MAMMIFÈRES
. Les chauves -souris (Vespertilio) vivent exclusivement d'insectes qu'elles saisissent au vol. Dès la chute du jour on les voit se livrer à une chasse incessante qui se prolonge une partie de la nuit. Les insectes Yiennent-ils à disparaître, elles s'engourdissent dans leur retraite jusqu'au premier printemps.
La MUSAREiGNE (Sorex araneus^ . Elle ressemble presque à une souris, avec le museau beaucoup plus allongé ; ce petit animal nocturne se promène après la chute du jour dans les jardins à la recherche des insectes, des araignées terrestres, des lombrics et des limaces.
Le hérisson iErinaceus europœus), autre animal nocturne connu de tout le monde, vit, comme les musaraignes, d'insectes, de chenilles, de lombrics et de limaçons qu'il chasse la nuit avec une adresse et une agilité qu'on ne soupçonnerait pas chez ce petit mammifère. Il ne dédaigne pas les fruits, il a quelquefois le défaut de goûter aux fraises et de monter dans le bas des treilles pour manger les raisins à sa portée.
La taupe {TaJpa europœa) est un petit animal fouis- ' seur i elle creuse des galeries souterraines pour déterrer des chrysalides, des vers blancs et des lombrics, elle est entièrement carnassière. Elle n'attaque pas les racines,
mais elle coupe un peu avec ses pattes de devant les radicelles les plus tendres qui se trouvent sur son passage, sans que pour cela la végétation en souffre.
Ce petit mammifère, dont les adversaires se convertissent tous les jours, commence à trouver des protecteurs là où il ne comptait que des ennemis. Les agronomes les plus instruits le regardent aujourd'hui comme l'un de nos plus utiles auxiliaires. 11 dévore des quantités énormes de vers blancs, de vers gris, etc. Notre illustre président, M. le maréchal Vaillant, qui porte un si grand intérêt à nos cultures françaises, a voulu s'assurer par lui-même de la quantité de vers blancs que ce petit animal, tenu en captivité, pouvait détruire en 24 heures. Il résulte de ses expériences qu'il en consomme plusieurs fois son poids.
La taupe a un grand appétit ; il lui faut ses quatre repas tous les jours : son premier déjeuner au lever du soleil, son second de 9 à 10 heures, son dîner de 2 à 3, et un copieux souper le soir. Selon les taupiers, ce sont les heures où elle travaille. C'est précisément à ces mêmes heures qu'ils guettent ses mouvements ondulatoires pour lui faire une guerre à mort. S'ils ne réussissent pas à l'assommer avec leur houe, ils la prennent avec des pièges tendus dans ses galeries. Nous faisons donc des vœux pour que les cultivateurs, devenus moins ignorants, comprennent mieux leurs intérêts et congédient leurs taupiers. Ils s'apercevront vite qu'il est bien préférable d'avoir, de place en place, quelques petits monticules de terre excellente, que de voir, comme cette année, les prairies et les champs dévastés et
rendus stériles par les larves des hannetons ou par les vers gris.
Nous nous attendons à rencontrer en Normandie quelques contradicteurs entêtés, ne fût-ce que les habitants des communes, de Crocy, Vignats, Haumais, la- Hoguette, etc., aux environs de Falaise, dont la plupart sont taupiers de père en fils.
Le blaireau (Ursus mêles) est aussi un quadrupède nocturne ; il passe le jour tout entier au fond de son terrier, caché comme un renard, et n'en sort guère qu'au milieu de la nuit. C'est un des plus grands destructeurs de vers blancs. Il fouit la terre pour en extraire les larves ou v découvrir les nids de bourdons, f 1 est, comme son congénère Tours, très-friand de miel \ il mange aussi des sauterelles, des hannetons, des mulots et des serpents.