I.ÉI'lbiil'TKHKS. iii
Les chenilles des Géomètres appelées Arpenleuses pur Réaumur, ont une manière de marcher qui les fait reconnaître au premier coup d'œil. Comme elles n'ont des pattes qu'aux deux extrémités, elles sont obligées, lorsqu'elles veulent avancer, de rapprocher et d'écarter successivement la queue et la tète, en arquant leur corps à chaque pas qu'elles font; il en résulte qu'au lieu d'avancer par des ondulations comme les autres chenilles, elles font des enjambées de la moitié de leur longueur. Nous avons dit en parlant des chenilles en général, que très-souvent elles ressemblaient à de petites branches sèches, et quelles se tenaient des heures entières cramponnées et immobiles dans une position verticale.
Lorsque l'on touche à une feuille ou à une petite branche où se tient une de ces chenilles , elle se laisse tomber immédiatement, mais elle ne descend pas jusqu'à terre, ayant toujours une corde à sa disposition, qu'elle peut allonger et raccourcir à sa volonté. Quand elle juge le danger passé et qu'elle veut remonter sur l'arbre, elle pelotonne sa corde, qui est un fil de soie très-fin, avec la seconde paire de ses pattes écailleuses, et, lorsqu'elle est arrivée à son but, elle la coupe avec ses mâchoires et débarrasse ses pattes du petit peloton de soie.
La transformation s'accomplit comme dans la famille précédente, c'est-à-dire que les unes filent des petites coques dans lesquelles elles se changent en chrysalides, et que la grande majorité s'enfonce en terre.
Les chenilles des Géomètres sont assez rares sur les
:>i6 LÉI'IDOPTÉHKS.
plantes herbacées, mais elles sont si communes sur les arbres forestiers, au mois de mai et de juin, qu'elles les dépouillent quelquefois de toutes leurs feuilles. On rencontre, de temps en temps, quelques espèces sur les arbres fruitiers où elles sont très-nuisibles ; on en voit aussi sur les chèvrefeuilles et les lilas, mais comme le nombre de celles qui vivent sur ces arbustes est toujours assez limité et que d'ailleurs elles vivent solitairement, on peut leur faire grâce de la vie.
Nous ne parlerons que des trois espèces suivantes, dont Tune ronge les groseilliers, et les deux autres les arbres fruitiers.
Géomètre du groseillier. Oeometra (Zerene) grossularia l.inné.
Elle est assez grande-, elle a environ 4o millimètres d'envergure. Ses ailes supérieures sont blanches ou d'un blanc très- légèrement lavé de jaunâtre, marquées de deux bandes d'un jaune fauve, entourées de gros points noirs; entre ces deux bandes, dont Tune est à la base et l'autre un peu au-delà du milieu, on remarque une tache sous-costale et quelques autres points noirs, et, tout à fait à l'extrémité, sur la frange, une rangée de gros points également noirs. Les ailes inférieures sont blanches, avec de gros points marginaux et quelques petites taches éparses noires. Le corps est d'un jaune fauve tacheté de noir.
Le chenille de cette géomètre vit sur le prunier, mais principalement sur les groseilliers indigènes, dont elle dévore les fleurs et les feuilles. Généralement elle n'est
LÈMDOFTÉHES. 52*
pas extrêmement commune ; dans les années ordinaires on s'aperçoit peu de ses dégâts ; mais il y en a d'autres, moins heureuses, où elle est tellement multipliée, qu'elle laisse à peine quelques feuilles à ces
arbustes. Nous avons vu, il v a une trentaine d'années,
dans la côte de Louvecienne, près Bougival, tous les groseilliers envahis par cette chenille et tellement dévastés, qu'il n'y avait aucune récolte à espérer.
Le papillon éclot à la fin de juillet ou dans les premiers jours d'août, et dépose ses œufs sur les groseilliers, pruniers; amandiers, aubépines, etc. La petite chenille éclot en septembre, et passe tout l'hiver engourdie dans les feuilles sèches tombées à terre. EHe se réveille au printemps, et commence à manger les premières feuilles; vers le milieu de juin, elle est tout à fait adulte; sa couleur est alors d'un blanc de crème, avec les trois premiers anneaux d'un jaune fauve ; son dos est marqué d'une série longitudinale de petites taches noires inégales. Sur les côtés, au-dessus des stigmates, on voit une raie d'un jaune fauve placée entre deux rangs de petits points noirs. A la fin de juin, ou au commencement de juillet, elle se change en une chrysalide brune, à anneaux bordés de jaune, maintenue seulement par quelques légers fils de soie attachés aux feuilles ou aux branches.
Le papillon éclot au bout de vingt à vingt-cinq jours.
Dans les endroits infestés par cette chenille, il est .facile de s'en préserver pour l'année suivante. Il suffit de ramasser pendant l'hiver toutes les feuilles sèches tombées des groseilliers, et de les brûler immédiatement.
Géomètre effeuillante. Geometra (hibernia) defoliaria Linné.
Cette géomètre est grande, elle a de 10 à 45 millimètres d'envergure. Ses ailes supérieures varient beaucoup pour le fond de la couleur et pour le dessin. Le plus ordinairement elles sont jaunes ou d'un jaune roux pointillé de noirâtre, avec deux bandes transversales d'un roux ferrugineux, bordées de noir, dont Tune à la base et l'autre sinuée, placée un peu au-delà du milieu, et suivie, en dehors, d'une tache noirâtre que l'on retrouve dans toutes les variétés. Les ailes inférieures sont d'un blanc grisâtre, bordées de jaunâtre, avec un point central noirâtre. 11 y a des individus d'un brun marron, et il y en a d'autres chez lesquels la bande transversale de la base disparaît complètement. Les antennes des mâles sont pectinées.
La femelle est aptère comme une araignée, avec les antennes filiformes; elle a le corps* très-gros relativement à l'autre sexe; sa couleur est plus ou moins jaunâtre, avec trois rangées de points noirs sur le dos.
La chenille est excessivement commune ; elle vit en mai et juin sur tous les arbres forestiers qu'elle dépouille d'une grande partie de leur verdure; c'est de là que lui est venu le nom d'effeuillante. Elle n'habite pas seulement les bois, elle est souvent très-abondante dans les parcs et les pépinières. Il y a même des an-* nées où elle est, dans les jardins, un fléau pour les arbres fruitiers.
Elle est d'un rouge-brun ferrugineux, plus ou moins
foncé sur le dos,' avec une bande latérale d'un jaune citron, marquée sur chaque incision d'une tache fer-
105. - «.Géomètre effeuillante mâle. Geometra defoliaria. - 2. Idem la femelle. 8. La chenille. — 4. Géomètre licmale maie. Geometra brumaria. r». Idem la femelle. — 6. La chenille-
rugineuse ayant un petit point blanc dans son milieu. La tète est ferrugineuse, échancrée en cœur. Son atti-
tude, lorsqu'elle est au repos, esttouté particulière ; elle se tient fixée par ses quatre pattes postérieures, avec le corps courbé en arc, la tête et les trois premiers anneaux redressés en l'air.
Dans le commencement de juin, elle descend des arbres et entre en terre pour se métamorphoser.
L'éclosion a lieu dans les derniers jours d'octobre et dans le courant de novembre; dès qu'elles sont écloses, les femelles grimpent sur les arbres pour s'accoupler. Les œufs pondus à la base des bourgeons passent l'hiver, et les petites chenilles naissent en môme temps que les premières feuilles.
Quelques personnes conseillent de secouer les arbres, ou de frapper les branches avec un bâton pour faire tomber les chenilles sur une toile étendue à terre. Il y a un moyen bien plus efticace, mais qui ne produit son effet que l'année suivante. 11 consiste à entourer, au mois d'octobre, le bas des arbres que l'on veut préserver, d'un large cercle de goudron ou de toute autre substance gluante. Les femelles étant aptères sont obligées de grimper pour propager l'espèce, et, comme elles se trouvent arrêtées par la matière collante, on les trouve empêtrées dans ce cercle de goudron. On comprendra facilement l'importance de ce moyen, quand on saura que chaque femelle donne naissance à trois ou quatre cents chenilles.
Géomètre hyémale. Geometra (larentia) brumaria Linné.
Elle est plus petite que la précédente et d'une couleur très-peu brillante. Ses ailes supérieures sont
LÉPIDOPTÈRES. oM
d'un gris roussatre, traversées par quatre petites lignes d'une teinte plus foncée, légèrement dentées en scie. Ses ailes inférieures sont d'un gris roussàtre un peu plus pale, avec l'apparence de deux petites raies transversales obscures.
La femelle est d'un gris noirâtre, avec le corps épais et raccourci ; elle est aptère, ou plutôt elle n'a que deux très-petits moignons d'ailes grisâtres marqués d une petite raie noire.
La chenille est aussi commune que celle de l'espèce précédente; elle vit sur tous les arbres forestiers et fruitiers. Elle n'est pas très-effilée, elle est plutôt un peu raccourcie ; sa couleur , est tantôt d'un vert tendre , tantôt d'un vert foncé et quelquefois d'un jaune verdàtre; dans tous les cas, elle est marquée de lignes longitudinales, parallèles, plus claires que le fond ou même un peu blanchâtres. La tête est ordinairement verdatre ou brunâtre. Dans les derniers jours de mai, elle est entièrement développée ; elle descend des arbres ou des arbustes, s'enfonce en terre et se change en chrysalide.
L'insecte parfait éclot en novembre ou décembre ; on voit, sur les quatre* heures du soir, les mâles voler en quantité dans les jardins, les vergers et les bois. La femelle dépourvue d'ailes, grimpe dans les arbres, pour s'accoupler ; après la fécondation, elle se promène sur les branches et dépose ses œufs par petits groupes de quatre à six , à la base des bourgeons. Ceux-ci écîosent aux premiers beaux jours ; les petites chenilles en sortant de l'œuf pénètrent dans les bourgeons et, lorsqu'elles ont changé de peau, elles se ca-
chent entre deux feuilles appliquées l'une sur l'autre, qu elles n'abandonnent quaprès les avoir dévorées. Cette chenille se trouve dans une grande partie de l'Europe, mais bien plus communément dans le nord que dans les régions méridionales.
Pour se préserver des ravages de la Géomètre hyémale , on a recours au moyen que nous avons conseillé pour l'effeuillante.
Esper, professeur àErlangen, rapporte que, dans une petite localité de la Suède, on détruisit à l'automne, par ce procédé, 28 millions de ces femelles qui restèrent empêtrées dans la matière gluante. Ces femelles auraient, en moyenne, pondu chacune 250 œufs, soit un total de 6 milliards de chenilles, pour le printemps suivant.
MICROLIPIDOPTÈRES.
Les chenilles dont nous venons de signaler les ravages, produisent des papillons d'une certaine taille ; celles dont il nous reste à parler, n'en produisent que d'excessivement petits; cette exiguïté leur a fait donner, par les Allemands, le nom de Microkpidopteren et, par les Anglais, celui de Microlepidoplera.
Malgré leur petitesse, ils n'en sont pas moins nuisibles aux cultures. Ce sont de petits ennemis ikleinen Feindé), comme disent les entomologistes allemands, d'autant plus dangereux qu'ils travaillent dans l'ombre et échappent le plus souvent à nos regards. Les jardiniers constatent les dégâts occasionnés par leurs petites chenilles, appelées vulgairement vers, mais généralement ils ne connaissent pas les auteurs du mal.
Ces petits papillons désignés maintenant en France sous le nom de Microlépidoptères, sont très-nombreux et divisés en plusieurs familles, dont deux seulement, les Tortricides et les Tinèides, intéressent les horticulteurs.
FAMILLE DES ToM UICIDES 01 TONDEUSES.
Cette famille comprend les petits papillons qui composaient le grand genre Tortrix de Linné, et dont Fabricius, sans la moindre raison, a changé le nom en celui de Pyralis, pyrale , adopté pendant longtemps, en
53 i LÉPIDOPTÈRES.
France, mais qui ri a jamais été admis en Allemagne ni en Angleterre.
Lestordeuses ou pyrales ont pour caractère saillant : des ailes supérieures croisées sur le dos, arquées à leur base, près de leur insertion au corselet, ce qui leur donne un faciès tout particulier, et les a fait appeler par Geoffroy porte-chapes et par Duponchel Platyomides (larges épaules).
Malgré leur petite taille, les pyrales ne manquent pas d'une certaine élégance ; il y en a de vertes, de métalliques, de jaunes, de ferrugineuses, de cendrées, etc.
Leurs chenilles, pourvues de seize pattes, roulent, plient et lient les feuilles des arbres ou des plantes dont elles se nourrissent, à l'aide de quelques fils de soîc ; elles en font des cornets, des rouleaux ou des paquets dont elles rongent l'intérieur, et dans lesquels elles se tiennent cachées depuis leur sortie de l'œuf jusqu'à leur dernière métamorphose. Toutes les espèces, cependant, ne se comportent pas de cette manière : quelques-unes vivent dans l'intérieur des fruits, dans les bourgeons des conifères ou dans les bourgeons des arbres, et n'en sortent que pour se mettre en chrysalides, au lieu de subir leur tranformation dans leur berceau. Les Tordeuses ou Pyrales sont réparties aujourd'hui en une trentaine de genres, pour les espèces européennes seulement. Celles qui vivent dans nos jardins, sont assez nombreuses ; mais il y en a dont les dégâts sont insigniliants, et que nous passerons sous silence.
Les chenilles des Torlrix ou pyrales, lorsqu'on les inquiète, marchent rapidement en arrière et se laissent
LÉPIDOPTÈRES. 53o
tomber en se suspendant avec un fil de soie, comme celles des géomètres.
Pyrale de Pilleriua. Tortrix pilleriana Hubner.
Nous commencerons par l'espèce qui a eu, il y a bientôt trente ans, la plus triste célébrité, la pyrale de la vigne.
Pendant cinq ans, elle a causé (1 affreux ravages dans les vignobles d'une partie de la France et ryr"'° d^^e Urtrir môme sur quelques treilles, dans les jardins ; mais, grâce aux nombreux parasites qui se sont multipliés dans d'énormes proportions, nous sommes aujourd'hui débarrassés de ce fléau.
Le papillon est petit, il a à peine 20 millimètres d'envergure ; ses ailes supérieures sont d'un jaune-fauve plus ou moins clair, ou plus ou moins roussàtre, à refletAmétallique un peu cuivreux ; elles sont marquées de trois petites bandes brunes, dont deux un peu arquées sur le milieu, et une tout à fait terminale, près de la frange. Les ailes inférieures sont grisâtres ou noirAtres, un peu plus claires vers leur base.
La chenille ressemble beaucoup à celles des autres espèces congénères ; elle est entièrement verte ou d'un vert un peu jaunâtre, avec la tôted'un vert-foncé luisant, et quelques petits poils roides, peu visibles, épars sur tout le coq>s. Elle vit à la manière de beaucoup d'autres pyrales. Au printemps, dès que la vigne est débourrée, elle lie en paquet les jeunes feuilles et les grappes qui
commencent à paraître; renfermée dans cet abri, elle dévore tout le bourgeon.
Vers la fin de juin, arrivée à toute sa grosseur, elle se change en chrysalide dans l'intérieur du paquet qui lui à servi d'habitation.
Le papillon éclot en juillet et la ponte a Heu dans le mois d'août ; la femelle dépose ses œufs par petites plaques de quinze à vingt au plus, sur les feuilles de la vigne. Les petites chenilles naissent en septembre, mangent Irès-peu et ne font, alors, aucun dégât appréciable; elles passent l'hiver dans l'engourdissement, retirées sous l'écorce des ceps ou dans les fissures des échalas, pour se réveiller au moment de l'évolution des premiers bourgeons.
On a publié beaucoup de mémoires sur cet insecte. Des personnes peu versées en entomologie l'ont regardé comme une espèce nouvelle qui avait apparu tout à coup, et l'ont décrit sous les noms de pyralis vitana et de pyralis vitis, sans se douter qu'il élait connu depuis près de cent ans et figuré dans plusieurs ouvrages. Duponchel en a fait le genre Mnophthira.
Audouin a conseillé, dans le temps, aux vignerons, pour combattre cette pyrale, de recueillir les œufs sur les feuilles : d'allumer des feux aux environs des vignes, pour qu'attirée par la lumière, elle vienne se brûler à la flamme. On a proposé aussi de laVer pendant l'hiver les ceps avec de l'eau bouillante.
Il est fâcheux qu'on ne connût pas alors la benzine, dont l'emploi eût été probablement d'une plus grande eiticacité.
Pyrale du cerisier. Tortrix cerasana Hubncr.
fclle a le port et In taille (Je la précédente à laquelle, elle ressemble un peu. Ses ailes supérieures sont d'un jaune plus ou moins foncé , réticulées de brun, avec deux bandes transversales d'un brun roux , dont 107 - w dtt
Torinx cerasana.
l'une près de la base, et l'autre
plus large située sur le milieu. Les ailes inférieures sont
d'un gris noirâtre.
La chenille est, dans certaines localités, assez commune sur quelques variétés de cerisiers, principalement sur les guigniers. Elle est entièrement verte, avec la tête d'un brun roussàtre et le corps parsemé de quelques petits poils roides. On la trouve, au mois de mai, parvenue à toute sa taille ; elle craint la lumière et se tient cachée entre les feuilles dont elle fait une sorte de rouleau tapissé de soie dans lequel elle se change en chrysalide.
Le papillon éclot au milieu du mois de juin. La ponte a lieu en juillet. Nous ne savons pas si les œufs éclosent à l'automne, comme chez l'espèce précédente, ou s'ils passent l'hiver collés contre les rameaux des cerisiers.
Pyrale de Bergmann. Tortrix Bergmanniana Linné.
Cette pyrale est un ennemi très- redoutable pour les rosiéristes. Sa chenille vit sur presque toutes les variétés
de roses ; elle cause de très-grands dommages el nuit beaucoup à la floraison de ces arbustes. Elle se tient à l'extrémité des jeunes pousses, entre les feuilles quelle roule et lie avec quelques fils de soie ; placée
11» - Pyrale de Bergmann. Tortrtx Hergmanmana.
dans ce paquet, dont elle augmente la dimension à mesure que la végétation se développe, elle ronge tranquillement les feuilles tendres et les boutons qui commencent à se former. Il arrive souvent qu'elle ne mange qu'une partie du boulon et qu'elle laisse le pédoncule intact; dans ce cas, on n'a que la moitié ou le tiers d'une rose.
A la tin d'avril, on commence à s apercevoir de la présence de cette chenille \ elle croît assez rapidement; vers les derniers jours de mai, rarement plus
tard, après avoir changé plusieurs fois de peau, elle arrive à sa grosseur. Elle est assez allongée, d'un vert jaunâtre ou d'un vert clair, avec quelques petits poils clair-semés ; sa tête et ses pattes écailleuses sont noires. On voit aussi, sur le dos du premier anneau, un écusson d'un brun noir divisé en deux par une petite ligne.
Pour se métamorphoser, elle tapisse l'intérieur de son habitation avec un peu de soie, et, au bout de quatre à cinq jours, elle est changée en chrysalide. Celle-ci est brune et munie sur le bord de chaque anneau, de deux rangées de petites épines qui lui servent, comme aux espèces voisines, à s'avancer à l'extrémité de sa demeure, lorsque le moment de l'écïosion approche.
Les horticulteurs qui par négligence n'ont pas détruit ces chenilles, sont à même de voir souvent sur leurs rosiers des chrysalides vides à moitié sorties ou presque pendantes entre deux feuilles.
Le papillon éclot à la lin de juin ou dans les premiers jours de juillet ; on le voit, à cette époque, voltiger, le soir après le coucher du soleil, autour des rosiers dans les jardins de toute l'Europe.
H est un peu plus petit que la pyrale de la vigne, il a environ 15 millimètres d'envergure. Ses ailes supérieures sont jaunes, finement réticulées de brun roussàtre, marquées de trois raies transversales métalliques, couleur de mine de plomb, ou comme argentées. Ses ailes inférieures sont noirâtres.
Avec un peu de vigilance on peut détruire une grande partie des chenilles de cette pyrale, soit en entr'ouvrant les feuilles réunies, soit même en les pressant avec les doigls pour les écraser dans leur domicile.
Les œufs sont pondus isolément au mois de juin ou de juillet, à la base des rameaux ; assez généralement ils passent l'hiver et éclosent au printemps; dans les années chaudes, il y a une seconde génération dont le papillon parait en septembre.
Pyrale de Forskael. Tortrix Forskaelana Linné.
Il y a des localités, dans la Brie, où cette petite Tortrix est aussi commune que la précédente. Elle paraît à la même époque et vit de la même manière : il nous est souvent arrivé d'élever Tune pour Tau tre; toutefois, la chenille est plus petite et un peu plus verte; elle vit sur la plupart des rosiers comme la pyrale de Bergmann ; comme cette dernière, elle attaque rarement les Bengalesy les Thés et les Banks.
Le papillon éclot à la fin de juin ; il a les ailes supérieures d'un jaune-soufre, finement réticulées de brun rougeâtre, avec une raie transversale brune, trèsélargie sur le milieu du bord interne, où elle forme une sorte de tache, remontant jusqu'à la côte, en s'ainincissant et disparaissant en partie dans la réticulation. La frange est jaunâtre et précédée d'une petite bande brune. Les ailes inférieures sont d'un blanc plus ou moins jaunAtre.
Nous avons trouvé des chenilles en août qui nous ont donné une seconde génération en septembre.
On lui fait la chasse comme à l'espèce précédente, dont elle a tout à fait les habitudes.
Ces deux py raies habitent aussi l'Amérique septentrionale, d'où nous les avons reçues de notre collabo-
rateur, feu John Leconte, de New-York. Probablement elles y ont été transportées d'Europe avec nos rosiers.
Pyrale de Hoffmansegg. Tortrix Hoffmanseggana Hubner.
Dans quelques contrées de la France, notamment en Normandie, cette jolie petite pyrale est aussi commune et aussi nuisible que celle de Bergman n. Sa chenille roule et plie de même en avril et mai, l'extrémité des jeunes rameaux des rosiers, et se comporte de la même manière. Lorsqu'elle est adulte, elle est d'un vert assez clair, avec la tète, un petit écusson sur le premier anneau et les pattes écailleuses d'un brun couleur de poix ; on voit, en outre, sur son corps des petits points saillants donnant naissance à un petit poil roide.
La chrysalide est allongée, d'un brun noirâtre, garnie de petites épines sur le bord des anneaux comme dans une foule d'autres espèces. Elle éclot en juillet.
Le petit papillon est de la taille des deux espèces précédentes ; il a les ailes supérieures d'un jaune fauve, un peu doré dans la première moitié, et d'un jaune un peu ferrugineux dans l'autre moitié ; elles offrent, en outre, quatre séries transversales de points noirs argentés ou un peu plombés; la frange est. d'un beau jaune vif. Les ailes inférieures sont noirâtres.
Cette petite pyrale se trouve aussi dans les jardins des environs de Paris. Elle ne vit pas exclusivement sur les rosiers, car nous avons pris plusieurs fois la
o4S LÉPIDOPTÈRES .
chenille et la chrysalide dans les feuilles roulées des poiriers.
Pyrale des églantiers. Tortrix (aspidia) cynosbana Fabricius.
Elle attaque aussi les rosiers, plus souvent, cependant, les églantiers, en avril et mai. Le papillon éclot à la fin de juin, et a 20 millimètres d'enlo». - Fyraïc de* ^i«ntiers. vergure. Ses ailes supérieures sont
panachées de noir bleuâtre et de blanc laiteux, mais la couleur blanche domine et est comme un peu vermiculée et pointillée de brunâtre; la partie noirâtre parait un peu plombée, elle forme trois taches, dont une à la base, une autre au milieu, et une troisième marginale linéaire. Les ailes inférieures sont d'un gris luisant.
La chenille vit, ainsi que nous l'avons dit, sur les rosiers dont elle réunit les feuilles en paquet. Elle est proportionnellement assez courte, d'un gris-brunàlre sale, avec une ligne dorsale plus obscure et quelques petits poils très-clair-semés, peu visibles; la tète est d'un brun clair ainsi que les pattes écailleuses ; le premier anneau est muni d'un écusson noir, divisé en deux par une petite ligne pâle.
Elle se métamorphose dans les feuilles.
Aux environs de Paris, elle est moins redoutable pour les rosiers que les deux précédentes ; mais il n'en est pas de môme dans d'autres localités où elle est extrêmement nuisible.
LÉPIDOPTÈRES. 543 Pyrale ocellée. Tortrix (penthina) ocellana Hubner.
Encore une pyrale dont la chenille est très-préjudiciable aux rosiers. Elle ne roule pas les feuilles, mais elle s en prend aux boutons dont elle ronge l'intérieur.
Le petit papillon a le port et la taille de l'espèce précédente. Ses ailes supérieures sont d'un noir brun depuis la base jusqu'à moitié de leur surface, avec l'extrémité de la môme couleur, et la partie intermédiaire blanche. Sur la partie blanche, on voit trois petites taches d'un gris bleuâtre, et une série de trois petits points placés transversalement. Les ailes inférieures sont grises.
La chenille est d'un roussâtre sale, marquée sur le dos et sur les côtés de petites lignes longitudinales noirâtres, et d'une tache brune à la base du huitième anneau. Sa tôle et ses pattes écailleuses sont d'un brun noirâtre, ainsi qu'un écusson située sur le cou.
Elle n'attaque que les boutons de rose, dans l'intérieur desquels elle se tient cachée pour les dévorer sans être inquiétée. Le plus ordinairement la métamorphose a lieu dans le bouton même, qui cesse de s'accroître, jaunit et se fane, ainsi que le pédoncule -, mais lorsqu'il vient à se détacher et à tomber par une cause ou par une autre, la petite chenille se métamorphose à terre, en réunissant quelques débris de végétaux avec des fils de soie.
Le papillon éclot à la lin de juin ; il est très-commun dans les jardins, on le voit voltiger le soir autour des
rosiers, en compagnie des pyrales de Bergmann et de Forskael.
Lorsqu'un jardinier voit les boutons de ses rosiers jaunir, il doit, vers la fin Je mai, et même encore dans les premiers jours de juin, les enlever et les brûler pour empêcher la multiplication de cette pyrale.
Il existe plusieurs au 1res pyrales polyphages, que l'on rencontre quelquefois sur les rosiers, poiriers el pommiers, mais qui, jusqu'à présent, n'ont été signalées nulle part, comme nuisibles. Telles sont les tortrix Gentianeana, Heparana Lœviganael Udmanniana, beaucoup plus communes dans les bois el dans les buissons que dans les jardins.
Pyrale verte. Tortrix viridana Linné.
Cette espèce intéresse bien peu l'horticulture proprement dite; mais, l'année der-
nière, elle a exercé de très-grands ravages dans les parcs et les bois des environs de Paris. Rarement no. - ivraie vert.«. nous l'avions vue en aussi grande
Tortrix riridana. D
quantité. Aux bois de Boulogne et de Vincennes, les chenilles étaient en si grand nombre sur les chênes, qu'il ne restait pas une feuille intacte. Non-seulement toutes les feuilles étaient pliées, roulées et rongées, mais encore on voyait pendre, de toutes les branches au bout d'un long fil, des milliers de chenilles.
L'insecte parfait parait à la fin de mai ou dans les premiers jours de juin; il a les ailes supérieures d'un
beau verl uni avec le bord de la côte blanc ou blanchâtre. Les ailes inférieures sont d'un gris pâle avec la frange blanche.
La chenille commence à se montrer avec les premières feuilles des chênes ; elle est tantôt d'un beau vert et tantôt d'un vert-jaunàtre sale, avec la tête, un écusson sur le premier anneau, et les pattes écailleuses d'un noir luisant; outre cela, tout son corps est parsemé de petits points verruqueux noirs, donnant naissance, chacun à un petit poil roide. A la fin de mai elle se métamorphose dans la feuille roulée qui lui servait de dernier domicile.
La chrysalide est noire ou d'un brun noir, munie, sur • le bord de chaque anneau, de deux rangées de petites épines qui lui servent à accomplir une sorte de progression au moment de l'éclosion.
L'accouplement se fait en juin, et la ponte a lieu immédiatement. Les œufs passent l'hiver appliqués et collés dans le voisinage des yeux. Selon Treitschke (Die Schmelterlinge von Europa, t. VU, pag. 96), une partie des œufs éclosenl en septembre, les chenilles subissent leur métamorphose à l'automne et passent l'hiver en chrysalide ; nous n'avons jamais observé ce fait aux environs de Paris.
La pyrale verte est la plus commune de toutes nos espèces des environs de Paris. Cela tient évidemment à ce que les oiseaux sylvicoles appelés becs fins, y sont devenus extrêmement rares. On devrait employer tous les moyens possibles pour y attirer ces êtres bienfaisants, même des moineaux qui, malgré leur mauvaise réputation, pourraient dans ce cas, rendre d'utiles ser-
846 LEPIDOPTERES
vices. L'administration forestière pourrait dans ce but, faire semer dans certains endroits isolés, du chanvre ou du millet, dont les mésanges, les moineaux et les friquets sont très-avides.
Dans les forêts de Sénart, de Saint-Germain et de Fontainebleau, cette pyrale est beaucoup moins répandue qu'au bois de Boulogne, parce que les oiseaux y sont plus tranquilles, et que d'un autre côté les faisans mangent toutes les chenilles qui pendent à leur portée; le* coucou, les merles et les pies-griècbes en font aussi une très-grande destruction.
Les forestiers doivent aussi compter un peu, lorsque cette espèce est très- abondante, sur les parasites nombreux qui vivent à ses dépens ; sur plus de quatre cents chenilles que M. Pissot nous a fait remettre Tannée dernière, un peu plus de la moitié n'a produit que des ichneumons au lieu de papillons.
Pyrale de Roser (4). Tortrix (cochylis) Roserana F rœlich.
C'est une des petites espèces du genre. Elle a à peine de 10 à 11 millimètres d'envergure. Ses ailes supérieures sont d'un blanc ocracé, traversées dans leur milieu par une bande brune s'élargissant vers la côte, et
(4) M. de Roser, conseiller de légation, a donné en 1829 une notice fort détaillée (Landwirthsrh. Vereinsin Wurtemb.) sur cet insecte qui causait alors do grands dommages dans le Wurtemberg. Les vignes de l'île de Heichenau située dans le lac de Constance, et appartenant au grand-duc de Bade furent également si maltraitées, que ce souverain, voulut connaître quel était ce petit ennemi, et quels moyens on devrait employer pour s'en débarrasser. Le professeur Nonning de Constance lit connaître son histoire et le décrivit sous le nom de Tinea uvœ.
se rétrécissant insensiblement en arrivant au bord interne ; outre cela, elles sont pointillées] de quelques atomes ferrugineux. Les ailes inférieures sont wâr d'un gris plus ou moins foncé,
. p iii Hi. - Pvralv <Ip Rosir.
avec la frange un peu blanchâtre. T „
La chenille est, dans certaines contrées, aussi nuisible à la vigne que celle de la pyrale de Pillerius. Elle se montre dans Je courant de mai ; à cette époque, elle est d'un jaune verdàtre, avec la tète brune et quelques petits poils clair-semés sur tout son corps. Elle vit exclusivement de la grappe qu'elle enveloppe de soie au moment de la floraison. Non-seulement elle dévore une partie des grains à l'état rudimentaire, mais la soie dont elle les a enveloppés fait pourrir le reste en retenant l'humidité.
La métamorphose a lieu dans les grappes, et le pa- . pillon paraît en juin ou en juillet. Il y a une seconde génération de chenilles en septembre 5 elles passent l'hiver à l'état de chrysalides pour éclore à la fin d'avril.
Cette pyrale n'est pas très-rare aux environs de Paris, mais elle est beaucoup plus commune dans les parties méridionales de l'Europe, surtout en Italie. Jusqu'à présent elle n'a pas occasionné de grands dommages dans les vignobles français : cependant, en 18i6, nous avons trouvé à Àndresy, près Saint-Germain-en- Laye, beaucoup de grappes enveloppées de soie, et renfermant chacune une petite chenille.
Selon Frœlich (Enumeratio tortricum Wurtemb., p. 52, np 111), elle a, pendant plusieurs années, telle-
ment ravagé les vignes aux environs de Stuttgart, que presque toutes les récoltes furent anéanties.
Le petit papillon a été figuré par Hubner, fig. 153, comme une teigne, sous le nom de Tinea ambiguella.
Lorsque des grappes, au moment de la floraison, sont enveloppées d'une soie ressemblant à une petite toile d'araignée, il faut enlever à l'aide de petites pinces appelées brucelles le ver qui s'y trouve caché.
Pyrale blanc de céruse. Tortrix (glyphiptera) cerusana Duponchel.
Elle est un peu plus grande que la précédente. Ses ailes supérieures sont d'un blanc couleur de craie, avec quelques petits atomes d'un gris noirâtre sur le milieu. Les ailes inférieures sont noirâtres.
Cette pyrale, dont Duponchel a fait une espèce, pourrait bien n'être qu'une variété de la Boscana décrite par Fabricius {Ent. sysl., M, p. 269, 116); effectivement, elle n'en diffère que parce qde sa taille est un peu plus petite, et que les trois taches brunâtres placées triangulairement au milieu ne sont plus représentées que par un nuage occupant la môme place. Leurs chenilles vivent ensemble , et se ressemblent tellement que s'il y a deux espèces, il est bien difficile de saisir la différence qui existe entre elles. Elles sont vertes l'une et l'autre , ou d'un vert un peu jaunâtre , avec la tète brune ainsi que le dessus du premier anneau. Leur corps, vu à la loupe, offre quelques petits poils implantés sur de petits points verruqueux. Elles attaquent, au mois de mai, les bouquets de fleurs des cerisiers, des poiriers et des pommiers, et fônt, dans
certains jardins, beaucoup de mal aux arbres fruitiers. Les fleurs attaquées par ces chenilles se fanent et tombent. Lorsque celles-ci viennent à manquer, elles se renferment entre deux feuilles dont elles rongent le parenchyme et dans lesquelles elles subissent leur métamorphose. La chrysalide est noirâtre, munie de petites épines sur le bord des anneaux. L'insecte parfait éclot en juin et juillet. Il y a une seconde génération de chenilles en septembre, à cette époque elles vivent entre les feuilles, et leurs chrysalides éclosent à la fin d'avril, pour propager l'espèce au moment de la floraison des arbres fruitiers. •
Cette pyrale ou ces deux pyrales sont très-commune? aux environs de Paris ; le tronc des ormes des boulevards extérieurs en est quelquefois couvert, ce qui semble indiquer que les chenilles sont polyphages, et que les œufs ne sont pas toujours déposés dans les fleurs des arbres fruitiers. Au reste, il est à remarquer que plusieurs chenilles nuisibles aux jardins ne vivent pas seulement sur les plantes cultivées, mais qu'elles s'accommodent très-bien aussi d'une infinité d'autres végétaux, et que c'est souvent par une cause qui nous échappe, que nous voyons tout à coup apparaître certaines espèces dans nos cultures. Ainsi, par exemple, la chenille de la pyrale de Pillerius. qui a causé tant de désastres aux vignes de la Bourgogne, a été mentionnée pour la première fois {Wiener Yerzeichniss) par Denis et Schiflermuller, qui l'ont trouvée sur le Stachys germanica. Il en est de même delà pyrale de Roser que l'on rencontre fréquemment dans des contrées où il n'y a pas de vignes.
Pyrale contaminée. Tortrlx (teras) contaminana Hubner.
La chenille de cette Torlrix est très-commune au
mois de mai, dans les pépinières ^es environs de Paris, et môme
H2. - Pyrale contaminé
Tortnx contaminana. nier, l'abricotier, et principale-
lie les feuilles de ces arbres avec quelques (Us de soie comme les espèces précédentes, et subit son accroissement et ses métamorphoses dans cette retraite. Elle est d'un vert obscur, avec la tête, le dessus du premier anneau et les pattes écailleuses d'un brun roux. Son corps est couvert de très -petits points noirs surmontés chacun d'un poil court; le dessous du ventre est d'un vert pâle. L'insecte parfait est beaucoup moins commun que sa chenille, qui très-souvent est dévorée par les moineaux. L'éclosion a lieu en juin et juillet. Ses ai les supérieures sont un peu pointues au sommet, fortement réticulées de brun, marquées dans leur milieu d'une tache brune assez grande, sélargissant et se bifurquant avant d'arriver à la cote. Les ailes inférieures sont d'un blanc grisâtre, faiblement réticulées.
Pyrale du chèvrefeuille. Tortrix xylosteana Linné.
La chenille de cette Tortrix est très-polyphage ; elle vit sur plusieurs arbres forestiers et sur beaucoup d'arbres fruitiers, tels que pruniers, pommiers, poiriers et cerisiers, mais bien rarement sur les chèvrefeuilles,
dans le jardin du Luxembourg.
Elle vit sur le pommier, le pru-
ment sur le poirier. Elle plie et
où, malgré son nom, nous ne l'avons jamais rencontrée. Elle est d'un vert foncé et ressemble beaucoup à celle de la Bergmanniana. Sa tête, son écusson et ses pattes écailleuses sont noirs. Il y a des années où elle »•»•- pynie-du chèmf«niie.
Tortnx rylotteana.
est très-commune dans les pépinières; au mois de mai, on voit souvent les feuilles des pruniers et des poiriers roulées et mises en paquet par cette chenille qui ronge tout le parenchyme et les découpe comme de la dentelle.
Elle se change en chrysalide au commencement de juin ; l'insecte parfait éclot vers la fin du même mois.
Le papillon est de taille moyenne : ses ailes supérieures sont d'un brun-grisàtre luisant, plus ou moins foncé, marquées de trois bandes couleur de poix, cerclées de blanc jaunâtre; la bande du milieu , qui est la principale, se dilate ordinairement en forme d'Y pour arriver à la côte ; quelquefois, cependant, elle est interrompue et ne forme pas la fourche; celle de la base est tortueuse et assez courte, celle de l'extrémité est courte et linéaire. Les ailes inférieures sont noirâtres, un peu plus claires vers la base.
Pyrale des roses. Tortrix rosana Hubuer.
Cette pyrale, commune dans la Brie, au milieu des plantations de rosiers, n'a point été connue de Duponchel.. Nous n'avons pas eu occasion d'élever sa chenille, qui ne doit pas être rare, si on en juge par le papillon.
Celui-ci varie pour la taille ; il est ordinairement
aussi grand que l'espèce précédente, et quelquefois
beaucoup plus petit. Ses ailes supérieures sont un peu tronquées au sommet, d'un brun grisâtre plus ou moins pâle, traver- "y To!'tr,TroZ™ses' sées par de petites lignes ou
raies parallèles, courbes, trèslégèrement sinuées, d'un brun obscur. Ses ailes inférieures sont d'un jaune d'ocre pâle , avec le bord abdominal largement noirâtre.
A Combs-la -Ville et à Suines, nous l'avons vue trèscommunément vers la Saint-Jean , dans les jardins plantés de rosiers.
Pyrale rosette. Tortrix rosetana Hubner.
Elle est très-rare aux environs de Paris, mais elle
parait être assez commune dans ÊÊ^^^^Ê quelques parties de l'Allemagne
4g| m et en Italie où, dit-on, elle est
fort nuisible aux rosiers. Elle est ' ro^nx rlrl1'' facile a reconnaître à ses ailes supérieures d'un gris cendré, striées transversalement de rougeàtre, avec la frange également rougeàtre.
Ses ailes inférieures sont d'un gris légèrement lavé de rougeàtre. Qui sait si cette espèce, à peu près inconnue en France, n'apparaîtra pas un jour, tout à coup, dans nos cultures de rosiers, comme le fit autrefois dans nos vignes la pyrale de Pillerius ?
Pyrale viticole. Tortrix (cochylis) vltiaana Jacquin T.
Cette petite pyrale nous est totalement inconnue et nous ne sachons pas qu'elle ait encore été observée en France. Elle a été décrite et figurée pour la première fois, par Jacquin, sous le nom de Vitisana, et décrite depuis par Treitschke, sous celui de Reliquana. Il parait que les treilles aux environs de Vienne en Autriche, dit Kollar, ont été cruellement maltraitées par cet insecte pendant les années 181G et 1817, et de 1828 à 1835.
En avril et mai, on voit le petit papillon voltiger et se reposer sur les branches de la vigne. Si on les frappe avec une baguette, il s'envole et va se reposer dans le voisinage. A cette époque 4a femelle dépose ses œufs, un à un, à la base des bourgeons, et les petites chenilles les dévorent avant que les feuilles soient encore épanouies. Quand elles sont un peu plus grandes, elles lient ensemble plusieurs bourgeons et en rongent l'intérieur. Lorsqu'elles ont fini de manger une grappe, elles passent à une autre, qu'elles enveloppent également dans un léger tissu soyeux. Il en résulte que les Heurs avortent; la majeure partie «ayant été employée pour la nourriture de la chenille.
Lorsque celle-ci est arrivée à sa grosseur, elle est d'un vert sale, longue de trois ou quatre lignes ; couverte de très-petits tubercules blanchâtres, donnant naissance, chacun à un petit poil court ; la tête et l'é-
1) Jacquin Nienl. Josoph. Coileftama 4788, p. 97, 100. Vindobonnp.
o54 LÉPIDOPTÈRES.
cusson du premier anneau sont d'un brun jaunâtre; les pattes écailleuses sont noirâtres. La métamorphose a lieu à la fin de juin dans une feuille roulée. La chrysalide est brune, munie de petites épines sur le bord des anneaux. Le papillon se montre au bout de vingt jours. Il a six lignes d'envergure. Le dessus des ailes supérieures est marbré ou panaché de ferrugineux et de gris bleuâtre.
Les ailes inférieures sont blanches, avec les nervures brunâtres et la frange d'un blanc de neige.
On rencontre des chenilles de la seconde génération, à la fin d'août et au commencement de septembre, sur les rafles des raisins ; mais le mal qu'elles font est moins grand, parce que les grains sont déjà gros. La chenille les perce et se nourrit de la pulpe de ceux qui ne sont pas encore mûrs. Le grain dévoré se flétrit, la chenille passe ensuite dans un autre, qu'elle traite de la même façon. Quatre à cinq grains suffisent ordinairement pour la nourriture d'une seule chenille.
Lorsque les chenilles reparaissent à l'automne, les grappes épargnées au printemps sont à moitié perdues au moment de la vendange.
Ce que nous venons de dire de cette pyrale, qui, Dieu merci, n'a pas encore fait son apparition en France, est
extrait de l'ouvrage de Kollar ( Naturgeschichte des scnœdlichen Inseclen in Bezuch auf Landwirthsckaft and Forstkultur. Wien, 1837).
On voit que la pyrale viticole a tout à fait la même manière de vivre que celle de Roser. 11 faudrait, le cas échéant, enlever de même, au mois de mai, avec des brucelles la petite chenille cachée dans les grappes.
LÉPIDOPTÈRES. ,Vtf
Pyrale holmoise. Tortrix holmiana Linné.
Quoique plusieurs auteurs français aient appelé cette pyrale le Holm et la Holm, il est évident que Linné lui a donné le <^^*^m nom de Holmiana, parce qu'il la ^cfW trouvée aux environs de Stoc- „„. Pyra)Ml0lmot!i0. kholm, qui se dit en latin moderne ï»"n> hoimiana. Holmia.
Elle est très-répandue dans les jardins de Paris. Elle est d'une très-petite taille ^ ses ailes supérieures sont d'un roux ferrugineux, avec une tache triangulaire blanche sur le milieu de la cote et quelques petites stries argentées, souvent à peine distinctes, près de l'extrémité. Ses ailes inférieures sont grisâtres, avec la frange ferrugineuse.
La petite chenille vil en mai dans les feuilles pliées des poiriers et surtout des pommiers ; elle est d'un vert jaumUre, quelquefois presque jaune ou d une couleur étiolée, avec la tête, l'écusson et les pattes écaillcuses d'un brun roux ; elle est très- vive ; dès qu'on touche aux feuilles où elle se tient cachée, elle marche rapidement à reculons et se laisse pendre à un fil de soie. Elle se chrysalide dans le courant de juin et le papillon parait en juillet.
Il y a des années où elle fait beaucoup de tort aux pommiers sur paradis.
Pyrale du prunier. Tortrix (penthina) pruniana Hubner.
Cette espèce, l'une des plus communes, est dans quelques localités un fléau pour les pruniers. On trouve
la chenille en avril et mai sur le prunier et le cerisier ; elle est d'abord d'un jaune pAlc; après la seconde mue, elle devient verte ou d'un vert sale, ou même presque
H7. — !•» ral«' <ln prunier. Tortrir pruniamj.
grisâtre , tout son corps est couvert de petits points verruqueux noirs, donnant naissance à un petit poil roide -, la tète, l'écusson, les pattes écailleuses et l'extrémité du dernier anneau sont d'un noir luisant.
Dans sa première jeunesse, elle vit au milieu des
bouquets de fleurs de pommier ou de cerisier dont elle ronge une partie ; lorsque les fleurs commencent à se faner, elle se retire entre les feuilles, quelle lie en paquet. Arrivée à sa grosseur, elle tapisse de soie l'intérieur de son logement et s'y change en chrysalide. Celle-ci est brune, moins allongée que la plupart de ses congénères, avec le bord des anneaux garni de petites épines. L'éclosion de l'insecte parfait a lieu "en juin et en juillet. Il y a une seconde génération en août, dont les chenilles, à défaut de fleurs, vivent entre les feuilles et se transforment en chrysalide à la surface de la terre, sous la mousse ou quelques brins d'herbes, pour donner leur papillon au moment où les bourgeons à fleurs sont sur le point de se développer.
Le papillon est noir et blanc, c'est-à-dire que les ailes supérieures ont près des deux tiers, à partir de la base, d'un brun noir ; l'extrémité est plus ou moins noirâtre et la partie intermédiaire largement blanche. Les ailes inférieures sont d'un gris noirâtre.
Pyrale des bourgeons du pin. Tortrix (coccyx)
turionana Linné.
Cette espèce n'intéresse que le jardinier paysagiste et les forestiers ; en France, on ne la rencontre que dans les parcs ou les forêts de pins, où elle cause quelquefois d'immenses dégâts.
La chenille est d'une couleur terreuse, un peu brunâtre; son corps est couvert de petits points verruqueux noirs, donnant naissance, chacun, à un petit poil roide; la tête, l'écusson du premier anneau et les pattes écail-
leuses sont d'un brun couleur de poix. Elle se tient renfermée, selon Katzeburg et Zinken, dans les bourgeons allongés des pins qu'elle creuse pour s'en nourrir, de manière à se former une galerie dans laquelle elle passe l'hiver, pour se changer, en avril et mai, en une chrysalide d'un rouge brun, qui éclot en juillet et en août.
Le papillon a de 18 à 20 millimètres d'envergure et est assez joli ; le fond de ses ailes supérieures est d'un roux -ferrugineux très-clair, ou un peu violàtre, traversé par une multitude de petites raies d'un blanc légèrement bleuâtre, sinuées et presque toujours géminées. Les ailes inférieures sont d'un gris pâle.
Il est extrêmement commun en Allemagne, au mois de juillet, dans les forêts de pins ; en France, il ne se trouve que dans les parcs et les localités où l'on cultive en grand le pin sylvestre. Il a été pris une fois ou deux dans la forêt de Fontainebleau.
Dans les parcs et dans les forêts où cet insecte s'est propagé, on ne voit pas un pin qui ne soit déformé ou tordu. La chenille ronge si profondément le bourgeon terminal qu'il ne reste plus que les écailles. Il en résulte que, l'aiguille étant détruite, l'arbre, au lieu de filer se ramifie, et que l'année d'après, la plupart des bourgeons latéraux développés à la suite de ce ravage subissent le même sort.
Pyrale des aiguilles du pin. Tortrix (Coccyx)
buoliana Fab.
Cette pyrale, appelée par les forestiers allemands Kiefernlrieb-Wickler, est aussi redoutable pour le pin
sylvestre que l'espèce précédente. L'introduction de cet arbre dans les parcs et les forêts de la France nous a, depuis quelques années, gratifiés de cet insecte dangereux.
La chenille ressemble beaucoup à celle de la turionana [Kielernknospen-Wickler). Lorsqu'elle est toute jçune, elle est d'un brun foncé ; plus tard, elle devient d'un brun plus clair, avec la téte, l'écussondu premier anneau et les pattes écai lieuses d'un noir luisant. Outre cela, son corps est couvert de petits points verruqueux surmontés chacun d'un petit poil roide. Elle vit, comme la précédente, dans les bourgeons de l'extrémité du pin sylvestre ; elle les creuse de la même façon et détermine, à l'endroit où elle s'est introduite, une sorte de bosse formée par une sécrétion résineuse. Elle reste cachée sous ce tubercule de térébenthine jusqu'au mois de mai qu'elle se met en chrysalide. Celle-ci éclot en juillet.
Le papillon, se confond par sa couleur avec l'écorce des pins -, il a les ailes supérieures d'un jaune rouge, avec des bandes ou raies transverses sinuées, d'un blanc argentin, dont une se bifurque près de la côte comme un Y et dont une autre, qui la précède, forme dans son milieu une sorte d'O. Les ailes inférieures sont d'un gris noirâtre assez foncé.
Selon Kollar (Schâdl. in$., p. 365), elle ne vit pas seulement sur le pin sylvestre; en Autriche, elle attaque le maître bourgeon des jeunes pins noirs, pinus nigricansj et est une grande calamité dans les lieux où l'on cultive ce conifère.
Nos forets françaises ne sont pas, comme celles de
l'Allemagne, constituées, en majeure partie, par des arbres à feuilles en aiguille ; chez nous, au contraire, ce sont les arbres à feuilles plates qui dominent, ce qui fait que, jusqu'à présent, nous n'avons pas à nous plaindre de toutes ces pyrales si funestes aux arbres résineux : telles que Coniferana> Ralzeburgiana, Clausthaliana, Hercyniana, Hartigiana, Histrionana, Resinana, Z)uplana, etc., dont quelques-unes ne nous sont connues que par les figures de Hubner ou de Ratzeburg.
Pyrale des pommes. Tortrix (carpocapsa) pomonana Linné.
Cette pyrale, à l'état parfait, est bien peu connue des jardiniers ; mais tous ont eu l'occasion de remarquer dans les vergers et les jardins une quantité de poires et de pommes rongées intérieurement par sa chenille, appelée improprement ver.
Nous allons d'abord leur faire connaître le papillon. Ses ailes supérieures sont d'un gris plus ou moins cendré, striées transversalement de brun et marquées sur l'angle interne d'une tache semi-lunaire, d'un brun roux, cerclée de rouge doré. Les ailes inférieures sont entièrement noirâtres.
La chenille vit exclusivement dans les pommes et dans les poires, où d'abord l'on ne soupçonne nullement sa présence. Après la fécondation, la femelle dépose un œuf dans l'œil du fruit nouvellement noué. Aussitôt éclose, la petite chenille, qui est un peu moins grosse qu'un fil, pénètre peu à peu jusque dans l'intérieur, et vient s'établir autour des cloisons renfermant les pépins \ puis, lorsqu'elle est devenue plus forte, elle
élargit sa demeure, creuse une galerie ' latérale, plus ou moins tortueuse, allant du centre à la circonférence, communiquant avec le dehors, et lui servant à rejeter l'excédant de ses excréments, et à laisser entrer un peu d air. Les fruits attaqués par cette chenille continuent de grossir, malgré leur ver rongeur, et offrent souvent l'apparence d'une maturité précoce ; en les ouvrant on voit qu'une grande partie de la pulpe a été dévorée et que les galeries sont remplies de déjections sous forme d'une matière rougeàlre ou brunâtre.
Pvrale des pommes. Toririx pomonana.
En général, les fruits véreux, lorsque la chenille est arrivée à sa grosseur, ne tiennent plus à l'arbre ; ils se détachent et tombent. Alors, celle-ci élargit l'ouverture dont nous avons parlé et qui ressemble à une petite tache noirâtre ou d'un brun rougeàtre, et sort de sa demeure pour se préparer à subir sa métamorphose. C'est ordinairement depuis la fin de juillet jusqu'en septembre, que cette sortie a lieu.
La couleur de la chenille varie selon la nature du
o62 LÉPIDOPTÈRES.
fruit qui lui a servi de nourriture ; elle est tantôt d'un blanc jaunâtre et tantôt d'un blanc rougeàtre ou presque incarnate. Son corps est garni de quelques petits poils implantés sur de petits tubercules noirâtres ; sa tête et Pécusson du premier anneau sont d'un brun ferrugineux.
Une fois en liberté, elle se retire sous les écorces ou à la surface de la terre et se fait une petite coque soyeuse dans laquelle elle passe l'hiver à l'abri des injures du temps. Au printemps suivant, elle se transforme en chrysalide et le papillon éclot en juin et quelquefois en juillet.
Il y a des années où cette pyrale est si commune, que la plupart des pommes et des poires sont véreuses. Il est à remarquer cependant, qu'elle n'attaque pas indistinctement toutes les variétés. En Normandie, on rencontre rarement des pommes à cidre véreuses. Cette Tortrix paraît avoir une préférence très-marquée pour les pommes appartenant au groupe des Reinettes, dont la pulpe est acidulé, telles que Rambour d'été, Reinette de Caux, d'Angleterre, du Canada, Pigeonnet, etc. Dans cette même partie de la France, les Calvilles sont aussi moins exposés à la voracité de celle chenille que les variétés dont nous venons de parler.
Il y a peu de moyens propres à combattre ce fléau : pour cela, il faudrait enlever tous les fruits marqués d'une petite tache noire et les écraser avec la chenille qu'ils renferment. On pourrait aussi ramasser ceux qui tombent et qui ne sont pas encore percés, ce qui indique que le ver est encore dans l'intérieur.
Quelques horticulteurs pratiquent sur les fruits véreux
une opération qui consiste à extirper la chenille en enfonçant dans la chair un petit tube de fer blanc, plus étroit, mais analogue à celui que Ton appelle videpomme. Ils remplissent ensuite la plaie avec un peu de cire ou simplement avec de la terre glaise. Ce procédé est encore peu en usage.
Pyrale des prunes. Tortrix (grapholitha) funebrana Treitsch.
Les prunes et les abricots renferment souvent dans leur pulpe une chenille qui ressemble tellement à celle des poires et des pommes que, pendant longtemps nous les avons confondues ensemble, supposant qu'elles devaient produire le même papillon.
Cette chenille est trés-commune aux environs de Paris, dans les prunes de Monsieur, de Reine-Claude et de Mirabelle, ainsi que dans le petit abricot hâtif; elle est plus rare dans les grosses variétés américaines appelées Washington, Golden Drop, etc.; nous ne l'avons pas encore observée dans la variété dite Dame Aubert, ni dans la Reine-Claude de Bavey, ni même dans les abricots en espalier.
Il y a des années où elle est tellement abondante que beaucoup de ces fruits à noyau sont véreux et totalement perdus. Lorsqu'on les ouvre, on trouve la chenille nageant pour ainsi dire au milieu d'un magma dégoûtant d'excréments et de jus de prune ou d'abricot. Elle arrive a toute sa taille à l'époque de la maturité des fruits dont elle se nourrit. Ceux-ci tombent un peu avant les autres, et la petite chenille en sort pour en-
trer en terre, et filer une petite coque dans laquelle elle reste renfermée tout l'hiver; en juin, elle se transforme en une chrysalide qui donne son papillon dans les premiers jours de juillet.
Celui-ci est un peu plus petit que la pyrale des pommes à laquelle il ressemble bien peu, malgré la grande similitude qui existe entre les deux chenilles. Ses ailes supérieures ont le fond brunâtre ou un peu roussàtre, panaché de gris, avec la côte marquée de petites taches blanches lunulées, et le bord interne ainsi que l'extrémité parsemés de petits atomes d'un gris argenté ; outre cela, l'angle interne offre une tache grisâtre, arrondie, marquée de quatre points noirs et entourée d'un peu de gris bleuâtre. Les ailes inférieures sont noirâtres.
Si la chenille est commune, il n'en est pas de même du papillon que nous n'avons jamais trouvé dans la nature. Cela tient probablement à ce que la plupart des larves périssent dans leur coque pendant l'hiver. Il y a trois ans, nous avons mis dans un pot avec de la terre, une trentaine d'individus recueillis à Montrouge, dans la propriété de notre collègue , M. Domage ; de ce nombre, il nous est éclos seulement trois papillons, dont un avorté. Les autres se sont desséchés.
Pyrale brillante. Tortrix (carpocapsa) splendana.
L'insecte parfait, ressemble beaucoup à la pyrale des pommes. Ses ailes supérieures sont d'un gris brunâtre, pointillées de gris pâle, et marquées vers l'angle interne d'une tache brune arrondie, cerclée par une ligne argentée lisérée de noirâtre.
Ce petit papillon n'est pas très-rare, pendant l'été, dans les bois de Versailles et de Meudon. C'est à M. le colonel Goureau mLa&tàm que nous sommes redevable de ^Sf^P la connaissance de la chenille: irJ. pyraie briiunte. personne en France ne lavait éle- ^'»x«p<«*w«. vée avant cet entomologiste. Duponchel supposait qu'en raison de son analogie avec la pyrale des pommes, elle" devait se nourrir de fruits à pépins, M. Goureau nous a appris qu'elle vivait dans les châtaignes, et que, dans certaines localités, elle gâtait quelquefois les trois quarts de ces fruits, ainsi qu'il l'a constaté en 1819, à Cherbourg, sur un navire marchand venant de Nantes, chargé de marrons. La chenille, dit ce savant, « est blanchâtre ; sa tête est brune et le dessus du premier segment de son corps est d'un brun plus clair ; les autres portent des points verruqueux surmontés d'un poil. Elle prend toute sa croissance dans la châtaigne et la perce d'un petit trou pour rejeter en dehors une partie de ses crottes, comme font les chenilles des prunes et des pommes. Lorsqu'elle a atteint toute sa taille, le fruit tombe de l'arbre et la chenille en sort pour se réfugier dans le sol et s'enfermer dans un cocon solide tissu de soie mêlée à des parcelles de terre, ce qui arrive dans le mois de septembre, un peu avant la maturité naturelle des châtaignes. La chenille reste dans son cocon pendant l'automne et l'hiver, et se change en chrysalide au printemps suivant, ou pendant l'été : cet état dure environ 15 jours. Les papillons les plus hâtifs s'envolent à la fin du mois de mai et les plus tardifs dans les premiers jours d'août. »
566 LfcPIDOPTÉnES.
L'histoire de cette petite pyrale ressemble beaucoup à celle des deux précédentes ; elle intéresse si peu les horticulteurs, que nous eussions pu la passer sous silence. Si nous en avons parlé, c'est que parmi nos collègues, il y en a peut-être quelques-uns qui ne seront pas fâchés de connaître l'insecte qui rend les châtaignes véreuses.
On trouve, dans les bois, deux autres espèces voisines, dont Tune fagiglandana de Keller ou grossana des auteurs anglais, vit de la même manière dans les faînes (fruit de hêtre>), et l'autre amplana de Treitschke dans les glands.
Pyrale de Woeber. Tortrix (carpocapsa) Woeberiana Fab.
Quoique cette pyrale soit placée par Treitschke dans son genre Carpocapsa, sa chenille ne vit pas dans les fruits, mais sous les écorces des pruniers, cerisiers, pêchers, abricotiers et amandiers. Elle se tient entre l'écorce et l'aubier, creuse des galeries d'où s'échappe une poussière roussAtre qui décèle sa présence ; le plus souvent, elle détermine dans le voisinage de son habitation, une sécrétion gommeuse qui fatigue et épuisa les arbres. En Allemagne, où l'on cultive, beaucoup plus qu'en France , les cerisiers et les pruniers, elle est considérée comme une espèce des plus nuisibles.
Au commencement de septembre, cette chenille a atteint toute sa croissance ; elle est alors d'un vertjaunàtre pale, avec la tête, les pattes écailleuses et l'écusson du premier anneau d'un brun ferrugineux ;
son corps est parsemé de quelques poils courts implantés sur des petits mamelons peu sensibles. Elle se change en chrysalide sous l'écorce où ejle a vécu, et l'insecte parfait parait en juin et en juillet de l'année suivante.
Le petit papillon est assez joli; il a le port et la taille de la pyrale de Bergmann: ses ailes supérieures sont d'un roux- ferrugineux doré, réticulées de brun, traversées au milieu par deux petites raies métalliques bleuâtres sinuées; l'angle interne offre une tache ronde, marquée dans son centre de quatre petits traits noirs, et entourée de deux cercles, dont l'interne est noir, et l'externe d'une couleur métallique bleuâtre.
La pyrale de Vceber est commune dans les pépinières et partout où l'on cultive les arbres à noyau.
Pyrale de pois. Tortrix (graphoUtha) pisana Guénée.
Une petite chenille, voisine des espèces précédentes, vit, en juillet et août, dans l'intérieur des petits pois et les rend véreux.
Cette petite chenille n'est pas rare, mais jamais nous ne l'avons élevée-, notre savant et estimable collègue, M. Guénée, de Cbàteaudun, est, à notre connaissance, le seul entomologiste qui ait réussi à faire son éducation.
Lorsqu'elle est adulte elle est blanchâtre, avec la tête rousse et le corps parsemé de quelques poils courts. Quand elle a fini de dévorer les pois tendres contenus dans une cosse, elle en sort par un petit trou rond et s'introduit dans une autre, où elle fait le même ravage.
A la fin d'août, elle a terminé sa croissance ; alors elle descend et iile dans la terre une petite coque de soie, dans laquelle elle passe l'automne et l'hiver pour se transformer en chrysalide au printemps et en insecte parfait dans le courant de juin. Cette éclosion assez tardive explique parfaitement pourquoi les pois, qui arrivent, en mai et juin, sur les marchés, ne sont jamais véreux, tandis que ceux de l arrière-saison le sont si fréquemment.
Le papillon que nous n'avons jamais vu, est, selon Curtis et M. Goureau, d'un gris de souris satiné. Ses ailes supérieures ont, le long de la côte, quelques petites taches, et leur angle interne est marqué d'un anneau ovale argenté renfermant cinq traits noirs.
Il ne faut pas confondre les pois véreux dont nous venons de parler, avec ceux qui sont rongés, après la récolte, par la bruche du pois; ce coléoptère que nous avons décrit et figuré, subit toutes ses métamorphoses dans le grain et n'en sort qu'au printemps, à l'état d'insecte parfait, par un petit trou parfaitement rond.
FAMILLE DES TINÊIDES.
Les petits papillons compris dans cette nombreuse famille faisaient autrefois partie du grand genre Tinea de Linné. Ils sont, aujourd'hui , répartis en plusieurs tribus, subdivisées elles-mêmes en un grand nombre de genres offrant les caractères généraux suivants : an-
tennes presque toujours simples dans les deux sexes; palpes inférieurs assez développés, ascendants ou relevés au-dessus de la tête ; trompe nulle ou rudimentaire ; tête ayant très-sonvent une sorte de toupet situé entre les yeux; corselet non crête, lisse; ailes roulées ou moulées sur le corps ; les supérieures longues et assez étroites, les inférieures très-étroites, garnies d'une frange large ; pattes postérieures longues et pourvues d'ergots.
Chenilles vermiformes, glabres ou presque glabres, munies de seize pattes et d'une plaque écailleuse sur le dos du premier anneau, marchant vivement à reculons, comme celles des Pyralides, lorsqu'on les inquiète, et ne vivant jamais à découvert.
Les Tinéides sont des pygmées dans l'ordre des Lépidoptères; beaucoup d'espèces sont si petites à l'état parfait, qu'on ne les voit^presque jamais dans les jardins; celles qui habitent nos appartements font exception, on les voit souvent le soir voltiger aux lumières et se brûler à la flamme des bougies ou des chandelles.
Parmi ces petits papillons, certains groupes, malgré leur exiguïté, ne le cèdent en rien aux autres papillons nocturnes pour la richesse des ornements, et ce n'est pas sans raison que Scopoli [Fauna carniolica) a dit : Tinearum pulchritudo stupenda. Plusieurs de ces petits animaux présentent, sur leurs ailes supérieures, des points d'or et d'argent relevés en bosse, qui, vus à la loupe, sont du plus brillant effet.
Réaumur et Degéer, qui ont passé leur vie à faire de la véritable science, ont publié de nombreux mémoires, d'un grand intérêt, sur ces insectes. Le premier de
ces auteurs, ne considère comme teignes proprement dites, que celles vivanl dans des fourreaux qu'elles transportent partout avec elles; il appel \e fausses-teignes celles qui ont une habitation fixe.
Les chenilles des Tinéides, connues sous le nom vulgaire de vers, se nourrissent généralement de substances végétales comme les Pyralides; mais il y en a quelques-unes qui ne mangent que des substances animales : laine, plumes, soie, crin, corne, etc.
Ces chenilles, en général, intéressent moins l'horticulture que l'économie rurale et domestique, pour qui elles sont un terrible fléau. Quelques espèces vivent dans nos habitations, de substances animales, et occasionnent fréquemment de grands dégâts, telles sont entre autres : la tapissière [tinea lape ze lia Linné), qui dans les magasins et dans les maisons, ronge les étoffes de laine ; la fripière {ihiea sarcitella Linné), la plus commune de toutes, qui dévore nos vêtements d'hiver ; la pelletière {tinea pellionella Linné), qui coupe le poil des fourrures pour s'en faire un tuyau feutré; la teigne du crin (tinea crinella Treitschke), qui dévore le crin des meubles dans les appartements et chez les tapissiers ; la teigne à front jaune (tinea flavifronlella Fabricius), la peste des collections d'oiseaux et d'insectes dans les Musées.
Au nombre de celles que redoutent le plus les agriculteurs, nous citerons la teigne des grains (tinea granella Linné); dans les greniers elle lie ensemble plusieurs grains de blé dont elle mange et détruit la farine ; la teigne des céréales (tinea cereateUa de l'Encyclopédie), très-voisine de la précédente. Cette der-
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nière que nous n'avons jamais vue, vit cachée et à l'abri dans l'intérieur d'un seul grain de blé ou d'orge, dont elle consomme toute la farine ; elle dévora, au rapport de Duhamel et de Dutillet, en 1770, presque tous les grains de l'Angoumois. Il paraîtrait que, depuis cette époque, elle a disparu, car tous les auteurs modernes qui en parlent, ne l'ont pas connue. Nous pourrions encore citer une espèce relativement très-grande, la teigne des ruches (tinea terella Linné), qui dévore dans les ruches la cire des abeilles.
Toutes les Tinéides ne vivent pas isolées; certaines races aiment la société, forment de nombreuses colonies, et habitent en commun sous la même tente chacune dans un logement particulier. Il y en est d'autres qui ne font pas de fourreaux pour s'abriter-, on les appelle mineuses, parce quelles se nourrissent dans l'épaisseur des feuilles, en laissant intactes les deux lames de l'épiderme. Quelques-unes, mais en très-petit nombre, vivent de fruits; d'autres lient, à la manière des pyrales, le sommet des plantes qui montent à fleur, et dévorent les boutons.
Le plus ordinairement les Tinéides se transforment en chrysalides dans leur propre berceau. Il faut en excepter celles qui habitent entre les lames de l'épiderme ; généralement elles sortent de leur demeure pour les métamorphoser.
Les espèces de Tinéides propres à l'Europe seulement, sont très- nombreuses : il y en a environ un mille de décrites ou de figurées par les auteurs français et surtout par les entomologistes allemands et anglais. Qui peut dire combien il en reste encore à découvrir?
GENRE YPONOMEUTE. YP O N O MEUT A LatreUle.
Ce genre est l'un des plus distincls de la famille. Il est tellement tranché que Stephens, en Angleterre, en a fait une tribu à part. Voici quels sont ses caractères : antennes simples dans les deux sexes ; palpes un peu écartés de la tête et un peu recourbés au-dessus du front ; toupet nul; trompe rudimentaire; abdomen grêle et cylindrique ; ailes roulées autour du corps dans le repos; les supérieures parsemées de petits points noirs; les inférieures plissées en éventail et munies d'une longue frange.
Les chenilles sont glabres, atténuées aux deux extrémités, d'une couleur terne, marquées de points alignés. Elles vivent en sociétés nombreuses dans des nids ressemblant à de grandes toiles d'araignées, et dans lesquels elles ont la précaution de faire entrer les feuilles qui doivent leur servir de nourriture. Elles ne mangent que le parenchyme de la surface supérieure ; pour peu qu'on les touche, elles reculent ou avancent dans leur hamac, avec une extrême vitesse, sans se détourner ni à droite, ni à gauche, par la raison que chaque chenille est logée seule, dans une sorte de tuyau ou de longue gaîne. Chaque nid est formé d'un assemblage de ces gaines disposées parallèlement les unes à côté des autres. Quand les chenilles de ce genre sont en repos, elles forment une espèce de paquet qui souvent approche de la régularité d'une botte d'allumettes.
Chaque individu se transforme en chrysalide dans sa cellule.
Yponomeute du fusain. Yponomeuta Evonymella Linné.
Ailes supérieures d'un blanc pur, parsemées chacune de plus de cinquante petils points noirs disposés Iongitudinalement sur quatre rangées parallèles, mais un peu épars à l'extrémité. Ailes inférieures d'un gris cendré, avec la frange plus claire.
Les chenilles vivent, pendant les mois de mai et de juin, en familles nombreuses dans les parcs et dans les haies, sur les fusains evonymus . Elles enveloppent les rameaux de ces arbustes avec des toiles de soie blanche, où elles se tiennent à l'abri de la pluie et des rayons du soleil. Réunies sous cette lente commune, elles dévorent toutes les feuilles; lorsque la nourriture commence à diminuer, elles élargissent leur habitation, ou bien elles la transportent sur une autre branche, de sorte que, lorsqu'elles sont arrivées à leur entier développement, l'arbre se trouve dépouillé de toutes ses feuilles et entièrement recouvert d'un voile blanc ressemblant à d'immenses toiles d'araignées.
La chenille de cette yponomeute est d'un jauned'ocre sale, avec la téte et la plaque du cou d'un brunnoir luisant; son corps est marqué de points noirs veloutés au nombre de quatresur chaque anneau. Au mois de juillet, elle se change en chrysalide, la tête en bas; le papillon parait au mois d'août.
Après l'accouplement, la femelle dépose ses œufs par plaques dans la bifurcation des rameaux; ils écl osent en septembre, et les petites chenilles passent l'hiver dans l'engourdissement, abritées sous une petite enve-
loppe de soie d'où elles ne sortent qu'au mois de mai.
Il y a des localités, et des années, où cette yponomeute est tellement abondante que les fusains sont complètement dépouillés de leurs feuilles et entièrement recouverts d'un crêpe blanc. On la trouve rarement aux environs de Paris.
Nous avons conseillé, dans un petit opuscule publié en 1833, d'enlever les nids des différentes espèces d'yponomeutes, avec un balai de feuilles de houx, ou de les brûler avec une poignée de paille allumée que l'on passe rapidement sur les branches; mais nous préférons le premier moyen; parce que, si on ne prend pas une précaution suffisante, on peut très-bien brûler les petites branches en môme temps que les nids, et nuire à la végétation de l'année suivante.
Tponomeute du bois du Sainte-Lucie. Tponomeuta
pa délia Linné.
Cette espèce est excessivement commune aux environs de Paris. Les haies qui
bordent les chemins de fer, formées souvent de Sainte-
Lucie, sont quelquefois totalement envahies par sa chenille dont les tentes de soie m. -Ypooomeate da Me-Ucfe gmefe. jes couvrent comme un im-
jponomeuta padella.
mense voile.
Le papillon a les ailes supérieures blanches, avec tout le milieu largement d'un gris plombé, de sorte qu'il n'y a guère que le bord interne qui soit d'un blanc pur; elles sont en outre marquées d'environ vingt-
LÉPIDOPTÈRES. :fîfi
cinq petits points noirs. Les ailes inférieures sont noirâtres.
Cette yponomeute se comporte tout à fait comme la précédente. Elle est très-abondante dans les pépinières et généralement partout où on cultive le prunus padus. Nous l'avons quelquefois rencontrée sur plusieurs variétés de cerisiers.
La chenille ressemble beaucoup à celle de YEvonymella. Son dos est d'un brun livide marqué de deux rangées de taches d'un noir velouté ; le ventre est d'un jaune verdàtre, avec la tête et les pattes écailleuses d'un noir luisant.
b'éclosion a lieu en août comme pour les autres espèces.
Yponomeute cousine. Yponomeuta cognatella Treitscli.
Elle ressemble un peu à l'espèce précédente, mais ses ailes supérieures sont entièrement d'un blanc pur, sans le moindre espace plombé ; elles sont également marquées d'environ vingt-cinq petits points noirs. Elle éclot à la môme époque, et la chenille a les mômes mœurs; elle vit sur le pommier, et quelquefois sur l'aubépine et le sorbier, jamais sur d'autres arbres. Lorsqu'elle est toute jeune, au commencement de mai, elle est d'un blanc jaunâtre, avec de petits points verruqueux noirâtres: la tête et la plaque du premier anneau sont d'un brun noirâtre. Lorsqu'elle est adulte, à la On de juin, elle est d'un gris velouté, avec deux rangées dorsales de taches quadrangulaires d'un noir
profond. La tète, la plaque du premier anneau et les pattes écailleuses sont d'un noir mat.
Cette chenille, tout aussi commune que la précé-
12 1. - \p»iionieiitc cousine grossie. ïponomeute cognateUa.
dente, est un terrible fléau pour les pommiers. Nous avons vu souvent, au bord des routes, des rangées
de ces arbres dont toutes les feuilles paraissaient brûlées, et dont toutes les branches étaient enveloppées dans un réseau de soie blanche, ressemblant de loin à d'innombrables toiles d'araignée. Les gens de la campagne, par ignorance, attribuent ordinairement, les affreux ravages que causent ces milliers de chenilles, à des vents roux.
La chenille du Bombyx chrysorrhée pour laquelle Téchenillageest obligatoire, est beaucoup moins funeste aux pommiers que celle-ci. La première, à la vérité, effeuille et dévaste les branches où elle s'est établie, mais celles de celte Yponomeute envahissent l'arbre tout entier et anéantissent toute espérance de récolte : on croirait que tous les pommiers ont été brûlés.
Fischer V. Uoeslerstamm (Suppl. zu Treitschkes und Hubners, etc.) et Zeller (/sis von Oken, t. XII, p. 167) figurent et décrivent, sous le nom de Malinella, une autre espèce d' Yponomeute vivant sur le pommier ; elle ressemble tellement à la Cognalella qu'il nous a été impossible de saisir aucun caractère distintif sur deux individus authentiques venant de Prusse. Peut-être existe-il quelque différence dans les chenilles. C'est ce que nous ignorons.
Yponomeute plombée. Yponomèuta plumbella Hubner.
Elle est d'un tiers plus petite que la Cognalella. Ses ailes supérieures sont entièrement d'un gris-blanchàtre plombé avec trois rangées de petits points noirs, et l'extrémité près de la frange, d'un gris obscur. Outre cela, elles offrent, sur leur milieu, une petite tache d'un gris brunâtre. Les ailes inférieures sont noirâtres.
Les chenilles vivent, dans leur jeunesse, en commun sous une toile de soie d'un blanc grisâtre qu'elles établissent à l'extrémité des branches des nerpruns {Rhamnus). Les familles sont moins nombreuses que chez les espèces précédentes ; elles se composent rarement de plus d'une quarantaine d'individus.
Ces larves ont la tète et les deux premiers anneaux d'un jaune ferrugineux, les suivants d'une couleur grisâtre, avec une raie dorsale ponctuée de noir et une tache latérale de la même couleur sur chaque anneau. Lorsqu'elles sont pour se chrysalider, elles se séparent, et, chacune file entre deux feuilles une petite coque blanchâtre. Le petit papillon parait en juillet.
Nous avons vu quelquefois des alaternes dont les jeunes pousses étaient entièrement dévorées par les chenilles de cette Yponomeute, cependant sa plante de prédilection paraît être la bourdaine (Rhamnus frangula).
Yponomeute du sedum. Yponomeuta sedella Zellcr.
Elle est de la taille de la précédente -, ses ailes supérieures sont d'un gris-cendré un peu plombé, marquées de petits points noirs très-nombreux, disposés sur trois rangées longitudinales.
Les chenilles vivent en familles sur l'orpin {Sedum telephium), sous une tente grisâtre, assez claire, ressemblant à une toile d'araignée, dont elles finissent par envelopper toute la plante ; elles sont d'une couleur blanchâtre, avec les cotés dés trois derniers anneaux d'un jaune fauve et une raie dorsale grisâtre, précédée de chaque côté d'une série de taches d'un noir profond.
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Outre cela, les eûtes sont pointillés de noir; l'écusson du premier anneau offre deux petites taches noires; la tête est couleur de poix.
La métamorphose a lieu en commun, sous la toile qui enveloppe la plante.
L'insecte parfait parait dans la première quinzaine de juillet. La chenille de cette Yponomeute est très-commune aux environs de Paris, et même dans les jardins de botanique sur toutes les variétés de sedum telephium. Depuis deux ans, elle commence à envahir le sedum /abaceum, cultivé aujourd'hui comme plante ornementale et comme plante de marché.
GENRE TEIGNE. TINEA Latreille.
Le genre teigne de Latreille est divisé maintenant en un nombre considérable de genres dont la connaissance importe peu aux horticulteurs. Les caractères généraux propres à ce groupe sont : des antennes simples dans les deux sexes; une tête aussi large que le corselet, trèsvelue; une trompe à peine rudimentaire ; un abdomen cylindrique terminé en pointe chez les femelles ; des pattes longues ; des ailes supérieures longues et étroites; des ailes inférieures largement frangées au bord abdominal.
Chenilles vermiformes vivant isolément, dans des fourreaux, ou logées entre les lames de l'épiderme des feuilles, ou quelquefois entre des feuilles liées ensemble par des fils de soie.
Teigne de la julienne. Tinea (alucita) porrectella Kinué.
• Hesperidella Hubner.
Tous les jardiniers el tous les amateurs ont pu remarquer que la majeure partie des juliennes achetées, au mois de mars, au quai aux Fleurs (grand rameau, petit rameau, violette ou rouge), sont presque toujours attaquées par une très-petite chenille de Tinéide qui lie avec des fils de soie les feuilles les plus tendres et qui, un peu plus tard, emmaillotte et dévore les boutons au moment où ils commencent à se former. Cette petite chenille, dont on n'aperçoit pas d'abord la présence, est d'un vert plus ou moins obscur, avec la tête roussàtre ; son corps est garni de petits points verruqueux noirâtres surmontés d'un petit poil roide. Dans la première quinzaine de mai, arrivée à toute sa croissance, elle file sous une feuille une petite coque blanche dont les mailles écartées laissent voir, comme au travers d'un treillis, une petite chrysalide roussàtre qui éclot à la fin de mai ou dans les premiers jours de juin.
L'insecte parfait est très-petit; ses ailes supérieures sont un peu falquées d'une couleur grisâtre, avec les bords pointillés de noirâtre et une raie longitudinale obsolète plus obscure que le fond. Les ailes inférieures sont d'un gris de cendre.
Cette inéide s'accouple aussitôt après l eclosion et dépose ses œufs sur les feuilles les plus rapprochées du centre (cœur). Les petites chenilles provenant de cette génération, n'attaquent pas les rameaux qui sont
alors en pleine fleur, elles vivent dans les feuilles. Elles se métamorphosent de la même façon et donnent leur papillon en septembre. Nous ignorons si les œufs ou les petites chenilles à l'clat rudimentaire, passent l'hiver pour propager l'espèce au printemps.
Les juliennes de certaines localités , vendues sur les marchés de Paris , sont plus fréquemment attaquées par cette teigne que celles venant d'un autre endroit. Ainsi, celles qui proviennent des environs de Chevreuse, renferment très-souvent de petites chenilles cachées dans leurs feuilles, tandis que celles qui sont cultivées à Mantes, sont généralement exemptes de cette vermine.
On peut, avec un peu de soin, éviter les dégâts de cette teigne ; il suffit de se donner la peine, au mois de mai, de chercher la chenille dans les feuilles réunies en paquet par quelques fils de soie, principalement dans les rameaux qui commencent à monter.
Nous avons remarqué, depuis plusieurs années, une autre petite teigne, voisine de cette espèce; elle vit de la même manière, a l'extrémité des rameaux florifères des campanules. Cette espèce, que nous appelons campanulella^ nous parait être nouvelle. Elle appartient comme Yhesperidella au genre Alucile. #
Teigne des ails. Tinea (lita) alliella.
La petite chenille de cette Tinéide est certainement la même que celle que M. Goureau regarde comme la vigeliella de Duponchel ; mais l'insecte parfait qu'elle
produit, ressemble si peu à la figure que cet auteur donne de cette espèce, que nous n'osons l'y rapporter.
La chenille appartient à la section des mineuses ; elle vit dans l'intérieur des feuilles de diverses espèces de Liliacées, où elle creuse de longues galeries dans lesquelles elle rampe, sans entamer l'épiderme. Elle est d'un vert-bianchàtre plus ou moins étiolé, selon la plante qui lui sert de nourriture; la tête et la plaque du premier anneau sont d'un jaune ferrugineux. Lorsqu'elle est arrivée à son entière grosseur, elle sort de sa prison et file, comme l'espèce précédente, une petite coque de soie, à mailles très-làches, qu'elle fixe à quelques débris de végétaux ou à la feuille dont elle est sortie.
C'est au mois de mai et d'octobre que l'on rencontre cette chenille, dans les jardins fleuristes, sur les Alslrœmeria, les asphodèles, les hémérocales, et, dans les jardins de botanique, sur plusieurs Phalangium et YAllium à feuilles plates. Elle est souvent nuisible dans les cultures maraîchères, par le mal qu'elle fait aux jeunes poireaux, dont elles occasionne le dépérissement et quelquefois la mort.
Cette chenille est assez commune depuis quelques années ; elle se Vontre à deux époques, en mai et juin et au commencement de l'automne.
Les papillons de la première époque éclosent au commencement de juillet, ceux de la seconde paraissent au milieu du mois de novemore
L'insecte parfait est extrêmement petit; il voltige dans les jardins, après le coucher du soleil: il est d'un gris jaunâtre comme Yhcsperidella. Ses ailes supérieures sont
un peu pointues au sommet, d'un gris-noirâtre obscur, et offrent, sur le milieu, une petite tache triangulaire blanche poinlillée de brun ; les ailes inférieures sont noirâtres.
Selon M. Goureau, il paraîtrait qu'une partie des chrysalides de l'automne passerait l'hiver pour éclore au printemps et propager l'espèce.
Teigne de l'olivier. Tinea (elachista) oleella Fonscol.
Nous pourrions presque nous abstenir de parler de deux teignes mineuses qui, en Provence, en Algérie et en Italie, font beaucoup de tort aux oliviers, d'autant mieux que nous n'avons jamais été à même d'observer leurs ravages, et que ce que nous en dirons est extrait d'un mémoire, publié en 1835, sur ces deux insectes, par Boyer de Fonscolombe.
La première tinea oleella vit, à la fin de l'hiver, du parenchyme des feuilles de l'olivier. A cette époque de Tannée, on voit qu'une très-grande quantité des feuilles présentent des taches irrégulières brunes. Si Ton soulève l'épiderme de la page supérieure, on trouve dessous une petite chenille mineuse, grosse comme un Gl et n'ayant guère plus de deux lignes de longueur ; elle est d'un vert brun ou d'un vert sale; sa tête est jaunâtre, marquée de deux taches noires ; elle a, sur le premier et sur le dernier anneau, une plaque noire. Cette petite chenille, lorsqu'elle est arrivée à un certain âge, sort souvent de sa retraite et vient se loger entre les bourgeons ou les pousses les plus tendres, qu'elle lie avec quelques fils de soie (n'y aurait-il pas là deux
espèces ?). A la fin de mars, elle file une petite coque dans laquelle elle se change en chrysalide.
Le petit papillon éclot au mois d'avril ; il est d'un gris-cendré luisant ; ses ailes sont allongées et trèsluisantes, pourvues d'une longue frange grisâtre; les supérieures sont marbrées de nuances noirâtres ou foncées, dont quelques-unes forment souvent une ou deux petites taches au bord et au milieu de l'aile.
Cette petite teigne cause de grands dommages aux oliviers du département du Var et du comté de Nice.
Fonscolombe ne parle que de l'éclosion du mois d'avril, mais il doit y avoir plusieurs générations dans la même année ; les petites chenilles qui rongent les feuilles à la fin de l'hiver, proviennent très-probablement d'individus nés à l'automne.
Le docteur Charles Passerini, de Florence, a publié, en 1832, un mémoire inséré dans le journal de YAcademia dei Georgofili, où il décrit une autre teigne (tinea accessella), très-voisine de Yoeella, laquelle ronge les geons des oliviers, et fait en Toscane un tort considérable à l'agriculture.
Teigne des olives. Tinea (œcophora) olivella Fonscolombe.
Cette seconde mineuse que nous ne connaissons pas plus que la précédente, a une tout autre manière de vivre. Sa chenille, beaucoup plus pernicieuse, se loge dans l'amande même de l'olive. Après sa sortie de l'œuf, elle pénètre dans le noyau encore tendre et s'y nourrit delà substance de l'amande; l'olive croît, sans que d'abord son extérieur annonce aucune lésion; le
Upidoptêrrs. m
fruit est semblable aux autres. A la fin d'août, la chenille ayant atteint toute sa grosseur, perce le noyau à Y insertion du pédicule, se laisse tomber et cherche une retraite pour se changer en chrysalide. Les olives ainsi perforées tombent sous l'arbre et sont entièrement perdues.
La chenille est un peu plus grosse que la mineuse des feuilles ; elle est d'un vert-grisàtre marbré, avec quatre lignes dorsales noires et deux taches de la même couleur sur la tête. La chrysalide est d'un jaune brunâtre, renfermée dans une petite coque de soie à mailles très-claires.
L'insecte parfait éclot dans la première quinzaine de septembre; il ressemble beaucoup au précédent, sauf qu'il est un peu plus grand et que ses ailes supérieures sont moins marbrées.
Teigne du lilas. Tinea (gracillaria) syringella Fabricius. Orayx ardeaepenella Trcilsdike.
Quoique très-répandue dans les jardins de Paris, cette Tinéide est d'une si petite taille, qu'il faut être entomologiste et avoir l'œil bien exercé pour l'apercevoir. Elle paraît au premier printemps au moment où les lilas commencent à se développer. La femelle pond ses œufs sur les feuilles tendres de cet arbuste ; aussitôt nées, les petites chenilles percent les feuilles d'un petit trou imperceptible, pénètrent dans le parenchyme et creusent entre les deux épidermes une galerie dans laquelle elles vivent et croissent pendant quelque temps. Les feuilles habitées par cette espèce de ver, se bour-
souflent un peu et toute la partie dont le parenchyme a* été dévoré, se fane, se dessèche et paraît comme brûlée.
Vil. — Teigne du hlas trés-grossie. lima syrwgclla.
Si l'on soulève une des lames de Pépiderme, au mois de mai, on y trouve une petite famille de jeunes larves,
ou leurs excréments, sous la forme de petits grains noirâtres. Lorsque ces petites chenilles se sentent logées trop à l'étroit et que la nourriture va leur manquer» elles font une petite ouverture dans une portion de répiderme, sortent de cette retraite devenue insuffisante, et lient ensemble quelques feuilles de lilas à l'aide de fils de soie. Une fois installées dans ce paquet, elles continuent de croître en rongeant la face supérieure de ces organes. Au mois de juin, arrivées à toute leur taille, elles sont d'un vert-blanchàtre étiolé ; alors, elles abandonnent leur dernière demeure ; la petite colonie se disperse et chacune se fait une petite coque de soie, les unes entre les feuilles, et les autres dans les gerçures de l'écorce.
Nous avons vu quelquefois dans le jardin de M. Laurent, des centaines de ces chenilles suspendues à des fils de soie, cherchant un lieu convenable pour se métamorphoser. L'éclosion de l'insecte parfait a lieu au bout de douze à quinze jours. Au mois de juillet, les petites teignes du lilas s'accouplent de nouveau et donnent une seconde génération, dont l'insecte parfait parait en septembre. Les individus provenant de cette seconde époque, s'accouplent de même et donnent une troisième génération de chenillettes, dont les chrysalides passent l'hiver pour propager l'espèce au printemps suivant.
Le petit papillon, malgré son exiguïté, est richement vêtu ; ses ailes sont très-étroites, linéaires -, les supérieures, dont le fond est brun, sont marquées de quelques petits traits blanchâtres et de petites raies irrégulières d'or bruni. Les inférieures sont allongées, pointues,
extrêmement étroites et munies d'une longue frange soyeuse. Les antennes sont longues et sétacées.
La teigne du lilas, inconnue du temps de Linné, est aujourd'hui extrêmement commune aux environs de Paris ; il n'y a pas un jardin, pas une pépinière où l'on ne voie des lilas dont les feuilles paraissent brûlées sur une certaine étendue de leur surface. D'où nous est-elle venue? Est-elle, comme la plante, originaire de TOrient ? Nous n'en savons absolument rien.
Dans les petits jardins, on peut détruire cet insecte en enlevant et brûlant, au mois de mai, les feuilles qui présentent sur leurs bords un commencement de boursouflure et dessiccation del'épiderme.
Teigne hémérobe. Tinea (coleophora) hemerobiella Zeller.
La chenille de celte petite Tinéide fait, dans certaines localités, beaucoup de tort aux poiriers ; elle perce en dessus lepiderme de la feuille pour dévorer le parenchyme, sans cependant s'enfoncer entièrement dans son épaisseur. Elle se tient cachée dans un petit fourreau portatif noirâtre, et introduit seulement par le petit trou qu'elle a pratiqué avec ses mandibules, toute la partie antérieure de son corps, qu'elle fait sortir à volonté de l'étui qui le renferme. Elle ronge, dans une étendue de deux ou trois millimètres, presque circulai rement tout le parenchyme, sans entamer la pellicule. Les feuilles où cette petite chenille s'est établie, se couvrent de taches noires vésiculeuses, et la lame supé-
neure de I 'épiderme se boursoufle, se dessèche, se soulève et s'exfolie facilement.
Lorsque la petite chenille est arrivée à sa croissance, • vers la fin de mai, elle déménage, en emportant son habitation sur son dos, et va se fixer à une branche de l'arbre pour se changer en chrysalide. Le papillon éclot en juin. Il est extrêmement petit. Ses ailes sont allongées, étroites, linéaires, munies d'une frange soyeuse ; les supérieures sont grisâtres, pointillées de brun, avec un point un peu plus gros et plus obscur sur le milieu.
Il y a une seconde génération de chenilles, au mois de septembre, dont les chrysalides passent l'hiver pour éclore au printemps suivant.
M. Rivière nous a apporté, Tannée dernière, de la propriété de M. le marquis de Reversau, située dans le département d'Eure-et-Loir, des paquets de feuilles de pommier, mais surtout- de poirier, alFreusement maltraitées par la chenille de cette ïinéide.
Pour se débarrasser de cet insecte destructeur, il faut enlever et brûler, au mois de mai et de septembre, toutes les feuilles où l'on aperçoit de petits tuyaux noirâtres redressés perpendiculairement et paraissant immobiles.
Teigne de la carotte. Tinea (hœmilis) daucella Treitschke.
La chenille de cette espèce se nourrit des ombelles de la carotte et du panais, dont elle dévore les fleurs et les graines \ elle lie ensemble les petites ombellules avec des lils de soie, pour se faire une habitation dans la-
quelle elle reste renfermée jusqu'au moment de sa métamorphose. Elle est d'un vert sale, un peu grisâtre, avec la tête et la plaque du premier anneau couleur de poix. Outre cela, tout son corps est couvert de petits points noirs surmontés d'un poil roide. Lorsqu'elle est parvenue à toute sa grosseur, elle s'introduit dans la tige pour se changer en chrysalide; celle-ci passe l'hiver et éclot au mois de juillet de Tannée suivante.
Le petit papillon est d'un brun roussâtre -, ses ailes supérieures sont marquées de petites stries longitudinales, noirâtres, interrompues, et de petites écailles d'un gris blanchâtre. Les ailes inférieures sont grisâtres, avec la frange un peu jaunâtre.
Cette teigne, sans être très-nuisible, occasionne cependant quelques dommages en dévorant tous les portegraines, mais moins que l'espèce suivante plus commune dans nos cultures maraîchères.
Teigne déprimée. Tortrix (hamilis) depressella Kabricius.
Elle a tout à fait la même manière de vivre que l'espèce précédente. Sa chenille est un peu plus jaunâtre et plus petite, avec les points verruqueux plus gros et plus saillants ; elle se métamorphose de la même façon et le papillon paraît aussi en juin et juillet. Il est d'un gris roussâtre; ses ailes supérieures sont d'un roux foncé, striées longitudinalement de noirâtre et pointillées de gris blanchâtre. Les ailes inférieures sont d'un gris cendré, avec la frange jaunâtre.
Ces deux teignes de la carotte sont très-voisines l'une de l'autre.
On trouve aussi, de temps en temps, sur la carotte, le panais et le céleri, deux autres espèces : albipunctella Hubner, et cicutella du même aulegr. On rencontre encore quelquefois dans les jardins de botanique : heracleella Hubner, pastinacella Fischer et angelicella Hubner, qui mangent les ombelles des heracleutn, des fenouils, des impératoires, des angéliques, etc.
Toutes les teignes mangeuses d'ombelles se ressemblent plus ou moins et ne sont pas toujours très-faciles à bien distinguer les unes des autres. Elle s'éloignent par le port des autres Tinéides : leurs ailes sont proportionnellement plus larges, ce qui les a fait confondre par les anciens auteurs avec les Tortrix (pyrales), dont elles diffèrent cependant essentiellement par leurs palpes ascendants et recourbés sur ledevant de la tête.
Teigne du pêcher. Tinea (hypaolopha) persicella Linné.
Cette teigne porte chez les arboriculteurs le nom vulgaire de vèreau , M. Forest, dans ses Cours de taille d'arbres, ne la désigne pas autrement.
La chenille est allongée, d'un vert tendre, avec la tête brunâtre et quelques petits poils implantés sur de petits points verruqueux. Elle vit, en mai et juin, enveloppée dans les feuilles du pêcher qu'elle plie avec des fils de soie et qu'elle ronge intérieurement. Lorsqu'elle est arrivée à toute sa taille, elle file une petite coque de soie blanchâtre qui a la forme d'un bateau, d'où l'insecte parfait sort au commencement de juillet.
Le petit papillon a les ailes supérieures un peu poin-
:m LÉPIDOPTÈRES.
Lues, d'un jaune-soufre pur, avec les écailles un peu relevées et deux petites stries brunâtres, dont une oblique vers la base et l'autre tortueuse près du bord interne. Les ailes inférieures sont d'un gris cendré, avec la base blanchâtre.
Il y a une seconde génération en septembre dont les chrysalides passent l'hiver.
Cette petite teigne est très-commune dans les jardins de Montreuil et généralement dans tous ceux où I on cultive les pêchers aux environs de Paris.
On rencontre aussi quelquefois, dans les mômes localités, une espèce voisine {linea asperella), dont les ailes supérieures sont d'un gris jaunâtre, ou un peu verdàtre, avec une grande tache brune semi-lunaire, placée sur le milieu de leur bord interne. La chenille de cette dernière vit dans les feuilles des poiriers et des pommiers qu elle plie de la môme manière. L'insecte parfait éclot aux mômes époques. Il est beaucoup moins répandu que le précédent et les dégâts qu'il a causés, jusqu'à présent sont insignifiants.