‹ Essai sur l'esprit du droit Sino-AnnamiteChapitre 37 sur 109 · Bior, Mémoire..…, p · texte numérisé non relu

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la droite voie, ne faisant, d’ailleurs, que leur rappeler cette phrase du livre des vers : « Rien de plus facile que d’induire le peuple (au bien ou au mal) par des exemples qu'on lui donne » (1). Dans ces petits états, en effet, Le souverain n'était pas encore très éloigné de ses sujets, et ceux-ci ont toujours eu pour lui le plus grand respect: il n’était donc. pas naïf de dire que l’exemple de la vertu donné par le prince était un moyen d’éducation très efficace.

Ce qui était vrai à r époque de Confucius, l'était encore davantage dans les’premiers siècles de l’histoire de la Chine, où les principautés n'étaient encore que de petites colonies naïssantes. Aussi les premiers Chinois attachaientils une très grande importance à la vertu de l’empereur : l'empire était donné au plus digne, au plus vertueux. D'après le Chou-King, « l’empereur Yao sut si bien développer les hautes facultés qu'il avait en lui, que la vue de ses vertus mitla paix dans sa famille, le bon ordre parmi ses officiers, l'union dans tous les pays » (2).

Ce même empereur choisit Chun pour lui succéder, parce que Chun était un bon fils. En effet, consultés par lui, «les Grands répondirent : Yu-Chun, quoique fils d'un père aveugle qui n’a ni talents ni esprit; quoique né d’une méchante mère dont il est maltraité, et quoique frère de Siang, qui est plein d’orgueil, garde les règles de

“7 l’obéissance filiale, et vit en paix : insensiblement il est par-

4. Li-Ki, p. 404 : « Celui qui gouverne les homues doit faire uné grande attention à ce qu'il aime et à ce qu’il déteste : car dès que le souverain aime une chose, les magistrats le font aussitôt, et dès que les gens haut placés le font, le peuple suit immédiatement leur exemple. Le livre des vers dit : « Rien de plus facile... ».

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