre ou des débris de végétaux qu'elles agglutinent et lient ensemble, à l'aide d'une matière gommeuse qu'elles font sortir de leur corps.
C'est dans la famille des lamellicornes que le cultivateur rencontre son ennemi le plus redoutable.
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GENRE HANNETON. MEItOLONTHA Fab.
Les espèces appartenant à ce genre présentent les casactères suivants : corps oblong, souvent un peu velu ou pubescent ; yeux arrondis , saillants ; antennes composées de neuf à dix articles, terminées par une massue ovale-allongée , composée de feuillets plus développés chez les mâles que chez les femelles ; pattes de longueur moyenne, avec les jambes antérieures, munies de trois dents latérales.
Hanneton commun. Melolontha vulgaris Fab (4).
Tout le monde connaît le hanneton, et nous croyons inutile d'en donner ici la moindre description. Cet insecte est commun dans le Nord et dans tout le centre de l'Europe; il est plus rare dans la région méditerranéenne, où il est remplacé par une autre espèce rayée de blanchâtre.
Les hannetons causent les plus grands dégâts dans les jardins, les champs et les prairies, sous leurs deux états, d'insecte parfait et de larve; dans le premier, ils dépouillent les arbres de leurs feuilles; dans le second, ils dévorent les racines des plantes herbacées et des arbres, et les font périr.
(4) Le genre Melolontha de Fabricius a été partagé par Megerle en plusieurs genres, d'après la forme du corselet, la dentelure des mandibules et la terminaison des crochets des larses. Les principaux de ces genres sont Anomala* Hoplia, OmalopHa, Amsop/ia, Rhizotrogus, etc.
La vie d'un hanneton ne se prolonge guère au-delà de dix à douze jours. Si tous les individus naissaient le même jour, on en serait presque débarrassé en une semaine. L'éclosion commence ordinairement en avril et se continue jusqu'à la fin de mai.
«5. — i. Hanneton commun. Mclolontha mtgarii — 2. Les œufs. S. Ver blanc de année. - 4. Le même au printemps de la 2« année. - 5. Ver blanc de 3» année.
Ces insectes naissent ordinairement le soir; dès que leurs élytres sont suffisamment raffermies, il s'envolent et viennent se placer sous les feuilles où ils restent immobiles pendant toute la chaleur du jour, et ne prennent leur essor qu'après le coucher du soleil. Leur vol est lourd et inconsidéré, ils se heurtent contre tous les objets qu'ils rencontrent. On voit les mâles poursuivre les femelles avec une grande ardeur ; mais une fois qu'ils sont accouplés, ils tombent dans l'engourdissement et restent attachés à la femelle pendant assez longtemps. Les mâles succombent peu de jours après la fécondation.
Les femelles descendent à terre, creusent avec leurs pattes de devant un trou de 8 à 10 centimètres de profondeur, et y déposent leurs œufs en un petit tas. Ceuxci sont jaunâtres, au nombre de 20 à 40 au plus, de la grosseur d'un grain de chènevis. La ponte commence en avril et est terminée vers la fin de mai. Les œufs restent cinq à six semaines à l'état d'incubation. Les petites larves éclosent en juin et juillet et sont réunies en famille pendant la première année. Elles ont en miniature la forme qu'elles auront lorsqu'elles seront tout à fait adultes; elles sont blanchâtres, leur peau est ridée, gonflée de graisse , et leur extrémité parait bleuâtre par l'amas des excréments. Les dégâts qu'elles occasionnent alors ne sont pas encore très-sensibles, elles ne rongent guère que les radicelles des plantes herbacées. A la tin de l'automne elles s'enfoncent assez profondément en terre pour se mettre à l'abri des gelées et des inondations. Au printemps suivant, elles ne vivent plus en famille, leur appétit s'est développé, elles se dispersent dans les cultures, attaquent presque tous les végétaux, se creusent des galeries assez rapprochées de la surface de la terre, dévorent les racines de toutes les plantes basses qu'elles rencontrent : graminées de toutes espèces, fraisiers, oseille, laitue, chicorée, trèfles, luzernes, etc. C'est alors que commencent d'effrayants ravages qui ne cessent qu'avec les premiers froids. A cette époque, elles sont à moitié de leur grosseur; elles s'enfoncent de nouveau à une certaine profondeur pour reparaître avec le printemps; leur appétit est doublé; elles ne se contentent plus de plantes herbacées, elles dévorent les racines des arbres dans les pépinières; ceri-
siers, pommiers, poiriers, abricotiers, etc., etc., et, dans les jardins, les racines des rhododendons, des azalées américaines, des rosiers, etc. Les végétaux qu'elles ont attaqués, se fanent et périssent promplement.
Les dégâts occasionnés dans les pépinières des environs de Paris par ces larves, montent, dans certaines années, à plus de trois cent mille francs. Nos collègues, MM. Jamin et Durand, évaluent, pour leur part, à plus de trente mille francs la perte qu'elles leur ont fait éprouver en 1834.
A l'automne, elles s'enfoncent de nouveau dans la terre jusqu'au printemps. Quand elles reparaissent, elles ont acquis presque toute leur grosseur et leur appétit a un peu diminué. En juillet, elles se préparent à se transformer en nymphes ; à cet effet, elles s'enfoncent dans la terre à 1 mètre ou 1m,50 de profondeur; là, elles se construisent une coque ovoïde, dans laquelle elles subissent leur seconde métamorphose. La nymphe est d'une teinte roussâtre. L'insecte parfait éclot en février, mars et avril, mais ne sort de terre que lorsque la température lui paraît convenable. H arrive quelquefois, à la suite d'années chaudes comme en 1865, que l'éclosion de plusieurs individus a lieu en automne, et que l'on voit des hannetons en octobre. Pour sortir de terre, le hanneton se creuse un passage vertical et laisse dans le sol des trous semblables à ceux que Ton pourrait faire avec une grosse baguette.
Les larves de hannetons, connues sous les noms vulgaires de vers blancs, de Mans, versTurcs, vers Matis, etc. ; de même que les chenilles des Agrotis {vers gris), préfèrent les terres meubles et légères comme mieux per-
méables à l'air. La culture et les labours ont, pour cette raison, beaucoup contribué à favoriser la multiplication des hannetons. Chacun a pu remarquer que ces insectes dévastateurs sont fort abondants à la lisière des bois dans le voisinage des cultures, et" que jamais les arbres ne sont dépouill s de leurs feuilles dans le centre des forêts. Les vers b!ancs craignent la sécheresse ; lorsque cela arrive, ils s'enfoncent en terre et ne remontent qu'après la pluie.
Il y a des hannetons tous les ans, mais c'est tous les quatre ans périodiquement qu'a lieu la grande apparition.
M. le professeur Girard rapporte qu'à la suite d'une famine qu'ils avaient amenée, on lança contre eux les foudres de l'excommunication. En 1479, ils furent cités devant le tribunal ecclésiastique de Lausanne et défendus par un avocat de Fribourg. Après délibération, ils furent bannis du territoire. O (empora /
On a proposé une infinité de moyens pour diminuer les ravages des vers blancs. Parmentiera conseillé, dans le temps, de planter des bordures d'oseille ou de laitue autour des endroits qu'on veut préserver. Ils sont trèsavides de ces plantes, ils s'y rendent de tous les côtés, et, en fouillant au pied de chaque touffe, on en déterre un certain nombre que l'on écrase chaque jour. Ce moyen, que l'on peut essayer dans un petit jardin où l'on cultive quelques fraisiers, est inapplicable à la grande culture.
M. Gloede , cultivateur de fraises aux enyirons de Fontainebleau, préconise la fleur de soufre répundue d'abord sur la terre et enterrée ensuite à la bêche. Ce
procédé peut avoir quelque valeur, car les larves de hannetons fuient les émanations sulfureuses. Il suffît même d'enterrer des débris de choux comme du fumier, pour les éloigner. Le procédé de M. Baron, d'Anlony, a, selon son auteur, un succès constant. Il emploie en petite quantité la matière fécale pralinèe avec de la chaux et du plâtre. Si ce moyen est aussi efficace que l'assure M. Baron, c'est encore à la présence du soufre qu'il faut attribuer ce résultat.
Un vétéran de l' horticulture, aujourd'hui plus qu'octogénaire, le sieur Duval, jardinier à Issy, a observé pendant de longues années les mœurs des hannetons ; à la suite de ses expériences, il adressa, il y a quatre ou cinq ans, au ministre de l'agriculture et du commerce une note détaillée, contenant un procédé pour la destruction des vers blancs. Cette pièce fut renvoyée à la Société impériale et centrale d'horticulture, qui chargea une commission do faire un rapport sur la valeur du procédé employé par ce jardinier. Les conclusions du rapport ont démontré que, si cette méthode pouvait rendre quelques services dans des petits jardins, elle était inexécutable dans la grande majorité des cas.
Voici, au reste, en peu de mots, en quoi consiste ce procédé. Le sieur Duval, ayant remarqué avec raison que les larves des hannetons périssent dès qu'elles sont exposéesjau soleil, a eu l'idée de les ramener à la surface du sol. Pour arriver à ce résultat, il sème, en juin, pour les affriander, de la laitue dans un jardin qu'il suppose envahi par les hannetons ; au mois d'août, il retourne le terrain avec un râteau et met à découvert les petites
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larves de première année, qui sont encore en famille. Celles-ci meurent immédiatement par le seul fait de l'insolation. Noire jardinier recommence plusieurs jours de suite, en profitant d'un beau soleil, pour être bien certain qu'il ne reste plus trace de vers blancs. Son jardin, dit-il, se trouve ainsi exempt de tout ravage pendant quatre ans.
M. Pissot, conservateur du bois de Boulogne, a proposé d'arroser les pelouses ravagées par les vers blancs, avec de Thuile lourde de gaz, étendue d'une grande quantité d'eau (environ trois parties sur cent). Ce moyen, encore a l'essai, n'est pas sans analogie avec celui qu'indique le professeur Ratzeburg de Berlin. « On a observé, dit ce savant, depuis peu, que les vers blancs ont une grande répugnance pour le goudron de charbon de terre, et on a l'espoir de les tenir éloignés des jeunes arbres, en jetant dans les trous disposés pour la plantation, une ou deux feuilles de chêne sèches trempées dans le susdit goudron. »
On pourrait essayer aussi, au moment de la plantation, de répandre, dans les trous destinés à cet usage, un peu de fleur de soufre.
Tous les moyens dont nous venons de parler, ne sont que de bien légers palliatifs. L'agriculture en attend un autre plus radical ; le gouvernement le lient dans sa main , c'est le hannetonnage pratiqué en grand. Nous avons une loi pour l'échenillage, et cependant, après tout, à quoi se réduit l'échenillage? A la destruction d'une seule espèce de chenille, celle du bombyx chrysorrhèe, qui, à l'automne, forme à 1 extrémité des branches, une bourse ou un sac d'une soie grisâtre, renfermant
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. dans un paquet de feuilles sèches, une nichée de petites chenilles écloses avant l'hiver. Elles nuiraient sans doute beaucoup aux arbres fruitiers, mais ces dégâts seraient peu de chose, si on les compare aux affreux ravages des vers blancs, qui, plus d'une fois, ont amené la famine, et qui, chaque année, font perdre bien des millions à notre agriculture.
Les chenilles dévorent les bourgeons et les feuilles de nos arbres fruitiers, elles détruisent souvent une partie de la récolte, mais ces mêmes arbres, n'en meurent pas ; l'année suivante ils repoussent avec vigueur ; tandis que ceux dont les racines sont attaquées par les vers blancs sont perdus à tout jamais-.
Si nous sommes bien informé, on prépare, en ce moment, un nouveau code rural. Espérons que le gouvernement éclairé de la France, prêtera l'oreille aux justes réclamations des Sociétés d'agriculture et d'horticulture, et que, par une loi sévère, il rendra le hannetonnage obligatoire pour tous.
Nous ne pensons pas qu'à notre époque, il se trouve un seul préfet qui craigne d'être représenté en hanneton par le Charivari, comme on le fit, il y a une trentaine d'années, pour le spirituel préfet de la Sarthe, qui en 1835, sous le règne du roi Louis-Philippe, fit anéantir 155 millions de hannetons dans une portion de son département.
En France, par esprit de plaisanterie et surtout par ignorance, on a l'habitude de tourner en ridicule les choses les plus sérieuses. A combien de facéties de mauvais goût le grand popularisateur de la pomme de terre, l'illustre Parmentier, n'a-t-il pas été en butte? Sous le pre-
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mier empire, combien n'a-t-on pas fait de caricatures à propos du sucre de betterave? Aujourd'hui, cependant, ce produit rivalise avec le sucre de canne, et Jean- Jacques Rousseau ne dirait plus: « Je croirai à la chimie quand on me fera du sucre avec a utre chose que la canne à sucre. »
Lorsque l'on voudra procéder sérieusement au hannetonnage, on devra commencer cette opération vers le 20 avril et la continuer sans relâche jusqu'à la tin de mai, pour ne pas laisser aux femelles le temps de pondre. C'est le matin, à la rosée, au moment où les insectes sont engourdis, qu'il faudra faire la récolte. Si l'on attendait au milieu de la journée, beaucoup d'individus, échauffés par la chaleur du soleil, prendraient leur essor et échapperaient aux chasseurs. On secouera fortement les jeunes arbres, et, à l'aide de gaules, on fera tomber les hannetons qui se tiendront sur les branches élevées, en ayant soin, bien entendu, d'étendre une toile sous les arbres dans les endroits où il y a de la mousse ou des grandes herbes; sans cette précaution, on perdrait une partie de ces coléoptères, qu'on ne pourrait retrouver qu'avec peine et une perte de temps. La cueillette sera réunie dans des sacs, et on tuera les hannetons, soi! en les faisant bouillir, soit en les écrasant. Une fois qu'ils sont morts, ils peuvent être employés comme engrais. Dans quelques contrées de l'Allemagne, on les fait sécher au four, ensuite on les réduit en poudre et on en fait, avec de la farine de maïs, une sorte de pâtée pour nourrir la volaille et surtout pour l'éducation des faisans.
Qui sait si la chimie, dans les grands centres où la récolte sera abondante, ne trouvera pas moyen de les
utiliser dans l'industrie , ne fût-ce que pour la fabrication du gaz? Ces animaux sont très-riches en matière grasse.
Hanneton du marronnier. Melolontha hippocastani Fabr.
Il ressemble au hanneton commun dont il est trèsvoisin ; mais il est plus petit et plus raccourci. Son corselet est rougeàtre et le prolongement anal est plus obtus. 11 éclot à la môme époque, mais il est beaucoup moins commun aux environs de Paris, et ne se trouve guère que dans les bois. Ses habitudes sont les mêmes à l'état de larve et à l'état parfait.
Hanneton foulon. Melolontha fullo Fabr.
Cet insecte, appelé aussi hanneton du Poitou, est moitié plus gros que le hanneton commun, il est d'un brun noirâtre marqueté d'une infinité de taches blanches irrégulières. Ralzeburg et d'autres auteurs le considèrent comme nuisible -, en France, il est assez rare et ne produit aucun dégât bien appréciable; sa larve, est énorme et vit, dans les dunes, de racines de graminées. On ne le trouve pas aux environs de Paris.
Hanneton solstitial. Melolontha solstitialis Fabr.
Il est moitié pli^ petit que l'espèce ordinaire; il est d'un brun rougeàtre ; ses élytres sont luisantes, d'un jaune tcstncé, garnies de quelques poils clairsemés avec les côtes assez marquées : il est très-
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velu en dessous. Sa larve ressemble au ver blanc ordinaire, avec lequel les horticulteurs la confondent ; elle n'en diffère que par la taille, et par la couleur de la tête qui est plus brune. Ce petit ver blanc, plus répandu dans les champs que dans les jardins, est quelquefois nuisible dans les terrains sablonneux. L'éclosion a lieu depuis la Saint-Jean jusqu'au milieu de juillet.
Hanneton d'été. Melolontha œstivalis Fabr.
De la taille du précédent auquel il ressemble au premier coup d'œil. il est d'une couleur jaunâtre pâle, avec l'écusson et la poitrine couverts de longs poils jaunâtres. Ses ciytres sont d'un jaune roux, luisantes, avec les côtes très-peu indiquées. Sa larve ressemble à celle du hanneton solstitial, et fait quelquefois des ravages dans les jardins potagers, en dévorant les racines de la chicorée et de la laitue -, elle aime beaucoup aussi celles des reines-marguerites. Ce petit hanneton, appelé par les cultivateurs hanneton d'été, éclot en août et septembre. On voit quelquefois des individus précoces paraître en juillet.
Ces deux dernières espèces ont été retirées par La treille du genre Melolontha, et font aujourd'hui partie genre Rhizotrogus.
Hanneton horticole. Melolontha horticola Fabr.
Ce très- petit hanneton appartient aujourd'hui au
genre Anisoplia, et est très -différent de l'espèce com-
mune; il n'a que 9 à 10 millimètres; sa tète et son corselet sont d'un vert brillant, avec les élytres d'un jaune-fauve. Les pattes sont noires. Il éclot en mai et juin et se trouve fréquemment à la campagne ; dans les jardins, il dévore fes feuilles tendres des pommiers, pruniers, rosiers, etc.; mais c'est surtout dans les champs qu'il produit des dégâts, en entamant les graines des céréales. Les larves sont quelquefois fort nuisibles dans les potagers ; elles rongent les racines des choux et les font souvent périr. Il n'est pas rare d'en rencontrer quelques-unes dans les pots à fleurs. Plusieurs fois nous avons perdu, par son fait, des plantes alpines, telles que saxifrages, Cortusa Mathioli, Artemisia glacialis, etc. Il nous est né, en 1863, quatre individus qui sont sortis d'un pot de Hacquetia epipactis. M. A. Pélé nous a apporté un pot d'Escalonia cultivé en serre, dont les racines étaient dévorées par les larves de cet insecte.
Hanneton des champs. Melolontha agrioola Fabr.
11 est de la taille du précédent et appartient aussi au genre Anisoplia. La tête et le corselet sont verts et pubescents. Les élytres sont d'un fauve roussàtre assez brillant, marquées d'une tache commune, noirâtre, autour de Fécusson. Ce petit hanneton est très -abondant- dans certaines contrées de la France. Il ronge, comme le précédent, lesgrains tendres du blé et du seigle; il est quelquefois fort nuisible dans les champs, et peut, lorsqu'il est en nombre, faire perdre jusqu'à un quart de la récolte.
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il ne se rencontre pas souvent dans les jardins; cependant, notre savant collègue, le colonel Goureau, dit, « qu'en mai 1833, il détruisit les rosiers dont il dévora toutes les feuilles et toutes les fleurs ; dans certains jardins, c'est à peine s'il resta un rosier intact; ces insectes pendaient aux fleurs comme un essaim d'abeilles -, l'année précédente, les pommiers et les pêchers avaient essuyé leurs ravages ; on en a vu sur les Acacias {Robinia) une si grande quantité, que tout le feuillage a été dévoré et qu'ils tombaient comme la grêle, lorsqu'on secouait l'arbre. »
La petite larve vit des racines de plantes basses; elle est, comme l'insecte parfait, très-polyghage.
Lorsque Ton rencontre, dans les parcs ou même dans les jardins, ces petits hannetons réunis par groupes sur des jeunes branches, il fautles faire tomber dans une espèce de sac ou sur un parapluie renversé, les brûler ou les écraser. Ils ne se tiennent jamais dans les grands arbres, on les voit presque toujours sur les graminées ou les jeunes pousses de première ou de seconde année.
Les jardiniers trouvent dans le terreau des vieilles couches ou dans la tannée en décomposition, une grosse larve d'un jaune- grisâtre sale, avec la tête d'un rouge ferrugineux. Cette larve ne fait aucun mal aux plantes ; elle se nourrit exclusivement du détritus des végétaux. Elle vit trois ou quatre années avdnt de produire l'insecte parfait. Celui-ci porte le nom d'Oryctès nasicorne (Oryctes nasicornis), et est appelé vulgairement Rhinocéros , Licorne, à cause de la corne que le mâle porte sur le milieu de la tête. C'est un insecte fort inoffensif.
GENRE CÉTOINE. CETONIA Fabr.
Ce genre diffère, au premier coup d'œil, des hannetons par son corps très-aplati ; il a, en outre, pour caractères : des antennes de dix articles dont les trois derniers forment une massue de trois feuillets ; des mandibules en forme d'écaillés membraneuses-, le dernier article des palpes un peu plus gros que le précédent, ovalaire ; un corps ovale déprimé ; un corselet trapéziforme ; une pièce axillaire à la base latérale des élytres.
Les Cétoines ont le corps ovale aplati, leur tête est petite et prolongée en un chaperon plus long que large ; elles volent très-bien ; mais elles offrent cette particularité, qu'elles prennent leur essor sans ouvrir leurs élytres. Leurs larves vivent trois années, elles se nourrissent généralement de terreau et de bois pourri. Deux espèces passent pour nuisibles aux jardins.
Cétoine dorée. Cetonia aura ta Fabr.
Elle est d'un beau vert bronzé très-brillant en -dessus
et d'un vert cuivreux en-dessous.
Ses élytres sont marquées de quelques petites taches blanches éparses. Lorsqu'on la saisit, elle 46. — Cétoine dorée, fait souvent la4 morte. On la
Cetonia aurata. . . , .
trouve en juin a la campagne, sur les fleurs en ombelles et en cymes, et très-souvent dans les jardins, cachée dans les fleurs des pivoines et des roses; elje entame un peu ces dernières fleurs et
détruit les étamincs de celles que Ton réserve pour graines. L'autre espèce est la
Cétoine s tic tique. Cetonia stictioa Fabr.
Elle est moitié plus petite que la cétoine dorée, noire en-dessus et en-dessous, avec un reflet légèrement bleuâtre ; elle est, en outre, marquée de points blancs sur les élytres et sur le corselet. C'est sans doute en raison de ces points blancs sur un fond noir, que Geoffroy lui a donné le nom de Drap mortuaire. Cette petite cétoine parait en mai ; elle nuit aux jardins, en ce qu'elle mange les étamines des fleurs des poiriers.
La larve ressemble à un petit ver blanc. Feu notre collègue Basseville, de Passy, nous a remis , dans le temps, plusieurs pots de fraisiers cultivés cà chaud, qui contenaient un assez grand nombre de ces larves. Nous supposions qu'elles appartenaient au petit hanneton horticole, mais nous avons été détrompé, lorsqu'au bout de deux ans, nous avons vu sortir de ces pots la cétoine stictique.
M. Philibert Baron a apporté, cette année, à la première séance d'avril de notre société, plusieurs centaines de cétoines stictiques, qu'un jardinier avait déterrées la veille, dans une couche où les larves, d'après cet horticulteur, avaient fait périr la plupart des plantes.
On voit aussi, de temps en temps, sur les roses; un coléoptère d'un vert brillant, un peu plus petit et moins aplati que la cétoine dorée, et dépourvu de pièce axillaire à la base des élytres. C'est la Trichie noble [Trichius nobUis). les jardiniers l'accusent de manger les
pétales des fleurs. Elle est rarement assez commune pour être considérée comme nuisible.
GENRE GANTH ARIDE . LYTTA Fabr.
Les cantharides ont le corps allongé, cylindroïde; la tête cordiforme, portant deux antennes plus longues que le corselet; une bouche armée de deux mâchoires de longueur moyenne; un corselet petit, de forme carrée; des élytres molles, linéaires, aussi longues que l'abdomen.
Ce genre appartient à la section des Hétéromèros et à la famille des ïrachélides de Latreille. On trouve souvent dans les parcs et quelquefois dans les jardins l'espèce suivante :
Cantharide vésicante. Lytta vesicatoria Fabr.
Elle est d'un vert-doré brillant, avec les antennes
noires; elle varie pour la taille, mais, dans tous les cas, les mâles sont plus petits que les femelles. L'éclosion des
cantharides a lieu dans les premiers jours de juin. Elles s'abattent presque toujours en
U.-Cantl.aride vacante. n0mbre SUl' lôS dîffé"
Lyua vesicatoria. rentes sortes de frênes, sur les
lilas et les troènes, dont elles dévorent les feuilles; on les a vues, dans certaines années, se jeter sur les plantes basses et sur les céréales.
Ces insectes exhalent une très-forte odeur de souris, qu'il ne faut pas trop respirer; nous avons vu des personnes gravement incommodées , pour s'être endormies sous un frêne pleureur couvert de cantharides.
Lorsqu'on s'aperçoit de leur présence, il faut les faire tomber, le matin à la rosée, sur des toiles et les faire périr en les jetant dans du vinaigre bouillant ; après les avoir fait sécher, on pourra les conserver et en tirer parti pour l'usage de la pharmacie.
On ne sait pas encore trop comment vit la larve des cantharides et le temps qu'elle met à se développer. Olivier est le seul auteur qui en donne une description sommaire. Elle est, dit-il, composée de treize anneaux (sans doute qu'il y comprend la tête), mollasse, d'un blanc jaunâtre, pourvue de six pattes écailleuses ; sa tête • est arrondie, un peu aplatie, nrmée de deux mâchoires assez solides.
FAMILLE DES CUKCLLI01N1TKS OU RIIYNCIIOPIIORES,
Vulgairement Porte-becs.
Celte innombrable famille comprend aujourd'hui plus de dix mille espèces; elle correspond au genre Charançon [Curculio de Linné). Les Rhynchophores sont télramères et ont pour caractères principaux : un corps ovoïde, rétréci en avant, embrassé latéralement par des élytres convexes; une tête se terminant en un rostre ou bec plus ou moins délié et
plus ou moins allongé, portant deux antennes droites (Orlhocêres), ou coudées {Goniatocères), composées de neuf, dix, onze ou douze articles, de longueur variable, mais dont le premier est toujours long, et les trois derniers réunis en massue ; des pattes robustes avec les cuisses renflées.
Les larves des Rhynchophores ou Charançons sont apodes, c'est-à-dire privées de pattes, elles ont tout au plus quelques mamelons qui en tiennent lieu; elles sont, en général, d'un blanc jaunâtre avec la tôle brune ou roussàtre; elles ne vivent jamais à découvert, elles craignent la lumière et se tiennent cachées. Elles attaquent toutes les parties des végétaux; les unes vivent dans l'intérieur des graines ou des fruits, les autres rongent le parenchyme des feuilles, dont elles ont formé des . rouleaux ou des cornets; d'autres se tiennent dans la terre et mangent des racines ou le collet des plantes basses ; quelques espèces habitent dans des galles; d'autres dévorent l'intérieur des fleurs, et enfin il en est qui vivent dans l'intérieur des tiges de diverses plantes (1).
C'est à l'état de larve que les Charançons sont le plus nuisibles à l'agriculture et à l'horticulture; à l'état d'insecte parfait, ils font beaucoup moins de mal. Il n'y a pas de famille dans Tordre des Coléoptères où le cultivateur compte une aussi grande quantité de petits ennemis. Les Rhynchophores ou Charançons, comme tous
(4) Selon Frisch, Léon Dufour et Ratzcburg, les larves des Anthribes sont carnassières; elles se nourrissent des œufs des Kermès et vivent en parasites sous la carapace de ces gallinsectes ; on doit par conséquent les mettre au nombre des in- , sectes utiles.
COLÉOPTÈRES. \Ti
les grands genres de Linné, sont partagés aujourd'hui en une multitude de coupes génériques. Schœnherr qui a passé une partie de sa longue existence à étudier les Curculionites, en avait déjà établi plus de six cents. Nous ne parlerons ici que de ceux qui renferment des espèces dont la connaissance est indispensable à un bon jardinier. Nous voudrions pouvoir indiquer, en môme temps, les moyens de destruction à mettre en usage, malheureusement ils sont plus limités pour cette famille que pour toute autre.
Les Charançons portent, en horticulture, selon les localités, les noms vulgaires de Lisette, de Bécare, de Becmare, de Bêche, etc.
GENRE RHYNGHITE. RHYNCHITES Herbst.
Ce genre comprend une quarantaine d'espèces propres à l'Europe pour la plupart ; il se distingue par les caractères suivants : tête petite, à moitié enfoncée dans le corselet , se prolongeant en un rostre en forme de bec, très-long, dilaté à son extrémité; antennes droites, insérées au milieu du rostre, composées de onze articles dont les inférieurs un peu plus longs que ceux du milieu, et dont les derniers réunis en une sorte de massue; corps ovale, allant en se rétrécissant en avant ; mandibules pourvues d'une dent interne; corselet conique, élargi en arrière, offrant souvent, dans les mâles, une épine latérale. Plusieurs espèces de Rhynchiles sont très-nuisibles aux cultures, telles sont les suivantes :
Rhynchite Bacchus. Rhynohites Bacchus Schœuherr. Cette jolie Lisette , la plus brillante de nos espèces
européennes, est un peu velue, d'un beau rouge- doré métallique à reflet violacé; elle paraît dans les jardins avec les premiers beaux jours du printemps; elle se nourrit de la séve des jeunes pousses, et s'accouple à la fin de mai ou en juin. La femelle perce avec son rostre les petites poires nouvellement nouées, et dépose dans le petit trou un œuf qu'elle cache en bouchant l'ouverture ; cet œuf éclot au bout de cinq à six jours, et la petite larve creuse une galerie dans le fruit. En quatre semaines au plus, après plusieurs changements depeau, elle a acquis tout son développement ; alors elle abandonne le fruit, dont elle occasionne toujours la chute, et s'enfonce en terre pour se métamorphoser et éclore au printemps suivant. Il y a des localités où elle fait beaucoup de tort aux poiriers en perçant les jeunes poires.
Pour atténuer le mal que cet insecte occasionne dans les vergers, il faut enlever soigneusement tous les fruits piqués.
On l'a accusé à tort de rouler les feuilles de la vigne pour y déposer ses œufs ; c'est sans doute à cette croyance de quelques anciens auteurs, qu'il doit son nom de Bacchus.
Rhynchite du bouleau. Rhynchites betuleti Kab.
Cette Lisette, à peu près de la taille de l'espèce précédente, est d'un vert-doré brillant ou quelquefois d'un bleu métallique; elle est, dans certaines localités, un fléau pour les viticulteurs. L'insecte parfait éclot en mai et juin, et reparaît à l'automne pour une seconde fois. Il vit sur beaucoup d'arbres qui ne sont
pas du ressort de l'horticulture, nous n'en parlons ici que parce qu'il est très -préjudiciable aux vignes. La femelle roule les feuilles et en fait des espèces de cylindres, qu'elle perce à trois ou quatre endroit^ pour déposer un œuf dans chaque piqûre. Ensuite elle coupe aux trois quarts le pétiole de ces feuilles, pour arrêter la séve et amener dans leur tissu une modification morbide. Celles-ci se fanent, se flétrissent et finissent par tomber. Lorsque les petites larves ont acquis toute leur croissance, elles quittent leur retraite et s'enfoncent en terre pour se métamorphoser et éclore en septembre, mais, le plus ordinairement, au mois de mai; les individus nés à l'automne passent l'hiver sous les écorces desarbres ou cachés entre les mousses et les lichens.
Lorsqu'on aperçoit, dans les vignobles, ou sur les treilles, ces espèces de rouleaux suspendus aux ceps, il faut les enlever avec soin et les brûler pour détruire l'insecte dans son berceau.
Rhynchlte conique. Rhynchites conicus Herbst.
Cette petite Lisette, que peu d'arboriculteurs ont vue en nature, mais dont tous connaissent parfaitement les effets, est très-commune dans les jardins fruitiers. Elle est d'un bleu foncé avec les antennes noires; elle offre sur le corselet, et surtout sur les élytres quelques poils épars bien visibles à la loupe. Elle est ailée comme les espèces précédentes et vole très-bien d'un arbre à l'autre. Ce petit insecte est désigné par les jardiniers sous le nom de coupe-bourgeon. Les uns l'accusent de faire beau-
coup de mal aux arbres -, d'autres, au contraire, le considèrent comme médiocrement nuisible et prétendent que c'est lui qui a enseigné le pincement des arbres fruitiers. Pour *es personnes étrangères à l'arboriculture, nous exposons ici ses habitudes.
Lorsqu'après l'accouplement la femelle éprouve le besoin de pondre, elle vient se poser sur une pousse tendre de poirier (bourgeon des jardiniers). Dès qu'elle a trouvé dans cette partie encore herbacée un endroit convenable pour y déposer sa progéniture, elle y perce un petit trou à l'aide de son rostre, et y dépose un œuf; elle descend ensuite un peu plus bas et avec ses petites mâchoires elle coupe circulairement. le bourgeon aux trois quarts environ, pour arrêter la séve et en altérer la nature ; elle recommence ce manège sur de nouveaux bourgeons, jusqu'à ce qu'elle ait terminé sa ponte. C'est alors que, dans le courant de mai, on yoit pendre aux arbres des bourgeons fanés, noircis et presque desséchés, qui, au bout de quelque temps, se détachent et tombent. Lorsque les petites larves sont arrivées au terme de leur croissance, elles quittent leur berceau et s'enfoncent en terre où elles se construisent une petite coque* pour se changer en nymphes. Il arrive quelquefois que des individus éclosent en septembre; dans ce cas ils passent l'hiver dans l'engourdissement sous les écorces ou entre les feuilles sèches pour se réveiller au printemps.
Le coupe-bourgeon ne vit pas seulement sur le poirier ; il attaque aussi les jeunes pousses des pruniers, des cerisiers, des abricotiers et même de l'aubépine. L'insecte parfait est très -petit et difficile à prendre;
aussitôt qu'on s'approche d'une branche où il est en trayait, au lieu de s'envoler, il se laisse tomber, fait le mort, se confond avec la terre du jardin ou se perd dans l'herbe.
Nous recommandons aux personnes qui craignent les ravages de cette lisette, d'enlever tous les bourgeons fanés qui pendent aux poiriers et de les brûler.
GENRE PHYTONOME. PHYTONOMUS Schœnherr.
Les petits charançons appartenant à ce genre composé de près de cinquante espèces, présentent les caractères suivants : antennes coudées, de longueur médiocre dont l'article basilaire atteint presque les yeux, les autres noueux ; massue des antennes oblongue ; rostre moitié plus long que la tête; yeux oblongs un peu déprimés ; élytres convexes, ovalaires-oblongues ; pattes ayant les crochets des tarses longs et assez robustes.
Les phytonomes sont de petites lisettes qui causent souvent dans les jardins d'assez grands dommages aux plantes ornementales. La plus nuisible est l'espèce suivante :
Phytonome de la renouée. Pytonomus polygoni Sch.
Il n'est pas rare de voir chez les fleuristes des tiges d'œillets qui languissent, jaunissent et finissent par se dessécher sans pouvoir donner de fleurs. Cette maladie est produite par la petite larve de ce phytonome qui creuse la tige et détruit toute la partie médullaire.
L'insecte parfait est (Tune couleur brunâtre avec le corselet marqué de trois lignes blanchâtres. Les élytres sont grisâtres, pubescentes, avec trois lignes noires.
Lorsque Ton s'aperçoit que des tiges d'œillets sont attaquées par la larve dé ce phytonome, il faut les couper et les brûler.
GENRE APION. APION Herbst.
Les Apions, dont on connaît aujourd'hui une centaine d'espèces, sont les plus petits des charançons; ils ont pour caractères : des antennes droites, terminées par une massue de trois articles et insérées sur la trompe ou rostre ; une tête enchâssée dans le corselet qui est plus long que large, cylindroïde, tronqué carrément à sa base ; des élytres ovoïdes donnant au corps une forme presque globuleuse, glabres ou presque glabres ; des pattes assez longues avec les tarses spongieux.
Les petites larves des apions ne vivent pas toutes de la même manière. Beaucoup rongent les graines des légumineuses herbacées, et y subissent toutes leurs métamorphoses ; d'autres habitent dans les fleurs ; quelques-unes se nourrisent de la partie médullaire de différents végétaux, et ne sortent de leur berceau qu'à l'état parfait.
Plusieurs espèces sont très-nuisibles à la grande culture, telles que lapion du trèfle (apion apricans)y dont la larve dévore les graines de cette plante ; l'apion à pattes jaunes (apion flavipes), qui a les mêmes mœurs, et mange aussi les graines du trèfle. On n'en connaît que deux qui occasionnent quelques dégâts dans les jardins.
COLEOPTERES . «43 . ■ Apion bronzé. Apion aeneum Oennar
Très-petit insecte d'un vert bronzé plus ou moins obscur en dessus) et d'une couleur bleuâtre ou noire en dessous, il fait quelquefois beaucoup de tort aux rosestrémières (Alcea rosea), dont il ronge les bourgeons ; les petites larves, élevées par Kaltenbacb , creusent des galeries dans la moelle des Malvacées, et y subissent toutes leurs transformations. L'insecte parfait se montre dès la tin de mars.
Apion violet. Apion violaceum Schœnh.
Ce petit charançon a les élytres plutôt bleues que violettes, et le dessous du corps noir comme l'espèce précédente. Sa larve vit par petites familles dans les tiges de l'oseille, à l'époque où cette plante monle pour fleurir. Comme il n altaque jamais les feuilles, le mal qu'il fait chez les maraîchers, se borne à faire périr quelques porte-graines.
GENRE BARIS. BARIS fieniiar.
LesCurculionites appartenant à ce genre, sont ovales, allongés, glabres, avec une trompe arquée supportant les antennes ; leur corselet est un peu plus long que large, en cone tronqué; leurs paltes sont assez robustes, avec les cuisses un peu renflées.
Baris verdàtre. Baris chlorizans Schœnh.
Ce petit insecte a été très-bien étudié par notre collègue, M. le colonel Goureau. Ce savant, dont tous les entomologistes connaissent les observations persévérantes, donne l'histoire très- détaillée de ses mœurs dans le second supplément de son ouvrage sur les insectes nuisibles. [Bullet. des se. histor. et nalur. de l'Yonne, p. 62, 18.)
Il est assez commun aux erivirons de Paris, de la taille de la lisette coupe-bourgeon, d'un vert terne, sans reflet, avec la tête et les antennes noires } le dessous du corps est d'un vert -bronzé avec les pattes noirâtres. Selon M. Goureau, il éclot dans les premiers jours de septembre, passe l'hiver dans l'engourdissement, et se ranime au printemps pour s'accoupler et propager l'espèce. La femelle pond ses œufs dans les tiges des choux, principalement dans les variétés appelées choux cavalier, choux de Milan, choux de Bruxelles, etc. Dès que les œufs sont éclos, les petites larves creusent des galeries clans ces mômes tiges, et continuent de s'y développer jusqu'au mois d'août qu'elles sont arrivées à leur grosseur. Les transformations ont lieu dans le milieu oùelles ont vécu ; l'insecte sort par un petit trou qu'il fait à l'écorce. Il cause un grand dommage aux choux, lorsqu'il est nombreux.
Une autre espèce du môme genre., Baris chloris de Ziegler, d'un bleu un peu verdàtre en dessus et noire en dessous, fait quelquefois beaucoup de mal dans les plantations de colza. Plienenger (fois 1857, p. 525), pense
que les larves vivent dans des galles, sur les racines, et se métamorphosent en terre. Nôrdlinger, p. 175, croit, au [contraire, que la femelle pond dans les tiges, que les petites larves vivent dans la moelle, et que les transformations ont lieu dans la plante même. Les observations de M. Goureau sur l'espèce précédente qui en est très-voisine, semblent justifier l'opinion de Nôrdlinger.
GENRE GEUTORHYNQUE. CEUTORHYNCHUS Shœnh.
Les insectes rapportés a ce genre sont encore plus petits que notre coupe-bourgeon ; ils ont pour caractères : des antennes coudées de douze articles, dont les trois derniers forment la massue; un rostre long, grêle, filiforme, arqué, appliqué sur la poitrine dans le repos ; un corselet en cône tronqué, pourvu de chaque côté d'un petit lobule qui cache un peu les yeux -, des élytres ovalaires, .plus larges que le corselet, avec les épaules ou les angles numéraux obtus ; des pattes médiocres, avec les cuisses renflées.
Geutorhynque Bulcioolle . Ceutorhynohus suloloollisSch.
Il est tout nbir, avec quelques poils grisâtres ; mais, ce qui le distingue particulièrement, c'est un sillon longitudinal sur le corselet. Il parait en juillet et est , sous son premier état, très-nuisible dans les plantations de choux et de navets. Après l'éclosion de l'insecte parfait, l'accouplement a lieu sur les plantes où ces petits charançons sont souvent très-communs ; la femelle descend
à terre, pique avec son rostre les choux ou les navets vers le collet, et dépose un œuf dans chaque piqûre.
Les petites larves éclosent au hout de quelques jours et déterminent, probablement par l'afflux de la séve, ces sortes de bosselures ou d'excroissances que tous les jardiniers ont remarquées sur les navets et sur les choux. Vers la fin d'octobre, les petites larves ont acquis tout leur développement ; alors elles percent les galles où elles sont renfermées, entrent en terre et se construisent des petites coques dans lesquelles elles restent jusqu'à la fin du printemps, avant de se changer en nymphes. On trouve aussi cet insecte sur le colza, mais moins souvent que le Baris chloris.
Nous ne connaissons aucun moyen à opposer à ses ravages. En Angleterre, où ce charançon est extrêmement commun dans les champs de turneps, on a conseillé de faire passer sur la terre un rouleau très-pesant pour écraser les larves renfermées dans leurs petites coques. Nous avons bien peu de confiance dans ce procédé.
M. — Ceutortiynque sulcicolle.
Ceutorhynchu* sulcicollù.
Ceutorhynque du navet. Ceutorhynchusnapi Schœnh.
Cette petite lisette est devenue, depuis quelque temps, très-commune aux environs de Paris dans les champs,
sur les choux et surtout sur les colzas. Il y a quelques années, un de nos collègues de la Société d'horticulture en apporta à une de nos séances plusieurs individus, pour connaître le nom d'un insecte qui, disait-il, faisait de grands dégâts dans les colzas aux environs de Versailles.
Il est presque moitié plus petit que l'espèce précédente, d'une couleur brunâtre variée de petites écailles jaunâtres, qui lui donnent une teinte grise-, il se montre au printemps et est d'autant plus nuisible qu'il ronge le cœur et les jeunes feuilles des choux et du colza. Heureusement il n'est pas encore très-répandu chez les maraîchers, ni dans les jardins potagers. Les larves vivent en mai dans les tiges du colza et des choux, où elles creusent de nombreuses galeries ; arrivées à toute leur taille, elles se métamorphosent en terre, et l'insecte parfait naît en juillet pour s'accoupler et pondre. M. Goureau suppose qu'il n'y a qu'une partie des nymphes qui éclosent à cette époque et qu'une autre partie reste dans l'engourdissement jusqu'au printemps.
Malheureusement il n'y a encore aucun moyen à opposer à ce nouveau fléau.
Notre collègue, le Dr Aubé,a publié, dans les Annales de la Société entomologique de France (1852, Bullet., p. 83), les réflexions suivantes, à propos d'un mémoire de M. Focillon, inséré dans les Annales de V Institut agronomique de Versailles. En examinant ce mémoire, dit-il, on est étonné de trouver une erreur presque à chaque pas 1 Ainsi le Grypidius brassicœ, regardé comme nouveau, ne me parait, à en juger par la figure qui accompagne le mémoire , qu'un véritable ceutorhynchus, et
tout me porte a croire qu'il doit être rapporté à Y Astimilis de Fabricius, qui se rencontre très-fréquemment sur un grand nombre de Crucifères, et auquel la description donnée par M. Focillon s'applique assez bien ; je ne puis m'expliquer comment cet insecte a été pris pour un Grypidius dont les caractères et les mœurs sont si différents. » Le Ceutborbynque en question est devenu, depuis quelques années, très-commun sur les colzas aux environs de Paris. Selon M. Focillon, il pique les siliques avec son bec et fait avorter les graines.
GENRE AKTHONOHE ANTHONOMUS Germar.
Les anthonomes, comme leur nom l'indique, sont des petits charançons qui vivent dans les fleurs. Ils ont pour caractères génériques : une tête obconique munie d'un rostre grêle, filiforme, très-peu arqué, portant des antennes coudées terminées en massue pointue: un corselet transversal, rétréci et tronqué en avant ; des élytres ovalaires un peu oblongues, plus larges que le corselet, striées et ponctuées, avec l'angle huméral obtus ; des pattes assez longues, avec les cuisses renflées.
Anthonome des fleurs de pommier. Anthonomus
pomorum Sch.
Il est un peu plus grand que le coupe-bourgeon, d'une couleur plus ou moins brunâtre, avec une villosité ou unepubescence grisâtre; ses élytres sont d'un roux testacé obscur, marquées, vers l'extrémité postérieure , d'une tache blanche entourée de noir. Il n'y a peut-être pas un
jardinierqui n'ait remarqué, au mois de mai, qu'une certaine partie des fleurs des pommiers ne s'ouvraient pas et ressemblaient à des clous de girofle. Les fleurs qui présentent cet aspect, sont habitées par un petit ver qui ronge les organes de la fructification.