Chenille de la noctuelle parée
blanche, irrégulière, rétrécie dans son milieu. La tache orbiculaire est blanche et bien marquée; la tache réniforme est un peu moins tranchée ; dans tous les cas, elles se fondent plus ou moins l'une et l'autre avec la bande du milieu. Près de la frange il y a une petite ligne transversale, sinuée, blanche, plus ou moins visible. Les ailes inférieures sont noirâtres, un peu plus claires vers le milieu.
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La noctuelle parée est très-commune dans les jardins des environs de Paris et du centre de la France, elle est rare, ou tout à fait inconnue, dans les départements du nord et du midi.
La chenille est atténuée aux deux extrémités, d'un blanc sale roussAtre, très-légèrement parsemée d'atomes brunâtres, presque imperceptibles; elle a sur le vaisseau dorsal une ligne déliée d'un gris blanchâtre, bordée par des atomes bruns. Souvent ces atomes absorbent entièrement la ligne dorsale et forment une raie longitudinale. De chaque côté du dos, on aperçoit ordinairement deux lignes brunâtres, longitudinales, très-fines, un peu sinueuses, interrompues; mais quelquefois on n'en peut distinguer qu'une seule. Audessous d'elles, et à peu de distance, est une raie longitudinale un peu ondulée, formée par des atomes brunâtres, suivie immédiatement par une autre raie d'une couleur grisâtre très-pâle. Outre cela, il y a sur le dos de chaque anneau, quatre petits points noirs disposés en trapèze. La tête, est d'un roux clair aveeNquatre traits bruns longitudinaux.
Elle est, dans certaines années, très-nuisible à toutes les espèces d'œillets cultivés. Elle dévore complètement les graines des œillets de poète, de l'œillet des fleuristes, des œillets de Chine et même celles de la croix de Jérusalem [Lychnis chalcedonica). Dans la campagne elle se contente de Y œillet prolifère et du Dianthus carthusinorum. On commence a la trouver très-petite, vers la mi-juillet, logée tout entière dans les capsules de ces Caryophyllées, dont elle ne mange que la graine ; lorsqu'elle devient trop grosse pour y
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faire sa demeure, elle sort et vient se cacher, pendant le jour, au pied de la plante, ou à quelque distance, sous un peu de terre; le soir elle grimpe le long des tiges, perce adroitement le calice et les capsules d'un petit trou rond, et y introduit la partie effilée de son corps. Vers la fin de juillet, ou au commencement d'août, elle est arrivée à toute sa taille. Elle se fait alors une coque légère en attachant des grains de terre avec quelques fils de soie.
La chrysalide est cylintlrico-conique, d'un fauverouge foncé, avec une gaine obtuse bien prononcée, renfermant les antennes, la trompe et les pattes.
L'insecte parfait éclot à la fin de juin, ou dans les premiers jours de juillet de l'année suivante. Aussitôt après la fécondation, la femelle, dont J abdomen se termine par un oviducte saillant, dépose ses œufs dans les fleurs des œillets.
Un horticulteur un peu intelligent découvrira facilement cette chenille cachée au pied des œillets, il pourra aussi la prendre le soir en s'éclairant d'une lanterne, pendant qu'elle est en train de manger les graines.
La petite noctuelle voltige, le soir, sur les fleurs dans les jardins ; elle appartient à la tribu des Hadénides et fait partie de notre genre Dianthœcia, dont toutes les espèces vivent de graines de Caryophyllées, œillets, silène, lychnis, agrostema, cucubalu$y etc.
Noctuelle du pied d'alouette. Noctua (ohariclea)
Delphlnii Linné.
Cette noctuelle, l'une des plus jolies de nos es-
pèces européennes, a environ 28 millimètres d'envergure. Ses ailes supérieures sont roses ou d'un rose un
«03. - Chenille de la noctuelle du pied dalonetle. \octua nelpkinii.
peu vineux, traversées par deux raies sinueuses d'un violet noir, lisérérs de rose pâle. La tache réniforme
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est située entre les deux raies ci-dessus, et remplacée par une tache irrégulière, d'un violet noir ; l'extrémité des ailes est d'un rose tendre, avec une petite ligne transversale plus foncée, placée près de la frange. Les ailes inférieures sont blanchâtres avec l'extrémité plus ou moins lavée de noirâtre. La tète et le corselet sont d'un gris verdâtre.
La noctuelle du pied d'alouette, appelée vulgairement V incarnate, est commune dans les jardins de Paris, mais elle ne se trouve pas dans nos départements du nord et du midi.
La chenille est aussi assez jolie -, le fond de sa couleur est tantôt blanchâtre, tantôt d'un blanc un peu violàtre, ou d'un blanc-incarnat luisant comme de la porcelaine, avec deux raies latérales d'un jaune-citron et une multitude de points noirs, desséminés sur tout le corps, dont ceux du dos sont plus gros que les autres. La tête est de la couleur du corps, marquée de cinq à six points noirs. Dans sa jeunesse, elle est blanchâtre ou d'un gris blanchâtre, très-légèrement velue, avec le dessin plus confus et moins apparent.
On la trouve depuis le commencement de juin jusqu'à la fin d'août sur toutes les espèces de piedsd'alouette ou de Delphinium, particulièrement sur YAjacis et sur les variétés sorties de Yelalum dont elle dévore les fleurs et surtout les capsules. Les années où elle est abondante, le jardinier récolte à peine quelques graines. En quinze jours de temps, elle arrive à son entier développement. Alors, elle entre en terre, où elle forme une coque en agglutinant quelques grains de cette substance avec des fils de soie.
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La chrysalide est cylindrico-conique, d'un brunrouge à reflet verdàtre sur l'enveloppe des ailes.
L'insecte parfait éclot, depuis les premiers jours de juin jusqu'à la fin de juillet de l'année suivante. Dans les années très-chaudes quelques individus éclosent à la fin d'août, ou dans les premiers jours de septembre.
Cette noctuelle appartient à notre tribu des Héliothides et au genre Chariclea de Kirby.
Dans nos départements méridionaux, où elle ne se trouve pas, elle est remplacée par la noclua (polia) Cappa dont la chenille verte dévore aussi les piedsd'alouette dans les jardins.
Avec un peu de soin, il nest pas difficile de trouver et de détruire la chenille du pied- d'alouette -, car elle ne se cache pas, et se lient en plein soleil sur les ramifications florales ou sur les capsules des Delphinium.
Noctuelle antique. Noctua (Xylina) exoleta Linné.
'Cette grande noctuelle a de 55 à 60 millimètres d'envergure. Lorsqu'elle est au repos, avec ses ailes croisées sur lé dos, on la prendrait facilement pour un morceau de bois mort, et cette ressemblance est si frappante qu'il faut la toucher pour se convaincre que c'est un papillon vivant. Ses ailes supérieures sont longues, assez étroites, d'un gris blanchâtre sur une grande partie de leur surface, d'un brun roux le long de la cote et à l'extrémité près de la frange. Les deux taches ordinaires sont bien indiquées ; celle qui remplace la réniforme ressemble presque au chiffre 8 ; elle est
rembrunie dans sa partie inférieure, avec le centre d'un gris pâle. A l'extrémité des ailes il y a quelques traits sagittés bruns, formant une espèce de raie transversale, interrompue. Les ailes inférieures sont
loi. — Noctuelle antique. Xortua exoleta.
larges et d'un gris noirâtre; le corselet est brun avec les épauleltes blanches ou blanchâtres.
La chenille est grande et assez jolie 5 elle est tantôt d'un beau vert pomme et tantôt d'un vert glauque, avec une raie jaune de chaque côté du dos, et une large raie d'un rouge minium le long des pattes. Sur le bord
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supérieur de la raie jaune, on observe sur chaque anneau, un trait noir plus ou moins bien écrit, marqué d'un point blanc à chaque extrémité. On voit en outre sur chaque anneau, depuis le second jusqu'au douzième, trois points blancs cerclés de noir, placés en triangle près de la raie latérale. Les stigmates ressemblent à ces points, mais ils sont plus ovales. La tête et les pattes écailleuses sont d'un vert jaunâtre.
Elle est parvenue à toute sa grosseur à la fin de juin ou au commencement de juillet; alors, elle entre en terre où elle se construit une sorte de voûte dans laquelle elle se change en une chrysalide d'un brunrouge luisant.
L'insecte parfait éclot ordinairement vers la lin d'août, ou dans le courant de septembre. Il arrive très-souvent que la chrysalide passe l'hiver et que le papillon ne paraît qu'au printemps suivant. Nous pensons même que les indiv idus provenant de cette éclosion printanière sont destinés à reproduire l'espèce.
La noctuelle antique se trouve dans loute l'Europe, plus communément dans le midi que dans le nord. La chenille est très-polyphage ; elle vit, à découvert, sur une infinité de plantes de familles très-éloignées. Elle affectionne particulièrement l'œillet, dianthus caryophyllus, la scabieuse cultivée, scabiosa atropurpurea, la laitue, les pavots, papaver somnilerum et bracteatutn. Nous avons vu, en 1839, au jardin des plantes, un carré d'œillets de semis, cultivés par Champy, sur lesquels ces larves se trouvaient par centaines. Sans cette circonstance, nous eussions passé celte espèce sous silence.
Celte grande noctuelle appartient à notre tribu des Xylinides et fait partie du genre Xylina de Treitschke. Les entomologistes anglais en ont fait un genre à part sous le nom de Calocampa.
Il y a beaucoup d'autres noctuelles dont les chenilles peu répandues, se rencontrent de temps en temps dans les jardins, mais elles y sont si peu nombreuses que leur présence reste inaperçue, et leurs dégâts à peu près nuls.
KAMILLK DES (.KOMKTRES.
Cette famille, presque aussi nombreuse que celle des Noctuides, a été, de même, divisée en un certain nombre de tribus , subdivisées elles-mêmes en une grande quantité de genres. Elle constituait autrefois la grande tribu des Phalénites de Latreille, ou plutôt son grand genre Phalène. Nous préférons, avec les auteurs allemands, lui laisser le nom de Géomètre qui donne une idée plus exacte du premier état de ces insectes, que celui de phalène {Phalœna) donné primitivement par Linné à presque tous les nocturnes, et qui s'appliquait tout aussi bien aux deux familles précédentes qu'à celle qui nous occupe en ce moment.
Les Géomètres ont pour caractères principaux : un corps grêle; des ailes grandes relativement au corps, d'une texture assez mince et peu solide, toujours dépourvues de taches ordinaires; une tête assez petite, munie d'antennes le plus ordinairement sétacées, quelquefois pectinées dans les mâles, jamais chez les femelles-, une trompe nulle ou très-peu saillante.