‹ Essai Sur L'Entomologie HorticoleChapitre 44 sur 61 · Icnlhrède zonft". Tenthredo zona · texte numérisé non relu

Icnlhrède zonft". Tenthredo zona

corps est, en outre, criblé de petits points blancs tuberculeux. Cette larve, lorsqu'elle mange, se tient allongée sur les feuilles des rosiers; tandis que, lorsqu'elle est au repos, elle est contournée en spirale, commeles limaçons appelés planorbes. Arrivée à sa grosseur, sa couleur devient plus terne; alors, elle se laisse tomber et se construit une coque avec quelques grains de terre qu'elle çâche avec de la salive.

Les fausses-chenilles de la première époque, donnent l'insecte parfait après six semaines de métamorphose-, celles de la seconde ne se changent en nymphe qu'au printemps. C'est une des espèces que Ton élève le plus facilement.

Tenthrède à triple ceinture. Tenthredo tricincta Hab.

Les chèvrefeuilles de nos jardins sont très-sujets à être envahis par les pucerons ; mais souvent aussi, ils sont dans certaines années, . dévorés par la fausse-chenille d'une mouche à scie.

Cette larve, commune par toute la France, a été trèshien étudiée par Degeer et bien figurée par Hartig, tai>. V , tig. 39. Elle est, du reste , facile à élever en captivité. On commence à l'apercevoir sur les feuilles des chèvrefeuilles ( Umicera caprifolium , periclymenum, etc.) vers le milieu de mai. A cette époque, elle n'a pas encore changé de peau, elle est d'un gris sale, avec la tête noire; après la première mue, son dos est plus obscur, avec les côtés presque blanchâtres; au second changement de peau, sa couleur devient beaucoup plus claire ; elle offre alors une série dorsale de taches triangulaires noires, et, sur tout son corps, un petit pointillé blanc ; elle subit encore une mue à la suite de laquelle elle devient d'un gris verdàtre ou presque couleur de chair, sans aucune modification dans le dessin. Lorsqu'à la fin de juin, elle est arrivée à sa grosseur, elle se laisse tomber, entre en terre peu profondément, et s'y construit une coque dans laquelle elle subit ses dernières

iOi HYMÉNOPTÈRES.

métamorphoses. L'insecte parfait en sort ordinairement six semaines après; mais tous les individus n'éclosent pas en été : nous en avons vus rester dans leur coque jusqu'au printemps. Ceux qui naissent en août, pro-

. duisent une seconde génération défausses-chenilles qui entrent en terre en automne.

On voit souvent, au milieu du printemps, sur les cinq ou six heures du matin, ou dans la soirée, voltiger la mouche à scie à triple ceinture autour des chèvrefeuilles. EWe est un peu plus grande que la tenthrède des rosiers ; elle a environ 10 à 12 millimètres de longueur; elle est noire, avec la base des ailes supérieures couverte de petites écailles d'un jaune fauve ainsi que les pattes ; l'abdomen est d'un beau noir, coupé par trois ceintures

- jaunes.

Lorsque, dans un jardin, les chèvrefeuilles sont envahis par les fausses-chenilles de celte tenthrède, il faut faire tomber ces larves en frappant avec unç baguette, les rameaux, sur une toile étendue à terre. C'est dans la journée qu'il faut faire cette opération , parce que ces larves comme les autres fausses-chenilles, ne mangent guère que la nuit et restent en repos jusqu'au coucher du soleil.

Tenthrède de la centfeuille. Tenthredo (athalia)

centifoliœ INmzer.

Celte tenthrède a été décrite par Kabricius sous le nom de tenthredo spinarum. Selon certains auteurs, elle est, dans quelques contrées de FAllemagne. très-nui-

HYMKNOI'TKRES. 4fK'i

sible aux rosiers. Elle a de grands rapports avec la précédente. Aux environs de Paris, où elle n'est pas rare, elle ne se trouve pas ordinairement sur les rosiers, elle n'attaque <|ue les Crucifères, les choux, les navets et les colzas.

La mouche est longue de S millimètres, d'un jaune orangé, avec la tète, les antennes, les côtés et la partie antérieure du corselet noirs, ainsi que l'extrémité des jambes. Les parties de la bouche sont blanchâtres.

Les fausses-rhenilles de cette tenthrèdc ont vingt pattes et non vingt-deux, comme dans l'espèce précédente; elles sont d'un vert sale, légèrement chagrinées, avec une raie dorsale plus foncée, s'eflacant complètement au moment de la métamorphose. Pour se chrysalider, elles entrent en terre, et l'insecte parfait se montre d'abord en juin, puis en septembre, pour la seconde fois.

Selon Klug et Hartig, cette mouche à scie est trèscommune dans les jaivlins de la Prusse, sur les buissons de rosiers.

Nous venonsde signaler aux amateurs de roses et aux jardiniers plusieurs mouches à scie nuisibles aux rosiers dans l'Europe tempérée. Il est probable que, dans les contrées méridionales, telles que l'Italie, l'Espagne, la Turquie, etc., il existe d'autres espèces que nous ne connaissons pas. Il en est "peut-être de même dans les régions septentrionales. Car Dahlbom ( Clavis nov. Ifymenopt. Syst.), dans son ouvrage sur les mouches à scie de la Scandinavie, donne la description suivante d'une fausse-chenille de tenthrède découverte sur un rosier, aux environs de Lund, par le savant professeur Zetters-

ted : elle est, dit-il, d'un roux testacé ou presque fauve, striée transversalement, avec une raie latérale brune située au-dessus des pattes; sa tète est brune, avec les yeux testacés, entourés d'une orbite très-noire les segments de l'extrémité sont un peu verdàtres en dessus. Malheureusement, cette larve, qui ne ressemble à aucune de celles dont nous avons parlé, n'a pas réussi, et on ignore probablement encore quelle est l'espèce qu'elle produit.

Tenthrède ventrue. Tenthredo (nematus) ventricosa Klug.

(Nematus) grossulariae Dalilbom, Clav, n. Ilym. 22.

Tous les jardiniers connaissent une fausse -chenille qui vit en sociétés nombreuses (de 50 à 1000 individus) sur les groseilliers, particulièrement sur le groseillier à maquereau ; elle dépouille souvent cet arbusle de toutes ses feuilles en ne laissant que la nervure médiane. Cette larve, que, par ignorance, beaucoup de nos collègues prennent probablement pour une véritable chenille, est pourvue de vingt pattes et non pas de seize. Lorsqu'elle est adulte, elle est d'un vert sale, couverte de petits tubercules noirâtres donnant naissance à un petit poil court, avec la tète noire -, outre cela, ses trois derniers anneaux et ses côtés sont plus ou moins jaunes. Arrivée à son entier développement, dans les premiers jours de juin, elle se laisse tomber et entre en terre à une faible profondeur, où elle file un cocon qu'elle réunit à celui d'un autre, de sorte que l'on trouve fré-

HYMÊNOPTÈRKS. 407

quemment, au pied d'un groseillier à maquereau, des espèces de gâteaux composés de trente à quarante de ces cocons accolés les uns aux autres.

L'insecte parfait éclot en avril pour la première époque, et, en juillet, pour la seconde; d'où il résulte que les groseilliers sont dévorés par cette larve deux fois par an, en mai et en septembre.

Tenthrède à ceinture rousse. Tenthredo (empfrytus)

rufocincta Kiug. 110.

Cette Tenthrcdine parfaitement figurée dans Degeer, Il ,

tah. 36; fig. 11-18, est encore une espèce qui se nourrit

de feuilles de rosier. Elle est plutôt rare que commune

dans nos cultures de rosiers, et nous la considérons

comme occasionnant peu de dommages aux environs de

Paris.

La mouche est longue, de sept à huit millimètres, d'une couleur noire, avec les jambes et les tarses d'un jaune rougeàtre, et l'abdomen marqué d'un anneau rouge, couvrant, en partie, le quatrième et le cinquième segment. La fausse-chenille vit, comme celle de la tenthrède zonée, à la face inférieure des feuilles des rosiers ; elle a de même vingt-deux pattes. Sa couleur est d'un vert plus oir moins foncé, avec les côtés plus pâles -, sa tête est roussi et son corps pointillé de petites verrues blanches. Au repos, elle se tient contournée en spirale. Elle a, comme la tenthrède zonée, deux générations par an et parait aux mêmes époques.

Il y a deux ans, nous en avons trouvé plusieurs exemplaires sur un rosier dans le jardin de M. Domage, à Montrouge.

Tenthrède à ceinture. Tenthredo (emphytus)

cincta Linné.

L'espèce dont nous allons parler, s'éloigne de foules les précédentes par les mœurs de sa larve ; elle vit dans Fintérieur des tiges du rosier, dont elle ronge le canal médullaire. Nous en avons eu celte année un assez grand nombre à notre disposition. M. Verdier père nous en a fait remettre, au mois de mars, une certaine quantité dont les unes étaient en cocon prêt àéclore, et

ci l . — Tcnlhrode à reitilure. ïrnihn ttn cincla.

les autres encore à l état de fausses-chenilles. De son côté, M. Rivière nous a envoyé, à la fin de mai, du jardin du Luxembourg, un paquet de pousses de rosier fanées, qui contenaient chacune une petite larve de cette Tenthrédine. Lorsqu'elle est jeune, elle est d'un grisverdàtre étiolé. Après le premier changement de peau, elle devient d'un vert plus obscur sur le dos, avec les cn-

tés grisâtres. La tête est fortement pointillée, et Ton aperçoit sur son dernier anneau une petite pointe, qui doit lui servir à avancer dans la galerie qu'elle creuse et élargit à mesure qu'elle grossit, et dans laquelle elle chemine la tête en bas ; nous avons trouvé jusqu'à six individus à la suite l'un de l'autre dans la même tige.

La coque est ovale et formée d une soie blanche, l' nepartie de celles que nous avons reçues de M. Verdier, sont écloses en mai; les autres sont restées a l'état de larve, et ont fini par se dessécher en même temps que les tiges dans lesquelles elles étaient renfermées, malgré la précaution que nous avions prise de les placer sur du sable humide, recouvert d'une cloche de verre. Nous supposons qu'elles auraient fait leur coque dans le courant de juin et qu'elles auraient donné l'insecte parlait en même temps que celles de la ponte du printemps.

La mouche est longue de 8 à 10 millimètres, un peu allongée, noire, avec les pattes ferrugineuses et l'abdomen marqué d'une ceinture blanche, qui, chez un individu qui nous est éclos, était à peu près nulle ou effacée.

La femelle de cette tenlhrède, lorsqu'elle est fécondée, fait au commencement de mai ou' même dès la fin d'avril, une petite entaille aux pousses encore herbacées du rosier dans laquelle elle introduit un ou plusieurs œufs. Aussitôt que les petites larves sont écloses, elles pénètrent dans le canal médullaire où elles creusent une galerie descendante, de sorte que l'on voit d'abord l'extrémité de la pousse se faner, et, successivement, les.feuilles placées au-dessous, jusqu'à ce que ces larves soient arrivées dans une partie tout à lait ligneuse où rien ne

décèle plus leur présence, si een'est l'état un peu languissant de la branche. Il arrive quelquefois que le rameau rongé intérieurement se brise au premier coup de vent.

La tenthrède à ceinture est commune dans les jardins, chez tous les rosiéristes des environs de Paris .

Pour la détruire, il faut, avant la fin de mai, enlever avec soin toutes les pousses de rosier dont le sommet commence à se flétrir et les couper au-dessous des

feuilles malades.

Tenthrède de la rose. Tentredo (athalia) rosae Linné.

11 ne faut pas confondre cette mouche à scie avec

l'hylotome des rosiers, décrite plus haut, qui lui res sembje beaucoup au premier coup d'oeil. Elle est un peu plus petite, longue de 7 millimètres environ, d'une couleur ferrugineuse, avec la tète, les antennes et le dessus du corselet noirs, ainsi que l'extrémitédes jambes; les parties de la bouche sont blanchâtres:

Les femelles déposent leurs œufs dans une petite entaille qu elles font à la nervure médiane des feuilles de rosier. Les fausses-chenilles ont vingt-deux pattes; elles sont en dessus d'un vert obscur, plus clair sur les côtés et sur le ventre, avec la tête rousse. Lorsqu'elles ont acquis toute leur croissance, elles se laissent tomber et se construisent chacune une petite coque dans la terre. Celles delà première génération, que Ton trouve à la fin de juin ou au commencement de juillet, donnent l'insecte parfait en août ; celles de la seconde époque, passent tout l'hiver en terre, et la mouche se montre en mai.

Les fausses-chenilles de la lenthrède de la rose onl

une manière de manger qui les distingue facilement des autres espèces propres à cet arbuste. Elles ne dévorent pas les feuilles, comme celles del'liylotome ; elles rongent le parenchyme, en laissant toutes les nervures et l'épiderme d'un côté complètement intacts, de telle sorte que les feuilles ressemblent à une gaze légère.

Cette mouche à scie ou athalie de la rose est quelquefois très-commune.

Tenthrède du groseillier. Tenthredo (emphytus)

grossulariœ khi?.

Cette fausse-chenille est dans certaines localités, particulièrement aux environs de Versailles, trèscommune sur le groseillier à maquereau. Elle est d'un vert grisâtre, avec les trois premiers et les trois derniers anneaux d'un jaune lestacé,etla tôle noire. On remarque, en outre, sur son corps six rangées de petits points noirs tuberculeux surmontés chacun d'un poil court. Elle entre en terre pour se changer en nymphe.

L'insecte parfaitoulamouche parait au printemps pour la première époque et, en juillet, pour la seconde. On trouve les larves sur les groseilliers en mai et même en juin; il y a une seconde génération en août et septembre.

La fausse-chenille de cette mouche à scie ne se trouve pas seulement dans les jardins ; nous avons vu sur les montagnes en Savoie, aux environs de Saint-Jean deMaurienne, des groseilliers sauvages iRijjes grossularia) où ces larves étaient tellement multipliées que ces arbustes n'avaient plus de feuilles.

Dahlbom décrit, d'après un seul individu trouvé on Scandinavie, une fausse-chenille du groseillier, qu'il appelle Grossulariata. Il dit qu'elle ressemble à celle de la (Jrossulariw notre vcntricosa), comme un œuf ressemble à un autre œuf, et que la seule différence qu'il ait remarquée, c'est que, pour se métamorphoser, elle a filé une coque dans une feuille au lieu d'entrer en terre. Il n'a pas vu l'insecte parfait. Nous croyons co fait purement accidentel.

Heureusement les fausses-chenilles des groseilliers, n'arrivent pas toutes à bien : sans cela il faudrait renoncer, dans certaines contrées, à la culture de ces arbrisseaux, M. Goureau a fait connaître trois parasites qui leur font une rude guerre», et qui en font périr plus des trois quarts.

Il faut, lorsque Ccis larves se montrent s>ur les groseilliers, les secouer sur une toile étalée à terre, ou sur un parapluie renversé et les écraser immédiatement.

C'est bien cette larve que Réaumur (T. V. p. 158, Io9 a appelée la fausse- chenille du groseillier. C'est aussi la morne espèce 'que Dahlbom à nommée à lortfVros.su/arttP, et à laquelle il rapporle,comme synonyme, d'après Bouché JValurgisch der. ins. I. 140, 7), la- Venir icosa de Klug.

Notre savant et laborieux collègue, M. le coloneKGoureau, décrit sous le nom de Jtibis une fausse-chenille du groseillier des environs de Santigny,en Bourgogne; nous n'avons jamais vu cette espèce. Schrank est le premier auteur qui ait fait connaître le tenthredo ribis. Voilà ce qu'il en dit: La larve est verte, rugueuse, avec la tête

HYMENOI'TKHES. 413

bordée de brunâtre et les yeux noirs. Elle a 12 paltes abdominales et deux pattes caudales plus courtes ; elle ronge les feuillles à la manière des chenilles, prend son accroissement en douze jours e( lile un cocon dans lequel elle se change en nymphe.

Tenthrède du berbéris. Tenthredo (hylotoma) berberidis Schrank .

Le berbéris ou épinovinctte que l'on cultive dans les parcs, n'est pas seulement attaqué par les chenilles des Geometra berberaria. dcriuaria, etc., il est quelquefois 'dépouillé de toutes ses feuilles par une fausse-chenille, qui, au premier coup d'œil, ressemble beaucoup à celle du groseillier; mais elle a vingt-deux pattes et non pas vingt comme cette dernière. Elle est verte, un peu atténuée aux extrémités, couverte de petites verrues noires, luisantes, alignées transversalement, et donnant naissance chacune à un petit poil noir. Ses cotés sont marqués près du vaisseau dorsal, dans les incisions, d'un peu de jaune testacé.

La métamorphose se fait en terre comme chez la (rrossulariœ. L'insecte parfait est long de 6 à 7 millimètres, entièrement d'un bleu-noir luisant. Ses ailes supérieures sont également d'un bleu noir, un peu plus clair à l'extrémité. Ses ailes inférieures sont incolores. Il naît, en mai, pour la première époque, et, en août, pour la seconde.

Les Hylotoma, enodis et atrata, de Klug, diffèrent très-peu de la tenthrède du berbéris; elles sont également d'un bleu noir, mais efles vivent sur d'autres plantes de familles assez éloignées.

il 4 HYMKNn|»TKRES.

Tenthrède des drupacées. Tenthredo (Lyda) drupacearum Nordlinger.

Nordlinger, p. 398, ne parait pas avoir vu cette espèce en nature ; il l'a décrit d'après Schmidberger. Quant à nous, nous ne la connaissons pas et nous croyons que sa présence n'a pas encore été observée en France. Elle est, dit Schmidberger, fort nuisible, dans quelques contrées de l'Allemagne, aux pruniers, aux abricotiers et surtout aux pêchers. Elle vit en société sous une tente de soie comme l'espèce précédente, dépouille les arbres de leurs feuilles et empêche le développement des fruits. Les fausses-chenilles sont vertes, avec la tête noire; elles se métamorphosent en terre.

L'insecte parfait, fort commun au printemps, est, selon Schmidberger, de la taille de la mouche domestique. Il est noir, avec le corselet et l'abdomen marqués de lignes transversales blanchâtres, enfoncées; les mandibules et les pattes sont jaunes, avec les cuisses noires.

Dans les localités où cette mouche est commune, elle porte le nom allemand de Steinobsliccspe. Schmidberger avait pris cette espèce nouvelle pour le tenthredo populi de Fabricius. Mais Nordlinger ayant reconnu cette erreur, lui a donné le nom de Drupacearum.

Tenthrède fulvicorne. Tenthredo fulvicornis Klug.

Cette mouche à scie appartient au genre Selandria de Leach ; elle est, comme les deux précédentes, à peu près inconnue en France. Nordlinger donne la figure de la larve, p. 407. Elle est d'un blanc sale comme la plu-

part des larves qui vivent dans l'intérieur des tiges ou des fruits. Sa tète est rousse, avec les yeux et les mandibules bruns. Elle vit exclusivement dans l'intérieur des prunes dont elle empêche le développement. L'insecte parfait se montre au printemps au moment de la floraison des pruniers ; il est petit, d'un noir brillant, avec les • jambes rougeàtres passant au brun jaunâtre; les antennes sont d'un rouge jaunâtre vif, avec le sommet brunâtre.

Selon Schmidberger, la femelle, au moment où. les fleurs commencent à s'épanouir, perce l'ovaire avec sa tarière, y introduit un seul œuf, et passe successivement à d'autres fleurs jusqu'à ce qu'elle ait achevé sa ponte. Dès que le fruit commence à se nouer, la petite larve pénètre dans le noyau et vit de sa substance. Le fruit, cependant, continue de grossir, mais il tombe en juillet, bien avant d'être mûr, et la fausse-chenille entre en terre pour se métamorphoser.

Schmidherger, qui a étudié à fond les mœurs de cette tenthrède,dit qu'une année il a compté sur un seul prunier huit mille fruits renfermant chacun une larve, par conséquent, complètement perdus, et seulement quinze prunes intactes arrivées à maturité.

Tenthrède comprimée. Tenthredo (Cephus) compressus Kabr.

Cette mouche à scie n'est pas, comme les précédentes, . à peu près inconnue en France; elle y est, au contraire, fort commune, surtout dans les jardins fruitiers et les pépinières. M. Rivière nous a apporté, Tannée dernière, de nombreux échantillons de sa larve recueillis chez M. Jamin àBourg-la-Reine.

La fausse-chenille de cette Tenthrétline vit exclusivement dans les jeunes pousses du poirier (bourgeon des jardiniers), qu'elle ronge intérieurement. Celles-ci se fanent d'abord, puis noircissent, s'inclinent et meurent en se desséchant.

M. Goureau, le patient observateur, a élevé cette larve, et a donné une description fort détaillée de sa manière de vivre et de se métamorphoser. Ce que nous allons en diré est extrait du travail de ce savant. Pendant la deuxième quinzaine de mai et tout le mois de juin, dit-il, on remarque des bourgeons de poirier qui se llétrissent. Si l'on les examine avec attention, on y aperçoit des petits points noirs également espacés, qui tournent en spirale autour du bourgeon. Ces points sont des piqûres qui pénètrent jusqu'au bois tendre et qui, interrompant la libre ascension de la séve, produisent la flétrissure des feuilles. La séve, en s'accumulant au-dessous de la blessure, produit un léger gonflement du bois qui, Retrouvant très-affaibli, se casse facilement, mais il est en état de résister aux agitations du vent, et le bourgeon se soutient tout Tété. Si. pour connaître la cause de cette altération, on fend la branche malade, au moment de la flétrissure, on n'y remarque absolument rien, si ce n'est la blessure, qui pénètre dans le tissu du bois; mais, si l'on attend le mois d'août pour faire cette opération, on voit alors que l'intérieur du bourgeon est miné et qu'il s'y trouve une petite larve blanche qui a creusé une galerie dans le canal médullaire en marchant du côté de la branche d'où sort le bourgeon... Cette larve marche lentement, et ce n'est que vers les mois de septembre ou d'octobre qu'elle ar-

HYMÉNOPTÉRKS. 44 7

rive à la base du bourgeon et qu'elle acquiert toute sa taille. Elle s'enveloppe ensuite dans un léger cocon de soie qui remplit sa cellule, et elle passe l'hiver dans le repos pour se changer en nymphe au printemps. L'insecte parfait perce un trou rond, à l'aide de ses mâchoires et se met en liberté dans les premiers jours de mai. » Celui-ci est long de 3 lignes et demie, environ 9 millimètres; mais, d'après Hartig, le mâle et la femelle offrent de notables différences. Dans le mâle, la tête et les antennes sont noires, avec les mandibules jaunâtres-, le corselet est pareillement noir, avec une raie transversale et quelques points d'un ferrugineux très-clair. L'abdomen est d'un jaune rougeàlre. Les pattes sont d'un jaune testacé. Chez la femelle, qui est l'individu le plus commun, la téte et les antennes sont commedans le mâle. Le corselet est noir, marqué d'une tache triangulaire ferrugineuse; les pattessont noires, avec les jambes ferrugineuses,et offrent , toutes, à la base des cuisses, une tache blanche. L'abdomen est ferrugineux, avec le premier anneau et l'extrémité d'un brun noir. Pour détruire cet insecte rongeur, il faut couper toutes les jeunes pousses flétries dans le courant de juin et les brûler pour anéantir cette mouche . à scie dans son berceau.

Tenthrède limace. Tenthredo adumbrata Klug.

Les arboriculteurs connaissent très-bien une larve .gluante, noire comme une petite sangsue, et qui parait presque collée et immobile sur les feuilles des poiriers. Cette larve est très-commune dans les jardins fruitiers, pendant les mois de septembre et d'octobre. Elle a une

forme et un aspect qui lui ont fait donner, parRéaumur, le nom de ver-limace. Lorsqu'à la fin de l'automne, elle a acquis toute sa taille, elle ressemble un peu, avec sa tête retiréesousle premier anneau et son extrémité postérieure amincie, à un petit têtard de grenouille. Elle est pourvue

(fc2. - Tenthrède-limace. Taukrcdo adumbrata.

. de vingt pattes ; mais il faut la décoller de la feuille pour les apercevoir. Elle n'entame pas les feuilles de poirier par les bords ; elle ronge le parenchyme par le milieu en laissant les anastomoses des plus petites nervures et l'épiderme de la face oppos"ée intacts ; de sorte que les feuilles qu'elle a attaquées, ressemblent à une très-fine dentelle.

Après avoir changé quatre fois de peau elle devient d'un jaune orangé, elle descend de l'arbre, et se fait une coque avec des grains de terre réunis à l'aide de quel-

ques fils de soie. Nous en avons mis des centaines dans des pots remplis de terre que nous avons laissés dehors pendant tout l'hiver, et jamais nous n'avons pu réussir à obtenir un seul insecte parfait.

Selon Hartig, celui-ci est long de deux lignes un quart, d'un noir uni et luisant, avec les antennes presque aussi longues que l'abdomen. Les pattes sont noires, avec les genoux et les jambes antérieures d'un brun roux. Les ailes sont obscures.

Cette larve, très-curieuse à observer, est souvent très-nuisible aux espaliers. Elle se montre sur les poiriers au moment où les fruits sont à moitié ou aux deux tiers de leur grosseur. Le ravage qu'elle exerce sur les feuilles en détruisant leur parenchy.me, nuit beaucoup à 1 élaboration de la séve, la végétation s'arrête, les poires cessent de grossir et tombent. Nous en avons vu de fréquents exemples en Normandie où, dans certaines années, ce ver-limace est extrêmement commun.

Plusieurs auteurs ont pensé que le ver-limace de Réaumur donnait naissance au tenthredo cerasi de Linné; d'autres, ne partageant cette opinion qu'avec un point de doute, ont rapporté cette larve au tenthredo œthiops de Fabricius. La confusion vient de Linné, qui cite la figure de Réaumur, V. tab. 12, f. 16, comme devant être rapportée à son cerasi. Les études sérieuses faites sur les vers-limaces par Gorsky, Westwood et par M. Delacour, juge d'instruction à Reauvais, ont parfaitement élucidé cette question. Elles ontdémontré qu'il existe plusieurs fausses-chenilles ressemblant à de petites limaces, produisant des insectes d'espèces différentes, et que le cerasi de Linné ne se métamorphosait pas en terre ;

mais qu'il faisait une petite coque entre les feuilles du cerisier. Il est à croire aussi que le slugworm des Américains, décrit par William Peck (Massachussetts agr. rep. 1779, p. 9, 20, 1 comme la mouche à scie du cerisier, appartient à une espèce étrangère à l'Europe.' Selon cet auteur, ce ver fut, pendant longtemps, un grand fléau aux Etats-Unis, où il se multiplia, d'une manière prodigieuse, sur les cerisiers, poiriers, pruniers et cognassiers. Il y avait, sur chaque feuille, de vingt à trente larves. Beaucoup d'arbres périrent d'épuisement; ceux qui résistèrent, restèrent languissants, développèrent leurs bourgeons à contre-saison et furent frappés de stérilité.

On a conseillé en Amérique, quand les vers-limaces sont abondants sur les arbres fruitiers, de saupoudrer un peu de chaux vive sur les feuilles.

Yenthrède noire. Tentredo œthiops Kabr.

C'est à notre savant collègue M. Wcstwood, membre honoraire de la Société entomologique de France et professeur à l'Université d'Oxford, que l'on doit la découverte des premiers états du véritable tenthredo œthiops de Fabricius. Nous avons rencontré quelquefois sa larve sur la face supérieure des feuilles de rosier; maisnous n'avons pas pu parvenir à l'élever. MM. Westwood ctDelaeour ont été plus heureux , ils ont réussi à obtenir l'insecte parfait .

C'est dans les premiers jours de juin, au moment de la floraison des roses, dit M. Delacour , qu'on voit les feuilles prendre, tout à coup, une couleur d'un brun pale, comme si elles avaient été brûlées par quelque rayon de

soleil; en les examinant avec attention, on reconnaît que leur face supérieure a été rongée, en tout ou en partie, comme si elle avait été écorchée, tandis que la face inférieure reste toujours entière; ce dommage ne se borne pas à faire perdre à la feuille sa fraîcheur, la végétation de l'arbuste en souffre et il ne produit que des fleurs mal venues. Il faut beaucoup d'attention pour découvrir l'auteur du dommage, car sa couleur se confond avec celle de la feuille, ce qui l'avait fait échapper à l'atlention des naturalistes antérieurs à Westwood.

Lafausse-chenilleestcylindrique,pourvuede22pattes, d'un vert jaunâtre assez pâle, avec une ligne plus foncée sur le dos; sa tête est d'un jaune orangé, avec deux petites taches poires de chaque côté.

Lorsque cette fausse-chenille est arrivée à toute sa croissance, elle descend à terre, où elle se construit une petite coque dans laquelle elle passe une partie de Tété, l'automne et l'hiver pour éclore au printemps. La femelle après l'accouplement pond, en mai, sur les feuilles des rosiers des œufs qui éclosent à la lin de ce mois.

L'insecte parfait est d'un noir brillant, avec les ailes enfumées; ses pattes sont d'un fauve clair, avec les cuisses noires.

Tenthrède humérale. Tentredo (cimbex) humeralis KUig.

C'est d'après l'autorité de M. Goureau que nous donnons ici la description de cette grande Tenthrédine comme nuisible aux poiriers. Aux environs de Paris, la fausse -chenil le est commune sur l'aune, mais nous ne l'avons jamais rencontrée sur les arbres fruitiers, pas

plus que celle du wriabilis qui en est très-voisine, et qui vit sur le bouleau dans les bois et dans les parcs.

Selon M. Goureau, en Bourgogne, elle ronge profondément les feuilles des poiriers et des cerisiers dans les jardins, à la manière des chenilles.

La larve, quand elle a subi ses derniers changements de peau, en juin ou en juillet, ressemble beaucoup à une véritable chenille ; mais elle a la tète en forme de bouton et est pourvue de vingt pattes et non de seize. Sa couleur varie un peu ; ordinairement elle est d'un blanc légèrement glauque, avec la tête un peu rosée, marquée de deux yeux noirs ; son corps offre une rangée dorsale de taches noires arrondies et des taches transversales alternativement jaunes et noires.

Lorsqu'elle est arrivée à sa grosseur, elle file, comme les espèces du môme groupe, une coque ovale qu'elle attache à une branche: elle ne passe à l'état de nymphe qu'au printemps, et l'insecte parfait éclot dà*ns la première quinzaine de mai. Celui-ci a les antennes en massue ; la tête noirâtre, avec le front jaune ; le corselet est d'un brun noir en dessus, avec deux grandes taches h umérales jaunes; l'abdomen a le premier segment noir, marqué d'une tache jaune ; les autres sont jaunes, avec une tache dorsale noire. Le dessous du corps est jaune, avec les pattes ferrugineuses. C'est une des plus grandes espèces de la famille des Tentbrédines ; elle a 20 millimètres de long.

Le genre Cimbex est parfaitement caractérisé par des antennes de sept articles, terminées en massue ovale.

Toutes les espèces vivent à découvert et s'élèvent aussi facilement que les chenilles des papillons. Les fausses-chenilles des Cimbex sont souvent aussi grosses qu'une plume d'oie; lorsqu'elles sont au repos, elles se tiennent roulées en spirale; si on les saisit pour les examiner, elles lancent au visage un liquide incolore, qui sort des cotés du corps dans le voisinage des stigmates. Cette liqueur est, au reste, aussi innocente que de l'eau pure.

Tenthrède à écusson. Tenthredo (lyda) clypeata Klug.

Cette petite mouche à scie est à peu près de la taille de l'hylotome des rosiers; elle est noire, avec l'abdomen marqué, de chaque coté, de trois à six petites taches blanches et d'une plaqué jaune sur 1 ecusson; la base des antennes, les jambes ainsi qu'une tache sur la lèvre supérieure, sont d'un jaune pale.

La larve ou la fausse-chenille vit, en famille, à l'extrémité des rameaux de l'épine cultivée, rose ou blanche (Mespylus oxyacantha\ et de plusieurs arbres du même genre. La société se compose souvent d'une vingtaine d'individus enveloppés dans un tissu soyeux, comme les Yponomeutes. La couleur de ces fausses-chenilles est quelquefois d'un beau

12 i HYMÉNOPTÈRES.

jaune et quelquefois d'un jaune terreux, avec la tete d'un noir luisant et les anneaux du corps ridés transversalement. Vers le milieu du mois d'août, elles ont achevé leur croissance, alors elles sortent de leur tente, descendent, à l'aide d'un fil comme les araignées, s'enfoncent en terreet filent une petite coque, dans laquelle elles passent l'hiver, pour se transformer en nymphe au printemps et en insecte parfait dans le mois de juin.

Il y a des .années où les épines ont l'extrémité des rameaux totalement ravagée et effeuillée par ces larves.

Lorsque, dans un parc ou dans un jardin, on aperçoit leur toile au hout des branches, il faut les enlever avec un balai de feuilles de houx; c'est un moyen très-simple que nous conseillons également pour les Yponomeutes.

Selon Schmidberger et Nordlinger, la larve de cette mouche à scie* cause quelquefois, en Allemagne, de grands dégâts aux poiriers.

Tenthrède pâle. Tenthredo (lophyrus) pallida Klug.

Les deux sexes dans cette tenthrède comme chez les autres espèces appartenant au genre Ijyphyrus de Klug , diffèrent essentiellement l'un de l'autre. Le mâle de celle dont il est ici question, a 15 millimètres d'envergure ; ses antennes sont pectinées ; il est noir, avec les palpes, le bord antérieur de l'écusson, le collier et les jambes jaunes-, le ventre est ferrugineux.

La femelle a les antennes plus simples; elle est d'un jaune pale, avec la' poitrine tachetée de ferrugineux et l'abdomen annelé de bandes d'un brun rougeàtre.

La larve a tout à fait les allures d'une chenille de noc-

tuelle ; elle estpourvuc de vingt-deux pattes ; elle vit en familles nombreuses (de 20 à 50 individus), à l'extrémité desjeunes pousses de plusieurs * espèces de sapins. Elle se tient allongée de long des feuilles aciculaires comme une véritable chenille; elle est ordinairement d'un vert - jaune plus ou moins gai et offre, chez quelques variétés, trois lignes parallèles plus obscures, dont une dorsale; sa tete est d'un rouge brun.

Lorsqu'au mois de septembre, elle est arrivée au terme de sa croissance, elle file entre les feuilles, dans le lieu même où elle a vécu, une pe- «• - « TenthrMc paie, remhredo

pallida.

tlte COque OVOïde , d'un gris 2 Les fansses-chenilles.

blanchâtre, dans laquelle elle passe l'hiver pour se transformer en nymphe au printemps, et en insecte parfait dans le courant de juin.

Cette fausse-chenille est, dans certaines années, trèscommune dans les parcs aux environs de Paris et fait beaucoup de mal aux jeunes épicéas.

6n,p ORDRE. — LEPIDOPTERES.

Les entomologistes désignent parle nom de Lépidoptères tous les insectes appelés vulgairement Papillons. On les reconnaît aux caractères suivants : quatre ailes recouvertes, sur les deux faces, de petites écailles colorées semblables à une poussière farineuse ; une trompe plus ou moins longue, roulée en spirale entre deux palpes plus ou moins relevés ; deux antennes de forme variable composées d'un grand nombre d'articles; jamais que deux sortes d'individus, des mâles et des femelles.

Tous les Lépidoptères, sans exception, proviennent «le larves appelées chenilles, qui se distinguent de toutes les autres larves en ce qu'elles n'ont jamais moins de dix, ni plus de seize pattes.

Les chenilles arrivées au terme de leur croissance, se changent en chrysalides, desquelles, après un temps plus ou moins long, sortent des insectes parfaits en tout semblables à leurs père et mère. '

Les papillons à l'état parfait ne font aucun mal aux cultures ; ils voltigent autour des plantes, se posent sur les fleurs pour se nourrir de la matière mielleuse qu'à l'aide de leur trompe, ils puisent dans leur corolle. Il n'en est pas de même à l'état de chenille (1) ; sous cette

4) En parlant du hanneton nous avon« dit que les foudres de l'excommunication avaient été lancées contre les vers blancs.

iî8 LÉPIDOPTÈRES.

forme ils causent de très-grands ravages et deviennent les ennemis acharnés de l'horticulteur.

Les petites chenilles, à la sortie de l'œuf, ont une forme plus ou moins allongée et cylindrique; leur corps se compose de douze anneaux ou segments, d'une tête luisante, écailleuse, presque cordiforme ou triangulaire, jamais arrondie comme un bouton, armée de deux mandibules tranchantes et de deux mâchoires latérales. Leur corps offre, de chaque côté, le long des pattes, une rangée de petites ouvertures respiratoires, appelées stigmates, et ressemblant à de petites boutonnières. Les pattes des chenilles, aussi bien que celles des fausses-chenilles, dont nous avons parlé à propos des Tenthrédines, sont de deux sortes : les trois premières paires sont dites pattes ècailleuses ou vraies pattes ; celles qui 18s suivent sont appelées pattes membraneuses. Les premières contiennent, comme dans une gaine, celles du papillon ; les secondes disparaissent totalement dans l'insecte parfait ; celles-ci sont bien plus indispensables à la chenille que ses pattes ècailleuses, qui ne lui servent qu'à marcher, mais qui ne peuvent lui offrir le même secours pour se fixer et se cramponner sur les feuilles ou sur les tiges.

.par lfc tribunal ecclésiastique de Lausanne. M. le conseiller l)esmaze, dans un récent ouvrage (Supplices, prisons et grâces en France), nous apprend que les chenilles, à différentes époques, ont éprouvé la même disgrâce. En 4420 Tevêque de Laon les excommunia pour se venger de leurs dévastations, et, en 4546, l'olfieial de Troyes prononça contre elles la sentence suivante : « Parties ouïes, faisant droit sur la requeste des habitants de Villeno.xe, admonestons les chenilles de se retirer dans six jours et à défaut de ee taire, les déclarons maudites et excommuniées. » C'est un congé un peu brusque, ordinairement on donne huit jours pour déménngcrl

En raison du nombre des pattes membraneuses, on divise les chenilles : en chenilles à seize pattes et en chenilles arpenteuses ou géomètres. Ces dernières sont ainsi appelées parce qu'en marchant, elles relèvent en arc le milieu de leur corps, en rapprochant leurs pattes postérieures de leurs écailleuses, de sorte qu'elles semblent mesurer l'espace qu'elles parcourent.

La plupart des chenilles arpenteuses ont les anneaux d'une grande rigidité, et leur corps ressemble très-souvent à une petite branche d'arbre ou à un petit morceau de bois -, lorsqu'elles sont en repos, elles se tiennent roides et droites, cramponnées avec leurs pattes postérieures au pétiole d'une feuille ou à une jeune branche, dans des attitudes si fatigantes, qu'il leur faut une force musculaire prodigieuse pour rester ainsi pendant des heures entières.

Les chenilles sont plus ou moins vives, selon les genres -, il y en a de très-paresseuses et d'autres qui courent avec une extrême vitesse.

La locomotion dans ces larves a lieu ordinairement d'arrière en avant ; mais celles appartenant à certains groupes, tels que les Tinéides, les Pyralide$y marchent à reculons avec une grande rapidité, lorsqu'on les inquiète ou qu'on veut les saisir.

Sous le rapport de leur vestiture, les chenilles sont rases, pubescentes, velues, poilues, hispides, épineuses, calleuses, etc.; parmi celles dépourvues de poils, on en rencontre qui ont sur le corps des protubérances ou bosses, qui leur donnent une forme plus ou moins bizarre, ou bien des tubercules calleux ressemblant à des petits bourgeons d'arbres ou ù des espèces

de nodosités. Une infinité de chenilles de phalènes, dites Géomètres, sont dans ce dernier cas. Quelques grosses chenilles, comme celle des Sphinx, par exemple, portent sur le onzième anneau une espèce de corne ordinairement arquée d'avant en arrière.

Parmi les espèces velues, il y en a qui n'ont que quelques poils épars ça et là , comme les pyrales ou Tortrix ; il y en a d'autres chez lesquelles ils sont lins, soyeux et peu fournis; ailleurs, ils sont roides et piquants-, dans d'autres races, ils sont si serrés qu'on ne peut distinguer la peau que dans les incisions ; quelquefois ils sont réunis par touffes aigrettées plus ou moins denses, ou coupés en brosse sur le dos, avec deux longs pinceaux situés sur le premier anneau et dirigés en avant comme des antennes, et un troisième pinceau placé sur le onzième anneau et dirigé en arrière.

Tantôt les poils adhèrent immédiatement à la peau, tantôt ils sont implantés sur des espèces de petites verrues, ou sur des tubercules hémisphériques saillants d'une couleur très-tranchée, jaune, rouge, bleue, etc., comme on en voit un exemple dans la grosse chenille du paon de nuil, qui vit sur nos arbres fruitiers dans les jardins et les pépinières.

Nous avons dit qu'il y avait des chenilles épineuses, c'est particulièrement dans quelques races de papillons de jour que l'on en voit des exemples. Ces épines sont à peu près pour nous ce que sont les aiguillons pour le botaniste. C'est-à-dire qu'ils ne diffèrent des poils, que parce qu'ils sont plus gros, plus durs, d'une consistance cornée et plus ou moins rameux.

La distribution des couleurs des chenilles varie au point qu'il est difficile de rien dire de général à ce sujet. Cependant la nature ayant toujours pourbut la conservation de l'espèce, les a le plus souvent habillées de façon à les dissimuler aux recherches de leurs nombreux ennemis. A celles qui, dans le repos, ont l'habitude de se tenir pendant toute la journée collées sur les écorcesou cachées dans les crevasses des arbres, elle a donné une robe qui ressemble à des lichens ou à Técorce elle-même. Celles destinées à vivre des feuilles de plantes herbacées, ont reçu généralement une nuance analogue à celle de ces dernières. D'autres tiennent à la fois de la couleur des feuilles et des fleurs. Celles qui vivent dans la terre, comme celles àesAgrotis (vers gris) ont d'ordinaire une teinte terreuse ou plombée.

Avant de se transformer en chrysalides, les chenilles subissent plusieurs changements de peau appelées mues. La peau d'une chenille est, en effet, une sorte de membrane épidermoïde -qui n'est douée que d'une certaine extensibilité; on conçoit donc facilement que l'animal ne pourrait rester enfermé dans cette enveloppe jusqu'au terme de son accroissement. Lorsqu'une chenille est avertie, par son instinct, que le moment de la mue arrive pour elle, elle se prépare par la diète à supporter cette crise. A mesure que celle-ci s'approche, les couleurs s'affaiblissent, deviennent ternes ou livides, l'ancienne peau se flétrft et se fend sur le dos au-dessus du second anneau. Cette opération, toute pénible qu'elle est, est souvent terminée en moins d'une minute. La dépouille est tellement complète qu'on la prendrait pour la chenille elle-même.

Les chenilles, à très-peu d'exceptions près, se nourrissent des différentes parties des végétaux : généralement elles dévorent les feuilles, mais il y en a qui ne mangent que des fleurs, d'autres que des racines ; quelques-unes habitent dans les fruits, ou dans les capsules de certaines plantes. Il y en a d'autres qui vivent dans les feuilles, entre les deux lames de l'épiderme, ou dans l'intérieur des tiges, ou même dans le tronc des arbres ; dans le petit nombre d'espèces se nourrissant de substances animales, nous devons citer certaines Tinéides qui dévorent les fourrures, les vêtements, etc.

La plupart des chenilles sont solitaires sur différentes plantes ; mais quelques espèces vivent en sociétés ou en familles nombreuses, soit pendant leur jeunesse, soit pendant toute leur existence.. Ces dernières proviennent des œufs d'un même papillon, déposés les uns près des autres ou les uns sur les autres pour former une sorte de nid. Les petites chenilles éclosent presque toutes dans les vingt-quatre heures et continuent de vivre ensemble aussi longtemps que leur instinct le leur prescrit. Les unes filent une tente commune qu'elles habitent jusqu'à leur dernière mue. D'autres ne se séparent jamais et restent sous le même toit jusqu'à l'éclosion de l'insecte parfait; telles sont les Yponomeutes du Sainte-Lucie et la processionnaire du chêne.

Certaines espèces ont une organisation telle, qu'elles ne peuvent supporter le contact de l'air ; elles se fabriquent une sorte de "fourreau qu'elles fixent au milieu d'une nourriture abondante ou même qu'elles transportent partout avec elles, comme fait un escargot de sa

coquille. La métamorphose a lieu dans cette espèce de cellule.

Beaucoup de gens croient que les chenilles sont des animaux immondes et venimeux et qu'il suffit de les toucher pour être couvert de boutons. Ce préjugé n'a rien de fondé; en général, elles ne sont pas plus venimeuses que des escargots. Nous devons dire, cependant, qu'il y en a deux espèces, celle du Bombyx processionaire de nos bois et celle du Bombyx pityocampe ou processionaire du pin, dont on ne s'approche pas impunément; la poussière formée par les poils provenantdes vieilles dépouilles de ces chenilles est si subtile que le moindre vent l'enlève ; lorsqu'il en tombe sur les mains,

le cou ou le visage, cette poussière détermine d'abord des démangeaisons insupportables, puis des boutons et un gonflement qui durent plusieurs jours, quelquefois même avec un peu de fièvre. Nous en avons ressenti nousmême les effets, et nous avons vu bon nombre de personnes qui, après avoir dîné à l'ombre des bois, en ont été fort incommodées. Les poils secs provenant des nids du Bombyx chrysorrhée de nos arbres fruitiers, occasionnent aussi quelquefois des démangeaisons : et quelques petits boutons chez les individus dont la peau est fine ; mais ces accidents sont de courte durée.

Quand les chenilles sont parvenues à leur entier développement, elles cessent de manger comme aux approches d'une mue ; elles se décolorent et, après avoir choisi un endroit convenable, elles se disposent à subir une seconde métamorphose; alors, les unes se suspendent à l'air libre par leurs pattes postérieures, après s'être assujetties à l'aide d'une petite pelote de soie ;

puis, elles se raccourcissent et, au bout de deux ou trois jours, elles se dépouillent, et l'opération est accomplie.

Les autres ne se contentent pas de se suspendre par la queue, avant de se chrysalider, elles passent un lien en forme de ceinture autour de leur corps. Ce n'est que dans les papillons de jour que l'on voit ces deux genres de métamorphose.

Les chenilles des papillons de nuit, au contraire, avant de se changer en chrysalides, filent des coques plus ou moins riches en soie, ou s enfoncent en terre pour s'y construire une petite loge. Elles restent trois ou quatre jours à l'état de larve et passent ensuite à celui de nymphe.

Dans cet état intermédiaire entre la chenille et le papillon, la forme est entièrement changée : l'individu ne ressemble plus en rien à ce qu'il était auparavant. C'est un être qui respire à peine, dépourvu de tout organe propre à prendre de la nourriture, et immobile dans son linceul jusqu'au moment de sa résurrection.

Les chrysalides des papillons de jour sont souvent anguleuses et ornées de taches d'or et d'argent. C'est à cause de ces taches brillantes qu'on leur a donné le nom de chrysalides (/p><rd;, or) ; par extension nous donnons le môme nom assez improprement, en France, à toutes les nymphes des papillons. Les chrysalides des papillons de nuit que les Allemands appellent puppe, sont cylindrico-coniques, de couleurs plus ou moins brunes ou même d'un rouge ferrugineux.

Le sommeildes chrysalides dure plus ou moins long-

temps ; les unes éclosent au bout d une quinzaine de jours, tandis que d'autres restent huit ou neuf mois

et même plusieurs années, dans un repos léthargique, ainsi que nous l'avons dit dans nos généralités.

Un papillon sorti de sa chrysalide, est très-faible ; toutes ses parties sont molles , sans consistance et imprégnées d'humidité; ses ailes sont pendantes, trèscourtes et offrent en petit, tout le dessin qu'elles auront un instant plus tard. Il étend successivement tous ses organes, en imprimant, de temps en temps, un léger frémissement à ses ailes. Celles-ci croissent en tous sens et poussent pour ainsi dire comme une feuille ; en moins d'une demi-heure elles deviennent aptes à remplir leurs fonctions.

Peu après leur naissance, les papillons s'accouplent : le mâle périt au bout de six à dix jours, et la femelle ne lui survit que le temps nécessaire à l'accomplissement de sa ponte. Il arrive souvent que l'éclosion des mâles précède celle des femelles de cinq à six jours et que, lorsque celles-ci paraissent, les premiers ont perdu toute la fraîcheur de leur toilette de noce.

Quelques espèces de papillons de jour vivent sept ou huit mois dans l'engourdissement et se réveillent aux premiers beaux jours du printemps, pour s'accoupler et propager l'espèce.

Nous partageons les papillons en deux grandes coupes, les Rhopalocères, dont les antennes sont toujours en massue, et les Hétérocères, dont les antennes sont de toutes formes : pectinées, dentées, prismatiques, filiformes, etc.

La première division correspond au grand genre Papilio de Linné, dont Latreille a fait la grande famille des Diurnes.

Notre seconde division se compose des grands genres Sphinx et Phalœna de Linné, dont Latreille a fait deux familles, les Crépusculaires et les Nocturnes.

Dans la première division, il n'y a qu'un petit nombre d'espèces nuisibles à l'horticulture. Quatre appartiennent au genre Piéride et une au genre Vanesse.

GENRE PIÉRIDE. PIERIS Fabr.

Tète assez petite, courte; yeux nus; palpes assez longs, hérissés de poils roides, assez peu serrés, de longueur inégale, formant une petite pointe aciculaire, saillante au milieu des poils qui l'environnent ; antennes assez longues, terminées par une massue obeonique comprimée; abdomen un peu plus court que les ailes; six pattes propres à la marche.

Chenilles cylindriques, allongées, pubescentes, atténuées aux extrémités. Chrysalides nues, anguleuses, terminées en avant par une seule pointe, attachées par la queue et par un lien transversal sous toutes sortes d'inclinaisons.

Piéride de l'aubépine. Pieris cratsegi Linné.

Cette piéride, appelée par Geoffroy \c papillon gazé, est blanche de part et d'autre, avec les nervures noirâtres, sans aucune tache sur les ailes. Elle est très-commune dans toute l'Europe et s'étend même jusqu'au Japon. Après l'accouplement, la femelle dépose ses œufs par tas sur les branches des aubépines, des pruniers, des

tized by GoogU

cerisiers, des amandiers, etc. Ceux-ci éclosent à l'automne et les jeunes chenilles, en sortant de l'œuf, filent une petite toile où elles passent l'hiver à l'abri des rigueurs delà saison. Aux approches du printemps, elles rompent cette toile, et comme, à cette époque, elles ne trouvent que des bourgeons, elles font un tort considérable aux arbres. Chaque soir, elles rentrent au domicile commun et n'en sortent môme pas pendant les jours de pluie. Lorsqu'elles ont changé de peau, comme elles se trouvent logées trop à l'étroit, elles se font une nouvelle tente, plus vaste que la première, d'où elles ne sortent définitivement qu'après la dernière mue, pour se répandre sur toutes les branches. Elles sont alors presque arrivées aux deux tiers de leur grosseur. Elles sont luisantes, garnies de quelques poils blanchâtres ass,ez fins; leur tête est d'un noir luisant: leur dos est d'un brun noirâtre, marqué de deux bandes longitudinales fauves ou d'un fauve roux, avec les côtés et le dessous du corps d'un gris plombé. La chrysalide est d'un blanc verdàtre, avec deux lignes latérales jaunes et une infinité de taches noires.

La chenille du gazé est, dans certaines localités, un fléau pour tous les arbres fruitiers dont elle dévore les bourgeons et les feuilles. On la détruit très-bien en enlevant les nids au commencement du printemps.

Piéride du chou. Pieris brassicœ Linné.

Tout le monde connaît parfaitement ce grand papillon blajic, appelé vulgairement le grand papillon du chou ; il vole dans les jardins depuis le commencement duprin-

temps jusqu'à l'automne. Les deux sexes de cette piéride sont blancs, avec le sommetdesailes supérieures noir, saupoudré de blanc grisâtre. La femelle offre en outre sur ses ailes de devant, trois taches noires dont deux rondes situées au-dessus l'une de l'autre, et la troisième longitudinale placée sur le milieu du bord interne. Les ailes postérieures sont marquées, chez le mâle comme chez la femelle, sur leur bord antérieur d'une tache noire arrondie. Le dessous ressemble au-dessus, sauf que le sommet des supérieures et toute la surface des inférieures sont lavés de jaune.

«5. — Le grand papillon du chou femelle Vierit brasiiar.

La chenille vit par petites familles sur diverses variétés de choux , elle est d'un vert grisâtre ou d'un jaune verdâtre, avec trois lignes longitudinales jaunes, séparées par des petits points tuberculeux noirs, donnant naissance chacun à un petit poil blanchâtre. Sa tôle est d'un bleu cendré, tiquetée de noir.

La chrysalide est d'un gris blanchâtre tachetée de noir et de jaune.

La chenille de cette piéride dévore les feuilles* de

choux dans les potagers et chez les maraîchers. Heureusement pour les cultivateurs , elle est exposée aux attaques de parasites qui en font périr les sept huitièmes. Il y a entre autres un petit ichneumon qui dépose ses œufs au nombre de 20 à 25 dans son

m. - i. Chenille du grand papillon dn chou. - 2. La chrysalide.

corps, et dont les petites larves, lorsqu'elles sont développées, lui percent la peau sur les côtés et filent sur les flancs de la victime, chacune une petite coque de soie jaune. Ce petit insecte qui nous rend de grands services s*appelle Microgaster glomeralus. D'un autre côté, la chrysalide est souvent dévorée intérieurement par les larves d'une petite chalcidite [Pleromalm larvarum), dont

les œufs sont déposés sur ses côtés au moment où elle se forme et que sa consistance est encore molle.

Pour éviter les ravages de cette chenille, il faut, dès que le papillon se montre dans les jardins, lui faire la chasse sur les fleurs, avec un filet à papillon pour ne pas lui donner le temps de pondre.

Piéride de la rave. Pieris rapœ Linné.

Elle est connue sous le nom vulgaire de petit papillon du chou; elle est peut-être encore plus commune dans

«7. — Le petit papillon du chou femelle. Pierit rapce,

les jardins que l'espèce précédente, à laquelle elle ressemble presque entièrement, excepté qu'elle est au moins d'un tiers plus petite.

La chenille vit sur toutes les variétés de choux, le navet, les raves, le réséda et la capucine. Elle fait au moins autant de dégâts dans les potagers que l'espèce précédente. Elle est d'un vert gai, couverte de très-petits poils courts qui la font paraître veloutée. Elle offre pour tout dessin trois lignes jaunes longitudinales, dont une sur le dos et une de chaque côté, située au-dessus des

pattes. La chrysalide est d'un cendré plus ou moins pale, quelquefois lavée d'incarnat, ponctuée de noir.

68. — l. Chenille du petit papillon du chou. — 2. La chrysalide.

Le petit papillon du chou est, comme l'espèce précédente, répandu dans toute l'Europe. On lui fait lâchasse de la môme manière.

Piéride du navet. Pieris napi Linné.

Celte piéride porte le nom vulgaire de papillon blanc veiné de vert. Elle est un peu moins fréquente dans les

jardins que les deux espèces précédentes, mais elle est très-commune dans les champs. Elle est tout à fait de

la taille du petit papillon * du chou , dont on la

distingue aisément par ses nervures saillantes, bordées, en-dessous, de veines d'un noir verdàtre.

La chenille vit, dans les jardins, sur le réséda, la capucine, la rave, le navet, même sur les choux , et, dans les champs, sur toutes les crucifères agrestes ; elle cause souvent en Angleterre de grands dommages dans les champs de turneps.

Elle est pubescente, veloutée, d'un vert foncé sur le dos, sans aucune ligne longitudinale, plus pâle sur les côtés, avec les stigmates roux placés chacun sur une petite tache jaune.

La chrysalide est grisâtre ou d'un jaune verdàtre pointillée de noir. On lui fait la chasse comme aux deux espèces précédentes.

Les jardiniers ne doivent pas confondre avec les trois chenilles dont nous venons de leur parler, une autre chenille du chou, qui pénètre souvent jusque dans le cœur, et qui parfois se tient cachée dans les

09.— I. Chenille du papillen blanc veiné de vert. 2. La chrysalide.

têtes des choux-fleurs. Cette dernière produit un papillon de nuit dont il est question ci-après sous le nom de Noctuelle du chou»

GENRE V ANES SE. VANESBA Fabricius.

Les vanesses ont pour caractères ; des antennes terminées par un bouton ovoïde non aplati; des palpes ascendants, très-velus, contigus et finissant insensiblement en pointe ; des ailes inférieures formant sur leur côté interne une gouttière longitudinale pour la réception du corps ; six pattes dont la première paire très-courte et impropre à la marche.

Chenilles épineuses.

Chrysalides nues, fourchues antérieurement, suspendues par la queue, la tête en bas, et ornées de taches d'or ou d'argent.

Vanesse pol y chlore. Vanessa polychloros Linné.

Ce papillon est bien plus connu des amateurs sous le nom vulgaire de grande tortue que sous son nom scientifique. Il est commun dans toute l'Europe, même en Algérie et en Sibérie.

Le dessus de ses quatre ailes est d'un fauve assez foncé, avec le bord extérieur divisé par deux rangées de lunules bleues, séparées par une double ligne ondulée jaune. Les ailes supérieures sont marquées de plusieurs taches noires assez grandes séparées par du jaune d'ocre -, elles offrent, en outre, entre le milieu et

l'angle interne quatre gros points noirs. Les ailes inférieures ont vers le bord antérieur une grande tache noire entourée de jaune d'ocre. Le dessous des quatre ailes est d'une couleur obscure un peu plus grisâtre à l'extrémité.

"0. - Vanesse polychlore- Vane$$a polychlorot.

La chenille est brunâtre, avec une raie longitudinale d'un fauve roux sur chaque côté. Ses épines sont assez longues, roides, d'une couleur jaunâtre, un peu rameuses au sommet. Dans sa jeunesse, elle vit en familles nombreuses sous une toile de soie ; mais, après la seconde mue, les jeunes chenilles se dispersent chacune de son côté.

La chenille de la grande tortue dévore la feuille des ormes dont elle fait sa principale nourriture ; elle vit également sur différentes espèces de saules ; nous en avons vu aussi de nombreuses couvées qui effeuillaient totalement les branches des cerisiers et des pruniers.

Nous signalons pour cette raison cette espèce aux

LEPIDOPTERES. 44b

arboriculteurs, afin, qu'ils fassent attention aux nids qui pourraieut se trouver sur les arbres à noyau vers le milieu du mois de mai. , La vanesse polychlore ou grande tortue n'a qu'une éclosion par an : ordinairement vers la Gn de juin ou au commencement de juillet. A cette époque, quelques individus se retirent dans le creux des arbres, les cavernes et autres lieux obscurs, où ils passent sept ou huit mois dans l'engourdissement pour se réveiller aux premiers rayons du soleil, s'accoupler et reproduire l'espèce. Cette remarque est applicable à toutes nos vanesses européennes, quand bien même elles auraient, comme la petite tortue, le paon de jour, etc., deux ou trois générations successives. Les individus provenant de la dernière éclosion ne s'accouplent plus, ils s'engourdissent et la fécondation a lieu l'année suivante entre les survivants.

LÉPIDOPTÈHKS.

HÉTÉROCÊRES.

Celte grande division se compose de tous les Lépidoptères dont les antennes sont de formes variables ; mais jamais terminées en massue brusque, à l'extrémité. Elle renferme tous les papillons que Latreille appelait Crépusculaires et Nocturnes, expressions très-inexactes : puisque la grande majorité de ces Crépusculaires ne volent qu'en plein jour à l'ardeur du soleil, et que beaucoup «le soi disantNocturnesnese montrent plus dès que le soir arrive. C'est pourquoi le nom d'Hétérocères proposé par nous est aujourd'bui adopté par la plupart des entomologistes.

On divise les Ilétérocères en un certain nombre de familles et en beaucoup de tribus et de genres.

Page 1