Pipe en cuivre pour la fumigation sous châssis
l'aide d'une grosse pipe en cuivre, dont nous donnons ici le modèle, la fumée de tabac par un trou pratiqué à la bâche.
Aujourd'hui que l'administration, sous prétexte d'abus, fait de grandes difficultés pour livrer aux horticulteurs les débris inutiles et les balayures de la manu-
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facture, nous conseillons d'employer, de la même manière et comme succédanées, des feuilles, séchées à l'ombre, de buis, d'if, de stramonium, de belladone, de jusquiame et même de pétunia.
Il ne faut pas croire cependant que toutes les plantes se trouvent très-bien des fumigations dont nous venons de parler; il en est quelques-unes, comme les Orchidées, les Gesnériacées et certaines fougères, entre autres les AdianlMtn, qui souffrent ou périssent dans cette atmosphère de fumée.
La nature, qui a toujours à sa disposition des moyens à elle, pour maintenir l'équilibre entre les êtres de la création, adonné aux pucerons de nombreux ennemis qui en détruisent des quantités prodigieuses, tels que les coccinelles et principalement leurs larves, les larves des syrphes, celles des hémérobes, celles de plusieurs chalcidites qui toutes vivent aux dépens de ces insectes. Les amateurs de jardins doivent respecter tous ces auxiliaires bienfaisants,|dont nous parlerons & leur article.
Kaltenbach a divisé le grand genre puceron Kaphis de Linné; en douze genres, d'après le nombre des articles des antennes, les nervures des ailes des mâles ou l'absence de ces organes chez les deux sexes et, enfin, d'après la présence ou l'absence de la queue ou des cornicules. Koch, dans un travail plus récent, le partage en trente et un genres
Comme nous n'avons pas la prétention d'écrire un livre pour des savants, mais pour nos collègues les horticulteurs, nous avons cru qu'il n'y avait pas lieu d'adopter ici ces nouvelles coupes. Nous dirons peu de chose des mâles, nous nous contenterons de parler
des femelles, de tracer à grands traits leur faciès et de signaler au jardinier ces espèces, telles qu'il les voit sur les plantes qu'il cultive, mais suffisamment cependant, pour qu'il puisse les reconnaître.
Nous avons ajouté, à la fin de notre article puceron, la liste complète de toutes les espèces décrites dans la Monographie de Kaltenbach, afin de donner un aperçu de celles qui peuvent se rencontrer aux environs de Paris.
Puceron du pêcher. Aphis persicœ Kaltenbach.
On trouve sur le pêcher, aux environs de Paris, trois sortes de pucerons : V Aphis persicœ de Morren, qui est d'un noir verdâtre tacheté de noir, avec des antennes entièrement noires. Son abdomen est d'un jaune roussàtre tacheté de noir. Ses pattes sont d'un jaune ferrugineux.. Sa queue et ses cornicules sont d'une longueur normale. Pour éviter la confusion avec celui de Kaltenbach, nous lui donnons le nom à'aphis Persicœcola.
2° L' Aphis persicœ de Kaltenbach, qui est pour nous le véritable puceron du pécher, est en dessus, d'un brun 0 assez clair très-luisant, et, en dessous d'un vert olivâtre. Ses antennes sont brunes, avec le troisième article jaunâtre. Ses cornicules sont très-courtes et sa queue est nulle. Chez les individus ailés, la couleur est d'un nôir luisant en dessus, d'un*gris verdâtre en dessous.
Cette espèce est très-commune sur les pêchers à Montreuil. Dans les années où il gèle peu, on trouve, pendant tout l'hiver, des individus vivants, cachés derrière le treillage ou appliqués derrière les branches. M. Alexis Lepère nous a envoyé, cette année, au mois de février,
des rameaux de pêcher sur lesquels ce puceron était dans une sorte d'engourdissement. Il vit à l'extrémité des bourgeons et descend successivement vers la base. Ce serait sa piqûre qui, selon certains auteurs, occasionnerait la maladie appelée cloque. En effet, c'est toujours dans les cavités des feuilles chiffonnées qu'il se loge.
V aphis persicœ de Morren a les mêmes habitudes.
Ce qu'il y a de mieux à faire pour amoindrir les dégâts de cet insecte, c'est d'enlever les feuilles cloquées et de les brûler. La taille faite de bonne heure jette bas beaucoup d'œufs pondus à l'automne, à l'extrémité des rameaux.
Les pucerons du pêcher attirent beaucoup de fourmis. La troisième espèce que nous ayons observée, est la suivante, qui peut-être n'est qu'une variété du Dianthi.
Puceron de l'amandier. Aphis amygdali Blanch.
On voit souvent sur les feuilles du pêcher et quelquefois sur celles de l'amandier un puceron moitié plus petit • que les précédents. Il est tout à fait d'un vert tendre comme celui du rosier, sans aucune tache. Chez les individus ailés, les ailes sont proportionnellement trèslongues.
Il vit, comme les précédents, dans les feuilles cloquées. On le combat de la même manière.
Dans le midi de la France, il existe un quatrième puceron que nous appelons Aphis persicarum ; il vit en Provence dans les feuilles cloquées des pêchers. Il est de grosseur moyenne, d'un vert-foncé mat et uniforme • en dessus, d'un vert pâle en dessous, avec la queue et
les cornicules de longueur égale et d'un vert mat. Le mâle est d'un brun verdàtre, avec les ailes très-longues. Sauf la couleur et la taille, il a beaucoup de rapports avec celui de l'amandier.
Puceron du poirier. Aphis pyrastri.
Le puceron décrit sous le nom i\' aphis pyri par M. Gôureau, savant entomologiste et très-habile observateur, n'est pas le même que Y aphis pyri décrit et figuré par Koch {Monograp. des pucerons, p. 60, fig. 76, 77). Ce dernier , est d'un vert jaunâtre avec des bosselures sur le corselet, et des cornicules très courtes, noires ainsi que les antennes ; il n a pas encore, à notre connaissance, été observé en France.
Le puceron du poirier, dont parle M. le colonel Goureau, est probablement une espèce nouvelle propre à la France. Il est noir, avec les antennes brunes, à base blanchâtre. La tête et le corps sont d'un noir un peu velouté. Les cornicules sont courtes et noires, et l'abdomen se termine par une petite queue. Lorsqu'on l'écrase, il colore les doigts en rouge.
Ce puceron est commun sur certaines variétés de poiriers, aux mois de mai et de juin et quelquefois plus tard. Il se tient sous les feuilles qu'il a roulées et recoquillées, et donne, par la sécrétion mielleuse qu'il produit, un aspect sale et maladif aux arbres où il s'est établi.
On peut essayer, pour le détruire, des irrigations ascendantes avec les liquides dont nous avons parlé cidessus.
m HÉMIPTÈRES.
Pour éviter ia confusion, nous avons changé le nom de pyri en yyrastri.
Puceron du cognassier. Aphis cydoniae.
L'année dernière, peut-être l'une des plus favorables à la multiplication des pucerons, nous avons rencontré, sous les feuilles d'un cognassier dans des jardins & Savigny-sur-Orge , un petit puceron d'un vert pale avec les cornicules noires et allongées ; il ressemblait un peu à celui que Ton voit quelquefois sur les jeunes pousses de l'aubépine cultivée. Nous ignorons si cette espèce n'a pas déjà été décrite.
Puceron du pommier. Aphis mali Fabr.
Ce petit insecte est très-commun en juin sur tes pommiers cultivés dans les jardins et les vergers ; il vit en nombreuses familles sous la face inférieure des feuilles qu'il déforme et recoquille. Il est entièrement vert, couvert d'une efllorescence blanchâtre, à l'exception des antennes et des yeux qui sont d'un noir brun.
On le détruit comme les espèces précédentes.
En Normandie, on ne le rencontre pas sur les pommiers à cidre, qui sont toujours plus vigoureux que ceux de nos jardins.
Puceron du prunier. AphiB pruni Fabr.
Cette espèce trop connue des arboriculteurs est, dans certaines années, excessivement commune sur les pru-
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niers, principalement sur les reine-claudiers et les wtrabelliers. Elle est entièrement verte ou verdâtrc, avec une ligne dorsale brunâtre. Les cornicules sont brunes, assez courtes; ia petite queue est verte. Ce petit puceron se tient sous la face inférieure des feuilles qu'il crispe et chiffonne. Il sécrète par ses cornicules une miellée abondante et de tout son corps, une matière pollineuse qui s'attache aux feuilles en même temps que la poussière de l'atmosphère, et leur donne un aspect sale et dégoûtant.
Degeer a étudié particulièrement les mœurs de cet insecte. Voici comment il s'exprime à son égard : « Tous les pucerons aptères des feuilles de prunier sont des femelles qui pondent des œufs en septembre; on les voit alors, inquiètes, s agiter sur les jeunes pousses des arbres, comme si elles voulaient chercher une place convenabl»? à la ponte des œuf?. Elles préfèrent pour cela les petits enfoncements qui se trouvent entre la tige et les yeux des boutons. C'est dans ces enfoncements qu'ellesdéposentleursœufs,i'unàcôté de l'autre, et, quelquefois aussi , les uns sur les autres , de sorte que souvent il y en a des petits tas réunis ensemble. Après la ponte, ils sont d'un vert foncé, mais, plus tard, ils deviennent d'un noir brunâtre ; la femelle mère les recouvre ensuite d'une matière cotonneuse blanchâtre, qu'elle sécrète, comme les pucerons de l'aune, par le dessous du ventre et les côtés de l'abdomen. Toutes les femelles que l'on ouvre à cette époque ont le corps plein d'œufs. »
Le puceron du prunier vit aussi, mais plus rarement, sur l'abricotier.
Mêmes moyens à essayer pour sa destruction que pour les espèces précédentes.
Puceron du cerisier. Aphis cerasi Fabr.
Il a les mêmes habitudes que l'espèce précédente. Il vit sous les feuilles des cerisiers qu'il crispe et recoquille. Il n'est jamais très-abondant aux environs de Paris. Ce n'est que de temps en temps que l'on constate sa présence sur quelques arbres souffreteux.
Ce petit puceron est entièrement noir. Koch en donne, pl. 16, une figure très-soignée.
Puceron du sorbier. Aphis sorbi Kaltenbach.
On trouve, dans certaines localités, ce petit animal sur le sorbier et sur le pommier. Nous ne le connaissons que par la figure qu'en donne Koch pl. 17, f. 129 et 130. Il est brun avec les cornicules minces et jaunes; il est pourvu d'une petite queue noire. M. Géhin, d'après Kaltenbach (Monog. des pucerons), le considère comme le puceron brun café de Réaumur.
Puceron du groseillier. Aphis ribis Linné.
Il est d'un jaune citron luisant, ovale, allongé, voûté en dessus ; les cornicules sont de longueur moyenne, d'un blanc jaunâtre ainsi que les antennes; la petite queue est très-courte, peu visible et d'une couleur blanchâtre.
Il est extrêmement commun dans certaines années, en
juin et juillet, sur le groseillier à grappes (Ribes rubrum). Il se tient à l'extrémité des jeunes branches et sous les feuilles qu'il déforme et crispe par sa piqûre.
On voit souvent toutes les feuilles des groseilliers bosselées en dessus,- dont les cavités inférieures sont habitées par des pucerons vivant très-tranquillement dans ces retraites, à l'abri de la pluie et des rayons du soleil.
Il existe sur le groseillier une seconde espèce de puceron : c'est ïaphis (Irossulariœ de Kaltenbacb. Il a les mêmes mœurs que le Ribis, mais il en est suffisamment distinct par les caractères suivants : il est plus petit, plus arrondi, d'un vert plus ou moins foncé, saupoudré de bleuâtre; les cornicules et la petite queue sont blanchâtres; les pattes sont d'un jaune sale.
On le trouve sur le groseillier à grappes, le cassis et le groseillier à maquereau.
Nous ne savons pas si ces pucerons ont été observés sur les Ribes sanguineum et aureum que l'on cultive comme arbustes d'agrément.
Puceron de l'Œillet. Aphis Dianthi Schrank.
Il vit sur une infini é de plantes de familles fort éloignées. C'est l'espèce la plus fréquente dans les serres chaudes et tempérées; toutes les plantes molles, cultivées en pot. sont exposées à être envahies par ce parasite ; on le trouve sur les primevères de la Chine, les Mesembrianthemuin, les œillets, les tulipes, les Crocus, etc., etc. Ce puceron et celui du pavot (Papaveris) sont deux espèces des plus polyphages.
Il est luisant, jaune ou d'un vert jaune, ou môme
m HÉMIPTÈRES.
quelquefois vert, chagriné sur le dos, ovale, allongé avec les antennes blanchâtres-, les cornicules sont longues, d'un jaune pâle, avec l'extrémité brune ; la petite queue est d'un vert jaunâtre.
i\ous avons vu, cette année, au mois de janvier, des jacinthes de Hollande, cultivées en carafe, et des tulipes Duc de Tholl, en pot, dont les premières feuilles étaient à peine sorties que déjà ces plantes étaient couvertes de pucerons de l'œillet. Évidemment les œufs de ces insectes avaient été pondus au sommet des bulbes, et n'attendaient qu'un moment favorable pour éclore; car ces pucerons ne sont pas entrés dans une chambre au 3e étage située au centre de Paris, et n'ont pu y être apportés du dehors.
Puceron de l'héliotropé .
Le môme que Yaphis Dianlhi, puceron de l'œillet.
Puceron du lantana.
Le même que Yaphis Dianlhi, puceron de l'œillet.
Puceron des verveines.
Le même que Yaphis Dianlhi, puceron de l'œillet.
Puceron des cinéraires.
Le même que Yaphis Dianlhi.
Puceron des ageratum.
Le même que Yaphis Dianlhi.
HÊMIPTÉHES. ?ôii
Puceron du fuchsia.
Le môme que Yaphis Dianthi.
Puceron des jacinthes.
Le même que Yaphis Dianthi.
Puceron des pelargonium. Aphis pelargonii Kaltcnbacli.
Les Pelargonium, particulièrement les variétés appelées grandes /leurs et fantaisies, sont fréquemment attaqués dans les serres par un puceron, et quelquefois même en plein air. Les variétés issues de Yinquinans et du zonale, sont au contraire rarement envahies par cet hémiptère.
11 est vert, allongé, ridé en dessus, avec les antennes brunes ayant les deux premiers articles et la base du troisième jaunâtres. Les cornicules sont longues et jaunâtres ; la petite queue est jaune, un peu recourbée.
Puceron du rosier. Aphis ros» Linné.
11 est tellement connu des horticulteurs qu'il n'a besoin d'aucune description. Tout le monde à Paris, où les rosiers sont, en général, peu vigoureux, a été à môme de remarquer ce puceron vert à cornicules noires, qui parait depuis ie mois de mai jusqu'en septembre et qui, en quelques jours, envahit toutes les jeunes pousses et les feuilles tendres des rosiers de nosjardins. C'est un animal très-nuisible ; il crispe les feuilles,
épuise la séve des jeunes brandies, les atrophie et nuit énormément à la floraison.
Lorsqu'au printemps des colonies de ce puceron se sont établies sur un rosier, on remarque qu'ils sont très-serrés les uns contre les autres et même quelquefois les uns sur les autres, ce qui a fait croire à quelques ignorants, que, dans cette situation, ils étaient accouplés. Au milieu de cette masse, on voit, vers la troisième génération, rarement plus tôt, quelques femelles munies d'ailes transparentes assez grandes. Elles ont pour mission de voler et d'aller fonder de nouvelles familles sur d'autres rosiers ; on voit aussi quelquefois, au milieu de cet amas de pucerons, quelques individus qui ont une couleur noirâtre ou roussAtre. Ce sont, ou des femelles qui ont fini de mettre au monde leurs petits (50 à 60), ou des femelles qui recèlent dans leur sein, des larves de petites mouches appartenant à la famille des clialcidites.
Ordinairement, lorsque le printemps est chaud, les œufs pondus avant l'hiver éclosent plus tôt, et on peut compter sur un rosier neuf ou dix générations de pucerons donnant, en moyenne, le jour à 50 petits et tout cela sans accouplement, puisqu'il n'y a que des femelles. Que Ton juge maintenant de l'effroyable quantité qu'un seul de ces insectes produira à la dixième génération, puisqu après la troisième, sa famille se composera déjà de 125 mille individus. Que deviendraient nos cultures, si la nature ne rétablissait pas l'équilibre à laide des parasites qu'elle a toujours à sa disposition?
Lorsque les premières générations de pucerons se montrent sur un rosier, on doit les écraser avec les doigts,
particulièrement ceux qui ont des ailes ; le tabac en poudre, • les cendres de bois les détruisent beaucoup mieux que la poudre de pyrèthre. Les irrigations avec une décoction de tabac, d'euphorbe ou de feuilles de noyer, sont d'un bon effet. 11 en est de même d'une solution très -légère de sulfate de cuivre (1 kilogramme sur mille litres d'eau): mais à tous les moyens employés jusqu'à présent, nous préférons l'esprit-dc-vin ou la benzine. Pour en faire usage, on se sert d'un petit pinceau de blaireau ou d'une petite éponge que l'on trempe dans l'une de ces deux substances. Ces liquides étant très-volatils, s'évaporent promplement et ne font aucun mal aux rosiers.
Le puceron du rosier se trouve également sur plusieurs sortes d'églantiers, il vit aussi sur d'autres plantes, telles que scabieuses, chardon à bonnetier, etc.
Puceron des feuilles de rosier. Aphis rosarum Kilt.
Outre le puceron commun du rosier, il en existe un autre, qui vit en petites colonies sous les feuilles de cet arbuste, et qui ne se tient jamais à l'extrémité des jeunes pousses, ni le long des pédoncules. On le rencontre, moins fréquemment que celui du rosier, sur les pieds cultivés dans les jardins, mais il n'est pas rare sur les rosiers que l'on force en hiver. Nous l'avons observé bien souvent dans les serres de M. Laurent.
Koch donne, dans sa belle monographie, pl. 32, une excellente figure de cet insecte.
Il est assez petit, ovale lancéolé, uni, d'un jaune verdàtre marqué de petits points obscurs, qui le font pa-
rattre comme chagriné. Les antennes et les pattes sont d'une couleur assez pâle ; les cornicules sont grêles, allongées, d'un jaune roussàtre ; la queue est assez longue.
Dans les serres, il ne résiste pas aux fumigations de tabac. Il arrive pourtant quelquefois que l'opération ne réussit pas complètement, c'est lorsque les pots sont recouverts de paillis. Dans ce cas, il se laisse tomber à demi asphyxié par la fumée, se réfugie sous le paillis, et remonte au bout de quelques jours sur les rosiers.
Puceron des solanées. Aphis eolani Kaltenbach.
Il est d'un vert d'herbe, ovale, bombé, marqué de rides, avec la poitrine et l'abdomen d'une couleur plus pâle; les cornicules sont toujours d'une couleur jaunâtre avec la pointe noire ^ la petite queue est jaune et se termine un peu en massue.
Ce petit puceron vit en familles sous les feuilles et sur les tiges de la pomme de terre. Dans certaines années, il est-très-commun aux environs deParis, particulièrement sur les pieds atteints du Botrytis infestans (maladie des pommes de terre). Nous lavons observé aussi cbez plusieurs maraîchers, sur les tomates et les aubergines, en compagnie du puceron noir du pavot.
' Puceron àes choux. Aphis brassicœ Linné.
Les feuilles de chou et celles du colza sont souvent attaquées par un puceron qui se tient en familles nombreuses à leur face inférieure. Il est d'un vert un peu pruineux, avec le corps gros, épais, strié de petits points
noirâtres; les cornicules sont brunes ainsi que les pattes; la petite queue est moitié plus courte que les cornicules. On rencontre très-souvent des femelles ailées qui profitent de leurs ailes pour aller fonder de nouveaux établissements sur d'autres choux.
Ce puceron ne vit pas seulement sur les choux, on le voit fréquemment sur la moutarde des champs, le radis, le Raphanus raphanistrum, la bourse à pasteur, le Diplotaxis tenuifolia et d'autres crucifères.
Puceron de la rave. Aphis rapœ Curtis.
Nous lui trouvons les plus grands rapports avec le puceron des choux, et, malgré l'autorité de Curtis, nous le considérons plutôt comme une variété que comme une espèce propre.
Il est peut-être un peu moins renflé, d'un vert un peu plus jaunâtre; les antennes n'offrent pas de différence; les cornicules paraissent un tant soit peu plus minces.
Il y a des années qu'il est fort abondant sous les feuilles des raves et des navets.
Koch ne parle pas de cette espèce dans sa monographie.
Puceron de l'oseille Aphis rumicis Linné.
Très-commun sur l'oseille sauvage ( Rumex acetosa) et sur tous les Rumex qui croissent naturellement dans les près; il est plus rare sur l'oseille des jardins que la culture et les engrais ont rendue plus vigoureuse.
Il est ovale arrondi, très-convexe, d'un noir profond
en dessus, d'un noir verdàtre en dessous. H commence à paraître dans les premiers jours de juin, lorsque l'oseille est prête à fleurir. On le trouve aussi de temps en temps sur la bardane (Arctium lappa) et l'achillée sternutatoire , à Heurs simples ou à fleurs doubles (Achillœa plarmica).
Puceron du maïs. Aphis zeœ Bminafous.
Il est de la taille de celui du rosier et du même vert ; ses cornicules et sa queue sont également vertes; mais il est bien distinct de tous les autres, par une bande rouge en demi-cercle, située chez les deux sexes , à l'extrémité de l'abdomen.
Il se trouve communément dans certaines localités, à l'aisselle des feuilles caulinaires du maïs et entre celles de l'épi femelle.
Nous n'avons jamais vu ce puceron, qui a été décrit, en 1835, par Bonnafous, p. 657 des Annales de la Société entomologique de France.
luoeron du chèvrefeuille. Aphis xylostei Schrank.
H est très-commun au mois de juin dans les jardins, sur différentes espèces de chèvrefeuilles ; il est plus rare sur celui qui croit naturellement dans les bois.
Il est d'un vert foncé, avec les cornicules un peu plus courtes que la petite queue. Les individus ailés ont les ailes assez longues, tout à fait diaphanes. Les rameaux infestés par ce suceur ne lardent pas à prendre un aspect sale et maladif, les feuilles se crispent et les fleurs avortent.
HÉMIPTÈRES. m
Mêmes moyens à employer contre ce puceron que ceux que nous avons conseillés ci-dessus.
V aphis Lonicerœ de Boyer de Fonscolombe, et Yaphis Caprifolii de M. Blanchard, nous paraissent être les mômes que le Xylostei de Schrank.
Puceron du camellia . Aphis Gamellise Kaltenbach .
Ce petit puceron se trouve assez fréquemment sur les jeunes pousses, les boutons, et même sur les feuilles les plus tendres du camellia, en juin et juillet, lorsque cet arbuste est en plein air ; on le rencontre aussi à fa fin de l'automne sur les camellias cultivés dans les jardins d'hiver.
Il est beaucoup plus petit que celui du pavot, entièrement d'un noir mat, plus arrondi et plus bombé que les espèces voisines. La fumée de tabac le détruit sans faire aucun tort aux camellias. On emploie aussi, avec succès, des irrigations avec une solution légère de savon vert. %
Puceron du 'pavot. Aphis papaveris 1-ab.
Ce puceron vit, vers la fin du printemps et en été, dans nos jardins, sur une inlinité de plantes, et se multiplie d'une manière prodigieuse. Il est d'un noir mat, ovale, fortement bombé, saupoudré de noir ; ses antennes sont d'un brun obscur, avec les troisième et quatrième articles blanchâtres; les cornicules sont de longueur moyenne, noires ainsi que la queue, qui est un peu plus courte; les pal tes postérieures sont blanchâtres.
On le trouve non-seulement sur le pavot et le coquelicot, mais aussi sur la digitale [Digitalis purpurea), sur la bourse à pasteur (Capsella bursa), le chardon des champs (Carduus arvemis), sur les Dalura, la valériane officinale, les différentes espèces de millepertuis, la laitue, les scorsonères, les camomilles, les Mesembryanthemum, les Chysantkemum segetum et leucanthemum, les haricots, les betteraves, etc.
Puceron des fève s. Aphis fa b» ScopoJi.
MM. Goureau et Blanchard ont, avec Scopoli, fait une espèce à part de ce puceron, qui, selon les savants monographes Kaltenbach et Koch, ne diffère en rien de celui du pavot. Nous les avons nous^même comparés tous les deux à l'état de larves et à, l'état complet, et il nous a été impossible de saisir le plus léger caractère qui puisse autoriser cette séparation. Le puceron noir des fèves de marais (aphis Papaveris), est bien connu de tous les jardiniers. Il pullule avec une telle rapidité qu'en peu de jours les tiges et les feuilles en sont toutes noires. *
Puceron noir du laurier rose.
Ce puceron, selon Kaltenbach, est encore le même que celui du pavot. On trouve, en outre, sur le laurier rose, trois autres pucerons : le Dianthi, le Nerii de Kaltenbach et le Neriaslri (aphis nerii Fonscolombe), qu'il ne faut pas confondre avec celui du pavot.
Puceron noir du dahlia.
Nous l'avions considéré comme identique avec celui
du pavot, et nous avons été confirmé dans cette opinion par l'avis qu'a bien voulu nous donner à ce sujet le professeur Kaltenbach. Dans certaines années sèches, il envahit les tiges, les pétioles et les pédoncules des dahlias et nuit beaucoup à la floraison.
Puceron noir de l'artichaut.
M. Kaltenbach admet, comme nous, que le puceron de l'artichaut est tout à fait le même que celui du pavot. Lorsque les tètes d'artichaut sont infestées par cet insecte, il faut les arroser avec une décoction de tabac ou de feuilles de noyer ; on peut encore employer avec succès la cendre de bois. Nous avons aussi rencontré chez nos maraîchers ce même puceron sur les tiges du cardon.
Puceron noir de la tomate et de l'aubergine.
Nous le réunissons au puceron du pavot. On trouve quelquefois sur la tomate un autre puceron de couleur verte [aphis Solani Kaltenbach).
Puceron noir des ombellifères.
Nous pensons et M. Kaltenbach nous écrit qu'il est de notre avis, que ce puceron est encore le même que celui du pavot. On le trouve abondamment sur beaucoup d'ombellifères telles qu' Heracleum, fenouil, Atgopodium, jElhusa> carotte, etc. 11 ne faut pas. confondre avec ce puceron noir une autre espèce (Aphis Plantagnis de Schrank, aphis Dauci Fab.), qui est d'un vert bronzé sau-
poudré de noirâtre, et que Ton rencontre très- fréquemment aussi sur les ombelles de carotte, d'angéliquc, etc.
Puceron noir des melons.
Nous le rapportons comme les précédents au puceron du pavot.
Cet insecte est, depuis quelques années, un des ennemis les plus redoutés de nos maraîchers. Lorsque, malheureusement, il pénètre sous les châssis, tous les pieds de melons ou il s'établit sont infailliblement perdus. 11 n'y a pas d'autre remède que d'arracher ceux qui sont attaqués, si l'on veut empêcher la contagion. Par malheur, on ne s'aperçoit ordinairement de sa présence que lorsqu'il est déjà trop tard de recourir aux fumigations de tabac. Celles-ci fout bien périr les pucerons, mais ne guérissent pas les plantes que leurs piqûres ont rendues malades. Cependant plusieurs jardiniers clairvoyants ont obtenu quelques succès de ces fumigations, en les faisant au début de l'apparition de ces insectes.
Ce remède peut quelquefois cire efficace dans les bâches, mais il est peu applicable aux melons que l'on cultive sous cloches.
Puceron noir de l'arroche. Aphis atriplicis Fab.
Nous avons vu quelquefois des arroches [Atriplex hortcnsis)y dont les tiges étaient envahies par ce puceron jusqu'au sommet. Quoique Fabricius en ait fait une espèce, nous le regardons avec Kaltenbach comme identique avec celui du pavot \ l'année dernière, il a été très -abondant sur les Atriplex.
Puceron de la laitue . Aphis Lactucae Réaumur.
Deux pucerons se rencontrent sur la laitue et sur la romaine, presque aussi communément l'un que l'autre et quelquefois tous les deux à la fois. L'un est le puceron de la laitue, figuré par Réaumur Ins. III, pl. 22, fig. 3, 4 : l'autre le puceron du laileron (apliis Sonchi Linné). Le premier est allongé, d'un vert clair luisant, avec les antennes, les cornicules et la petite queue d'un jaune blanchâtre.
Le second est d'un brun luisant, lavé de rouge sur les côtés, avec les cornicules et les antennes noires, et la petite queue d'un vert jaunâtre.
Koch donne à ce dernier le nom de Laclucœ et le figure très-exactement.
Ces deux insectes sont aussi préjudiciables à l'horticulture l'un que l'autre; ils envahissent les pieds qui montent à Heur, souvent en si grande quantité qu'ils atrophient les porte-graines.
Ils vivent aussi sur les différentes espèces de laiterons, la lampsane, le prénanthe des murailles, la piloselle des murs, la laitue vireuse et le chrysanthème des moissons.
Dans certains jardins, on rencontre encore sur la laitue et sur la romaine une troisième espèce de puceron, qui est très polyphage, c'est le puceron noir du pavot.
On trouve, presque pendant tout l'hiver, le puceron de la laitue chez les maraîchers qui cultivent sous châssis de la laitue et de la romaine de primeur.
Puceron du Laurier-rose. Aphis nerii Kultcnbach. Le laurier- rose, comme la plupart des autres végétaux
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est sujet à être attaqué par les pucerons. Outre le puceron de l'œillet, qui s accommode de presque toutes les plantes cultivées en orangerie, il nourrit une espèce qui lui est propre. Elle est d'un noir mat, tiquetée de brun et de vert en dessus et d'une couleur plus ou moins noirâtre- en dessous ; les antennes et les jambes sont blanchâtres ; les cornicules sont de longueur moyenne, noires, avec l'extrémité plus claire; la petite queue est d un vert sale, un peu en massue, moitié moinslongue que les cornicules.
On le trouve, en général, pendant les mois d'hiver, sur les lauriers roses que l'on abrite pour les garantir des gelées . il se tient à l'extrémité des jeunes pousses.
Il ne résiste pas à la fumée de tabac.
Boycr de Fonscolombe décrit un autre puceron du laurier-rose, tout à fait différent de celui que nous connaissons. Il est, dit-il, entièrement jaune, avec les pattes noires et les cornicules brunes. Pour éviter toute confusion nous lui donnons le nom de Neriastri. Il vit en Provence sur les lauriers-roses cullivés à l'air libre. Nous n'avons jamais eu occasion d'observer cette espèce méridionale.
Koch, dans sa belle monographie, ne parle pas du puceron du laurier-rose.
Puceron du sureau . Aphis sambuci Linné .
Très-abondant, en juin et juillet, dans les parcs et les jardins, à l'extrémité des branches du sureau noir et du sureau à grappes, il se multiplie si prodi-
HÉMIPTÈRES. ll\
gieusement qu'au bout de quelques jours, les feuilles en sont noires.
Il ressemble un peu à celui qui vit sur le genêt d'Espagne.
Il est ovale, raccourci, irès-bombé, d'une couleur noire, avec une légère elllorescence pruineuse ; les cornicules sont longues et la petite queue est au contraire assez courte.
Ce qu'il y a de mieux à faire, lorsqu'on commence à s'apercevoir de sa présence, c est de couper les rameaux atteints et de les brûler.
Puceron du genêt d'Espagne . Aphis laburni Kali .
Il est ovale, allongé, noir, saupoudré de bleuâtre. Les antennes sont noires avec le troisième, le quatrième et la base du cinquième articles blancs; les cornicules sont à peine plus longues que la petite queue et d'un noir obscur.
On le trouve en juin cl juillet, sur les jeunes pousses du genêt d'Espagne, sur le cytise des Alpes, le Sparlium album et quelquefois sur le genêt à balais.
C'est cet insecte que Boyer de Fonscolombe a décrit comme Yaphis Genistœ de Scopoli (puceron du genêt). Il est vrai que les deux espèces se ressemblent beaucoup par la forme et par la couleur ; mais on les distingue aisément, en ce que ce dernier a la queue plus longue que les cornicules. Il ne vit pas dans les jardins, nous ne l'avons observé que sur le Genista anglica qui croit dans les bruyèrea tourbeuses et sur le Genista pilosa.
Puceron du chêne-vert. Aphis ilicicola.
Nous avons reçu plusieurs fois ce puceron du midi de la France, où il parait être assez commun ; il nous a été communiqué aussi par M. Audiffred, excellent observateur, qui Fa remarqué, Tannée dernière, pour la première fois, sur des chênes-verts, dans sa propriété de CorbeiL où, dit-il, ces insectes formaient, au bout des branches, des grappes comparables à des essaims d'abeilles.
Il est extrêmement voisin du Roboris de Linné et appartient de même au genre Lachmis d'Illiger. Il est noirâtre, luisant, à reflet presque métallique, saupoudré, ça et là, de quelques légers atomes blanchâtres, dépourvu de queue et de cornicules ; les pattes postérieures sont très longues; les antennes sont courtes et d'un brun pâle ; le bec est très-long -, le dessus du corps présente quatre # petites saillies, dont les deux postérieures, plus prononcées, occupent la place des cornicules.
Ce puceron est rare aux environs de Paris où le chênevert est peu cultivé.
11 répand une forte odeur de bois de chêne nouvellement débité.
Il parait, en juin, dans le Midi et ne disparaît tout à faît qu'au commencement de l'hiver.
V aphis Roboris de Linné, très-bien figuré par Koch, est assez commun sur les chênes de nos bois, depuis le mois de juillet jusqu'en septembre.
Puceron Lanigère. — Apis Lanigera Ilausnunn. (le puceron, tel qu'il apparaît sur nos pommiers, est
d'un brun rougeâtre recouvert d'une sécrétion cotonneuse ou espèce de duvet qui l'enveloppe et le cache presque entièrement. Il est dépourvu de cornicules; ses antennes sont courtes, d'une couleur blanchâtre ainsi f que son bec. ^ iq^ât , ![
A l'automne, on voit paraître des mâles et des femelles #^ .*^»«'/ *
ailés ; ils s'accouplent et pondent des œufs qui Passen^~* j^^^Z^^ l'hiver. Ces individus, destinés à perpétuer l'espèce, sonÇ^> f ép^uk d'un brun-marron clair, garnis d'un duvet blanc et munis* l//»' d'ailes transparentes. -M,e'** •
Le puceron lanigère, lorsqu'on l'écrase , colore les doigts en rouge vineux. Tous les individus ne périssent pas à l'automne; il y en a qui descendent sur les racines assez profondément en terre pour résister aux rigueurs de l'hiver, et qui remontent au printemps sur te tronc ou sur les jeunes pousses des pommiers pour y fonder de nouvelles colonies.
Ainsi que nous l'avons dit dans nos généralités, cet insecte est d'une importation assez récente en Europe. C'est un grand fléau pour les pommiers; il s'établit en familles nombreuses, sur les jeunes branches, sur le tronc et même sur les racines, et détermine, par ses piqûres dont la conséquence est un afilux de séve, des loupes, des nodosités chancreuses et des déformations de toute nature, qui augmentent chaque année, et occasionnent quelquefois la mort.
On a proposé, depuis l'apparilion du puceron lanigère, bien des moyens pour le détruire ou pour amoindrir ses dégâts. Mais on n'en connaît pas encore un qui réussisse à l'anéantir complètement. Notre collègue, M. Forest, l'un de nos bons professeurs d'arboricul-
lure, l'a observé dès sou début ; il u conseillé et employé, avec quelque succès, le brossage qui en jette à terre une partie et écrase le reste. Certains pépiniéristes ont fait usage de lait de chaux appliqué au pinceau ; d'autres ont essayé la lessive, la décoction de tabac, la benzine ou une solution de colle forte. Nous pensons que les lotions avec une solution de sulfate de cuivre seraient préférables à tous ces remèdes. Quand on a seulement quelques cordons de pommiers d'attaqués, un excellent moyen est l'emploi de lalcool conseillé par M. Rivière. Dans tous les cas, il est toujours bon, à l'entrée de l'hiver, de badigeonner le tronc et les grosses branches des pommiers avec du lait de chaux, dont l'action alcaline est nuisible à tous les insectes qui se réfugient dans les crevasses des écorces.
Audouin, dans le tome IV des Annales de la Société entomologique de France, page 9 du Bulletin, donne la description suivante des exostoses occasionnées aux pommiers par le puceron lanigère : « La branche envahie par cet insecte ne présente d'abord aucune altération bien sensible; on voit, à la surface, quelques petites ondulations ou quelques petites bosselures, et ordinairement un sillon plus ou moins élargi, qui divise la branche dans le sens longitudinal et quelquefois dans une étendue de plusieurs pouces. C'est dans l'intérieur de ce sillon plus ou moins élargi que sont logés et fixés au pommier les nombreux pucerons qui attaquent les jeunes pousses ; placés à la face inférieure de la branche, ils se trouvent ainsi à l'abri de la pluie. Cette première altération, produite sur les jets du pommier, n'est donc pas d'abord bien frappante, et toutefois elle suffit, pour
modifier à jamais la végétation de l'arbre. En effet, dès ce moment, la séye semble s'épancher sur ce point, et déjà la deuxième année on aperçoit une petite nodosité, qui devient plus sensible la troisième année, se fait remarquer davantage la quatrième, et finit, au bout de six ou sept ans, par atteindre le volume du poing. Ces nodosités ont l'écorce à l'état normal, et elles sont formées par des couches ligneuses qui ne se sont développées que du côté où se trouvent lespucerons, et y forment le tubercule dans lequel chaque couche conserve encore plus ou moins la tracé du sillon formé primitivement par les pucerons. »
Le puceron lanigère fait partie du genre Schizoneura de Hartig.
Puceron de Forme. Aphis ulmi Linné.
Les jeunes ormeaux, cultivés dans les parcs, sont trèssouvent attaqués par deux espèces de pucerons décrits et figurés par Réaumur et Degeer, et portant l'un et l'autre le nom à'ulmi. Kaltenbach et Koch conservent le nom d'ttiroi à ces deux insectes ; mais ils les placent dans deux genres différents. Le premier, qui est Yaphis ulmi de Linné, fait partie du genre Schizoneura de Hartig. Le second appartient au genre Tetraneura du même auteur.
L'espèce décrite par Linné est d'un vert plus ou moins foncé, sphéroïde, garnie d'une villosité cotonneuse, avec les pattes raccourcies, brunâtres, et les antennes trèscourtes ; elle est dépourvue de queue et de cornicules.
Elle pique avec son bec les feuilles des ormes et y pratiqueunepetite ouverture sur laquelleelledéposeles germes
276 HEMIPTERES.
de sa dynastie. La séve en sextravasant, détermine la formation de grosses ampoules ou vésicules qui tiennent à la feuille par un pédicule. Si Ton ouvre ces vésicules avant qu'elles soient percées, on les trouve remplies de petits pucerons enveloppés d'un duvet blanchàlre.
L'autre, aphis wfmideDegeer, est glabre, luisant, d'un noir verdàtre, sans aucune villosité cotonneuse. Il vit sous les feuilles des ormes qu'il plie et involute. Ce puceron est, comme le précédent, sans queue et sans cornicules.
Tous les pépiniéristes ont remarqué, sur les feuilles des peupliers, des excroissances allongées en forme de cornets, adhérentes le plus ordinairement aux pétioles ; ces sortes de cornets sont l'ouvrage d'un puceron ; en les déroulant on trouve dans leur intérieur une petite famille de ces insectes. Ceux-ci sont très- velus et recouverts d'un duvet cotonneux blanc, qui masque la couleur verdàtre de leur corps; Hartig, Kaltenbach et Koch placent ce puceron dans le genre Pemphigus» Linné l'a décrit sous le nom aphis bursarius ; il est très-bien figuré par Réaumur. (7ns., III, tab. 26, fig. 7-11.)
Tous les pucerons dont il vient d'être question, vivent à découvert sur les plantes, et les mâles sont toujours pourvus d'ailes. Il nous reste à parler maintenant d'une autre race de ces petits animaux dont les maies sont aptères aussi bien que les femelles, et dont les antennes très-courtes sont composées d'un petit nombre d'articles. Les insectes de ce petit groupe n'ont ni queue ni cornicules à l'extrémité de l'abdomen, et leur existence est tout à fait souterraine ; ils vivent à la racine des plantes en société avec les fourmis.
Puceron des racines. Aphis radicnm Kirby — Forda formicaria Heyden. — Rhizoterus vacca Hartig.
Ivant Boyer de Fonscolombe, le célèbre Léon Dufourf ' " ' * ' ' ' ' ' '
et notre savant collègue, le colonel Goureau , aucun auteur français, à notre connaissance, n'avait parlé des pucerons des racines. Celui dont il est ici question, n'est cependant pas le même que celui décrit sous le même nom, par M. Goureau, comme attaquant les racines de ^ ^
l'artichaut. f(i'*+K & w>r»t y»% ^HaMn'»if^ ^4 " t
tient en familles nombreuses au milieu des fourmis àv^y <£...-■--''• la racine des graminées, dans les prés, dans les pe-"*4 'j-^ • « 1 louses, etc. ; il suce les racines de ces plantes et les fait périr comme si elles étaient rongées par les vers blancs. Lorsqu'on arrache une touffe de ces graminées fanées, on voit que toutes les racines sont couvertes de pucerons et de fourmis faisant très-bon ménage ensemble ; si ensuite on secoue la moite pour faire tomber ces insectes, immédiatement les fourmis s'inquiètent et se tourmentent comme lorsque l'on bouleverse leur fourmilière; elles saisissent les pucerons délicatement avec leurs mandibules et les emportent comme elles font ordinairement de leurs œufs. Elles ont tellement d'affection et de soins pour leurs hôtes, que Kirby et Spence appellent ces pucerons « Milk-cow et les Allemands Milchkuh, » vache à lait, supposant avec raison qu'elles les soignent pour se nourrir de la matière miellée qu ils sécrètent. M. Goureau croit, et nous partageons cette opinion, que ce sont les fourmis
Le véritable puceron des racines de Kirby etSpence, se^**^^^ + :.^L Lient en familles nombreuses au milieu des fourmis à'c ,V . L'-y-f
■m HÉMN'TÈRES.
qui se chargent de les transporter d'une plante malade sur les racines d'une plante bien portante.
Le puceron des racines est entièrement glabre, ovale, raccourci, d'un jaune verdàtre ou d'un jaune un peu luisant ; ses antennes et ses jambes sont d'un jaune verdàtre. *
Le nom spécifique de vacca a été suggéré à Hartig par le nom anglais de Milk-covo (1).
Puceron des poteries. Aphis myrmecaria.
Ce petit puceron appartient, comme le précédent, au genre Fordode Heyden. Il est trèsvoisin de celui des graminées et vit de même au milieu des fourmis. Il est plus petit, plus convexe, d'un blancgrisâtre étiolé, avec les tarses et les 35 — Puceron «es poteries, antennes d une couleur brunâtre. On
Aphi$ myrmecaria. , .
le rencontre dans la poterie des serres et quelquefois dans les pots de jardin au pied des Cactus, des Fn&chia, des Lantana, des Cnphea, etc.
il n'y a pas d'autre moyen de le détruire, que de bien nettoyer les plantes, en les secouant sur un baquet rempli d'eau, et de leur donner un bon rempotage dans de la terre neuve.
(4) Boyer de Fonscolombe a précisément décrit cette même espèce comme nouvelle sous le nom t\' Aphis rarfintm, sans se douter que kirby et Spence lui avaient, bien aiUérieureraeut, imposé le même nom.
Puceron troglodyte. Aphis troglodytes Heydcn. Mus. Senk. Trama radicis Raltenb. Moaog. Aphis radioam Goureau.
C'est à cette espèce et non à la première, qu'il faut rapporter le puceron des racines décrit par M. Goureau.
Il est ovale, allongé, d'un jaune pale ou d'un blancgrisâtre mat, velu. Jamais il ne mange de graminées. Il vit en familles nombreuses au milieu des fourmis, exclusivement sur les racines des Synanthérées, telles que pissenlit , chardon des champs, laiterons, artichaut, piloselle, laitue, chicorée, scarole.
C'est un ennemi qui fait beaucoup do tort à nos maraîchers, pendant les mois d'automne. Lorsqu'il a envahi un pied de chicorée, la plante qui d' abord paraissait très-vigoureuse, se fane, tombe en javelte (terme de jardinier], et est complètement perdue. i\ous avons ^y»*4. „, vu dans beaucoup de malais des environs de Paris, \ ' notamment chez MM. Duchefdelaville, au faubourg ' Saint-Antoine, une assez grande quantité de pieds de salade dont les racines étaient envahies par ce puceron. Au premier coup d'oeil, on distinguait au milieu des planches de chicorée, les pieds qui commençaient à se flétrir, et qui étaient déjà perdus pour le cultivateur.
On peut essayer, pour détruire ce puceron, des arrosemenls, avec une solution de sulfate de fer, une décoction de plantes acres, telles qu'euphorbe, Stramoniutn, feuilles de noyer, de tabac, etc., additionnée d'un peu de sel de cuisine.
M. v. Ileyden Mus. Senkenberg, 1837, 11,293, a fait
avec cette espèce le genre Trama, parce qu'il a trouvé qu'elle avait un article de plus aux antennes que le genre Forda.
M. v. Heyden donne la description d'une autre espèce de puceron souterrain; il est ovale, d'un jaune de cire, luisant, entièrement glabre.
Il l'appelle cimicilormis et en fait un genre propre sous le nom de Paraclelus. Il l'a découvert aux environs de Francfort, dans les nids de la fourmi rousse, formica ru/a, grosse fourmi des bois. Nous n'avons jamais vu ce puceron, qui, d'ailleurs, ne peut causer aucun dommage à nos horticulteurs.
Les pucerons des racines dont nous venons de parler ne sont pas les seuls qui aient été observés et décrits. Feu le docteur Passerini, professeur à l'Université de Florence, en à fait connaître sept autres espèces, dont les cinq premières sont comprises dans le genre Tychea de Koch et, les deux dernières, dans le genre Rhizobius de Burmeister. Voici les noms de ces espèces italiennes dont sans doute quelques-unes habitent le midi de la France.
1 Puceron del'éragrostis, aphis (tycliea) Eragroslidis, Passerini. Sur les racines de Yeragrostis megastachys et sur celles de la Setaria glauca.
2 Puceron soyeux, aphis (tychea) setulosa, Passerini. Sur les racines de l'Oriza montana.
3 Puceron des haricots, aphis (tychea) Phaseoli, Passerini. Sur les racines des haricots, des choux, de YAmaranthus relroflcxus et de VEuphorbia lalhyris.
4 Puceron de la setaria, aphis (tychea) Setariœ, Passerini. Sur les racines des Setaria viridis et glauca, du maïs et de la laitue.
Nous craignons que pour cette espèce, Passerini n'ait confondu le puceron avec le troglodyte de la Setaria.
5 Puceron, trivial aphis (tychea) Trivialis, Passerini. Sur les racines du Poa trivialis, du blé, du Cynodon DactyUm, des Fesluca elatior et duriuscula.
6 Puceron de la racine du laiteron, aphis (rhizobius Sonchi, Passerini. Sur les racines de chicorée et de millefeuille.
Ce petit puceron vit, comme les espèces congénères, au milieu des fourmis. Il pourrait bien être le même que le Piloselke de Burmeister.
7 Puceron de la menthe, aphis (rhizobius) menthœ, Passerini. Sur les racines de la Mentha arvensis.
Nous n'avons vu aucune de ces espèces en nature.
GENRE ADELGE. ADELGES Vallot.
Ce genre, l'un des plus remarquables de la famille des Aphidiens (pucerons), a pour caractères des antennes courtes, de cinq articles ; des ailes en toit, dont les supérieures n'ont que trois nervures transversales; un abdomen dépourvu de cornicules et de petite queue.
Kaltenbach en fait le genre Chermes, mais, pour éviter toute confusion avec les Coccides, nous avons préféré
282 nÊMIPTÈRES.
adopter le nom à'Adelges donné par Vallot. On n'en connaît encore que quatre à cinq espèces vivant toutes sur des arbres résineux, d'où leur vient le nom aile-
mand de Tannenlàuse (pou du sapin). Nous en avons deux espèces dans les parcs aux environs de Paris.
A l'état parfait, ces insectes ont entre eux les plus grands rapports; ils sont très-petits, et les individus ailés ont les ailes beaucoup plus courtes que les pucerons.
30.-». Idelge <lu sapin mâle. Adelgct abU'im. — 2. La femelle. 3. i.a femelle groatte. - 4. Le nid.
Adelge du sapin. Adelges abietis Linn.
Chermes abietis, Kaltenbach Pflanzenl., 1 Theil, p. 200. —
Chermes viridis Ratztoiig. Ud. 111. pl. XII fig. 2 — Êsylïè du sapin lieofi. ins. I. p. 487. 5»
Cet insecte dont Geoffroy a fait une psylle, est quelquefois assez commun sur les sapins; il est jaune ou d'un
HÉMIPTÈRES. m
jaune un peu roussàtre, avec de gros yeux saillants d'un brun foncé et un petit point noir bien marqué sur le front; les ailes, chei les individus qui en sont pourvus, sont transparentes, à reflet bleuâtre.
Ce petit animal occasionne, à l'extrémité des jeunes branches des épicéas et des sapins, une singulière monstruosité : le bout du rameau, piqué par la femelle pour y déposer ses œufs, se dilate et forme des écailles disposées «n alvéoles, ou en cellules à jour dans lesquelles se trouvent de petites larves d'aphidiens enveloppées d'un duvet blanc, et qui, plus tard, doivent produire l'insecte parfait.
Il faut couper et brûler toutes ces galles alvéolées.
Adelge des conifères. Adelges strobilobius Kalt.
Cet insecte, un peu moins commun aux environs de Paris que l'espèce précédente, est probablement le môme que celui décrit par Ratzburg sous le nom de Chermea coccineus\ il est très-petit, d'un rouge-brun assez foncé, avec le dessus de la tête et du corselet d'une couleur plus obscure, [/abdomen est marqué à son extrémité d'une tache assez grosse saupoudrée de blanc.
Il vit surjes jeunes pousses des sapins, ou la piqûre de " la mère détermine une monstruosité de forme conique, ressemblant à une petite pomme de pin ou à une éponge dont toutes les cellules seraient égales et régulières. Les jeunes adelges se tiennent dans ces sortes d'alvéoles, enveloppés d'un duvet cotonneux.
Pour délruire cet insecte dans les endroits où il est assez commun pour être nuisible, il faut enlever, en mai et juin, les pousses attaquées et les brûler.
Liste des Pucerons décrits dans la Monographie
de Kaltenbach.
4 . Aphls rose, puceron du rosier, vert. Sur les jeunes pousses du rosier.