I ouvrière, J Jd«m Rrowle
a des terriers dedapin. C'est elle,
qui, à Paris, monte le long des murailles, pénètre dans
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les appartements et dans les armoires. C'est presque toujours elle aussi que Ton rencontre à la recherche des pucerons, sur les pêchers, les pruniers, etc.
Cette fourmi n est pas toujours tranquille chez elle. Une autre espèce roussâtre, formica rufescens, lui déclare souvent la guerre ; celle-ci marche en colonnes serrées à l'attaque de la fourmilière, qu'elle envahit de toutes parts, et, après avoir tué celles qui font résistance, elle enlève les nymphes qu'elle transporte dans sa propre demeure, où elles éclosent. et sont réduites à l'esclavage pour toute la durée de leur existence.
La fourmi mineuse est d'un noir cendré, légèrement pubescente, avec la tète noire et le corselet rougeàtre, marqué d'une tache dorsale noire.
Notre collègue, M. Dubreuil, savant professeur d'arboriculture, accuse la grande fourmi des bois, formica ru fa, d'attaquer les poires. Nous n avons pas observé ce cas qui doit être rare. Si cela arrive, ce n'est que dans le voisinage des bois ou dans les jardins situés au milieu des grands parcs.
GENRE GUÊPE. VESPA Linné.
Tous les jardiniers et les agriculteurs connaissent su flîsamment les guêpes, et il est inutile d'en donner ici le caractère entomologiqi e ; ils ne les confondront pas avec les abeilles, ni avec les bourdons.
Ces insectes forment des sociétés annuelles ; leurs colonies, comme celles des fourmis, sont composées de trois sortes d'individus : des mâles, des femelles et des neutres'. Ce sont ces derniers qui travaillent et sont
chargés de nourrir les jeunes larves pendant une partie de l'année. Les mâles et les femelles ne se montrent guère avant la fin du mois de septembre ; à cette époque, ils sortent comme les ouvrières et prennent part aux travaux du guêpier.
Les guêpes n'ont pas, comme les abeilles, un gouvernement monarchique avec une seule reine ; elles vivent en république. Dans un nid, il y a deux ou trois cents femelles occupées à pondre jusqu'à l'automne ; pendant ce temps-là, les neutres, qui ne sont que des femelles avortées, plus petites, plus légères, plus agiles et plus actives, vont à la provision. A l'entrée de l'hiver, les guêpes périssent ; il ne reste que quelques femelles engourdies et fécondées pour propager l'espèce. Ce sont ces dernières seules qui commencent à fonder un nouvel établissement. Les premiers nés sont toujours des individus neutres qui travaillent activement à augmenter l'édifice commencé par leur mère, lorsqu'ils ne sont pas occupés à l'approvisionnement de la famille.
Les guêpes font leur nid à l'abri de la pluie, dans des troncs d'arbres creux, sous les toits de chaumes, dans les combles des vieilles maisons ou dans la terre, l'ne espèce qui ne fait plus partie du même genre, le Polyste de France [Polystes gallicus), attache le sien, en l'orme de rosace, dans les champs, les landes, etc., à une pierre ou à quelque tige de bruyère ou de graminée.
Les nids de guêpes sont des espèces de gâteaux composés de cellules hexagonales, de la couleur et de la consistance d'un carton grisâtre. Cette substance coriace, papyracée, a pour éléments des fibrilles de bois sec gâchées avec une salive gluante. On a vu des guêpiers
composés de 12 à 15 mille cellules contenant chacune une larve ou une nymphe.
Les larves de ces insectes sont apodes et vermiformes ; elles sortent de l'œuf huit jours après la ponte. Vingt jours après, elles ont atteint tout leur développement, et elles se changent en nymphes, en bouchant l'orifice de la cellule avec un tissu soyeux. Au bout de huit jours, l'insecte parfait ouvre la porte de sa prison et s'envole. Le logement ne reste pas pour cela longtemps vacant ; les mâles ou les ouvrières le nettoient et le mettent à même de recevoir un nouvel œuf.
Les guêpes sont polyphages ; elles vivent indistinctement de substances végétales ou animales. Elles font la guerre aux autres insectes , particulièrement aux abeilles. L'aiguillon dont elles sont armées, est un sûr moyen d'exercer leurs rapines et leur férocité ; elles percent avec cette arme redoutable et envenimée le corps des insectes plus petits qu'elles, les paralysent ou les tuent et les emportent dans leur nid. Nous avons vu plusieurs fois la guêpe commune couper en deux, à Vaide de ses fortes mandibules, la chenille du pied d'alouette, et même l'abdomen de certaines noctuelles et les emporter de la même manière; elles aiment aussi beaucoup la viande fraîche, le miel et tous les fruits sucrés, tels que prunes, abricots, poires, raisins, etc.
Les guêpes sont considérées par les arboriculteurs comme un véritable lléau ; elles entament les fruits, en ayant soin de s'adresser toujours aux plus mûrs et aux plus sucrés. Quelques personnes doutent cependant qu'elles perforent la peau : elles pensent, au contraire,
HYMÉNOPTÈRES. JT.i
qu'elles ne l'ont que profiter de ceux qui sonl préalablement entamés par les limaçons, les oiseaux ou les souris, ou fendus naturellement à la suite de la pluie et de la chaleur. D'autres nous ont assuré que, dans les appartements où il n'y avait ni oiseaux ni limaçons, elles déchiraient la peau du raisin et qu'elles creusaient des fruits intacts. Les auteurs allemands et anglais n'hésitent pas à être de cette opinion.
Aux environs de Paris et dans la plus grande partie de la France, on ne rencontre guère que deux espèces de guêpes dans les jardins fruitiers.
La guêpe vulgaire. Vespa vulgaris Linné.
Cette espèce, ainsi que son nom l'indique, est la plus commune de toutes. On la reconnaît facilement aux caractères suivants: antennes noires un peu plus grosses à l'extrémité ; tête noire, avec le tour des yeux roux ; mandibules bien développées , jaunes, avec l'extrémité noire ; corselet noir, marqué de taches jaunes : abdomen jaune, avec la base des anneaux noire, chaque anneau est, en outre, marqué d'une petite tache dorsale noire. Les pattes sont d'un jaune roussâtre.
La piqûre de cette guêpe est assez douleureuse et occasionne souvent du gonflement et de l'induration à la peau. On apaise la douleur avec un peu d'alcali volatil étendu d eau. Si on n'a pas cette substance à sa disposition, on écrase des feuilles de persil, on en exprime le jus et on l'applique sur la plaie après avoir eu soin de retirer l'aiguillon qui reste souvent dans la peau. Les jardiniers, lorsqu'ils sont piqués par une guêpe, se contentent de frotter la place avec un peu de terre douce.
C'est généralement cette guêpe que I on trouve sur les fruits à la tin de l'été et à l'automne. C'est aussi elle qui pénètre dans les appartements à Paris et à la campagne.
Le meilleur moyen de détruire les guêpes, c est de les attaquer dans leur nid ; mais, comme elles volent trèsloin deleur habitation, il n'est pas toujours facile de le dé* couvrir, d'autant plus que celui de cette espèce est constamment caché dans la terre à une profondeur de dix à douze centimètres. Lorsqu'on a découvert un repaire , où l'on voit entrer et sortir des guêpes à chaque instant, il n'est pas très-difficile d'anéantir toute la république. Plusieurs moyens sont très-efficaces, mais on ne doit les employer que le soir après le coucher du soleil : 1° on peut verser de l'eau bouillante dans leur galerie; 2° au lieu d'eau bouillante on fait usage d'eau fortement additionnée de benzine ou d'huile lourde du gaz ; 3° on les asphyxie complètement en introduisant dans l'ouverture une mèche soufrée ou une trainée de poudre à canon.
Il y a dés années, on ne sait trop pourquoi, où la guêpe vulgaire est si commune qu'à la campagne on trouve des guêpiers dans une infinité d'endroits. Alors, il devient difficile de les détruire tous. Ces années sont rares et exceptionnelles.
Dans les jardins, à Paris, où ces insectes sont trèsrépandus, on découvre bien rarement leur demeure ; les sens de l'odorat et de la vue sont tellement développés chez eux qu'ils arrivent de très-loin.
Pour diminuer le nombre de ces parasites, on a recours à divers moyens. Le plus ordinairement on suspend le long des treilles, des espaliers, etc., de petites tioles ou
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de petites bouteilles à étroite ouverture, à moitié remplies d'eau miellée. Les guêpes une fois entrées dans ces bouteilles ne peuvent en ressortir et se noient dans le liquide. Il est essentiel de renouveler l'eau miellée de temps en temps ; on en prend ainsi de grandes quantilés. 11 y a bien un autre moyen plus elïicace ; mais il faut de grandes précautions pour en faire usage ; il consiste à mêler un peu d'arsenic avec du sirop de miel ou de sucre. Attirées par ce mélange, elles arrivent de tous les côtés et s'empoisonnent par centaines ; dans les années où elles sont abondantes, le sol est joncbé de leurs cadavres. Nous devons dire ici qu'en noyant ou en empoisonnant les guêpes on fait périr en même temps un grand nombre de malheureuses abeilles, innocentes créatures qui sont également très-friandes de matières sucrées.
Le frelon. Vespa crabro Linné .
Toutes les personnes habitant la campagne connaissent cette grosse guêpe appelée frelon. C'est la plus grande denos espèces européennes et celle dont la piqûre est la plus terrible. Elle est longue de près de trois centimètres ; sa tète est fauve avec de fortes mandibules jaunes; son corselet est noir, un peu ferrugineux en avant ; le premier anneau de l'abdomen est d'un noir profond, légèrement liséré de jaune; les autres sont noirs, avec une bande jaune marquée de deux ou trois points noirs: les pattes sont roussàtres.
Le frelon vit en sociétés nombreuses il construit ; dans les greniers abandonnés ou dans les arbres creux , un nid souvent aussi gros que la tête , formé d'un
papier grossier, d'un gris sale, composé de petits fragments de bois sec, broyés et détrempés avec une salive visqueuse.
Dans les jardins de Paris, les frelons causent peu de dommage; on les voit, à la (in de l'été, pogés^suj^ ks troncs des ormes en train de sucer les plaies qui siimteuT une liqueur visqueuse. Ils entrent rarement dans les appartements. A la campagne, ils sont assez communs et commettent les mêmes déprédations que la guêpe vulgaire. Il n'est pas rare d'en rencontrer, à l'automne, un certain nombre sur les tas de pommes dans les pressoirs ou sur le marc des raisins. Ce sont des ennemis redoutables pour les personnes qui élèvent des abeilles. Ils tuent un grand nombre de ces Hyménoptères chargés de miel, et les emportent dans leur guêpier pour nourrir leurs larves.
Les frêlons, comme la guêpe vulgaire, périssent à l'entrée de l'hiver, sauf quelques femelles fécondées qui s'engourdissent pour jeter au printemps, les fondements d'une nouvelle colonie. De cette première ponte, il ne nait que des neutres qui continuent avec leurs mères la construction de l'édifice.
Les gens de la campagne savent parfaitement bien découvrir les nids de frelons ; le plus difficile est de les détruire; cette opération ne doit se faire que le soir, quand chaque individu est rentré à son domicile. Ce qu'il y a de mieux, c'est de les asphyxier avec de la fumée, ou mieux encore avec des mèches ou des chiffons soufrés que l'on tien! allumés au bout d'une gaule. On pourrait aussi essayer de sennguer dans les guêpiers de la benzine étendue d'eau.
On rencontre en France, et même aux environs de Paris un frelon un peu plus petit que le précédent, dont les habitudes sont les mêmes, mais il est beaucoup moins commun. Il attache ordinairement son nid aux branches des arbres ou sous les auvents des maisons. On le désigne en entomologie sous le nom de guêpe moyenne, Vespanwdia Olivier.
Nous ne dirons rien ici de la guêpe du Holstein (Yçspa holsatica), ni de la guêpe de France [Polystes gallicns\ qui ne sont pas nuisibles à l'horticulture.
Après avoir parlé des guêpes, nous ne devons pas oublier de mentionner un procédé mis en usage pour préserver les raisins de la voracité de ces insectes. Nous l'avons vu employer, il y a une dizaine d'années, pour la première fois, par M. Perrault, horticulteur à Sucy. Notre savant confrère et collègue, le Dr Aubé, en a fait un grand éloge à l'une des séances delà Société impériale d'horticulture, et a dit en avoir obtenu un excellent résultat. Ce procédé est fort simple ; il consiste à envelopper chaque grappe de raisin dans un manchon de papier, froncé par en haut et complètement ouvert païen bas. Les guêpes n'entrent pas sous cette enveloppe, quoiqu'elle soit ouverte dans sa partie inférieure, ce qui semble indiquer que, chez elles, le sens de l'odorat est moins développé que celui de la vue.
Dans la famille des Mellifères: nous n'avons à menlionner que le *
GENRE XYLOGOPE. XYLOCOPA Latr. Apis Li.m.
Les caractères de ce genre de la tribu des Apiaires
dont on ne voit qu'une seule espèce dans nos jardins, sont : une langue presque cylindrique, aussi longue que le corps lorsqu'elle est développée ; des antennes filiformes, coudées, de douze articles \ des mâchoires élargies, fortes, cornées et dentées en dedans; un corps un peu velu ; des jambes postérieures munies de longs poils pour la récolte du pollen.
Les larves sont apodes et vermiformes.
Xylocope violette. Xylocopa violacea Linné.
Il est peu de personnes qui n'aient remarqué cette espèce de gros bourdon noir dont les ailes ont un reflet violet, et que l'on appelle vulgairement abeille percebois. Cet insecte se montre dès les premiers beaux jours. Quand il n'y a pas encore de fleurs dans les jardins ou qu'elles y sont rares, il pénètre dans les appartements, et surtout dans les serres, lorsque son instinct lui fait découvrir quelques plantes dont les corolles* sont ouvertes. Dans les serres chaudes, sa présence est fort nuisible, lorsqu'il s'y trouve des Orchidées ; en butinant sur leurs fleurs pour y recueillir du miel et un peu de pollen, il les féconde et abrège de beaucoup leur durée.
Il parait, au reste, que, dans la nature, les choses se passent souvent de la même manière, et que ce sont d'autres Hyménoptères de la même tribu, qui, dans les bois et les prairies, fécondent nos Orchidées indigènes ; c'est à eux que nous devons ces hybrides que nous avons quelquefois rencontrés dans nos excursions botaniques, et sur lesquels notre collègue, M. Timbal-Lagrave, a publié plusieurs petites notices Irès-intéressantes.
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Au milieu du printemps, la xylocopedispuraitdeuos jardins. Le mâle périt après l'accouplement, la femelle, restée seule, s'occupe à préparer le logement , et à assurer la nourriture pour une jeune famille qu'elle ne connaîtra jamais. Alors elle choisit, dans ce but. de vieilles poutres de bois bien sec et un peu en décomposition, de vieux pieux, etc , dans lesquels elle creuse, à l'aide de ses fortes mâchoires, des galeries " assez longues, parallèles aux fibres du bois, partagées en plusieurs loges superposées et séparées l'une ^le l'autre par une simple cloison. Elle pond un «ruf dans chaque cellule après y avoir déposé une pâtée de miel et de pollen, en quantité suffisante pour nourrir la larve jusqu'à sa transformation.
Dans la classe des insectes, il n'y a pas de ces mauvaises mères qui abandonnent leurs enfants ou qui manquent de sollicitude pour eux. La femelle delà xylocope a la précaution, lorsqu'elle prépare le logement pour ses descendants, d'amincir la paroi extérieure de chaque cellule, de manière que l'insecte, lorsqu'il sort de sa dernière enveloppe, n'a qu'un faible obstacle à vaincre pour être en liberté.
Lorsqu'un horticulteur aura des craintes pour ses Orchidées, il pourra facilement prendre dans sa serre Yabeille perce-bois avec un tilet à papillons
I AMILLK M«;S PL'PIVOUKS Lalrcillc
Les hyménoptères appartenant à cette section des Térébrans sont extrêmement nombreux. Leur corps est allongé, généralement étranglé, et ne lient souvent au
38i HYMÉNOPTÈRES.
corselet que par un mince pédicule. Leurs larves sont vermiformes, sans pattes, et vivent, ainsi que leur nom l'indique, en parasites dans le corps des autres larves. Cette famille est divisée en plusieurs tribus dont deux seulement intéressent l'horticulture. les Ichneumonides et les Chalcidites.
Tribu des Ichneumonides Latreille.
La tribu des ïchneumonides a été partagée en une infinité de genres pour faciliter le classement et l'étude des nombreuses espèces qui en font partie; elle estpres: que entièrement composée du grand genre Fchneumon de Linné; les quelques espèces qui en ont été retranchées, appartiennent aujourd'hui à d'autres groupes.
Les Ichneumonides ont pour caractères: des antennes vibratiles assez longues, filiformes, composées d'un grand nombre d'articles variant de 18 à 20; des palpes maxillaires toujours très-apparents; un corps étranglé et pédicule au point où il s'attache au corselet ; un abdomen se terminant, dans les femelles, par une tarière plus ou moins longue, composéede trois filets. Les entomologistes leur donnent un caractère plus essentiel : c'est que les ailes de devant offrent toujours une grande cellule formée par la réunion de deux autres.
Chez la plupart des Ichneumonides, les antennes sont ornées d'un anneau blanc ou jaunâtre placé entre le milieu et l'extrémité. Ces insectes que chacun peut observer journellement, avaient été appelés par Réaumur mouches vibrantes, parce que leurs antennes sont toujours en mouvement. Dans certains genres, la tarière triplequi
HYMKNOl»TKRK>. .M
termine l'abdomen des femelles est plus longue que le corps, quelquefois elle est de la même longueur et souvent beaucoup plus courte.
Les insectes appartenant à cette tribu rendent, lous, les plus grands services aux agriculteurs et aux horticulteurs, en faisant périr les neuf dixièmes des larves 5
sans leur assistance, le produit des champs et des jar- «
dins serait souvent anéanti ; ce sont eux qui ont fait disparaître la pyrale de la vigne dont nos vignobles ont eu tant à souffrir.
Les femelles des Ichneumonides pondent leurs œufs dans le corps des chenilles, des fausses-chenilles et dans les larves vivantes de beaucoup d'autres insectes. Généralement elles percent la peau de ces larves à l'aide de leur tarière et y introduisent, selon les races, un ou plusieurs œufs. La petite plaie se referme : cependant, sur certaines chenilles d'une couleur claire, on voit la piqûre indiquée par un point noir bien marqué. Les entomologistes connaissent parfaitement à ce slygmate une chenille lorsqu'elle est ichneumonèe.
L'œuf ou les œufs écloscnt dans le corps de la larve qui a été piquée. Dès que les petits vers sont nés, ils vivent intérieurement aux dépens de la victime, qui continue de manger et de grossir sans en paraître trop incommodée. Quelquefois il arrive même que la chenille a conservé encore assez de vie pour se métamorphoser en chrysalide. Alors, on est très-étonné de voir éclore d'une chrysalide une mouche à quatre ailes au lieu d'un papillon. Souvent cependant les larves ou la larve des Ichneumonides font périr la chenille et elles sortent de sa dépouille pour se métamorphoser, ou bien elles subissent
m HYMÉNOPTÈRES.
leur seconde transformation dans le cadavre lui-même.
Les Ichneumonides ne s'adressent pas seulement aux chenilles, ou aux fausses- chenil les : chaque espèce à l'instinct de découvrir la larve propre à nourrir sa progéniture. Les femelles savent trouver les larves les mieux cachées en apparence ; à l'aide de leur tarière, elles percent les écorces, le bois, la terre, etc., pour déposer un ou plusieurs œufs dans le corps de la victime qu'elles ont choisie. Certaines petites espèces pondent dans les œufs des araignées, dans le corps des pucerons ou même dans celui des Coccides. Aucune larve n'est à l'abri de la tarière des ichneumons^ il faut qu'elles soient profondément cachées dans la terre ou dans le bois, pour échapper à leurs investigations.
Les jardiniers et les agriculteurs comprendront facilement, d'après ce que nous venons de dire, l'utilité de ces insectes parasites, destinés à rétablir l'équilibre en faisant rentrer une espèce qui se multiplie trop pendant quelques années, dans les justes limites que la nature lui a assignées.
Il nous est arrivé souvent d'élever à la fois une cinquantaine de chenilles d'une même espèce de papillon et de n'obtenir que des ichneumons.
Nous ne décrirons pas ici les nombreuses espèces qui vivent aux dépens des chenilles ou des fausses-chenilles, la série en serait trop longue, d'autant plus que chaque espèce a presque toujours un ichneumon qui lui est propre.
Les trois figures que nous donnons seront suffisantes pour donner une idée de ces insectes bienfaisants. Le nom d' ichneumon a été donné par Aristote et Slra-
bon à un petit animal propre à l'Egypte, espèce de fouine (Viverra ichneumon des zoologistes), que les Égyptiens adoraient parce qu'ils supposaient qu'il entrait par la gueule du crocodile pour lui dévorer les entrailles.
ii. — Irhiieitmon circonflexe Ichneumon circonflrsu*
Cette fable n'a plus cours de nos jours ; l'iclineumon, selon M. Geoffroy Saint-Hilaire ( Voyage en Êgypte ) vit de rats, de mulots, d'œufs d'oiseaux, d'œufs de
:s. — 'Ichneumon filiforme.
Ichneumon filtformU.
iT. - Ichiirumon noirativ Ichneumon nigritnriu*.
tortue, etc., comme tous les autres carnassiers du même groupe ; mais il rend d'importants services au bord du
Nil, en détruisant les œufs de crocodiles dont il est très-friand.
C'est par allusion à cet animal (jue les entomologistes ont appelé ichneumons ces sortes de mouches à quatre ailes, qui dévorent les entrailles des autres larves.
Chalcidites.
Les insectes dont se compose cette tribu sont de trèspetites mouches à quatre ailes, ornées de couleurs métalliques souvent assez brillantes, à antennes coudées et à ailes presque entièrement dépourvues de nervures.
Les espèces de chalcidites sont extrêmement nombreuses. Le corps des femelles est terminé, comme chez les lchncumonides, par uncpelite tarière qui leur sert à percer le corps des larves, des chrysalides, ou des insectes parfaits pour y déposer leurs œufs. Ces petits parasites attaquent surtout les chenilles, mais ils ne ménagent pas pour cela certaines larves appartenant à d'autres ordres. Leurs mœurs ressemblent complètement, du reste, à celles des ichneumons; ils rendent les mêmes services à l'horticulture.
Près des chalcidites viennent se placer les Cynips qui sont également de très-petites mouches à quatre ailes, classées par analogie avec les Pupivoreset appartenant à la tribu des Gallicoles. Ces petits hyménoptères ont pour caractères : des ailes inférieures sans nervures, des antennes filiformes, assez longues, non coudées, composées de 14 à 15 articles , de petites mâchoires trèsdistinctes-, chez les femelles, une tarière non apparente,
mais assez longue, repliée sous le ventre et cachée dans une sorte de coulisse.
Les espèces de cynips sont nombreuses et ont été réparties parles entomologistes modernes dans une quantité de genres. Leur couleur n'a rien de métallique ; ils sont noirs, bruns ou d'un roux ferrugineux. Leur petite taille les dérobe souvent à nos regards; généralement on les voit peu, à moins qu'on ne se donne la peine de les élever pour les étudier et les connaître.
Ces insectes ont un genre de vie qui n'appartient qu'à eux . Sous leur premier état, ils vivent exclusivement dans des galles ou excroissances dés végétaux : lorsqu'une femelle a été fécondée, elle fait choix de la plante qui devra servirde berceau à ses enfants. A lors elle détend sa tarière, et fait, à l'aide de cet instrument, une petite plaie, tantôt aux tiges, tantôt aux feuilles et tantôt aux pétioles ou même aux pédoncules des fleurs, où elle dépose un ou plusieurs œufs ; cela varie suivant les races, chacune ayant ses habitudes. La petite entaille, probablement sous l'influence d'une liqueur sui generis sécrétée par l'insecte au moment de la ponte, se tuméfie et ne tarde pas à devenir une galle, dont la forme est toujours la même dans chaque espèce.
Les jardiniers et les personnes habitant la campagne ont souvent l'occasion de voir dans les parcs et dans les bois, sur les feuilles de différents arbres, principalement sur celles des chênes, de ces productions anormales, dont les unes sont arrondies et de la grosseur d'une noisette, les autres de la grosseur d'une pomme d'api ; d'autres, sont appliquées intimement à la face inférieure des feuilles et ressemblent à de petits cham-
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pignons : ils ne sont pas non plus sans remarquer des gonflements analogues sur des plantes basses, telles que véronique, lierre terrestre, graminée, etc.
Les cynips. en général, ne sont pas à redouter pour les jardins; une espèce cependant, le cynips du rosier (Cynips rosœ), est quelquefois assez nuisible à plusieurs variétés de rosiers et surtout aux églantiers.
L'insecte parfait, qui a à peine cinq millimètres, est noir, avec les pattes et l'abdomen d'un jaune roussàtre. A la lin du printemps, la femelle pond environ une dizaine d'œufs, dans une petite entaille qu'elle fait aux rameaux des rosiers. La petite plaie se boursoufle, et la galle singulière qui résulte de la piqûre, est à l'automne de la grosseur d'une nèfle. Elle est arrondie, ou un peu irrégulière, d'une odeur qui n'a rien de désagréable, composée d'une infinité de petits filaments qui la font ressembler à un corps mousseux et* chevelu. Cette galle chevelue, désignée autrefois dans les pharmacopées sous le nom de Bêdéguar, prend à l'arrière-saison une couleur verte mélangée de rouge ou d'un peu de jaune, qui est assez agréable à l'œil.
Les jardiniers devront, au mois d'octobre, arracher aux rosiers et aux églantiers toutes ces galles mousseuses, et les brûler pour anéantir le cynips dans sa demeure.
Les personnes qui, par curiosité, recueilleront, à rentrée de l'hiver, des bédéguars et qui les tiendront renfermés dans une boite, ne seront pas peu surprises d'en voir sortir au printemps deux petites mouches d'espèces fort différentes : l'une telle que nous l'avons signalée et l'autreornéede couleurs métalliques brillantes. Cette der-
nièrc est une C\và\cii\\le(Diplolepis Bedeguarensis), dont la mère, par un instinct-admirable, avait introduit, en perçant la galle avec sa tarière, un œuf dans les larves des malheureux cynips. Les premiers naturalistes qui ont étudié ces galles, ne savaient trop comment expliquer un fait qui leur paraissait si extraordinaire; ils se demandaient quel était le véritable propriétaire de l'établissement, ou plutôt si ces deux petits hyménoptères né vivaient pas en commun et en bonne intelligence. Mais les études sérieuses de Réaumur, de Degeer, et de beaucoup d'autres entomologistes, ont démontré de la façon la plus évidente, ce que chacun sait aujourd'hui, c'est-à-dire que ce sont les Chalcidites qui sont les brigands.
Nous avons dit un mot, en parlant de l'utilité de certains insectes, de deux cynips qui rendent des services; celui dont la piqûre produit la noix de galle et celui que l'on emploie pour la caprification.
TIUBl DES TENTHREDINES 01 PORTE-SCIES.
Celte tribu est formée du grand genre Tenlhredo de Linné. Llle comprend tous ces Hyménoptères grands, moyens ou petits, que les anciens auteurs appelaient mouches à scie ou porte-scies. Elle se distinguent nettement des autres tribus de la section des térébrants par les caractères suivants :
Abdomen sessile, c'est-à-dire non pédiculé, appliqué au corselet dans toute sa largeur, cylindrique ou à peine aplati, formé de neuf segments ou anneaux, muni, chez les femelles, à son extrémité inférieure, d'une tarière logée dans une coulisse ou sorte de gaine constituée par
deux lames cornées, dentées en scie ; une tète carrée pourvue de deux fortes mandrbules (l).plus ou moins dentées, et de deux antennes qui varient pour le nombre des articles et pour la forme; des ailes un peu chiffonnées.
Ce qui caractérise surtout ces Hyménoptères, c'est qu'ils sont les seuls dont les larves, munies de pattes nombreuses, vivent en plein air comme les chenilles des papillons. Ces larves, désignées par les entomologistes sous le nom de fausses-chenilles, ressemblent, au premier coup d'œil, à de véritables chenilles,, dont elles ont la forme et les couleurs; en général, les jardiniers les considèrent comme telles , parce qu'ils ignorent qu'au lieu de donner des papillons, elles produisent des mouches à quatre ailes. A l'avenir, ils les distingueront aussi facilement que leur main gauche de. leur main droite, lorsqu'ils sauront que les larves des
1; Chez certaines Teulhrédines les mandibules soûl assezt'orles pour entamer H percer des corps très-durs; par exemple, les espèces donl les larves vivent dans le bois, ne se serventque de cel inslnimenl pour se frayer un passade, lorsqu'arrivele moment de IVclosion; les tirocères(Sti'e^) sont dans ce cas. Noire estimable collègue. M. de Sclucncfcld, secrétaire général de la Sociélé botanique de France, nous a envové «le Saint-Germain une peliïV boîte remplie de Sirexyiyanha, qui, dans une maison neuve, perçaient des poutres de sapin, pour su mettre en liberté.
Nous lisons dans les comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, année 1837, p. 318, que M. le maréchal Vaillant a présente à la séance plusieurs paquets de cartouches dont les balles avaient été percées, et quelques-unes, d'outre en outre, par un Hyinénoptère, pendant le séjour de nos troupes en Crimée. Dans un savant rapport, Ihnnéril énumère toutes les observations connues sur les perforations de lames de plomb par des insecles; ensuite, il dit avoir reconnu, dans rilvménoplère trouvé dans les balles, le Sirex juvencus. Mais l'explication
Tenthrédines ont toujours plus de seize pattes (de 18 à 22) et une tête arrondie comme un bouton, munie de deux yeux : tandis que les véritables chenilles n'ont jamais plus de seize pattes ni moins de dix et qu'elles ont, en outre, la tète cordiformeou un peu triangulaire et dépourvue d'yeux.
Les fausses-chenilles ont* les mêmes mœurs que les chenilles, elles dévorent de même les feuilles des végétaux et vivent aussi quelquefois dans les tiges, ou dans les jeunes pousses des rosiers, des poiriers et de la vigne ;cellesqui se nourrissent ainsi de la partie médullaire paraissent, dans certains, cas n'avoir que les six pattes écailleuses , les autres pattes sont tellement courtes qu'elles sont réduites à l'état de mamelons peu apparents ; il y en a aussi qui vivent dans les fruits.
Lorsque ces larves sont arrivées au terme de leur accroissement, généralement elles descendent et entrent
qu'il donne de ee> perforations île nous parait nullement plausible. Selon eel illustre académicien, ce serait avec la scie de son abdomen que cet animal aurait percé les balles renfermées dans les cartouches de la frarde impériale. Nos propres observation*, nousontdémontrétoutle contraire; les Tenlbrédinesnefontusage de leur scie que pour enîamer les végétaux dans la partie la plus tendre, atin de déposer, dans la petite plaie, le^erme de leur progéniture; mais c'est loujoursavec leur mAeboire, comme les autres insectes, qu'elles percent des trous lorsque l'heure «le de la sortie est arrivée. Si ces Sinx s'étaient servis de leur scie, comme le dit l>uméril, dans le cas si curieux signalé par M. le maréchal Vaillant, ils auraient évidemment choisi, coinnie plus tendre, la partie de la cartouche contenant la poudre. (luidés par leur instinct ils ont compris que cette substance se dissoudrait en partie dans leur salive et les ferait périr. Mous ajouterons que les caisses devaient être en sapin et que les planches employées à leur confection renfermaient les larves de ce So>'.r.
m HYMÉNOPTÈRES.
en terre à peu de profondeur, pour se métamorphoser dans une petite coque d'un tissu soyeux très-solide. Certaines espèces ne quittent pas la plante : elles attachent leur cocon sur les feuilles où elles ont vécu. Celle que l'on voit si communément sur l'osier, en fournit un exemple. Celles qui habitent dans les tiges, y subissent toutes leurs transformations.
Les fausses-chenilles des Tenthrédines sont rarement isolées, le plus ordinairement on les voit par petits groupes sur les feuilles; il y en a aussi quivivent en famille sous une tente comme les Yponomeutes du pommier et du sainte-lucie.
Les fausses-chenilles prennent quelquefois des attitudes singulières ; les unes se tiennent allongées comme de véritables chenilles, d'autres ont presque toujours l'extrémité du corps relevée en l'air ; quelques-unes ne s'allongent presque jamais complètement et ont la partie postérieure contournée en spirale.
La plupart des Tenthrédines ont deux générations par an, l'une au printemps et l'autre à la fin de l'été.
Nous avons élevé un grand nombre de larves de mouches à scie et des quantités de chenilles, mais elles sont beaucoup plus difficiles à amènera bien que ces dernières. Il y a certaines espèces qui se dessèchent dans leur coque pendant l'hiver, dont jamais nous n'avons pu obtenir l'insecte parfait.
Les fausses-chenilles des Tenthrédines, de môme que les chenilles des papillons, ne vivent pas, comme beaucoup d'autres insectes, sur des végétaux dont les sucs sont modifiés par un état maladif; elles n'attaquent au contraire que des plantes bien portantes.
Latreille, Jurine, de Genève, le Pelletier de Saint-Far geau,(l) Fallen de la Suède, Dahlbom, Kluget Hartig,de Berlin, le Dr Leach, et plusieurs autres entomologistes, non moins distingués ont, à la suite d études sérieuses, divisé le grand genre Tenthredo, deLinné,en une infinité de genres basés sur la forme et le nombre des articles des antennes et sur des caractères tirés de la position des cellules formées. par le réseau des ailes ; la plupart de ces genres, établis d'après la méthode de Jurine, sont bien distincts les uns des autres et sont aujourd'hui, presque tous, adoptés par les naturalistes qui se vouent spécialement à l'étude si attrayante des Hyménoptères.
Dans cet opuscule destiné spécialement à des horticulteurs et non à des savants de profession , nous suivrons, pour les quelques espèces dont nous avons à entretenir le lecteur, l'exemple de Ratzburg qui a laissé les espèces qu'il décrit, comme nuisibles aux forêts, dans le genre Tenthredo, en indiquant pour les personnes , que cela pourrait intéresser, le nom générique actuel, entre deux parenthèses.
Les espèces de Tenthrédines sont extrêmement multipliées. Le Dr Th. Hartig, dans l'ouvrage remarquable qu'il a publié à Berlin en 1837, en mentionne et décrit plus de quatre cents espèces propres à l'Europe. Nous
(I Ken le eomle de Sa i ni- Fardeau s'est occupé spécialement du genre tenthredo. de Linné et a publié une monographie <le ces Hyménoptères ; celait un bon observateur, mais un homme de cabinet qui n'a guère connu les larves, que par les ligures de hegeer et de Kéaumur; il en a tirs-peu élevé par lui-même. Nous lui avions remis, dans le temps, avec I insecte parlait la description de plusieurs fausses-chenilles dont nous avions fait l'éducation ; il réservait, nous disait-il. ces matériaux pour une nouvelle monographie qui n'a jamais paru.
:m iiyménoptkrks.
pensons (|uo notre savant confrère, le Dr Siebel, l'un des premiers hyménoptérologistes de lepoque actuelle, en connaît peut-être encore un plus grand nombre.
Tenthrède des rosiers. Tenthredo (hylotoma)
rosarum Kal>r.
Les amateurs de roses voient, tous les ans, une partie de leurs rosiers dévoras par une fausse-chenille qui quelquefois ne laisse que les nervures des feuilles. Cette larve que beaucoup de jardiniers prennent pour une véritable chenille, ne produit pas un papillon, mais une tenthrède très-commune dans les jardins, au mois de mai et au mois d'août. C'est une mouche à quatre ailes dont le corps est d'un jaune ferrugineux, avec les antennes, la tète, le dos et la poitrine d'un brun noir, elle est longue «le 7 à S millimètres: elle butine sur les Heurs du voisinage et voltige, le matin et le soir, autour des rosiers.
Lorsque lalemcUc est fécondée, ellesepromène lentement sur les branches du rosier qu'elle a choisi, et lorsqu'elle a trouvé un emplacement convenable, elle se met à l'œuvre; alors, elle écarte les deux valves qui cachent sa tarière, perce un petit trou dans i'écorce avec celle-ci -, puis, elle pratique une petite entaille en faisant jouer ses deux lames de scie. Lorsque cette besogne, qui ne dure guère plus d'une minute, est achevée, elle y dépose un œuf enduit d'une liqueur mousseuse Acre qui empêche les fibres de I'écorce de se rejoindre, et détermine un gonflement noirâtre des lèvres de la plaie. Klle recommence ce manège sur la
HYMK.WTKHfcS. 316
même branche et lait de nouvelles entailles contenant chacune un œuf, souvent au nombre de huit à quinze ; puis, pour terminer sa ponte, elle change de rameau ou même de rosier.
ÔH. - Tenthréde «les rosiers, lenthrol» rosarum.
C'est le matin, après le lever du soleil, qu'elles se mettent à travailler. De 10 à I I heures, elles se reposent et disparaissent pour revenir, sur les cinq heures du soir, continuer leur besogne.
Les œufs éclosent au bout de huit à dix jours, et les petites larves se répandent sur les feuilles ; celles-ci , que l'on prendrait volontiers pour de petites chenilles.
changent quatre fois de peau, sans que pour cela, leur livrée en soit beaucoup modifiée. Elles ont dix-huit pattes; leur tète est jaune avec les yeux noirs ; le corps est d'un jaune plus ou moins foncé sur le dos. vert ou d'un vert jaunâtre sur les côtés, blanchâtre en-dessous ; il est, en outre, parsemé de petits points noirs tuberculeux luisants, d'où partent de petits poils. Cette faussechenille prend souvent des attitudes étranges, il n'est pas rare de la voir cramponnée aux feuilles par ses pattes de devant en tenant toute la partie postérieure de son corps redressée. Ces larves croissent rapidement ; celles qui proviennent de la ponte du mois de mai, ont acquis en juin tout leur développement ; alors, elles quittent les feuilles et s'enfoncent peu profondément dans la terre, où elles se construisent une double coque d'un tissu solide et résistant, dans laquelleelles restent 28à 30 jours avant de se changer en nymphes. L'insecte parfait éclol en août pour s'accoupler et produire une nouvelle génération de fausses-chenilles que l'on trouve sur les rosiers jusqu'en octobre. Ces dernières se métamorphosent en terre, comme celles de la première époque, mais avec celte diflerence qu'elles passent tout l'hiver renfermées dans leur coque avant de se transformer en nymphes. Cette remarque est, du reste, applicable à toutes les larves de mouches à scie, qui doivent éclore au printemps.
Les larves de la tenlhrède du rosier sont souvent attaquées par une petite Chalcidite (Pleromalus hylolomœ) qui en fait périr un grand nombre. Les oiseaux et les guêpes en détruisent aussi des quantités, mais malheureusement il en reste encore beaucoup trop.
HYMÉViKrKHES. 397
Presque tous les rosiers et les églantiers sont sujets à être dévorés par celte tenthrède ; cependant ceux d'origine exotique, comme les lianks, les thés, les liengales, y sont moins exposés que les autres.
Lorsque l'on aperçoit, au mois de mai, ces mouches à corps jaune posées sur la terre ou sur un rosier, il faut les tuer sans pitié -, elles sont lourdes et il est très-facile de les saisir. Il faut faire de môme des larves qui se tiennent sur les feuilles et qui sont toujours très-visibles. Un jardinier ou un rosiériste observateur pourra aussi passer sur les entailles une légère couche de colle forte ; les œufs, emprisonnés sous cet enduit, ne pourront pas éclore.
Tous ces moyens ne sont que des palliatifs auprès de celui découvert par M. Margollin, l'un de nos premiers rosiéristes.
Après avoir étudié, pendant plusieurs années, les habitudes de cette M ou che à scie, tant à l'état de larve qu'à Tétat parfait, cet habile horticulteur est arrivé à trouver un procédé infaillible pour la détruire. Il a remarqué (jue l'hylotome, lorsqu'elle est éelose, abandonne les rosiers vers le milieu de la journée, pour se nourrir sur d'autres plantes, maisqu'elle recherche particulièrement les Heurs du persil. Cette découverte lui donna l'idée de planter quelques pieds de cette ombellifère dans ses cultures. Il eut tout lieu de s'en féliciter ; car sans piétiner la terre, il détruisait, chaque jour, des centaines de ces mouches. Sur un seul pied de persil, il en a tué, dit-il, quinze cents en six semaines ; passé ce nombre, il a cessé de les compter.
D'après un aussi beau résultat, M. Margottin recom-
mande à ses collègues et à tous les amateurs de roses, la culture de quelques pieds de persil auprès des corbeilles ou des massifs que Ton veut préserver des atteintes de cet Hyménoptère.
Ce procédé est fort simple et peu coûteux; mais, malgré son efficacité incontestable, il ne réussira complètement que lorsqu'il sera employé d'une manière générale par tous les cultivateurs de rosiers. En effet, si le voisin ne fait rien pour la destruction de cet insecte dans son. jardin, on sera toujours exposé aux mêmes ravages : il en est de cela comme du hannetonnage et de l'échenillage.
Nous croyons que M. A. Dubois, dans un savant mémoire inséré dans le bulletin de la Fédération des sociétés d'horticulture de Belgique, se trompe lorsqu'il dit que c'est Yhxjlotoma pagana de Panzer, qui dévore les feuilles des rosiers. Nous n'avons jamais rencontré cet Hyménoptère dans les lieux où l'on cultive cet arbuste.
Tenthrède difforme. Tenthredo (cladius) difformis Panzer.
Cette mouche à scie est, dans les jardins des environs de Paris, un peu moins commune que la précédente.
Elle est un peu plus petite et entièrement noire, avec les pattes blanches. Malgré son nom, elle n'a rien de plus difforme que les autres espèces. Le nom de difformis lui a été donné parce que le mâle a les antennes peclinées, tandis qu'elles sont à peu près filiformes chez la femelle.
Cette tenthrède se montre aussi en mai, pour la première époque, et en août, pour la seconde.
La larve vit, comme celle don l nous venons de parler, sur les rosiers, mais d'une tout autre façon. La femelle, avec ses petites lames de scie, fait à la nervure médiane au-dessous des feuilles une ou plusieurs petites entailles dans chacune desquelles elle dépose un (euf. Leclosion a lieu au bout de huit à
•Ht. - Teiillirclc liiHoriiu». Imthndo rfiflormn.
dix jours. Les petites larves grandissent assez rapidement et ressemblent presque complètement à de véritables chenilles, par leur couleur, leurforme et leuratlitude ; mais, ce qui les distingue de suite, c est qu'elles sont pouvues de vingt pattes et que leur tCte est pourvue d'yeux et arrondie comme un bouton. Ct s fausses-chenilles se tiennent constamment appliquées à la face inférieure des feuilles qu'elles rongent et percent par le milieu comme feraient de petits limaçons. Elles sont* d'un
vert tendre, de la couleur des feuilles, avec la tête rousse. On remarque, en outre, sur leurs côtés une série de points élevés surmontés chacun d'un petit Faisceau de poils grisâtres. Elles ne vivent pas en sociétés nombreuses; sous la môme feuille, il y en a rarement plus de trois ou quatre.
Lorsqu'à la fin de juin elles sont entièrement développées, elles font chacune une petite coque double qu'elles attachent à des feuilles sèches. L'insecte parfait • éclot en août ; on rencontre en septembre, et octobre, les fausses-chenilles de la seconde génération. Ces dernières restent enfermés dans leur coque jusqu'au printemps avant de se métamorphoser.
Pour détruire cette tenthréde, il faut couper, à la tin de mai, avec des ciseaux les feuilles où elles se tiennenl et les brûler. Il ne faut pas non plus épargner l'insecte parfait, lorsqu'on le rencontre.
Tenthréde à pattes blanches. Tenthredo (cladius)
albipes Klug.
Nous ne connaissons pas cette espèce qui parait être voisine de la précédente. Jusqu'à, ce jour elle s'est rarement montrée en France ; mais il n'en est pas de même en Allemagne, où, dans certaines années, elle dépouille entièrement les cerisiers de leurs feuilles. La mouche est
noire: ses pattes sont blanches ou d'un blanc brunâtre avec le milieu et la base des cuisses noirâtres, et l'extrémité des jambes postérieures de couleur brune.
Kl le est longue de trois à trois lignes et demie [8 à 9 millimètres], et paraît à la fin d'avril ou au commence-
ment de mai. Après l'accouplement, elle dépose ses œufs sous la face inférieure des feuilles des cerisiers. Les fausses-chenilles sont pourvues de dix-huit pattes -, elles sont pubescentes,dun beau vert sur le dos, avec les côtés plus pales ; leur tête est brune, garnie de poils roides, avec les yeux et une lâche triangulaire noirs. A la fin de mai, elles se renferment chacune dans une petite coque qu'elles attachent aux feuilles. La mouche à scie éclot en juin et juillet: il y a une seconde génération dont les larves passent l'hiver dans leur cocon, et dont l'insecte parfait sort au printemps suivant. Quand ces fausseschenilles sont jeunes, dit llartig, elles rongent seulement le milieu des feuilles, mais, quand elles sont un peu plus grandes, elles les dissèquent entièrement et n'y laissent que les nervures.
Tout ce que nous venons de dire, relativement à cette tenthrède, est extrait de l'ouvrage de Th. Hartig, Rlattuespen umi llolzwespen, p. 178, 5.
Tenthrède zonée. Tenthredo zona klu-j.
Encore une espèce qui attaque les rosiers; elle est moins répandue que les deux dont nous avons parlé, beaucoup plus localisée, elle cause peu de dégâts chez les rosiérisles des environs de Paris.
La mouche est longue d'environ 8 millimètres. Son corps est noir, avec la base des antennes jaunes; l'abdomen a le bord du premier, du quatrième et du cinquième segment, d'un jaune brillant, ainsi que les derniers anneaux. Les pattes sont également jaunes, mais d'une
couleur plus pâle. Cette espèce se montre, comme beaucoup de ses congénères, en mai et en août.
La fausse-chenille de cette tenthrède, a 22 pattes ; elle est d'un vert plus ou moins grisâtre, avec les côtés et le dessous du corps d'une couleur plus pâle. Sa tète est rousse, plus ou moins pâle, avec les yeux noirs ; tout son