‹ Essai Sur L'Entomologie HorticoleChapitre 54 sur 61 · I.KniMiPTKHKS. m · texte numérisé non relu

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qui la l'ail facilement reconnaître, c'est une bande latérale, jaune, bien distincte, située le lon^r des pattes, audessous des stigmates La tète est rousse ou d'un roux verdatre.

Elle est un |>eu moins commune dans les jardins que celle du chou cl par conséquent, moins nuisible à la culture maraîchère. Elle s'accommode de toutes les plantes basses ; elle mange aussi des feuilles de groseillier et de framboisier; mais elle a une prédilection marquée pour les Dahlias ; c'est elle qui, à l'automne, ronge pendant la nuit, les tleurs de cette plante; elle aime peu la lumière elle se lient cachée, pendant la journée, sous les feuilles et très-souvent même entre les pétales.

Lorsqu'un jardinier s'apercevra que les Heurs de ses Dahlias sont rongées, il devra chercher la chenille dans les Heurs mêmes, ou sous 1rs feuilles du voisinage ; il la découvrira sans peine.

La noctuelle potagère parait au\ mêmes époques que celle du chou ; elle a de même deux générations par an.

Noctuelle du chénopode. Nootua (hadena) chenopodii Hnbner.

Beaucoup plus petite que la noctuelle du choux, d une couleur plus grise et plus pale. Ses ailes supérieures sont traversées par plusieurs lignes sinuées et dentées d'un gris plus foncé. Elles ont à l'extrémité une raie dentée en scie, d'un gris blanchâtre, formant une M, et sous la côte une tache réniforme empâtée de noirâtre. Les ailes inférieures sont d'un gris blanchâtre avec une bordure noirâtre assez large.

Aux environs de Paris, la chenille est aussi commune que celle de la noctuelle du chou, niais elle cause des dommages moins appréciables, par la raison qu'étant très-polyphage elle se nourrit indistinctement de toutes les plantes basses, sans préférence marquée.

Elle est d'un vert plus ou moins gai, avec une raie d'un rouge-minium, lisérée de blanc des deux côtés, et placée entre les pattes et les stigmates: ceux-ci sont blancs cerclés de noir. Outre cela, au lieu d'être d'un vert uniforme et sans taches, elle offre souvent, dans certaines variétés' deux raies dorsales noires, interrompues sur tous les anneaux. La tête est d'un vert un peu jaunâtre, avec la bouche bordée de brun.

Cette chenille se trouve très-fréquemment dans toute l'Europe tempérée et méridionale ; elle est rare dans nos départements du nord. Dans les jardins elle ronge les fleurs des reines-marguerites, des œillets d'Inde, des Zinnia, des géranium, mais principalement les épinards et les arroches.

La noctuelle du chénopode paraît deux fois par an, comme les deux espèces précédentes, en mai et à la tin d'août.

Noctuelle de l'arroche. Noctua (hadena) atriplicis Linné.

Elle est un peu plus grande que la noctuelle du chou. Ses ailes supérieures sont un peu plus larges, d'un très-joli vert olivâtre, un peu marbrées de brun violàtre, traversées par deux lignes sinueuses noirâtres, et marquées sur leur milieu d'une tache blanche en

forme de denl. Outre cela, la raie sinueuse de l'extrémité est verte et se prolonge en dents, de scie, dans la frange qui est violàtre. Le corselet participe de la couleur des ailes Les ailes inférieures sont d'un blanc grisâtre avec l'extrémité beaucoup plus obscure.

La cbenille de cette noctuelle, malgré son nom, est peut-être plus rare sur l'arrocbe que sur d'autres plantes basses , telles que chénopode, persicaire, amarantbe, etc. KHe est à peu près de la taille de celle de la noctuelle du chou. Le fond de sa couleur est le brun verdàtre plus ou moins clair, ou plus ou moins obscur, avec une raie dorsale noire, un peu rétrécie aux incisions. On voit, en outre, sur le dos de chaque anneau, quatre points noirs , dont les deux antérieurs sont un peu plus rapprochés de la raie dorsale que les deux postérieurs. Le long des pattes, il y a une bande longitudinale assez large , d'un jaune un peu fauve marquée de place en place de taches un peu plus

«6. - Chenille de la noctuelle de l arroche Xortua atriplici*.

vives et supportant des stigmates blancs. Sur le côté supérieur de cette raie, sont appuyés des traits obliques noirâtres, sinués. Le onzième anneau dépourvu de trait oblique, est marqué, de chaque côté, d'une petite tache d'un fauve rouge, encadrée de noir. La tète et les pattes sont d'un fauve roussàtre.

On la trouve depuis le commencement de juillet jusqu'en septembre parvenue à toute sa taille. Elle se métamorphose dans la terre sans former de cocon proprement dit. Le papillon éclot à la fin de mai ou en juin de l'année suivante : il n'a qu'une génération par an.

Outre les plantes basses dont nous avons parlé, elle est très-avide d'oseille. Nous avons vu à Versailles, il y a quelques années, des plates-bandes de cette plante potagère qu'elle avait entièrement dévorées. Il est assez difficile de trouver cette chenille-, le jardinier constate ses dégâts, mais il ne la voit jamais, attendu qu'elle se tient toute la journée à quelque distance, cachée dans les crevasses de la terre, sous les pierres, etc., et qu elle ne sort que la nuit pour manger.

Les quatre espèces dont nous venons de parler, appartiennent à notre tribu des Hadénides et au genre Hadena.

On trouve quelquefois, dans les serres, une chenille toute verte à ventre blanchâtre, qui, pendant l'hiver, mange les plantes molles dans les pots. Elle produit la noctuelle méticuleuse (Phlogophora meticulosa).

Noctuelle fiancée. Noctua (triphœna) pronuba Linné.

Cette noctuelle est grande ; elle n'a pas moins de 50 à 60 millimètres d1 envergure. Ses ailes supérieures varient beaucoup pour la couleur du fond, qui est tantôt d'un gris blanchâtre, tantôt d'un gris marbré de brunâtre, et quelquefois d'un roux ferrugineux. Mais, dans toutes les variétés, il existe, vers le sommet de l'aile, une tache noire bien visible. Les ailes inférieures sont d'un jaune d'ocre vif, avec une bande noire presque marginale ; l'extrémité de la bordure et la frange sont d'un jaune d'ocre. L'abdomen est d'un gris jaunâtre.

Elle est commune dans les jardins, les parcs et les bois; lorsqu'on s'approche d'elle, elle s'envole en plein jour pour aller se poser un peu plus, loin et se cacher au milieu des herbes.

La chenille est polyphage ; elle se nourrit de toutes les plantes bassesy et est souvent fort nuisible dans les jardins potagers.

Elle varie autant que le papillon pour la couleur, qui est tantôt verdàtre, tantôt d'un vert jaunâtre, tantôt d'un gris terreux, mais le plus ordinairement d'un gris roussàtre pâle. Elle a sur le dos une ligne jaunâtre trèsétroite, un peu ombrée de brun sur les côtés. On voit au-dessous d'elle, une série longitudinale de taches noires, oblongues, appuyées sur une ligue jaune plus ou moins apparente. Dans certaines variétés, ces taches disparaissent entièrement sur tout le corps. Sur les côtés, la couleur brune du dessus fait subitement place à la teinte du dessous, qui est plus pâle, roussàtre ou

oOO LÉPIDOPTÈRES.

jaunâtre. La tète est rousse, marquée de deux lignes noires; les stigmates sont ovales, d'un blanc jaunâtre, cerclés de noir.

Cette chenille devient fort grosse vers le printemps, et consomme beaucoup de nourriture. Dans les jardins elle mange de toutes les plantes potagères, telles que laitue, oseille, épinards, etc. -, lorsqu'elle attaque les choux-fleurs ou les choux d'hiver, elle leur fait beaucoup de tort ; elle pénètre souvent jusqu'au cœur, comme celle de la noctuelle du chou le fait à l'automne.

L'insecte parfait se montre à la fin de juin et au commencement de juillet. Les œufs éclosent au bout d'une quinzaine de jours, et les chenilles arrivent souvent, à la fin de l'automne, aux deux tiers de leur grosseur; elles passent l'hiver sous les feuilles sèches, dans les mousses ou sous les détritus des végétaux. Dès le mois de février, si le temps est doux, elles commencent à sentir leur appétit se réveiller , et elles rongent toutes les plantes à leur portée. Arrivées, en avril, à leur entier développement, elles s'enfoncent en terre pour se cbrysalider sans former de coque.

Quand on rencontre dans les cultures un papillon de nuit à ailes inférieures jaunes, bordées de noir, il faut tâcher de le saisir et l'écraser sans pitié.

Noctuelle compagne. No c tua (triphaena) cornes llubuei .

Elle est moitié plus petite que la précédente, avec laquelle elle a quelques rapports par la couleur de ses ailes inférieures. Le dessus de ses ailes supérieures est tantôt d'un gris brunAtre, tantôt d'un gris roussàtre

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très-pâle, avec des lignes noires transversales plus ou moins bien écrites. La tache réniforme est un peu empâtée de noirâtre dans sa partie inférieure, et l'on voit, tout à fait à l'extrémité, près de la frange, une ligne grisâtre, sinuée, transversale. Le dessus des ailes inférieures est d'un jaune d'ocre avec une lunule centrale et une bande marginale noires; l'extrémité delà bordure et la frange sortf jaunes comme la couleur du fond.

La chenille varie beaucoup pour la couleur générale; elle qui est tantôt d'un gris brun vineux, tantôt d'un gris roussàtre et tantôt d'un gris rougeàtre, avec le dos ordinairement plus foncé. Elle a sur le vaisseau dorsal une ligne blanchâtre peu apparente, interrompue aux incisions, et, de chaque côté, une autre ligne d'un blanc jaunâtre, bordée de noirâtre à sa partie supérieure, bien visible à partir du quatrième anneau \ une lâche ou espèce de bande d'un blanc jaunâtre ou grisâtre, demi-circulaire, part de celle-ci sur le milieu de chaque anneau et atteint le commencement du suivant, et ainsi de suite à commencer du quatrième. Sur les dixième et onzième, elles sont remplacées par deux taches en forme de coin liées carrément à leur partie postérieure. Celle du onzième est en outre bordée de blanchâtre en arrière. Entre les pattes et les stigmates, il y a une bande ondulée, d'un jaune-orangé plus ou moins vif. Les stigmates sont blanchâtres, légèrement cerclés de noir. La tête est d'un gris couleur de chair, recouverte d'un léger réseau brun et marquée de quatre traits noirs longitudinaux.

Cette chenille est polyphage ; elle vit, par petits groupes sur une multitude de plantes herbacées ;

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nous en avons trouvé jusqu'à vingt-cinq autour d'un pied de rose-trémiére. Lorsqu'elle est abondante dans un jardin, elle est très-nuisible aux plantes molles du printemps. Elle dévore les primevères, les oreilles d'ours, les juliennes, les giroflées, etc. Pendant le jour, elle se cache sous les feuilles ou les débris de végétaux. Elle passe l'hiver très-petite, et à la iin d'avril ou au commencement de mai, après avoir changé quatre fois de peau, elle entre en terre et se transforme en chrysalide dans une cavité ovoïde.

Le papillon est fort commun dans presque toute l'Europe; pendant le jour, il se tient derrière les volets, sous la corniche des murs, derrière les treillages, etc.

Cette espèce et la précédente font partie de notre tribu des Noctuélides et appartiennent au genre Triphtvna d'Ochsenheimer. Toutes les chenilles des 7Viphœn a passent l'hiver; les papillons appartenant à ce genre, ont, au repos, les ailes croisées sur le dos.

Noctuelle des moissons. Noctua (agrotis) segetum llubner.

La noctuelle dont il va être question, est peut-être

l'espèce la plus nuisible à l'agriculture et a l'horticulture. L'année dernière, sa chenille a fait de si effroyables dégâts dans les champs

»o. — îNocttielle des moisson»

\octuawgrtum. de betteraves, qu elle a

fait perdre plusieurs millions aux cultivateurs français.

Le papillon a environ de 30 à 35 millimètres d'envergure. Ses ailes supérieures sont d'un gris brunâtre sombre, enfumées de noirâtre, avec trois lignes ondulées transversales noirâtres, plus ou moins fondues ou

•(7. - r.henilJi>< Av Ih noctuelle «les moissons autour d'un»- belleraw

absorbées par la couleur générale. La tache rénilbrme est d'un brun noirâtre ainsi que l'extrémité de la bordure; les ailes inférieures sont blanches dans le mâle, d'un blanc enfumé chez la femelle, principalement sur les nervures.

Dans leur première jeunesse, les chenilles des noctuelles appartenant au genre Âgrotis, se ressemblent beaucoup. Celles des espèces appelées segetum , aquilina, valligera, exclamalionis et tritici ont entre elles de très-grands rapports. A cette époque de leur vie, elles sont d'un gris plus ou moins pâle, avec trois lignes blanchâtres, parallèles, dont une dorsale. A làge adulte, ces lignes se sont effacées à la suite des mues, la couleur du fonds est assombrie, et Ton voit sur le dos de chaque anneau quatre points noirs verruqueux disposés en trapèze, et trois autres points placés en triangle au-dessus des pattes, donnant naissance chacun à un petit poil. Ces points sont plus gros et plus marqués dans certaines espèces ; dans d'autres ils sont très-petits et moins accusés. Outre cela, la plupart de ces chenilles destinées à vivre dans la terre, de racines, comme les vers blancs, ont, après leur dernier changement de peau, les pattes membraneuses presque dépourvues de la couronne de petits crochets, ce qui les met hors d'état de monter et de se cramponner sur les plantes; elles ont aussi une plaque écailleuse sur le premier anneau.

Celle de la noctuelle des moissons est d'un gris terreux ardoisé, un peu luisant, avec les points trapézoïdaux et latéraux presque effacés, ainsi que la ligne dorsale. Les côtés, en descendant vers les pattes, sont un plus pâles que le dos, sans que souvent la ligne de démarcation soit bien tranchée. La tête est noirâtre ainsi que les pattes écailleuses.

Cette chenille, appelée ver gris et court ver par les cultivateurs, se métamorphose en terre. La chrysalide

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es! dun brun ferrugineux; léclosion a lieu à différentes époques : en juin, en juillet, en août, et même à la lin d'octobre pour uue seconde fois.

L'année dernière, nous avons reçu , de différents points de la France d'énormes quantités de ces chenilles, avec des betteraves qu'elles avaient dévorées en grande parlie; les unes se sont mises en chrysalides de suite et ont donné leur papillon à la fin d'octobre, les autres, qui étaient de la même taille, sont restées à l'état de larves ; nous les avons nourries tout l'hiver avec des navets et des betteraves ; quelques-unes se sont chrysalidées au mois de mai, et ne sont pas encore écloses ; aujourd'hui 8 juin, les autres se sont desséchées.

Cette chenille est un grand fléau pour les jardins et surtout pour la grande culture; non-seulement elle mange les racines, mais elle coupe les végétaux au collet; toutes les plantes potagères et les plantes ornementales de l'automne, telles que reines-marguerites, dahlias, balsamines, etc., sont exposées à sa voracité. Pendant le jour, elle reste cachée dans la terre, et ne mange guère que la nuit. Comme elle ne peut pas grimper, elle sort, toutau plus, la moitié de son corps et ronge le collet de la plante où elle s'est établie. Celle-ci se fane et succombe promptement.

Lorsqu'un jardinier s'aperçoit qu'une de ses plantes est attaquée par le ver gris, la première chose qu'il ait à faire, c'est de chercher au pied, à quelques centimètres de profondeur, pour le découvrir, le tuer ei éviter par là qu'il n'en attaque une autre; ce moyen étant inapplicable à l'agriculture, nous en indiquons un autre aux cultivateurs de betteraves et de turneps ;

mais notre conseil ne recevra probablement pas une approbation générale : c'est de propager des taupes dans leurs champs. Ces animaux bienfaisants feront peu de mal aux betteraves, mais ils feront une prompte justice des chenilles et des chrysalides de cette noctuelle ; à l'aide de ces précieux auxiliaires ils sauveront leur récolte.

Le papillon reste caché toute la journée sous les feuilles ou dans les herbes ; le soir il se réveille et vient butiner au crépuscule sur les trèfles, les luzernes, etc.

La chenille de la noctuelle des moissons, de même que la larve du hanneton, aime les terres meubles : la culture favorise beaucoup sa multiplication.

Noctuelle point d'exclamation. N oc tu a (ag rôtis) exclamationis Linné.

La chenille de cette noctuelle, appelée également wr

gris par les horticulteurs, et confondue par eux avec celle de l'espèce précédente , se trouve assez fréquemment dans les jardins ; mais, comme elle préfère les racines des synanthérées sauvages, telles que chicorée, pissenlit, chardons, jacées, etc. ; elle est plus commune dans les prairies que partout ailleurs. Elle est encore toute petite à la fin de juillet et au commencement du mois d'août. A cette époque, ses pattes membraneuses n'ont pas perdu les demi-couronnes

UK. — Notuulle point «l'exclamation.

\nct ita i'.rrla tnaimn i*.

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de petits crochets, et elle peut monter un peu sur les plantes; nous en avons trouvé plusieurs fois de logées

W. — Guenille de la noctuelle point d'e&riaiuation.

jusque dans les boutons de l'œillet des fleuristes, où elles se tenaient renfermées pour dévorer les pétales et l'ovaire.

Elle est alors roussâtre avec des lignes parallèles plus pùles ; après sa troisième mue, elle devient d'un gris violàtre sale, avec une double ligne médiane plus foncée, souvent presque elïacée. Elle est, en outre, marquée sur le dos de chaque anneau de quatre petits points noirs verruqueux, trapézoïdaux, et sur les cotés dont la couleur est plus pâle, par d'autres petits poinls semblables disposés en triangle. La tête est brunâtre, •avec la bouche plus obscure. A l'entrée de l'hiver, elle est presque à sa grosseur ; elle passe toute la mauvaise saison cachée dans la terre. Au premier printemps, elle se réveille, mange encore pendant quelque temps, sans faire de dégâts bien appréciables, et, vers la fin d'avril ou dans le courant de mai, elle se change en une chrysalide brune qui éclot à la fin de mai ou en juin.

Le papillon a le corselet d'un gris-pâle à reflet un peu violàtre ou rosé, avec un collier noir. Les ailes supérieures sont de la couleur du corselet, avec trois raies transversales, sinueuses, un peu obscures, dont celle du milieu offre sur son coté externe, une tache noire en forme de coin que l'on a comparée à un point d'exclamation. La tache réniforme est d'un brun noir et bien marquée. Le bout de l'aile est bordé par une petite bande brunâtre lisérée intérieurement par d'une petite raie sinuée, plus pâle que le fond. Les ailes inférieures sont blanches dans le mâle, et plus ou moins enfumées chez la femelle.

Cet insecte est commun dans presque toute l'Europe, principalement dans le nord; en France, il occasionne, pendant l'automne, quelques dégâls dans les jardins

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fleuristes et potagers. La chenille est avide de racines de laitue, de chicorée, de scarole, d'oeilletons d'artichaut, d'œillets, de reines marguerites, etc.; elle vit, lorsqu'elle est adulte, comme la précédente, dont elle a toutes les habitudes.

Il parait qu'en Angleterre , en Suède et dans d'autres contrées septentrionales, elle fait beaucoup de mal à la grande culture, qu'elle ronge les turneps, les raves, les choux, le colza, etc. Il n'est pas impossible qu'un jour, par une cause inconnue, elle vienne à se multiplier dans nos plantations de betteraves, et qu'elle y occasionne le même désastre que l'espèce précédente.

Nous conseillons le môme remède.

Nous ne savons pas si elle a deux générations par an. Nous en avons élevé d'oeufs pondus à la fin de juillet, dont les chenilles ont mangé pendant six mois.

Noctuelle épaisse. Noctua (agrotis) crassa Huboer.

Un tiers plus grande que la noctuelle des moissons, avec les ailes proportionnellement plus larges et les antennes des mâles plus fortement pectinées. Le corselet est d'un brun roussàtre fuligineux ainsi que les ailes supérieures ; ces dernières sont traversées par trois lignes sinueuses d'un gris blanchâtre, et ont, en outre, près de la bordure, une raie dentée de la même couleur, plus ou moins prononcée ; la tache réniforme est grande et assez bien circonscrite. Les ailes inférieures du mâle sont d'un hlanc plus ou moins pur, celles de la femelle sont plus obscures, principalement vers l'extrémité.

La chenille vit, comme celle des espèces précédentes,

m LÉPlDOPTÉKfcS.

dans la terre où elle dévore les racines des végétaux. Elle est rare dans les jardins ; nous ne l'avons vue qu'une seule année causer des ravages. En 1858, elle a attaqué dans plusieurs localités de la vallée de Montmorency, les racines des asperges qui, cette année-là, ne donnèrent aucun produit, et moururent pour la plupart. A chaque pied on en trouvait trois ou quatre, vivant en compagnie de quelques chenilles de Saucia, autre espèce du même genre. Au mois de mars, on nous apporta une certaine quantité de ces chenilles recueillies autour des griffes d'asperges, et d'autres qui s'étaient jetées sur les navets du voisinage. Elles se métamorphosèrent en mai, et nous donnèrent leur papillon en juillet. *

La chenille de cette grande noctuelle est d'un gris terreux un peu roussâtresur le dos, et d'un gris plombé sur les côtés. Elle est marquée, sur le milieu d'une raie blanchâtre, bordée de noirâtre, plus ou moins distincte, et, sur les côtés, d'une raie un peu plus claire que le tond, séparant assez nettement la couleur des côtés de celle du dos. Chaque anneau offre, en outre, sur le dos quatre points noirs, verruqueux, luisants, bien marqués, et, sur les côtés, au-dessus des pattes, trois points semblables disposés en triangle comme dans les espèces précédentes. La tète est roussâtre, avec deux traits noirs.

Cette chenille, que nous ne connaissons pas à son premier âge, mange une partie de l'hiver et est, à la fin de mars, arrivée à toute sa grosseur*

Les trois noctuelles dont nous venons de parler, appartiennent à la tribu des Noctuélides et font partie du genre Agrotis d'Ochsenheimer. Elles ont, comme les

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