‹ Essai Sur L'Entomologie HorticoleChapitre 48 sur 61 · TRIBU DES ZEIZÉR1DES · texte numérisé non relu

TRIBU DES ZEIZÉR1DES

Les espèces appartenant à cette tribu ne sont pas extrêmement nombreuses en Europe ; elles sont - réparties en un petit nombre de genres. Leurs chenilles sont pourvues de fortes mandibules et vivent, comme celles des Sésiaires, dans l'intérieur des tiges, dans les troncs des arbres ou dans les racines; elles sont nues, sauf quelques poils épars naissant de petits tubercules plus colorés que la peau ; elles se changent en chrysalides dans leurs galeries.

GENRE COSSUS. COSSUS Kab.

Antennes pectinées dans les deux sexes; trompe à peu près nulle ; abdomen des femelles terminé par un oviducte en forme de tarière lubulée. Chenilles lignivores, c'est-à-dire vivant de bois. Chrysalides cylindrico- coniques, ayant, sur chaque segment abdominal, deux rangées transverses d'épines inclinées en arrière.

Cossus gâte-bois. Cossus ligniperda Kab.

La chenille du cossus est d'un blanc-jaunàtre ou rosaire, avec tout le dos d'un rouge brun ou d'un rouge vineux, plus foncé sur le milieu des anneaux que dans les articulations; sa tête est brune; ses pattes écail-

LÊP1D0PTÉBES. Jfb\ leuses sont jaunes. Cette chenille, qui vit trois ans, est un grand fléau pour les ormes de nos promenades; elle creuse dans le bois des galeries très-profondes, qui rendent les arbres languissants et les prédisposent à être envahis par les scolytes. C'est peut-élre la chenille la

74.— I. Cossus gitto-bois. t'o$$us ligntpenla. — 2. La chenille.

plus nuisible aux environs de Paris; car les arbres dépouillés de leurs feuilles par les autres espèces, guérissent bien, tandis que les ormes attaqués par les cossus ne se se réparent jamais : nous en avons vu qui n'étaient plus propres qu'à faire du bois de chauffage.

La chenille de première année ne pénètre pas profondément dans le bois ; elle ne le ronge qu'au-dessous du liber; même, lorsqu'elle est nouvellement éclose, elle se contente de la partie la plus tendre de l'écorce. Celle de la seconde année entre plus profondément dans les couches de l'aubier; celle de la troisième est presque aussi grosse que le doigt et pénètre souvent jusque dans le cœur. On reconnaît aisément la présence de celle chenille au suintement de la séve qui se fait à travers Técorce, et surtout à la vermoulure qui sort en dehors et ressemble à de la sciure de bois. Lorsque cette larve est arrivée à toute sa taille, vers la fin de mai, elle s'enveloppe dans une coque composée de soie et de poussière de bois; il est rare qu'elle sorte de sa retraite pour se chrysalider. Cependant nous en avons observé deux ou trois exemples au pied des arbres.

L'insecte parfait commence à éclore dans les premiers jours de juillet; il est très-gros, avec les ailes de devant marbrées de blanc et de gris-cendré, traversées par une infinité de petites lignes noires ondulées. Les ailes de derrière sont grises, avec des lignes ondulées plus obscures; le corselet participe de la couleur des ailes; il est marqué, sur sa partie postérieure, d'une bande noire en fer à cheval. La femelle ne diffère du mâle que parce que ses antennes sont un peu moins fortes ; elle est très-féconde et pond de sept à huit cents œufs.

Le cossus ne vit pas exclusivement dans le tronc des ormes; on le trouve aussi dans celui des saules, des peupliers, et des bouleaux.

Les dégâts occasionnés par cet insecte sur les routes et

sur quelques boulevards aux environs de Paris, sont incalculables; il faut être entomologiste pour le comprendre. Si cependant l'autorité publiait une instruction à cet égard, on en réduirait tellement le nombre, qu'au bout de quelques années, ses ravages ne seraient plus appréciables. Il faudrait pour cela payer un franc par chaque papillon que l'on prendrait, car il ne faut guère songer à détruire la chenille. Chaque femelle, comme nous avons dit plus haut, pond au moins sept cents œufs qui font autant de chenilles. Le plus que l'on pourrait recueillir de ces papillons, aux environs de Paris, dans un rayon de quatre à cinq lieues, n'irait pas à deux mille individus; ainsi, pour moins de trois mille francs on parviendrait à se débarrasser de ce fléau.

Le cossus éclot depuis le 20 juin jusqu'à la fin de juillet, pas plus tôt, pas plus tard; il est d'autant plus facile à trouver qu'il se tient constamment immobile sur l'écorce vers le pied des arbres et qu'il ne monte jamais dans les branches. Seulement, il faut un œil un peu exerce pour l'apercevoir malgré sa grosseur, parce qu'il se confond par sa couleur avec les écorces des ormes. Cet insecte n'est pas comme les scolytes, qui ne s'adressent qu'aux arbres atteints d'une affection chronique : il choisit au contraire les sujets les plus sains, les plus vigoureux et souvent même les plus jeunes.

GENRE ZEUZÈRE. ZEUZERA La treille.

Ce genre est très- voisin du précédent dont il ne diffère que par le caractère suivant : antennes des mAles pectinées dans leur moitié inférieure et filiformes au som-

jfo4 LÉPIDOPTÈRES.

met ; cellesdes femellesentièrement simples, mais un peu cotonneuses à leur base. Chenilles lignivores.

Zeuzère du marronnier. Zeuzera aesculi Linné.

Nous ignorons pourquoi Linné a donné à ce papillon indigène le nom d'un arbre exotique qui n'a été introduit en Europe qu'au commencement du dixseptième siècle, et qui, du temps de ce célèbre naturaliste, n'était peut être pas encore cultivé en Suéde.

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