Chenille du bombyx disparate
La chenille du zigzag vit sur presque tous les arbres. Comme elle est très-commune, elle occasionne souvent de grands dommages aux arbres fruitiers. Nous avons vu, il y a une quarantaine d'années, tous les arbres de la forêt de Sénart et de la foret de Fontainebleau entièrement dépouillés de leurs feuilles par cette chenille. On aurait pu se croire au milieu de l'hiver. Ne trouvant plus rien à manger, elles couraient à terre dans toutes
les directions : une grande partie a dû mourir de faim, et le bien sera venu de l'excès du mal. Cette chenille se tient une grande partie du jour allongée dans les gerçures des écorces. Il faut'la toucher avec précaution, parce que, chez les personnes qui ont la peau délicate, elle occasionne parfois de légères démangeaisons, mais qui n'ont rien de dangereux.
Lorsqu'on veut détruire ^cette espèce malfaisante, il faut détacher avec un grattoir, du tronc des arbres, toutes ces plaques couleur d'amadou et les brûler. La besogne est d'autant moins difficile, que les œufs sont placés à une élévation qui permet de les atteindre aisément. Cette opération peut être, commencée dès l'automne et continuée jusqu'au printemps.
Le bombyx disparate porte chez les forestiers le nom de la spongieuse.
Hatzeburg décrit longuement die Forst-insecten) les dégâts immenses que cause dans les forêts de l'Allemagne, une espèce voisine de, la précédente, ; cette dernière est presque rare dans la plus grande partie de la France. Ce papillon est le bombyx (liparis) Monacha de Linné, Nonne ou Nonnenspinner des Allemands. Il paraît que ce Bombyx qui a le corps rose, est, dans certaines années, un grand fléau pourles forêts delà Prusse. La chenille, dit Ralzeburg, est le seul insecte très-nuisible aux Conifères qui se nourrisse indistinctement de feuilles aciculaires et de feuilles plates. Aux environs de Paris, nous trouvons la chenille du Monacha dans les bois, sur le hêtre, le charmeou sur le chêne et quelquefois sur le pommier sauvage, mais très-peu d'individus chaque année.
Bombyx processionnaire. Bombyx processionnea Lin.
Si nous parlons ici île ce papillon, ce n'est pas parce que sa chenille est nuisible à l'horticulture, on ne la rencontre pas dans les jardins : mais il n'en est pas de même dans les bois qui servent de promenade aux environs de Paris et ««. - Bomb>\ i»roitssi«inn»irc dans les parcs où il y a des Bomhyx p"™™.*»»™. chênes.
L'insecte parfait éclot au mois d'août ; il est d'une couleur peu brillante ; le mAle est d'un gris blanchâtre ; ses ailes supérieures sont marquées de trois raies transversales sinuées, d'un brun noirâtre et d'un arc central de la même couleur. Ses ailes inférieures sont beaucoup plus blanches, traversées par une seule raie. Chez la femelle qui est plus grande, les quatre ailes sont d'un gris-cendré pâle, avec une ombre à la base des supérieures et une raie transverse, commune, un peu plus obscure que le fond ; son abdomen est garni à l'extrémité d'une plaque écailleuse, munie d'une espèce de brosse formée de poils d'un gris roussàtre.
Les œufs sont pondus à la fin du mois d'août par petits tas, et passent l'hiver sur l'écorce des chênes. Les chenilles éclosentenmai; lorsqu'elles sont adultes, elles sont d'un tiers plus petites que celles de la livrée. Leur dos est d'une couleur noirâtre, avec les côtés d'un cendré pâle, et le ventre d'un jaunâtre pAle. Elles sont, outre cela, marquées sur chaque anneau d'une rangée cir-
culaire de petits tubercules rougeâtres, donnant naissance à de longs poils blancs, inégaux, peu touffus, terminés chacun par un petit crochet. Quand elles sont arrivées à toute leur taille, les tubercules placés sur les neuf derniers anneaux, forment, par leur réunion sur le milieu du dos, un petit ovale rouge, transversal.
Les naturalistes du siècle dernier ont parfaitement étudié les mœurs de ces chenilles : nous n'avons rien à y ajouter; et ce que nous allons en dire n'est que la répétition dte ce qui a été dit cent fois. Une couvée, au moment del éclosion, forme une famille de sept à huit cents individus qui ne se séparent qu'à l'état de papillons. Dans leur jeunesse, elles ne font que de légères toiles et changent souvent de domicile, sans pour cela quitter l'arbre où elles sont nées. Elles filent en commun pour former des nids qui leur servent d'asile. À chaque changement de peau, elles déménagent pour aller créer un autre établissement. Quand elles ont acquis toute leur croissance, elles choisissent une habitation iixe mais plus vaste : cette dernière demeure a ordinairement 40 à 50 centimètres de long sur 45 à 18 de large ; elle est arrondie à chaque bout et attachée verticalement contre le tronc des chênes, tantôt assez près de terre et tantôt à 2 mètres ou à 2 mètres 1/2. Leur conûguration n'a rien de régulier ni de bien constant. Ces nids forment, à l'endroit de l'écorce où ils sont appliqués, des espèces de bosses comparables aux nodosités que Ton voit sur les arbres. Au haut de ce sac de soie, il y a une ouverture par laquelle les chenilles sortent et rentrent à volonté.
Lorsque les chenilles de la processionnaire quittent leur logement pour aller s'établir ailleurs, leur marche
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s'exécute dans un ordre régulier. Au moment où elles sortent, une chenille va la première et ouvre la marche; les au 1res la suivent à la file en formant une espèce de cordon. La première est toujours seule, les autres sont quelquefois deux, trois ou quatre de Iront. Elles observent un alignement si parfait que la tète de Tune ne dépasse pas celle de l'autre. Quand la conductrice s'arrête, la troupe qui la suit n'avance pas -, elle attend que celle qui est à la tête se détermine à marcher pour la suivre , cest dans cet ordre qu'on les voit souvent traverser les allées des bois, ou passer d'un arbre à l'autre, quand elles ne trouvent plus une nourriture suffisante sur celui qu'elles abandonnent. C'est vers le coucher du soleil que les chenilles de la processionnaire font leurs évolutions et c'est pendant la nuit seulement qu'elles dévorent les feuilles. 11 n'est pas rare cependant de trouver en plein midi, à peu de distance de leur habitation, de ces chenilles qui sont sorties pour prendre le frais et se réunissent par paquets, les unes à côté des autres, ou même les unes sur les autres, sans se donner aucun mouvement. Elles sont alors tellement plaquées sur les écorces qu'il n'est pas toujours très- facile de les apercevoir.
Quand le moment de la métamorphose arrive, elles filent chacune dans leur nid une coque particulière où elles se changent en chrysalides. Il arrive parfois que le nid dont les proportions ont ^té mal calculées, se trouve trop étroit pour contenir toute la réunion des coques ; quand elles s'aperçoivent de ce défaut de prévoyance, elles se mettent à l'œuvre et en construisent un second contigu au premier.
Le papillon, connu sous le nom de processionnaire du cfiêne, se trouve dans les bois d'une grande partie de l'Europe. Selon Ralzeburg, il n'est pas trop répandu en Allemagne, où les forêts sont en grande partie constituées par des essences résineuses.
Il faut toucber avec précaution aux nids de la processionnaire, si l'on veut éviter d'affreuses démangeaisons et quelquefois une inflammation du visage et des mains. Les plus dangereux sont ceux qui sont abandonnés et ceux dont les bombvx sont éclos, parce que leurs dépouilles étant desséchées, se brisent avec la plus grande facilité et se réduisent en une poussière line qui s'attache à la peau. Des bains, des lotions acidulées, etc., font disparaître assez promptement ces sortes d'éruptions. En 1832, au moment du choléra, lors de l'anarchie qui existait entre les médecins, un pralicien fort connu essaya, pendant la période algide, des frictions avec les nids de la processionnaire, afin d'obtenir une réaction à la peau : c'était au mois d^avril et il ne put, à cette époque, se procurer que quelques débris d'un vieux nid de l'année précédente, dont l'effet, autant qu'il nous en souvient, fut à peu près nul.
Il y a des années où les processionnaires sont excessivement communes dans les bois de chênes. L'année dernière, par exemple, les nids étaient tellement multipliés que le conservateur du bois de Boulogne. M- Pissot, l'un de nos habiles forestiers, dut, dans l'intérêt de la santé générale, interdire Ta circulation dans quelques cantons de cette promenade publique.
Le meilleur moyen de destruction dont on puisse user, c'est de détacher les nids avec un grattoir emmanché au
LKIMLK^TÈltKS. VÎT
bout d une perche et de les brûler. Il faut l'aire cette opéra lion au milieu de juillet, par un temps pluvieux, atin que les chenilles soient rentrées dans leur domicile et (jue le vent n'enlève pas la poussière, il est bon d'avoir la précaution de se frotter les mains et le visage avec un peu d'huile. On peut aussi brûleries nids sur l'arbre, avec une torche allumée ou une poignée de paille. C'est le conseil que nous avons donné à noire collègue M. Quiliou, jardinier chef de la Société d'acclimatation, pour se débarrasser des processionnaires <|ui infestaient celte partie réservée du bois.
M. Pissot a employé un autre moyen, assez économique, qui lui a réussi parfaitemenl. Il consiste à mélanger dix parties d'huile lourde de gaz avec cent parties d'eau et à imbiber, à l'aide d une brosse ou d'un balai, les nids avec cejiquide.
iNous demandons pardon à nos jardiniers de nous être peut-être trop étendu sur une chenille qui intéresse bien plus la sylviculture que l'horticulture.
Après avoir parlé, Irop longuement peut-être, de la procesionnaire du chêne, nous ne pouvons pas passer entièrement sous silence, une autre processionnaire qu'un de nos collègues de l'Algérie, M Leroy, de Kouba, a adressée à la Société d'horticulture, et dont M. Rivière nous a rapporté de la Provence de nombreux échantillons : c'est la processionnaire du pin, bombyx pityocampa de Fabricius. Cet insecte intéresse bien plus les forestiers que nos horticulteurs parisiens qui probablement n'auront jamais à s'en plaindre.
Les chenilles sont d'un bleu unirai re sur le dos, • avec des tubercules rougeàtres surmontés d'aigrettes
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de longs poils fauves : elles forment sur les branches de plusieurs espèces de pins, principalement sur les Pinus sylvestris, maritima et alepensis, des nids d'une soie blanche ressemblant à des cônes renversés ou à de longs fourreaux.
Ces chenilles vivent en commun en familles trèsnombreuses et se comportent comme la processionnaire du chêne. Nous les avons vues sortir de#même pour prendre Pair pendant les journées chaudes de la fin de l'hiver, se réunir par paquets au soleil, et faire leur procession en observant le môme ordre et la même régularité. Leur époque d'apparition et leur mode de métamorphose offrent seuls une différence notable. Les œufs sont pondus en été et éclosent en juillet et août. Dès que les petites chenilles sont nées, elles se filent une tente proportionnée à leur taille, dans laquelle elles enveloppent, comme provision, un certain nombre d'aiguilles de pin. Après chaque mue, elles changent de domicile comme l'espèce précédente ; elles continuent de manger à la môme table pendant l'automne et une partie de l'hiver. A la fin de février ou au commencement de mars, elles abandonnent leurs nids, descendent des arbres et elles entrent assez superficiellement en terre, où elles filent chacune une petite coque de soie, dans laquelle elles se changent en chrysalide.
Le papillon est grisâtre comme celui de notre processionnaire, mais il a les raies transversales plus flexueuses et mieux écrites ; il paraît selon les localités en juin ou en juillet.
La chenille du Pityocampe est considérée par les forestiers comme un fléau pour les pins ; elle est com-
LLl'IDoPTfcHfc*. 471»
mune dans toute l'Europe méridionale, dans le midi de la France, en Algérie, en Espagne, en Italie, en Grèce, en Turquie et jusque dans l'Asie-Mineure. On nous a assuré que, de proche en proche, elle était arrivée jusqu'à Fontainebleau, et que déjà ou avait aperçu deux ou trois ni'lsdans la forêt.
On a essayé d'utiliser la soie des nids, qui en apparence est belle et forte ; mais, comme l'eau chaude la rend cassante, on n'a pu en tirer aucun parti.
Les chenilles de ce Bombyx, et surtout les vieux nids, occasionnent aux personnes qui s'en approchent, les mêmes accidents que la processionnaire du chêne, mais à un moindre degré. On devra donc n'y toucher qu'avec une certaine précaution.
Les anciens ont connu l'effet dangereux de cette chenille qu'ils appelaient simplement Pilyocampa (chenille du pin), car les lois romaines frappaient de peines sévères les empiriques qui en faisaient usage.
Bombyx antique. Bombyx (orgya) antiqua ï.iniic.
On voit voler pendant l'été, mais surtout au commencement de l'automne, à l'ardeur du soleil, un petit papillon de nuit, dont le corps est très-grêle. C'est le mâle d'un petit Bombyx qui se jette à droite et à gauche pour trouver sa femelle. Ses ailes supérieures sont d'un brun roux, avec deux bandes transversales, sinuées, d'une couleur plus foncée et dont l'extérieure, plus large, se termine en bas par une lunule d'un blanc pur. Ses ailes inférieures sqnt d'un jaune roux.
La femelle est aptère ou plutôt elle n'a que de très-
petits moignons d'ailes à peine visibles; elle est de la grosseur d'une araignée moyenne, d'une couleur grisâtre. Linné dit que le mâle la porte d'arbre en arbre,
8!>. — f. Uomlnx antique mâle. 2. La ieuidlc- 3. U Chenille.
pendant l'accouplement : Mas jœmitiam apteram copula connexam ex arbore in arborem de fer t. Nous n'avons jamais été témoin de ce fait.
La chenille est très-commune à l'automne sur les arbres Fruitiers et sur les rosiers; elle varie pour la couleur
du fond, (jui est tantôt d'un gris bleuâtre très-pale, tantôt noirâtre et quelquefois blanchâtre, avec des poils aigrettes grisâtres implantés sur des tubercules. Le premier anneau offre, de chaque côté, un long faisceau de poils inégaux dirigés en avant , comme des cornes; le onzième offre un faisceau semblable incliné en arrière, le cinquième en présente aussi un de chaque côté. Les quatrième, cinquième, sixième et septième portent chacun une brosse d'égale longueur, tantôt blanche, tantôt grise, tantôt jaune, souvent rousse et quelquefois noirâtre Sur chaque côté du corps on remarque une rangée de tubercules rouges supportant de petites aigrettes. Sur le dos, entre chaque brosse, sont les incisions noires ; depuis la dernière brosse jusqu'à la queue le fond devient plus obscur et présente sur chaque anneau deux tubercules rouges s'alignant avec ceux de la rangée latérale, et formant une bande demi-circulaire ; les premiers anneaux offrent aussi chacun une bande demi-circulaire sem-
blable. Pour se métamorphoser, cette chenille tile une coque blanchâtre, molle, entremêlée de poils.
Les œufs passent l'hiver et éclosent en mai. L'insecte parfait paraît en juin pour la première époque ; mais à partir du milieu d'août jusqu'en octobre, il est beaucoup plus commun. À cette époque de l'année il a plusieurs générations successives.
La chenille se nourrit indistinctement de tous les arbres et arbrisseaux; il v a des années où elle est tellement commune qu'elle devient un véritable fléau.
En 1836, les chenilles de ce bombyx dépouillèrent de toutes leurs feuilles les tilleuls du jardin du Palais-
■ÏHt LÉPIIMIPTÈRKS.
Royal. Elles étaient en si grand nombre qu'elles couraient à terre de tous côtés. La plupart sont probablement mortes de faim, car l'année suivante, à la même époque, on en voyait à peine quelques individus.
Bombyx grand paon. Bombyx (saturnia) pyri odi*.
Ce papillon de nuit est le plus grand Lépidoptère que nous ayons en Europe. La plupart des horticulteurs l'ont rencontré quelquefois dans les jardins des environs de Paris, du centre et du midi de la France, mais ceux qui habitent les départements du nord et du nord-ouest n'ont pas été à même de l'observer.
11 a 12 à 15 centimètres d'envergure. Le dessus de ses quatre ailes est d'un gris plus ou moins nébuleux, avec F extrémité plus foncée terminée par une large bordure d'un blanc sale. Chaque aile offre, en outre, vers le milieu, dans un cercle noir, un œil à iris fauve ayant une prunelle blanche, très-étroite, en forme de croissant.
La chenille est énorme lorsqu'elle est arrivée à toute sa taille; elle vit solitairement sur le poirier, le pommier, l'abricotier, le prunier et quelquefois sur le pécher et l'amandier. Son appétit est considérable, en peu ue temps elle dévore toutes les feuilles d une branche.
La chenille du grand paon, lorsqu'elle est jeune, est noirâtre ou bleuâtre, avec des tubercules brunâtres ou rougeatres; plus tard, quand elle est adulte, elle est longue de huit centimètres ; sa couleur est d'un beau vert pomme, avec des tubercules d'un bleu d'azur ou de turquoise portant chacun sept poils roides inégaux,
LÉPIDOPTÈRES. m
disposés en étoile. Os tubercules sonl disposés aiusi : quatre sur le premier et le dernier anneau et six sur
vn. — Chenille et i-oqiie «lu InmiiIi»\ grtnrf paon
tous les antres. Le clapet, placé dernière la dernière paire de pattes membraneuses, est d'un brun fauve. Les stigmates sonl blancs cerclés de noir.
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Elle est parvenue à toute sa croissance dans le courant du mois d'août. Au moment où elle est sur le point de se métamorphoser, elle devient d'un vert jaunâtre sale ; alors, elle file une coque brunâtre, très-dure, très-solide, très-gommée, en forme dé poire, ayant le petit bout disposé à peu près comme l'entonnoir du nasse; elle la place sous le chaperon des murs ou dans les bifurcations des arbres.
Le papillon sort de sa chrysalide à la On d'avril ou au commencement de mai. 11 arrive souvent que celle-ci reste toute l'année sans éclore et que le papillon ne parait que Tannée après. Il y a même des chrysalides qui n éclosent que la troisième année.
Lorsqu'un jardinier s'apercevra qu'une jeune branche commencer être dévorée, il examinera à terre s'il n'y a pas des crottes ; s'il en aperçoit, cet indice le dirigera dans sa recherche ; quoique la chenille se confonde par sa couleur avec celle des feuilles, avec un peu d'intelligence il ne tardera pas à la découvrir.
Le grand paon est aujourd'hui le type de notre tribu des Saturnides,
Les nouveaux vers à soie du chêne, du vernis du Japon et du ricin appartiennent au même genre.
Bombyx tête-bleue. Bombyx (diloba) caeruleocephala Linné.
Ce petit Bombyx difïëre notablement de tous les précédents et fait le passage à la grande famille des Noctlides. Il est d'un gris brunâtre; ses ailes supérieures offrent au-dessous de la côte, vers leur, milieu.
deux grosses taches superposées, d'un blanc un peu bleuâtre, plus ou moins arrondies, un peu réniformes et jointes l'une à l'autre. Les ailes inférieures sont grisâtres, avec l'angle anal marqué d'une liture noire. La tète et la partie antérieure du corselet sont d'un cendré bleuAtre.
On a rarement occasion de voir ce papillon, quoiqu'il soit de la taille de la livrée, parce qu'il éclot en octobre et ne vole que la nuit.
La chenille est très-commune en mai ; elle est d'un blanc grisâtre ou un peu bleuAtre, marquée de trois raies longitudinales d'un jaune-citron, dont une dorsale plus large, et une latérale un peu plus étroite. Outre cela, son corps est garni de petits tubercules noirs, surmontés chacun d'un poil court assez roide. A la fin de juin, arrivée à toute sa croissance, elle file une coque ovale assez solide, d'un gris blanchâtre, qu'elle attache aux branches des arbres.
L'insecte parfait éclot orJinairement en octobre: la femelle dépose ses œufs de place en place sur les branches des arbres. Quelques individus qui passent l'hiver en chrysalide pour naître au printemps ; les œufs de cette génération éclosent en même temps que ceux pondus à l'automne.
La chenille du Bombvx tête-bleue vit sur tous les arbres fruitiers, particulièrement sur les cerisiers, pruniers, pommiers, amandiers, abricotiers et surtout sur les haies d'aubépine ; elle est quelquefois assez nombreuse pour être très-nuisible. Nous avons vu, il y a vingtcinq ans environ, au jardin des plantes, une allée plantée de ftfespylus linearis complètement effeuillée
par cette larve. M. Pissot, qui s'occuppe de I étude des insectes nuisibles et utiles à la sylviculture, nous a conduit, il y a cinq ans, dans des localités du bois de Boulogne, où tous les arbres et arbustes appartenant à la grande famille des rosacées étaient littéralement dévorés par cette chenille.
Il n'y a pas d'autre moyen de la détruire dans les jardins, que de secouer les branches sur un parapluie renversé en les frappant avec un bâton : elle est très-paresseuse, on la fait tomber facilement.
Le Bombyx tète-bleue est le type de notre genre Diloba et fait partie de' notre tribu des Notodonîides.
FAMILLE 1>ES NOCTUIDES.
Cette nombreuse famille, composée de plus de deux mille espèces, est constituée par le grand genre Noclua des anciens auteurs. Kl le est aujourd'hui partagée en un assez grand nombre de tribus subdivisées en une infinité de genres.
Les Noctuides ou noctuelles ont pour caractères généraux : une trompe bien prononcée, roulée en spirale entre des palpes comprimés -, un corps plutôt squameux que laineux ; un corselet et un abdomen offrant le plus ordinairement des bouquets de poils, en forme de crêtes; des ailes toujours marquées vers le milieu, audessous de la côte ou bord antérieur, de deux taches, dites taches ordinaires, dont la plus rapprochée du corps s'appelle orbiculaire et Tau Ire réni forme.
Chenilles pourvues généralement de seize pattes
D igitiz ed'jDy. Goûgk
égales, plus rarement de pattes membraneuses d'inégale longueur et plus rarement encore, de douze pattes.
Les chenilles de toutes les espèces suivantes ont seize pattes.
Noctuelle psi. Noctua (acronyeta) psi.
Très-commune aux environs de Paris, mais beaucoup moins répandue dans les départements du nord
vi . - i VortMflfr !\<>riua pu — a. m rltemlle.
el du midi. Mie est d'un gris blanchâtre luisant ; ses ailes supérieures sonl marquées de plusieurs
traits noirs qui la font reconnaître au premier coup d'œil; savoir : un longitudinal partant de la base et ressemblant à une espèce de fourche, un second placé vjers le tiers inférieur du bord extérieur de l'aile, coupé par une ligne noire sinuée, ce qui lui donne une certaine ressemblance avec la lettre psi des Grecs. Ses ailes inférieures sont blanchâtres dans le mAle , un peu plus obscures chez la femelle.
La chenille, très -commune à l'automne sur les arbres fruitiers et sur les rosiers, est souvent assez nuisible. On en trouve quelquefois huit à dix sur la même branche.
Elle est en dessus d une couleur noirâtre, avec une éminence conique, charnue, de la même couleur placée sur le quatrième anneau et une gibbosité pyramidale sur le onzième. Le long du dos règne une large bande ordinairement d'un jaune-citron, mais souvent aussi d'un jaune-soufre pâle ou même blanchâtre, ("«lté bande est interrompue par l'éminence conique en avant de laquelle elle se continue seulement sur le second et le troisième anneau. Le dernier anneau offre aussi une tache jaune en arrière de la bosse du onzième. Audessous de la bande jaune, sur la partie noirâtre, on voit des tubercules noirs supportant des poils assez lins, et des traits rouges groupés deux par deux sur chaque anneau, et séparés l'un de l'autre par quelques petits atomes bleuâtres. Au-dessous de la partie noirâtre les côtés sont d'un gris cendré plus ou moins clair, lavé d'une petite teinte rosée. La tête et les stigmates sont noirs.
Parvenue à sa grosseur, cette chenille file sa coque
dans les gerçures des écorces ou entre quelques feuilles sèches.
La chrysalide passe l'hiver, et le papillon éclot depuis la lin de mai jusqu'au mois d'août.
Lorsque la chenille du Psi se montre sur les quenouilles des poiriers, sur les rosiers, etc., il faut la prendre et l'écraser. Elle est très -visible et d'autant plus facile à trouver que sa couleur est bien tranchée.
Noctuelle trident. Noctua (acronycta) tridens Kabr.
L'insecte parfait ressemble tellement au précédent qu'il est fort difficile à celui qui n'est pas entomologiste
»•-» - Chenille >\o la ni.rtuelle trident, \aritta trideuê.
de le distinguer. Il olfre exactement le même dessin, et n'en diffère véritablement que par le fond de ses ailes su-
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périeures qui est d'un gris brun assez foncé au lieu d'être d'un gris blanchâtre pale, et par ses ailes inférieures beaucoup'plus blanches.
La chenille a aussi à peu près la même forme, mais son dessin est tout différent. Le tond de sa couleur est d'un noir foncé, avec une gibbosité pyramidale sûr le onzième anneau et une éminence conique sur le quatrième, mais cette dernière est plus courte et plus obtuse que dans le Psi. Sur le dos, entre les deux éminences, on voit une bande d'un rouge-aurore. En avant de la première gibbosité, le second et le troisième anneau ont chacun une tache rouge qui fait suite à la bande dorsale. De chaque côté de cette bande, le fond noir est marqué, sur chaque anneau, d'une tache et de deux petits points blancs ; il existe aussi, sur la portion noire, et sur chaque anneau, deux petits traits rouges ou aurore, rapprochés, placés en arrière des deux points blancs. Au-dessous de la partie noire, les côtés sont d'un gris un peu jaunâtre, avec une raie marginale jaune, lavée de rouge sur chaque anneau ; les stigmates et la tète sont noirs. La bosse du onzième anneau est d'un gris blanchâtre et porto quatre tubercules noirs. Les poils du corps sont peu nombreux, longs et soyeux.
Cette chenille est presque rare dans les jardins des environs de Paris, tandis qu'elle est très-commune dans les départements du nord et dans quelques parties du midi de la France, sur les jeunes pommiers et les pruniers, depuis le commencement d'août jusque dans les premiers jours d'octobre. Elle lile une coque connue la précédente, passe l'hiver eu chrysalide et donne l'insecte parlai! en juin.
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Dans les localités où elle est assez nombreuse pour être nuisible, on lu détruit comme l'espèce précédente*.
Ces deux noctuelles appartiennent à notre tribu des Bombycoïdes et font partie du genre A cronycta d'Ochsenheimer.
Quelques auteurs mettent au nombre des chenilles nuisibles, celle de la noctuelle de la patience Soclua Humicis (Linné,' ; elle fait, disent ils, dans certains cantons, beaucoup de dégâts dans les cultures d'oseille el.de fraisiers. C'est une espèce polyphage, c'est-à-dire qu'elle mange toutes les plantes basses ou frutescentes ; elle vit solitairement et nous ne l'avons rencontrée que très-accidentellement sur les fraisiers ou sur l'oseille. Elle est d'ailleurs si peu répandue que nous ne croyons pas qu'elle puisse causer quelque dommage dans ies jardins.
Voici au reste la description abrégée de cette chenille. Elle est brune, garnie de petits tubercules portant chacun un faisceau de poils roux ; son dos présente une bande rouge maculaire, et chacun de ses cotés une série de sept traits blancs obliques, au-dessous de laquelle existe une raie marginale blanche teintée de rouge. On la trouve en juin et à l'automne. Les chenilles de la dernière époque passent l'hiver en chrysalides et éclosent en mai, celles de la première donnent le papillon à la lin de juillet.
Noctuelle du chou. N oc tua (hadena) brassicœ Linné.
La noctuelle du chou est un des insectes les plus nuisibles à la culture maraîchère. Elle est assez peu brillante, d'un gris plus ou moins obscur, quelquefois un peu roussàlre. Ses ailes supérieures sont ordinairement
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d'un gris roussàtre avec des raies transversales , sinueuses, noirâtres, dont la plus extérieure est bordée de blanchâtre. Outre cela, elles offrent, près de la côte, une tache réniforme pointillée de blanc. Ses ailes inférieures sont d'une couleur blanchâtre, plus obscure à l'extrémité.
m. — duMiilIc <!«• h Hiu tui lle du rhiMl.
La chenille varie beaucoup pour la couleur du*fond : tantôt elle est verle, tantôt d'un gris verdàtre bronzé, tantôt d'un gris presque noir et tantôt d'un vert jaunâtre très-pâle et étiolé. Dans tous les cas, elle a audessus des pattes, entre celles-ci et les stigmates, une bande jaunâtre ou roussàtre, quelquefois assez mal arrêtée et se fondant avec la couleur du ventre. Le dos
• LÈ»»IIM>PTÉRK>. m
offre généralement une ligne plus obscure que le Tond, et, en outre, de chaque côté de cette ligne, une raie noire ou noirâtre, interrompue et représentée sur chaque anneau par un trait noir, un peu oblique. Les traits des deux ou trois derniers anneaux sont réunis carrément par une petite liture transversale de la même couleur, placée près de l'incision. Dans les individus trèsobscurs, les traits noirs ne sont indiqués que sur les anneaux postérieurs. Entre la ligne dorsale et la raie interrompue, on observe très-souvent une rlmgée de petits points noirâtres. Les stigmates sont blancs cerclés de noir. La tète est rousse ou d'un vert roussàtre, les pattes et le dessous du corps sont verdàtres. Elle se métamorphose dans la terre; on trouye souvent en labourant les jardins, au printemps, sa chrysalide qui est très-reconnaissable à sa couleur d'un roux ferrugineux très-clair. Le papillon paraît au mois de mai pour la première époque ; les chenilles provenant de cette éclosion donnent l'insecte parfait au mois d'août.
Celte chenille est, dans certaines années, si multipliée dans les plantations de choux, surtout à l'automne, qu'elle cause au cultivateur un grand préjudice; nonseulement elle perce les feuilles, mais elle pénètre souvent jusque dans le cœur ; il n'est même pas rare de la trouver logée dans les tètes des choux-fleurs.
On la détruit en saupoudrant les choux d'un peu de chaux délitée à l'air et en les arrosant légèrement quelques heures après. L'eau de savon a été employée dans le même cas.
La chenille dont il s'agit ne se nourrit pas seulement
m LÉPIDOPTÈRES. •
de choux, elle mange aussi les autres piaules potagères et en général toutes les plantes basses.
Les jardiniers ne devront pas confondre cette chenille avec celles des papillons blancs du chou, dont nous avons donné plus haut la figure et la description.
Noctuelle potagère. Noctua (hadena) oleracea Linné.
Elle est un peu plus petite que la noctuelle du chou. Le corseUt elles ailes supérieures sont d'un brun rougeàtre, plus ou moins foncé; celles-ci offrent quelques
»\. Noctuelle l'Oltt?«ro Mirtua olefiuco l.lillio.
raies transversales plus obscures et ont à la base un trait, longitudinal noir; outre cela, on voit sur le milieu audessous de la cote, deux taches jaunes, dont une plus pe • petite orbiculaire etl'autre réniforme ; il y a aussi au bord extérieur, prés de la bordure, une ligne transversale blanche, dentée, formant dans son milieu une M. Les ailes inférieures sont d'un blanc jaunâtre sale avec l'extrémité noirâtre.
La chenille, lorsqu'elle est adulte, est lisse, verte, ou d'un brun clair, poinlillée de blanc, avec trois petites lignes longitudinales, blanchâtres, plus ou moins marquées, dont une dorsale, et une sur les cotés ; mais ce