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OISEAUX

C'est dans la classe des oiseaux principalement, que l'agriculture et l'horticulture trouvent de nombreux amis dont les services ne sont pas assez appréciés. C'est à eux et aux parasites qu'incombe la charge de maintenir l'équilibre dans la classe des insectes. Sans leur secours, l'air serait obscurci par des nuées de ces petitsanimaux, et toutes nos récoltes seraient anéanties. La Société prolectrice des animaux ne saurait trop invoquer en leur faveur la sollicitude du gouvernement.

Les fauvettes (Sylvia) font partie d'un genre trèsnombreux en espèces. Ces oiseaux portent généralement le nom de becs-fins. Toutes les fauvettes vivent de larves ou d'insectes à l'état parfait. Ces êtres bienfaisants, sauf le rouge-gorge, la fauvette traîne-buisson et le troglodyte, nous quittent aux premiers froids et vont dans des contrées moins inhospitalières chercher une nourriture qu'ils ne trouvent plus lorsque, chez nous, la nature est engourdie.

Nous avons d'autres petits oiseaux insectivores sédentaires qui bravent la rigueur des hivers; de ce nombre sont :

Les mésanges [Parus major, cœruleus, ater, caudatus, atricapillus), connues vulgairement sous les noms de charbonnière, de petite charbonnière, de mésange bleue, de

queue de poêle et de tête noire. Ces petits oiseaux, malgré leur caractère insociable et leur férocité à l'égard des autres oiseaux dont ils percent souvent le crâne pour leur manger la cervelle, voyagent rarement seuls ; on les voit en petites sociétés plus ou moins nombreuses explorer les écorces des arbres dans tous les sens , éplucher les mousses et les lichens, et poursuivre leurs investigations jusqu'à l'extrémité des plus petites branches. Les mésanges rendent de très-grands services en débarrassant les arbres fruitiers d'une infinité de petits insectes, qui n'attendent que le printemps pour se multiplier.

Elles ne dédaignent pas, lorsque les insectes viennent à leur manquer, les semences oléagineuses. Une espèce, la mésange à tête noire, est très-friande des petits pois lorsqu'ils commencent à se former, elle est quelquefois très-nuisible dans les jardins. Aussi les cultivateurs ont-ils inventé pour l'effrayer toutes sortes d'épouvantails.

La sittëlle (Silta europcea) vulgairement torchepol.

Le grimpereai! [Certhya familiaris) et les différentes sortes de pics et d'EPEiCHES nous rendent aussi, pendant l'année entière, des services. Ces derniers, il est vrai, creusent les arbres pour y déposer leurs œufs, mais le mal est bien moins grand que le bien qu'ils font.

Le martinet (Cypselus murarius), exclusivement insectivore, chasse le matin et le soir, un peu avant le coucher du soleil. 11 passe la plus grande partie du jour en repos dans quelque trou de muraille ou dans

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les crevasses des vieilles tours. Il ne fait que deux repas, mais ils sont copieux. M. Florent Prévost, qui depuis longtemps s'occupe spécialement de la nourriture des oiseaux à l'état sauvage, a trouvé après le déjeuner ou le souper d'un martinet jusqu'à huit cents insectes dans son jabot.

Les hirondelles (Hirundo domestica, urbica et riparia) vivent d'insectes comme les martinets. Pendant toute la belle saison, on les voit raser la surface des eaux et des prairies, n'ayant d'autre occupation qu'une chasse continuelle. Le temps devient-il pluvieux ou plus froid, elles effleurent de leurs ailes les murailles pour attraper les insectes réfugiés sous les corniches. Une seule hirondelle, selon M. Prévost, ne mange pas moins de mille insectes par jour.

L'engoulevent (Caprimulgus eutopœm), appelé vulgairement crapaud-volant, têle-chèvre, est un oiseau nocturne ; il se montre lorsque le jour est complètement • tombé. Cet oiseau, presque de la taille d'une grive, est pourvu d'unebouche énorme, tenue constamment ouverte pour engloutir les insectes qu'il saisit au vol. Sa principale nourriture consiste en papillons de nuit dont il a soin, comme les chauves-souris, de rejeter les ailes. On voit souvent, le matin, les allées des bois jonchées d'ailes de bombyx et de géomètres dont le corps a été dévoré par les engoulevents.

Le coucou (cuculus canorus), accusé à tort de manger les œufs des autres oiseaux, ne vit au con-

traire que de larves et d'insectes. M. Prévost n'a trouvé dans son estomac que des chenilles, des sauterelles et même des chenilles velues. La femelle du coucou ne pond jamais dans le nid des oiseaux granivores, tels que pinsons, chardonnerets, etc., mais, dirigée par son instinct, elle sait parfaitement découvrir le nid d'un insectivore pour y placer son œuf.

Les traquets (Saxicola rubetra et œnanthe), dont l'un des deux est connu sous le nom vulgaire de Motteux, sont de petits oiseaux à plumage assez élégant ; ils se tiennent à terre ou sautillent de buisson en buisson, et nous quittent au milieu de l'automne, comme les fauvettes dont ils ont les mœurs. Ils vivent exclusivement d'insectes. Le motteux se plaît dans les terres fraîchement labourées, qu'il effleure de son vol bas pour se reposer sur la motte la plus élevée, il fait une grande consommation de larves de taupins.

Les bergeronnettes [Molacilla flava et cinerea), appelées vulgairement Lavandières ou Hoche-queues, sont aussi des petits oiseaux qui vivent exclusivement de larves d'insectes. On les voit souvent dans les champs suivre le laboureur de très-près, saisir les petits vermisseaux mis à découvert par la charrue, ou se rapprocher des mares, des ruisseaux pour attraper sur leur bord quelques larves aquatiques, fis nous quittent lorsque le froid devient trop vif et nous reviennent de très-bonne heure.

Le gobe-molciie (Musckapa griseola) est assez rare

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aux environs de Paris, tandis que, dans certaines contrées du nord de la France, il est très-commun et rend d'importants services en détruisant quantité d'insectes. L'oiseau appelé becfigue , Muscicapa atricapilla , se trouve dans une grande partie de la France, mais n'est commun que dans nos départements méridionaux et en Italie ; c'est aussi un grand destructeur d'insectes. Malheureusement les habitants du Midi, ne comprenantpas les services qu'il rend à l'agriculture, lui font une guerre acharnée.

L'étourneau (Stnrnusvulgaris), vulgairement Sansonnet, omnivore, mange une grande quantité de vers et de limaces. A rautomne,on rencontre les étourneaux par bandes très -nombreuses dans les prairies, fouillant la terre avec leur bec pour déterrer quelques larves d'insecte. On les voit aussi souvent s'abattre sur le dos des moutons dans les champs, cherchant dans la laine un gros insecte parasite {Melophagus ovinus) dont ils sont très- friands.

Le moineau (Fringiltadomestica), pierrot des Parisiens, appartient à la famille des conirostres et est, comme ses congénères, un oiseau granivore. Cependant il ne dédaigne pas, de temps en temps, de faire un extra et de se régaler d'insectes. On le voit souvent s'élancer après un hanneton, le saisir au vol, lui ouvrir le ventre d'un coup de bec et lui dévorer les entrailles, ou bien encore, après les pluies du printemps, voltiger dans les jardins, de rosier en rosier, et visiter avec soin les têtes de ces arbustes pour y découvrir les petites chenilles ou leschry-

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salidesdespyrales cachées entre les feuilles. Malheureusement sa conduite est loin d'être sans reproches; il hrise les jeunes pousses des rosiers, et quand il lui prend fantaisie de se rafraîchir en se mettant à un régime végétal, il dévore les plants de laitue, les feuilles des œillets, les bourgeons des pruniers, etc. Au reste, il a cela de commun avec les autres oiseaux granivores qui ont besoin, par raison de santé, de se mettre au vert de temps en temps, aussi bien en liberté qu'en captivité. Si le pierrot n'avait que ces seuls défauts, on pourrait les lui pardonner, mais il pousse l'effronterie jusqu'à venir sous nos yeux compléter ses repas par un dessert composé de cerises, de raisins, etc. Les jardiniers lui font particulièrement la guerre à cause de cette gourmandise, et aussi parce qu'ils ne peuvent pas ensemencer une pelouse sans que les pierrots viennent manger les graines de graminées.

On le voit par l'exposé des faits, c'est à coup sûr un coupable ; mais après avoir entendu en sa faveur la plaidoirie de notre aimé et honorable collègue, le docteur Pigeaux, organe de la société protectrice des animaux, ne pourrait on pas, avant de le condamner à mort, invoquer en sa faveur des circonstances atténuantes? C'est au jury des horticulteurs à prononcer.

Les pies grikches (Lanius), dont nous possédons dans nos campagnes trois ou quatre espèces, sont classées avec raison parmi les oiseaux insectivores. Elles sont d'un caractère sauvage et féroce. Elles ne vivent pas exclusivement d'insectes, elles font la guerre aux petits oiseaux nouvellement éclos, et ne mangent des insectes que comme hors-d'œuvre ou lorsqu'elles ne trouvent

plus d'autre nourriture. Il y a une espèce entre autres, la pie gr ièche ccorcheur [Lanius excubitor, qui, lorsqu'elle n'a plus faim, embroche des sauterelles ou de gros coléoptères aux épines des prunelliers, pour les retrouver dans un moment de disette.

Les corbeaux [Corvus corone, cornix, frugilegus et monedula , quatre espèces qui se rencontrent aux environs de Paris, pendant l'hiver, mais dont Tune, la corneille manlelèc, nous quitte au printemps pour aller nicher dans le haut Nord. Os oiseaux sont voraces et omnivores, c'est-à-dire qu'ils mangent de tout. Ils aiment les charognes et les proies mortes, mais, comme ils n'en trouvent pas toujours, ils se jettent sur les insectes, les vers et les limaces, et en détruisent de très-grandes quantités. Dès le milieu de l'automne et pendant tout l'hiver, on les voit, par bandes nombreuses dans les champs, piocher la terre avec leur bec puissant, pour trouver des vers blancs et autres larves qu'ils savent parfaitement bien découvrir. Ce sont des animaux dont on ne reconnaît pas assez les services. On leur reproche dans certaines contrées où Ton cultive -beaucoup de noyers, de savoir trop bien l'époque de la maturité des noix. Il leurarrive aussi, dans des moments d'égarement , de manger des petits oiseaux dans leur nid , et même quelquefois dans des fermes isolées, voisines des bois, d'enlever des petits poulets nouvellement éclos, lorsqu'ils manquent de nourriture pour leurs petits.

La pie (Corvus pica) n'est pas moins vorace que les corneilles ou corbeaux : elle est également omnivore.

EUe détruit dans les praires et les champs heaucoup do vers, de limaces et de larves d'insectes, elle enlève aussi quelquefois des petits poulets dans les fermes.

En terminant, nous unissons nos vœux à ceux de la Société protectrice des animaux pour que l'on épargne tous les oiseaux utiles, et nous appelons, avec cette même Société, l'attention du gouvernement de la France sur une question intéressant à un si haut dégré l'agriculture et l'horticulture. Le jour n'est pas loin, nous l'espérons, où, éclairé par les sociétés savantes, il prendra des mesures sévères pour empêcher la destruction des couvées. On ne verra pas toujours les départements de la Meurthe, de la Moselle, de la Meuse et des Vosges, faire impunément, au moment du passage, une aussi grande destruction de hecs-fins. Ce n'est pas par centaines, mais par milliers, que les hraconniers prennent, à l'aide de différents engins tendus au hord des bois et des forets, des rouges-gorges, des gorges-bleues, etc.

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